Poesis

Art Classique et Contemporain, Livres Audio, Science, Mystère, Android

Charlie Chaplin

| 0 Comentarii

Read similar posts recommended for you
Friedrich Nietzsche

Friedrich Nietzsche

EN: Frédéric NIETZSCHE, Beyond Good and Evil (EN) Friedrich Nietzsche, Thus Spake Zarathustra: A Book for All and None (EN) Friedrich Nietzsche, Ecce ...

En savoir plus...

Le Livre d'Or des Enfants de la Terre

  Le Livre d’Or des Enfants de la Terre, édité par le Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix France/Suisse, le ...

En savoir plus...

Fiodor Dostoievski – L’Idiot

Fiodor Dostoievski - L'Idiot

  Fiodor Dostoievski   Lecture : Pomme L'Idiot - Livre 1   L'Idiot - Livre 2   L'Idiot - Livre 3   L'Idiot - Livre 4   Publié par online-litterature  

En savoir plus...

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu

Marcel Proust À la recherche du temps perdu - Litterature audio.com    L'Œuvre Intégrale / Durée : 145 heures Du Côté De Chez ...

En savoir plus...

E-book Ludewic

Ludewic Mac Kwin De Davy - Poèmes, livre audio, e-book

* Ludewic Mac Kwin De Davy * Aphorismes, Pensées, Philosophie   * Lire la plus belle collection de citations,  culture et sagesse classique • ...

En savoir plus...

Beethoven

Beethoven

       « Je ne connais pas d’autres marques de supériorité que la bonté.  » Moonlight Sonata by Beethoven Ludwig van Beethoven ...

En savoir plus...

Concours

Concours

 Projets, concours et événements culturels en cours Concours International "Un Poème pour la Planète" Pendant une année, jusqu’au 22 avril 2016, nous ...

En savoir plus...


Charlie Chaplin 

„The Cure” (Charlie Chaplin & Edna Purviance) 1917

Naan charlie chaplin ponnu – Chaplin Saamanthi Movie Official Video Song

Charlie Chaplin, Music: Smile, Artist: Michael Jackson

 

Charles Spencer Chaplin, dit Charlie Chaplin (16 avril 1889 – 25 décembre 1977), était un acteur, un réalisateur et un scénariste britannique qui devint une icône du cinéma muet grâce à son personnage de Charlot. Durant sa carrière de plus de 65 ans, il joua dans plus de 80 films et sa vie publique et privée a fait l’objet d’adulation comme de controverses.

Né à Londres, Chaplin grandit dans la misère entre un père absent et une mère en grandes difficultés financières qui fut internée en asile psychiatrique alors qu’il avait 14 ans. Il commença très tôt à se produire dans des music-halls et devint rapidement acteur. À 19 ans, il fut remarqué par le célèbre imprésario Fred Karno et réalisa une tournée aux États-Unis. Il joua au cinéma pour la première fois en 1914 dans le film Pour gagner sa vie et créa rapidement son personnage de Charlot. En plus de son rôle d’acteur, il se mit à la réalisation et développa ses talents en travaillant avec les sociétés de production Essanay, Mutual et First National. En 1918, il était devenu l’une des personnalités les plus connues au monde.

En 1919, Chaplin cofonda la société United Artists et reçut ainsi le contrôle total sur ses œuvres. Parmi ses premiers long-métrages figurent Le Kid (1921), L’Opinion publique (1923), La Ruée vers l’or (1925) et Le Cirque (1928). Il refusa de passer au cinéma sonore et continua de produire des films muets dans les années 1930 comme Les Lumières de la ville (1931) et Les Temps modernes (1936). Ses œuvres devinrent ensuite plus politiques avec notamment Le Dictateur (1940) dans lequel il se moquait d’Adolf Hitler. Sa popularité déclina dans les années 1940 en raison des controverses concernant ses liaisons avec des femmes bien plus jeunes que lui et un procès en reconnaissance en paternité. Chaplin fut également accusé de sympathies communistes et les enquêtes du FBI et du Congrès l’obligèrent à quitter le pays pour la Suisse en 1952. Il abandonna son personnage de Charlot dans ses derniers films dont Monsieur Verdoux (1947), Les Feux de la rampe (1952), Un roi à New York (1957) et La Comtesse de Hong-Kong (1967).

