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Addesselam Yousfi – ROSE DES SABLES

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Addesselam Yousfi

Abdesselam YOUSFI, né le 29 décembre 1940 à Sour El Ghozlane (Algérie).
Retraité de l’éducation nationale, il s’adonne aujourd’hui à la lecture.
***

ROSE DES SABLES

C’est en Algérie, dans les profondeurs de l’immensité saharienne, au cœur même du non moins célèbre Ahaggar, que vivait, il y a de cela très longtemps, un grand Amenokal (un chef de tribu) excessivement riche, très aimé par ses sujets. Son peuple était  connu pour ses qualités guerrière, mais surtout, pour sa grande hospitalité et son immense altruisme. Il était le père d’une adorable fille, aussi jolie qu’une fleur de printemps. Elle était si belle, qu’on la surnommait d’ailleurs « Rose des sables ». Elle était à l’évidence, son complément de bonheur, sa raison de vivre.

Un jour, « Rose des sables » tomba subitement malade. Elle ne s’alimentait plus, son appétit s’était brusquement estompé. Elle maigrissait à vue d’œil, ses joues se creusaient, ses pommettes devenaient saillantes. Sa démarche se faisait hésitante, presque impossible à accomplir. Et, comme un malheur n’arrive jamais seul, elle perdit l’usage de la parole. Vu qu’elle était estimée de tous, la tristesse gagna toute la tribu. On ne riait plus. On ne fêtait plus rien. On ne se parlait que peu ou presque pas. Devant un tel malheur, le père entra   dans une tristesse pathétique, une tristesse  que partagea, aussi, avec une grande émotion,  l’environnement immédiat. Et c’est ainsi que,  dans les jardins de l’oasis, les arbres avaient fait tomber leurs feuilles, telles des larmes versées, suite à un chagrin à la hauteur de celle que tout le monde vénérait. Ils dressaient tristement leurs branches nues vers le ciel, en signe de désolation. L’herbe s’était desséchée. Les fleurs s’étaient fanées. Les oiseaux ne gazouillaient plus, laissant, bien malgré eux, la place à un silence excessivement pesant.

Le grand Amenokal, déprimé à l’extrême, par l’état de santé déficient de sa progéniture, fit venir en toute hâte, les meilleurs guérisseurs que comptait la région. Hélas ! Trois fois hélas ! Aucun d’eux n’avait pu établir de diagnostic fiable pour prescrire le remède adéquat. Aucune potion, aucune préparation médicamenteuse, aucun élixir de ce qu’on avait proposé n’était venu à bout de cette maladie sans nom qui prenait le caractère d’une véritable calamité. Ce jour-là, la tribu vit arriver une caravane comptant un nombre impressionnant de chameaux chargés de grandes quantités de sel. Les nouveaux arrivants, dirigés par un jeune chef à l’allure fière et résolue, érigèrent leurs tentes non loin du campement initial. Ils étaient venus pour troquer leur marchandise contre de la nourriture, ou tout autre objet utile. Mais les autochtones n’avaient point le cœur à commercer, trop affligés par ce qui arrivait à l’une des leurs, celle qu’ils chérissaient au plus haut point. Quand le chef des nouveaux venus fut instruit de ce qui se passait, il prit contact avec le père. C’est alors qu’il obtint de lui la permission d’aller quêter à son tour, à travers les espaces qu’il sillonnait régulièrement…

Mais découragé par ses recherches restées infructueuses, il opta non sans regret pour le retour. Sur son chemin, il s’arrêta devant un étang à l’eau fraîche et limpide pour se désaltérer, faire boire sa monture haletante, profiter ainsi, de l’aubaine pour prendre un repos bien mérité. Alors qu’il était allongé à l’ombre de l’unique arbre, prêt à fermer les yeux pour s’endormir, il fut rejoint par un vieil homme à la barbe blanche, poussant devant lui une chamelle à la robe baie, son animal de bât. L’inconnu déplia une outre en peau de chèvre qu’il remplit à ras bord, pour la  charger sur la bête, il ne put à lui tout seul réaliser cette performance. Le jeune homme vint à son secours et l’aida à disposer son fardeau sur l’animal qui patiemment attendait la fin de l’opération.

Ce geste fut grandement apprécié par l’homme âgé qui proposa une pratique divinatoire à son bienfaiteur. Dés qu’ils s’assirent en tailleur, l’un en face de l’autre, le vieil homme lissa soigneusement le sable devant lui, fit poser la main de son vis-à-vis pour inscrire plusieurs empreintes, avant de la lui retirer. A son tour, il traça lui-même quelques signes, les effaça, recommença puis dans une langue targui parfaite, avec une voix légèrement chevrotante, dit : « Mon bon ami, je vois que vous êtes préoccupé par un énorme problème, que vous cherchez à tout prix à résoudre, si vous vous confiez à moi, je pourrais peut être vous aider à le solutionner ».Le jeune homme lui fit part de ses préoccupations et surtout de sa déception, n’ayant pas pu trouver ce qu’il fallait pour cela.

