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Georges Bizet

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Georges Bizet

 

       Lettres à un ami, 1865-1872

 

 

Alexandre-César-Léopold Bizet, dit Georges Bizet, est un compositeur français du XIXe siècle, né le 25 octobre 1838 à Paris (ancien 2ème arrondissement) et mort le 3 juin 1875 à Bougival (Seine-et-Oise). Il est le compositeur de l’un des opéras français les plus connus au monde : Carmen (1875)

Les Toreadors from Carmen by Bizet

 

Habanera by Bizet

Obertura/Marcha del torero  http://www.epdlp.com/clasica.php?id=73
Habanera       http://www.epdlp.com/clasica.php?id=74
Intermezzo    http://www.epdlp.com/clasica.php?id=75
Aragonesa     http://www.epdlp.com/clasica.php?id=76
Seguidilla (canta María Callas)   http://www.epdlp.com/clasica.php?id=77
La fleur que tu m’avais jetée (canta Plácido Domingo)  http://www.epdlp.com/clasica.php?id=78
Toreador en garde (canta Ruggero Raimondi) http://www.epdlp.com/clasica.php?id=79

Nom de naissance     Alexandre-César-Léopold Bizet
Naissance     25 octobre 1838
Paris, Drapeau de la France France
Décès     3 juin 1875 (à 36 ans)
Bougival, Drapeau de la France France
Style     Musique romantique
Formation     Conservatoire de Paris
Maîtres     Antonin Marmontel
Ascendants     Adolphe Amand Bizet et Aimée Léopoldine Joséphine Delsarte (parents)
Conjoint     Geneviève Halévy, François Benoist, Jacques Fromental Halévy

Biographie
Un musicien surdoué
Acte de baptême de Georges Bizet en date du 16 mars 1840 en l’église Notre-Dame-de-Lorette à Paris.

Alexandre César Léopold Bizet est né le 25 octobre 1838 au 26 rue de La Tour-d’Auvergne à Paris. Son père, Adolphe Amand Bizet, d’abord installé comme coiffeur et perruquier, s’est reconverti dans l’enseignement du chant en 1837. Sa mère, Aimée Léopoldine Joséphine Delsarte, pianiste, lui enseigne les premiers rudiments de l’instrument. Son oncle François Delsarte, professeur de chant, spécialiste de Gluck, est célèbre dans l’Europe entière. L’opéra et le piano marquent donc d’emblée de leur empreinte le destin du jeune homme.

L’enfant est rebaptisé Georges le 16 mars 1840 lors de son baptême en l’église Notre-Dame-de-Lorette à Paris : son parrain est Philippe Louis Brulley de la Brunière et sa marraine est Hyppolite Sidonie Daspres3.

Georges montre très tôt des dons pour la musique et entre au Conservatoire de Paris à l’âge de neuf ans, dans la classe de piano de Marmontel. Il y obtiendra un second prix de piano en 1851, puis un premier prix en 18524. La même année, il entre dans la classe d’orgue de Benoist. En 1853, il entre dans la classe de composition de Jacques Fromental Halévy, auteur de nombreux opéras dont La Juive et qui a compté Charles Gounod parmi ses élèves. Le jeune Bizet obtient un second prix d’orgue et de fugue en 1854, puis un premier prix en 1855. Il travaille également avec Pierre Zimmermann, le prédécesseur de Marmontel au Conservatoire.

À l’automne 1855, âgé d’à peine dix-sept ans, il compose en un mois sa première symphonie, en ut majeur, œuvre d’une grande vivacité, inspirée par la Première Symphonie de Gounod, dont il vient de publier une version pour piano à quatre mains. Sa symphonie en ut n’a été redécouverte qu’en 1933 dans les archives du Conservatoire de Paris et n’a été créée que deux ans plus tard à Bâle. En 1856, son opérette Le Docteur Miracle (créée le 9 avril 1857) remporte le premier prix du concours d’opérette.