Chaplin écrivit, réalisa, produisit, composa la musique et joua dans la plupart de ses films. Il était perfectionniste et son indépendance financière lui permit de consacrer des années au développement de ses œuvres. Bien qu’étant des comédies de type slapstick, ses films intégraient des éléments de pathos et étaient marqués par les thèmes sociaux et politiques ainsi que par des éléments autobiographiques. En 1972, l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui remit un oscar d’honneur pour sa contribution inestimable à l’industrie cinématographique et plusieurs de ses œuvres sont aujourd’hui considérées comme faisant partie des plus grands films de tous les temps.

Charles Spencer Chaplin est né le 16 avril 1889 ; il était le premier enfant d’Hannah Chaplin (en) née Hill (1866-1928) et de Charles Chaplin Sr. (1863-1901). Il n’existe aucun document officiel sur sa naissance mais Chaplin considérait qu’il était né sur East Street dans le quartier de Walworth du sud de Londres1,n 1. Ses parents s’étaient mariés quatre ans plus tôt après que Charles Sr. eut reconnu Sydney John, un fils issu d’une précédente relation d’Hannah avec un homme inconnu5. Au moment de sa naissance, les parents de Chaplin étaient tous deux des artistes de music-hall. Sa mère, la fille d’un cordonnier6, menait une carrière sans grand succès sous le nom de scène de Lily Harley7 tandis que son père, le fils d’un boucher8 était un chanteur populaire9. Ils se séparèrent vers 189110 et l’année suivante, Hannah donna naissance à son troisième fils, Wheeler Dryden, issu d’une relation avec le chanteur de music-hall Leo Dryden ; l’enfant fut emmené par son père à l’âge de six mois et resta éloigné de Chaplin pendant 30 ans11.

L’enfance de Chaplin fut marquée par la misère et les privations ce qui poussa son biographe officiel David Robinson à écrire que son parcours ultérieur fut « le plus spectaculaire de tous les récits jamais racontés sur l’ascension des haillons aux richesses12 ». Il passa ses premières années avec sa mère et son frère Sydney dans le district londonien de Kennington ; hormis quelques travaux de couture ou de nourrice, Hannah n’avait aucun revenus et Charles Sr. n’apporta aucun soutien à ses enfants13. Alors que la situation financière du foyer se détériorait, Chaplin fut envoyé dans une workhouse à l’âge de sept ansn 2. Il indiqua par la suite qu’il y connut une « triste existence15 » et fut brièvement rendu à sa mère 18 mois plus tard ; Hannah fut rapidement contrainte de se séparer à nouveau de ses enfants qui furent envoyés dans une autre institution pour enfants indigents16.
Charles Chaplin Sr. vers 1885

En septembre 1898, la mère de Chaplin fut admise à l’asile psychiatrique de Cane Hill après avoir développé une psychose apparemment provoquée par la malnutrition et la syphilis17. Durant les deux mois de son hospitalisation, Chaplin et son frère furent envoyés vivre avec leur père qu’ils connaissaient à peine18. Charles Sr. avait alors sombré dans l’alcoolisme et sa conduite entraîna la visite d’une organisation de protection de l’enfance19. Il mourut deux ans plus tard à l’âge de 38 ans d’une cirrhose20.

