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Anna de Noailles

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Anna de Noailles

Aimer, c’est de ne mentir plus (Anna de Noailles)
Je ne t’aime pas (Anna de Noailles)
L’hiver (Anna de Noailles)
L’orgueil (Anna de Noailles)
La tristesse dans le parc (Anna de Noailles)
Passions et vanités (Anna de Noailles)
Voix intérieure (Anna de Noailles)

***

Anna de Noailles, née à Paris le 15 novembre 1876, la première femme commandeur de la Légion d’honneur ; la première femme reçue à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, aussi membre de l’Académie roumaine. En 1920 son premier recueil de poèmes (Le cœur innombrable) est couronné par l’Académie française; en 1921 elle en reçoit le Grand prix de littérature. Plus tard l’Académie française créera un prix en son honneur . Elle a été décorée de l’Ordre du Sauveur de Grèce et de Pologne.

Passions et vanités


La comtesse Anna-Élisabeth de Noailles, née princesse Bibesco Bassaraba de Brancovan, est une poétesse et romancière française, d’origine roumaine, née à Paris le 15 novembre 1876 et morte à Paris le 30 avril 1933.
Anna de Noailles a écrit trois romans, une autobiographie et un grand nombre de poèmes.

Son lyrisme passionné s’exalte dans une œuvre qui développe, d’une manière très personnelle, les grands thèmes de l’amour, de la nature et de la mort.

Le Cœur innombrable, 1901 ;
L’Ombre des jours (1902, réédité en 2011 aux éditions du Livre unique);
La Nouvelle Espérance(1903);
Le Visage émerveillé (1904);
La Domination, 1905 ;

Les Éblouissements (1907);
Les Vivants et les morts, 1913;

De la rive d’Europe à la rive d’Asie(1913);
Les Forces éternelles (1920);
À Rudyard Kipling (1921);
Discours à l’Académie belge (1922);
Les Innocentes, ou la Sagesse des femmes, 1923 (rééd. Buchet-Chastel, 2009);
Poème de l’amour, 1924 ;

Passions et vanités, 1926 ;
L’Honneur de souffrir, 1927;

Poèmes d’enfance (1929);
Exactitudes (Grasset, 1930);
Choix de poésies (Fasquelle, 1930, puis Grasset, 1976 avec préface de Jean Rostand de 1960);
Le Livre de ma vie (1932);
Derniers Vers (1933);
Derniers Vers et Poèmes d’enfance (1934);
L’Offrande, choix et présentation par Philippe Giraudon, coll. « Orphée », Éditions de la Différence, 2012.

Elle a écrit la préface du livre du commandant Pierre WEISS „L’espace” (Louis Querelle éditeur, 1929).
Témoignages de contemporains
Anna-Elisabeth, comtesse de Noailles par Philip Alexius de László, 1913
Anna-Elisabeth, comtesse de Noailles par Jean-Louis Forain, 1914
Caricature par Sem (1911)

« Impossible de rien noter de la conversation. Mme de Noailles parle avec une volubilité prodigieuse ; les phrases se pressent sur ses lèvres, s’y écrasent, s’y confondent ; elle en dit trois, quatre à la fois. Cela fait une très savoureuse compote d’idées, de sensations, d’images, un tutti-frutti accompagné de gestes de mains et de bras, d’yeux surtout qu’elle lance au ciel dans une pâmoison pas trop feinte, mais plutôt trop encouragée. (…) Il faudrait beaucoup se raidir pour ne pas tomber sous le charme de cette extraordinaire poétesse au cerveau bouillant et au sang froid. »

— André Gide, Journal, 20 janvier 1910, Gallimard (Folio : Une anthologie), 1951/2012, p. 109-110

« Mme Mathieu de Noailles aime les approbations (…) Elle voudrait la croix, l’Arc de Triomphe, être Napoléon. C’est l’hypertrophie du moi. Elle est le déchaînement. Elle aurait dû vivre à l’époque alexandrine, byzantine. Elle est une fin de race. Elle voudrait être aimée de tous les hommes qui aiment d’autres femmes qu’elle (…) elle aurait dû épouser le soleil, le vent, un élément. »

— Abbé Mugnier, Journal, 24 novembre 1908 – Mercure de France, coll. « Le Temps retrouvé », 1985, p. 174

« Achevé le roman : Le Visage émerveillé (…) pour la forme, il y a là du nouveau, des instantanés, et des inattendus. Des sensations qui deviennent des sentiments. Des couleurs, des saveurs, des odeurs prêtées à ce qui n’en avait pas jusqu’ici. Mme de Noailles a renchéri sur Saint-François d’Assise : elle se penche encore plus bas, elle dit au melon blanc : ” Vous êtes mon frère”, à la framboise, ” Vous êtes ma sœur” ! Et il y a encore et surtout des joies subites, des désirs qui brûlent, de l’infini dans la limite… »