En 1857, à l’âge de 19 ans, il remporte avec sa cantate Clovis et Clotilde le Grand Prix de Rome de composition musicale, prestigieux tremplin à cette époque pour une carrière de compositeur et dont la récompense est un séjour de trois ans à la Villa Médicis. L’Académie de France à Rome que Napoléon Bonaparte avait transférée à la Villa Médicis accueillait de jeunes artistes pour leur permettre de se perfectionner dans leur art et leur demandait en retour de réaliser des travaux annuels envoyés et jugés à Paris. Ces travaux étaient appelés les « envois de Rome ». Ce séjour en Italie loin de sa famille a une importance considérable dans la vie du jeune musicien qui découvre le bonheur d’être libre, la beauté de Rome et de la nature qui l’entoure. Ce séjour heureux l’aide à grandir et à s’affranchir des règles strictes imposées par l’école et par sa mère. « Le Bizet de Carmen est né en Italie » (Biographie de Bizet, Les Amis de Georges Bizet).

Pendant son séjour à l’Académie de France à Rome, il effectue les « envois » ordinaires :

    un opéra-bouffe en deux actes (1858/9) : Don Procopio, sur un livret de Carlo Cambiaggio,
une ouverture (1861): La Chasse d’Ossian,
un opéra-comique en un acte (1862) : La Guzla de l’émir, sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré.

Une vie matérielle et familiale difficile
Caricature par Henri Meyer publiée dans Diogène5 (1867)

De retour en France, il se consacre à l’enseignement et à la composition. Il a à peine 25 ans quand en 1863, Léon Carvalho lui commande Les Pêcheurs de perles, sur un livret de Carré et Cormon, pour le Théâtre-Lyrique. Berlioz en donnera une critique positive dans le Journal des Débats du 8 octobre 1863 ayant apprécié « un nombre considérable de beaux morceaux expressifs pleins de feux et d’un riche coloris ». Cette œuvre est donc un succès encourageant pour le jeune compositeur et connaîtra dix-huit représentations. Sur commande et sur un médiocre livret de J.H.V. de Saint-Georges et de J. Adenis librement adapté du roman de Walter Scott, La Jolie Fille de Perth, il compose en 1866 et fait jouer en 1867 La Jolie Fille de Perth, opéra en 4 actes.

Il épouse le 3 juin 1869 Geneviève Halévy, fille de son professeur de composition, Jacques Fromental Halévy, mort sept ans plus tôt, et de Léonie Rodrigues-Henriques. Le jeune compositeur a 30 ans et la jeune fille 20 ans. Il entre ainsi par son mariage dans la famille Halévy, une grande famille juive qui compte à cette époque dans la société française. Son beau-père était membre de l’Institut et secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts et Ludovic Halévy, le librettiste de talent qui composera le livret de Carmen avec Henri Meilhac, est le cousin germain de Geneviève. Sa jeune épouse lui donne un fils, Jacques (1872-1922), qui sera le grand ami de l’adolescence de Proust.

Il réalise de nombreuses transcriptions pour piano d’œuvres lyriques à la mode pour le compte des éditeurs Choudens et Heugel. Pendant la guerre de 1870, il s’engage dans la Garde Nationale, puis part pour Libourne. Il revient au Vésinet auprès de son père, puis en 1871 à Paris après la Commune. La même année, il tire une Petite suite d’orchestre, de ses Jeux d’enfants, pour piano à quatre mains. Elle sera créée le 2 mars 1873, au théâtre de l’Odéon, par Édouard Colonne. Djamileh est jouée la même année à l’Opéra-Comique.

Pour la pièce de théâtre L’Arlésienne d’Alphonse Daudet, il compose une musique de scène ; mais l’œuvre, jouée au théâtre du Vaudeville le 1er octobre 1872, est retirée de l’affiche après vingt représentations. Bizet extrait de sa musique une suite orchestrale créée le mois suivant aux Concerts Pasdeloup qui remportera un succès jamais démenti. Il l’adapte également pour piano à quatre mains. Patrie, pour orchestre est jouée fin 1872, par les Concerts Pasdeloup au cirque d’Hiver.