L’état de santé d’Hannah s’améliora19 mais elle fit une rechute en mai 1903. Chaplin, alors âgé de 14 ans, l’emmena au dispensaire où elle fut renvoyée à Cane Hill21. Il vécut seul pendant plusieurs jours et dormit dans la rue en attendant le retour de son frère qui s’était engagé dans la Marine deux ans plus tôt22,23,24. Hannah quitta l’asile au bout de huit mois25 mais elle rechuta de manière permanente en mars 1905. Chaplin écrivit plus tard que « nous ne pouvions rien faire d’autre qu’accepter le triste destin de notre mère » ; elle resta internée jusqu’à sa mort en 192826,27.
Premières prestations

Chaplin commença très tôt à se produire sur scène et Chaplin se rappela avoir réalisé sa première apparition à cinq ans en remplaçant Hannah lors d’un spectacle à Aldershotn 3. Cela fut une exception mais sa mère l’encouragea dans cette voie et il rapporta par la suite qu’« elle [l]’imprégna du sentiment [qu’il] avait une sorte de talent30 ». Grâce aux relations de son père31, il devint membre de la troupe de danseurs Eight Lancashire Lads et se produisit dans les music-halls britanniques en 1899 et 1900n 4. Chaplin travaillait dur et la troupe était populaire mais il ne se satisfaisait pas de la danse et voulait se tourner vers la comédie33.

Alors que Chaplin était en tournée avec les Eight Lancashire Lads, sa mère s’assura qu’il continuait à aller à l’école34 mais il abandonna vers 13 ans35. Après une période de petits boulots36, il s’inscrivit dans une agence artistique du West End de Londres à 14 ans peu après la rechute de sa mère. Le responsable de l’agence décerna un potentiel chez Chaplin et lui offrit rapidement son premier rôle en tant que vendeur de journaux dans la pièce Jim, a Romance of Cockayne de Harry A. Saintsbury37. La première eut lieu en juillet 1903 mais le spectacle ne rencontra pas le succès et les représentations s’arrêtèrent au bout de deux semaines ; la performance comique de Chaplin fut néanmoins remarquée par les critiques38,39,40. Saintsbury lui obtint le rôle du groom Billy dans la pièce Sherlock Holmes de Charles Frohman41. Son jeu fut si bien reçu qu’il fut appelé à Londres pour se produire aux côtés de William Gillette qui avait co-écrit la pièce avec Arthur Conan Doyle42. Il réalisa sa dernière tournée de Sherlock Holmes au début de l’année 1906 après y avoir joué pendant plus de deux ans et demi43.
Acteur comique
Page de journal avec deux photographies de Chaplin, l’une naturelle avec les cheveux lissés et l’autre dans son rôle avec une moustache et les cheveux en bataille.
Publicité pour la tournée américaine de la troupe de Fred Karno avec Chaplin en 1913

Chaplin rejoignit rapidement une autre compagnie et joua dans une comédie à sketchs appelée Repairs avec son frère qui s’était également lancé dans une carrière artistique44. En mai 1906, il participa au spectacle pour enfants Casey’s Circus45 et développa son jeu burlesque qui lui permit de devenir rapidement la star de la pièce. À la fin de la tournée en juillet 1907, le jeune homme de 18 ans était devenu un comédien accompli46,47. Il eut néanmoins des difficultés pour trouver du travail et une brève percée dans le stand-up ne rencontra pas le succès escompté48,49.

Dans le même temps, Sydney Chaplin avait rejoint en 1906 la prestigieuse troupe comique de Fred Karno dont il était devenu l’un des acteurs principaux en 190850,51,52. En février, il parvint à obtenir une période d’essai de deux semaines pour son frère cadet. Karno ne fut initialement pas convaincu et considérait Chaplin comme un « enfant à l’air renfrogné pâle et chétif » qui « semblait bien trop timide pour faire quoi que ce soit de bien au théâtre53 ». Il fut cependant impressionné par sa première prestation au London Theatre et l’engagea immédiatement54. Après des rôles secondaires, Chaplin accéda aux rôles principaux en 190955 et il fut l’acteur principal de la nouvelle comédie Jimmy the Fearless en avril 1910. Ce fut un grand succès qui attira l’attention de la presse sur le jeune artiste56,57.