« Il faut, reprit-il, lui ramener, la fleur lumineuse ; une fleur qui s’ouvre la nuit et qui se referme le jour Elle a un pouvoir de guérison  miraculeux sur tous les maux. On la porte généralement sur l’oreille, en la retenant avec les cheveux.

-Où pousse ce végétal si magique ?

-Elle pousse, dit l’inconnu, dans la montagne que vous distinguez  là-bas à l’horizon. Mais, car il y a un mais, il est très difficile d’y accéder, étant donné tous les dangers qui guettent tous ceux qui s’aventurent pour aller la cueillir. Nombreux étaient les audacieux. Ils avaient essayé. Ils ne sont jamais revenus. Les génies malfaisants, maîtres des lieux, y accomplissent leurs forfaits.

-Je suis prêt à affronter le diable en personne, s’il venait à se présenter devant moi, intervint, le vaillant targui, sur un ton sec et plein d’arrogance.

-Votre témérité vous honore rétorqua l’homme mûr. J’accepte de vous aider d’autant plus que je détiens le secret qui permet d’arriver jusqu’à la fleur lumineuse. Ecoutez-moi attentivement et ne m’interrompez pas, car dés que je vous aurais livré le secret, je disparaîtrais aussi vite que je suis apparu. Ainsi donc, lorsque vous aurez à traverser la palmeraie de la peur, vous rencontrerez inévitablement, un énorme guépard aux yeux de braises. C’est une bête aussi terrifiante qu’un lion. Il vous regardera fixement dans les yeux comme pour vous hypnotiser. Si vous baissez le regard ou que vous clignez simplement des yeux, il sautera sur vous et vous dévorera. Il en sera alors fini de vous. Le deuxième danger viendra du palmier mobile. Il se placera sur votre chemin, tendant ses bras à l’infini pour vous barrer le passage. Pour accéder vous êtes tenu de l’asperger avec cette eau miraculeuse que je vais vous remettre. La troisième étape sera marquée par le serpent à deux têtes. Il essayera de vous hypnotiser de la première de ses têtes, pour vous mordre à pleines dents de la deuxième. Ne sous-estimez pas son pouvoir hypnotique, il est presque infaillible. Je ne vous parlerais  jamais assez de son poison foudroyant, la mort est instantanée. Remettez-moi votre sabre. Je vais le laver sept fois avec l’eau de cette source. Il sera, j’en suis convaincu, d’une efficacité sans pareille. Aussi, dés que l’animal sera à votre portée, soyez le premier à agir, tranchez d’un seul coup les deux têtes. Plus rien après cela ne s’opposera à vous. Vous avez atteint le but ».

Dés que le dernier mot fut prononcé, le vaillant targui assista à une métamorphose unique en son genre : le vieil homme ridé, épuisé par les ans, se transforma en un jeune homme aux cheveux couleur de geai, aux yeux noirs anthracite, à la stature athlétique. Avant de s’effacer définitivement, il agita sa main avec grâce, un signe d’encouragement pour ce valeureux combattant. Ce dernier reprit son chemin en direction de la montagne, là où son destin l’attendait.

Il s’engagea dans la palmeraie de la peur, les yeux grands ouverts, cherchant inlassablement l’ennemi qui pouvait surgir à tout moment. A peine avait-il avancé de quelques mètres, qu’il aperçut au milieu du feuillage, deux yeux luisants qui le fixaient intensément, le regard dominateur. La tension était passée à son paroxysme pour ces deux êtres qui s’observaient. Malgré les picotements et le besoin pressant de ciller, le héros garda les yeux écarquillés jusqu’au moment où l’animal, fatigué par cette résistance farouche, décida de retourner sur ses pas,  pour disparaître à jamais.

Non loin de là, le palmier mobile occupait tout l’espace. Ses branches, telles des serpents qui rampaient, s’allongeaient au fur et à mesure, faisant obstacle, empêchant toute progression vers l’avant. Dans un geste prompt le cavalier, sortit le liquide magique qu’il portait sur lui, et aspergea l’arbre dans toutes ses dimensions. Miraculeusement, le végétal se rabougrit, se replia sur lui-même prenant la forme d’un arbuste qui se nanisa d’avantage. Encouragé par ses deux succès, le preux targui poursuivit son bonhomme de chemin, tenant à pleine main son sabre, prêt à l’action. Il n’attendit que peu de temps avant que l’animal bicéphale ne fasse son apparition. L’hydre, alors, se releva sur elle-même agitant sans cesse ses deux têtes, essayant de se hisser au niveau de l’homme, bien campé sur sa monture. A peine eut-elle le temps de s’ériger à sa hauteur, qu’un coup de sabre, bien appliqué, trancha les deux têtes qui allèrent rouler une dizaine de mètres plus loin….