À l’image d’un Rossini, Bizet imaginait une vie matérielle confortable, une « vie de rentier », grâce à quelques succès rapides à l’Opéra Comique qui ne se produisirent jamais. Les Pêcheurs de perles, La Jolie Fille de Perth, Djamileh, L’Arlésienne n’ont pas été de grands succès couronnés de nombreuses représentations. Sa vie a été dévorée par les travaux alimentaires pour les éditeurs et par les leçons de piano. « Je travaille à me crever… » – « Je mène une existence insensée… », écrit-il dans ses lettres. Sa vie familiale n’est pas plus heureuse. Il ne peut pas partager ses difficultés et ses soucis avec sa jeune épouse Geneviève, coquette et nerveusement fragile. Il doit même les lui cacher. Leurs six années de mariage ne leur feront pas connaître le bonheur conjugal.
Carmen, son chef-d’œuvre
La maison de Georges Bizet à Bougival (1900)

En 1875, il s’installe dans le petit village de Bougival pour terminer l’orchestration de Carmen et honorer cette nouvelle commande de l’Opéra-Comique qui voulait « une petite chose facile et gaie, dans le goût de notre public avec, surtout, une fin heureuse » (cité par les Amis de Georges Bizet). Le musicien appréciait le calme du site au bord de la Seine. Il faudra toute la ténacité de Bizet et de Ludovic Halévy, son librettiste, pour convaincre le directeur de l’Opéra Comique d’accepter cet opéra si différent de ses aspirations ! Après trois mois de travail sans répit et 1 200 pages de partition, Carmen, son chef d’œuvre, est prêt et son superbe livret est de Henri Meilhac et de Ludovic Halévy qui ont écrit les livrets des plus célèbres opérettes de Jacques Offenbach, La Belle Hélène, La Vie parisienne, La Périchole. Bizet assiste à toutes les répétitions qui se révèlent épuisantes : il se heurte aux chanteurs qui n’ont pas l’habitude de bouger en scène et de jouer leurs personnages avec le naturel que Bizet attend d’eux, aux musiciens qui trouvent cet opéra trop difficile et toujours à la mauvaise humeur du directeur exaspéré par le thème de la pièce qu’il trouve indécent.

Le 3 mars 1875, il est fait chevalier de la Légion d’honneur, le jour de la première de Carmen qui se révèle être un désastre. Les musiciens et les choristes sont médiocres, les changements de décor prennent un temps considérable si bien que la salle se vide peu à peu. Le public et la critique sont scandalisés par cette histoire sulfureuse que la presse du lendemain condamne au nom de la morale. Bizet en est bouleversé. Il contracte une angine mais décide contre tous les avis de se réfugier dans sa maison de Bougival. Le 29 mai 1875, il se baigne dans l’eau glacée de la Seine et est pris dès le lendemain d’une crise aiguë de rhumatisme articulaire. Lors d’une représentation, Bizet a une rupture d’anévrisme au moment où Mme Célestine Galli-Marié, chantant le „trio des cartes” au troisième acte, retournait « (…) la carte impitoyable qui dit toujours: la mort! »6. Il décède d’un infarctus, dans la nuit du 2 au 3 juin, à l’âge de 36 ans.

Son opéra Carmen, adapté de la nouvelle de Prosper Mérimée, est l’une des œuvres du répertoire les plus jouées dans le monde. L’échec de l’œuvre lors de ses premières représentations tient principalement au rejet du sujet par un public heurté dans sa morale bienséante et dans son conformisme bourgeois. Carmen est une femme sulfureuse, sans attaches, sans respect pour l’ordre établi, passant d’amant en amant, ayant pour seule morale et pour seules règles sa liberté et son bon plaisir. Le public de cette fin du XIXe siècle ne pouvait qu’être choqué par cette femme insoumise.

La critique musicale n’est pas tendre non plus à l’époque. Le journal Le Gaulois dira: « Monsieur Bizet appartient à l’école du civet sans lièvre ; il remplace par un talent énorme et une érudition complète, la sève mélodique ! » Pour Camille du Locle, directeur de l’Opéra-Comique, « C’est de la musique cochinchinoise ; on n’y comprend rien! » (Alexis Payne, Grands opéras du répertoire, Fayard, 1979, p. 73″)