— Abbé Mugnier, Journal, 1er décembre 1910, p. 197

« Le poète des Éblouissements était au lit, dans une chambre sans luxe (…) Une volubilité d’esprit et de paroles qui ne me permettait pas toujours de la suivre (…) Elle m’a dit combien elle aimait Michelet, l’idole préférée, admire Victor Hugo, aime moins Lamartine, admire Voltaire, Rousseau, préfère George Sand à Musset (…) Aujourd’hui, elle n’a plus de vanité (…) Même ses vers les plus lyriques sur le soleil, elle les écrivait avec le désir de la mort. Elle n’était pas joyeuse… Très amusantes anecdotes sur la belle-mère, à Champlâtreux, contées avec un esprit voltairien (…) Elle avait pensé à cette chapelle en écrivant le Visage émerveillé. Elle a écrit sur la Sicile des vers encore inédits (…) à l’intelligence, elle préfère encore la bonté”. »

— Abbé Mugnier, Journal, 2 décembre 1910, p. 198 et 199

« Elle était plus intelligente, plus malicieuse que personne. Ce poète avait la sagacité psychologique d’un Marcel Proust, l’âpreté d’un Mirbeau, la cruelle netteté d’un Jules Renard. »

— Jean Rostand, préface à Choix de poésies d’Anna de Noailles, 19609

« Sacha Guitry admirait infiniment Mme de Noailles, mais qui n’admirait pas Anna de Noailles ? C’était un personnage extraordinaire, qui avait l’air d’un petit perroquet noir toujours en colère, et qui ne laissait jamais placer un mot à personne. Elle recevait dans son lit, les gens se pressaient en foule dans sa ruelle […] et cela aurait pu être un dialogue étourdissant mais c’était un monologue bien plus étourdissant encore […] Sacha m’a dit d’elle : quand on l’entend monter l’escalier on a toujours l’impression qu’il y a deux personnes en train de se parler, et quand elle redescend, il semble qu’une foule s’éloigne. »

— Hervé Lauwick, Sacha Guitry et les femmes

« Elle surgit d’une porte-fenêtre, précédée d’un multitude de cousins multicolores comme dans un ballet russe. Elle avait l’air d’une fée-oiselle condamnée par le maléfice d’un enchanteur à la pénible condition de femme (…). Il me semblait que si j’avais pu prononcer le mot magique, faire le geste prescrit, elle eût, recouvrant son plumage originel, volé tout droit dans l’arbre d’or où elle nichait, sans doute, depuis la création du monde. Puisque c’était impossible, elle parlait. Pour elle seule. Elle parla de la vie, de la mort, les yeux fixés sur Lausanne, moi regardant son profil. Elle ne m’écoutait pas. Il était rare qu’elle le fit. Malheureusement, elle n’avait pas besoin d’écouter pour comprendre. (…). Je reçus tout à coup, en pleine figure, ses énormes yeux, elle rit de toutes ses dents et me dit : „Comment pouvez-vous aimer les jeunes filles, ces petits monstres gros de tout le mal qu’ils feront pendant cinquante ans ? »

— Emmanuel Berl, Sylvia, Gallimard, 1952, réédition 1994, p. 89-90

« Octave Mirbeau la ridiculise dans la La 628-E8 (passage repris dans la Revue des Lettres et des Arts du 1er mai 1908), la montrant comme une « idole » entourée de « prêtresses » : « Nous avons en France, une femme, une poétesse, qui a des dons merveilleux, une sensibilité abondante et neuve, un jaillissement de source, qui a même un peu de génie… Comme nous serions fiers d’elle !… Comme elle serait émouvante, adorable, si elle pouvait rester une simple femme, et ne point accepter ce rôle burlesque d’idole que lui font jouer tant et de si insupportables petites perruches de salon ! Tenez ! la voici chez elle, toute blanche, toute vaporeuse, orientale, étendue nonchalamment sur des coussins… Des amies, j’allais dire des prêtresses, l’entourent, extasiées de la regarder et de lui parler. / L’une dit, en balançant une fleur à longue tige : / — Vous êtes plus sublime que Lamartine ! / — Oh !… oh !… fait la dame, avec de petits cris d’oiseau effarouché… Lamartine !… C’est trop !… C’est trop ! / — Plus triste que Vigny ! / — Oh ! chérie !… chérie !… Vigny !… Est-ce possible ? / — Plus barbare que Leconte de Lisle… plus mystérieuse que Mæterlinck ! / — Taisez-vous !… Taisez-vous ! / — Plus universelle que Hugo ! / — Hugo !… Hugo !… Hugo !… Ne dites pas ça !… C’est le ciel !… c’est le ciel ! / — Plus divine que Beethoven !… / — Non… non… pas Beethoven… Beethoven !… Ah ! je vais mourir ! / Et, presque pâmée, elle passe ses doigts longs, mols, onduleux, dans la chevelure de la prêtresse qui continue ses litanies, éperdue d’adoration. — Encore ! encore !… Dites encore ! » »

— Octave Mirbeau, La 628-E8, 1907, réédition Éditions du Boucher, 2003, p. 400

. L’orientation de ce portrait est reprise par l’ambassadeur de France à Bucarest le comte de Saint-Aulaire, dans ses mémoires qui la montre sans-gêne, prétentieuse et monopolisant la conversation.

Charles Maurras fait d’Anna de Noailles l’une des quatre femmes de lettres qu’il prend comme exemplaires du romantisme féminin dont il voit une résurgence à la fin du XIXe siècle, aux côtés de Renée Vivien, Marie de Régnier et Lucie Delarue-Mardrus. Ces qualités sont aussi vantées par les travaux de la critique littéraire antiféministe Marthe Borély.

Articol scris de online-litterature

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