La nuit commençait à couvrir la terre de son large manteau noir quand il arriva au pied de la montagne, mort de fatigue, mais pleinement satisfait de ses actions héroïques. Il mit pied à terre, soulageant par là même sa monture, aussi épuisée que lui. A peine en était-il descendu, qu’il assista à une scène des plus insolites. Une fleur de la taille d’un poing d’un enfant de dix ans était en train d ‘éclore, tout prés de lui. Ses sépales se séparaient délicatement, laissant apparaître des pétales veloutés, phosphorescents, dégageant une lumière si douce à l’intention de l’observateur. Une deuxième fleur, puis une troisième…une énième bouture, égayèrent alors, de leur brillance, ce lieu devenu paradisiaque, en un temps record.

« Oui, se dit-il fièrement, je suis bien sur le champ où poussent les fleurs lumineuses ».

Il se baissa lentement, presque religieusement pour cueillir tendrement l’une d’elles. Il la porta au niveau de ses narines, afin d’inhaler son doux parfum. Oh ! Miracle, sa fatigue avait brusquement disparu. Il sentait monter en lui une énergie jamais ressentie, de telles forces qu’il se voyait capable de combattre à lui seul une armée entière. Chose encore curieuse, Le végétal  continuait à garder son éclat tout le temps qu’il  était entre ses doigts…

Le lendemain, à son réveil, il remarqua, non sans surprise, que les fleurs s’étaient refermées sur elles-mêmes, cachant jalousement leur secret, donnant l’impression de n’être qu’un ensemble de végétaux tout à fait ordinaires.

Il cueillit un énorme bouquet qu’il déposa devant lui sur sa monture qu’il stimula de son éperon, l’obligeant à se mettre en route…

Il ne fut pas surpris de trouver à son arrivée le même spectacle de désolation. Ces mêmes gens trop abattues par l’état de santé de leur idole alitée depuis bien longtemps déjà. Il se présenta devant le chef de la tribu auquel il conta son aventure et lui présenta le bouquet de fleurs en insistant pour que les premières manipulations se fassent dés la tombée de la nuit.

Le père attendit cet instant avec une impatience infinie. Le moment venu, le bouquet, placé dans un vase en argent massif, commença à s’animer, baignant la chambre de la malade de son éclatante lumière, ajoutant à toute cette féerie, un parfum enchanteur. Aussitôt, « Rose des sables » ouvrit les yeux, respira profondément et se releva d’elle-même. Le père ému jusqu’aux larmes, embrassa sa fille puis déposa sur son oreille une fleur lumineuse qui ajouta un plus, au charme de  la jeune fille laquelle ne cessait de balayer du regard, la nombreuse assistance. «  y aurait-il, lança-t-elle soudain, quelqu’un qui pourrait m’apporter quelque chose à me mettre sous la dent ? J’ai très faim. Il me semble n’avoir pas mangé depuis un siècle ».

Des cris de joie fusèrent de partout à l’annonce de la bonne nouvelle.

Le lendemain matin, la surprise était au rendez-vous pour tout le monde. Les cœurs débordaient de joie, d’autant plus que les arbres s’étaient miraculeusement recouverts de feuilles, que les jardins avaient reverdi, que les oiseaux avaient repris leur doux gazouillement. Alors les  youyous lancés en cascades annoncèrent le début du rassemblement tribal lequel devait marquer la cérémonie décidée à l’occasion de l’heureuse nouvelle. Les hommes revêtus de leurs habits rutilants, juchés sur leurs chameaux, avancèrent fièrement vers la nombreuse assistance, exécutant des pas de danse, sous le rythme harmonieux des tam-tams.

La fête achevée, le père de « Rose des sables » renouvela, au vaillant et intrépide sauveur, ses remerciements, non sans l’avoir gratifié de cinquante chameaux et chamelles, une grande quantité de nourriture, ainsi que de bijoux de grande valeur.

Le départ de cet homme avec sa caravane avait quelque peu chagriné la tribu pour qui, il était resté ce targui mystérieux, dont l’action héroïque avait marqué l’esprit de tout un chacun.

Les fleurs lumineuses continuèrent pendant très longtemps à éclairer et à parfumer, créant une atmosphère qui n’avait d’égal que le bonheur qu’elles prodiguaient à ces gens très attachés à leur chef et à sa charmante héritière.

Addesselam Yousfi, Algérie

Publié par online-litterature

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