Mais en Europe, après la mort de Bizet, la carrière éblouissante de Carmen sera rapide. Le premier triomphe de cette œuvre lumineuse a lieu à Vienne dès le mois d’octobre 1875. Brahms, enthousiaste, assiste à vingt représentations. Richard Wagner et Nietzsche furent, entre autres, des admirateurs de l’œuvre dont Tchaïkovski disait que «d’ici dix ans, Carmen serait l’opéra le plus célèbre de toute la planète » (cité par Les Amis de Georges Bizet). Il a fallu que Carmen connaisse le succès dans le monde entier et notamment aux États-Unis et en Russie pour que l’Opéra Comique mette à nouveau à son répertoire cette œuvre fiévreuse et généreuse, « Une histoire pure et limpide comme celle d’une tragédie antique, qui commence dans la naïveté d’une carte postale et s’achève dans le sang. » (J-F Sivadier, metteur en scène).
Tombe du compositeur Georges Bizet au cimetière du Père-Lachaise

Le succès extraordinaire de cette œuvre tient aussi à sa musique, « archétype de ce qui caractérise l’esprit et le style si particulier de la musique française : clarté, sonorités limpides, élégance diaphane, suggestion, articulation, lisibilité … » (J-C Casadesus, C’est un fait, Carmen est devenue un mythe). Il tient également à la très grande unité entre le livret et la musique, entre la dramaturgie et le chant. « Le premier coup de cymbales de l’ouverture contient toute la fulgurance d’un rayon de soleil acéré mais il fait luire aussi la pointe menaçante d’un couteau brandi. Le ton est donné. L’urgence est là. Elle conduit d’une façon implacable à la finalité de l’ouvrage, la fatalité de la mort. » (J-C Casadesus, idem).

Georges Bizet est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 68).
Œuvres

Son nom reste associé pour la postérité à Carmen, l’un des piliers du répertoire lyrique français, et à L’Arlésienne, connue pour le thème de La Marche des rois.
Lyrique

    Le Docteur Miracle, opérette (1856)
Don Procopio, opéra-bouffe (1858-1859), créé en 1906
La Prêtresse, opérette inachevée
Les Pêcheurs de perles, opéra (1863)
Ivan IV, (1862-65) créé en 1946
La Jolie Fille de Perth, opéra (1866)
Noé, opéra de Fromental Halévy achevé par Georges Bizet (1869)
Djamileh7, opéra en un acte (1871)
L’Arlésienne, musique de scène (1872) ( il a ensuite fait une suite de l’arlésienne pour la pièce d’ Alphonse Daudet .)
Carmen, opéra-comique (1875)

Musique pour orchestre
Plaque commémorative sur la maison de Bizet à Bougival

    Symphonie en ut majeur (1855)
Ouverture (c.1855)
Scherzo et Marche funèbre (1860-1)
Six Chants du Rhin (1865)
Marche funèbre (1868-9)
Symphonie « Roma » (1860-8 rev. 1871)
Jeux d’enfants, suite orchestrale tirée des no 2, 3, 6, 11 et 12 de la Suite pour piano à quatre mains (1872)
L’Arlésienne, suite no 1 (1872) — La suite no 2 a été orchestrée après la mort du compositeur par Ernest Guiraud.
Patrie, ouverture symphonique (1873)

Musique pour piano

    Grande Valse de concert en mi bémol (1854)
Nocturne en fa majeur (1854)
3 Esquisses musicales (1858)
Chants du Rhin (1865)
Variations chromatiques de concert (1868)
Nocturne en ré majeur (1868)
Jeux d’enfants. 12 pièces pour duo ou piano à quatre mains (1871)

Musique chorale

    Valse en sol majeur, pour chœur mixte et orchestre (1855)
La Chanson du Rouet, pour voix solo et chœur mixte (1857)
Clovis et Clotilde, cantate (1857)
Te Deum, pour soprano, ténor, chœur mixte et orchestre (1858)
Vasco de Gama, ode-symphonie (1859-60)
La mort s’avance, pour chœur mixte et orchestre (1869)

Mélodies
Manuscrit de Sérénade de Georges Bizet, 1874

    Vieille Chanson (1865)
Après l’hiver (1866)
Feuilles d’album, six chansons (1866)
Chants des Pyrénées, six chansons folkloriques (1867)
Berceuse (1868)
La Coccinelle (1868)
Sérénade : Ô, quand je dors (1870)
Absence (1872)
Chant d’amour (1872)

Écrits

    Lettres à un ami, 1865-1872

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