Karno choisit sa nouvelle star pour participer avec une partie de sa troupe à une tournée en Amérique du Nord58. Chaplin mena les spectacles de vaudeville et impression les critiques qui le décrivirent comme « l’un des meilleurs artistes de pantomime jamais vu59 ». La tournée dura 21 mois et la troupe retourna en Grande-Bretagne en juin 191260. Chaplin se souvint qu’il « eut le sentiment troublant de revenir aux platitudes déprimantes » et fut ravi quand une nouvelle tournée commença en octobre61,62.
Débuts dans le cinéma (1914-1917)
Keystone
Capture d’écran montrant deux hommes en costume dans une rue. Chaplin porte un haut-de-forme et une moustache.
Chaplin (à gauche) dans son premier rôle cinématographique, Pour gagner sa vie (1914)
Capture d’écran montrant Charlot devant une foule d’enfants.
Les débuts de Charlot dans Charlot est content de lui (1914)

Alors qu’il en était au sixième mois de sa tournée américaine, Chaplin fut invité à rejoindre la New York Motion Picture Company ; un des responsables de la société avait assisté à un de ses spectacles et pensait qu’il pourrait remplacer Fred Mace, la star du studio Keystone, qui voulait prendre sa retraite63. Chaplin considérait les comédies de Keystone comme un « mélange grossier » mais appréciait la perspective d’une nouvelle carrière64; il signa en septembre 1913 un contrat avec un salaire hebdomadaire de 150 $ (environ 6 810 $ de 2012n 5)65,66.

Chaplin arriva aux studios de Los Angeles au début du mois de décembre 191367 et rencontra son responsable Mack Sennett qui pensait que le jeune homme de 24 ans paraissait trop jeune68. Il ne joua pas avant la fin du mois de janvier et profita de cette période pour se familiariser avec la réalisation cinématographique69. Il fit ses débuts dans le court-métrage Pour gagner sa vie sorti le 2 février 1914 mais détesta le film70. Pour son second rôle, Chaplin choisit le costume de Charlot (en anglais, The Tramp ou vagabond) avec lequel il se fit connaître ; dans son autobiographie, il décrivit le processus :

    « Je voulais que tout soit une contradiction : le pantalon ample, la veste étriquée, le chapeau étroit et les chaussures larges… J’ai ajouté une petite moustache qui, selon moi, me vieillirait sans affecter mon expression. Je n’avais aucune idée du personnage mais dès que je fus habillé, les vêtements et le maquillage me firent sentir qui il était. J’ai commencé à le connaître et quand je suis entré sur le plateau, il était entièrement né71,n 6. »

Ce film fut L’Étrange Aventure de Mabel mais le personnage de « Charlot » apparut pour la première fois dans Charlot est content de lui tourné peu après mais qui sortit deux jours plus tôt le 7 février 191473. Chaplin adopta rapidement ce personnage et fit des suggestions pour les films dans lesquels il apparaissait mais elles furent rejetées par les réalisateurs74. Durant le tournage de son 11e film, Mabel au volant, il affronta la réalisatrice Mabel Normand et l’incident faillit entraîner la résiliation de son contrat. Sennett le conserva néanmoins après avoir reçu des commandes pour de nouveaux films avec Chaplin. Il l’autorisa également à réaliser son prochain film après que Chaplin eut promit de payer 1 500 $ (environ 68 000 $ de 2012n 5) s’il ne marchait pas75.

Un béguin de Charlot sorti le 4 mai 1914 marqua les débuts de réalisateur de Chaplin et connut un grand succès76. Par la suite, il réalisa quasiment tous les court-métrages de Keystone dans lesquels il joua77; Chaplin rapporta par la suite que cette période où il réalisait environ un film par semaine78 fut la plus excitante de sa carrière79. Il introduisit une forme de comédie plus lente que les farces typiques de Keystone73 et rassembla rapidement un grand nombre d’admirateurs80,81. En novembre 1914, il joua avec Marie Dressler dans le long-métrage Le Roman comique de Charlot et Lolotte réalisé par Sennet ; le film fut un succès et accrut sa popularité82. Lorsque le contrat de Chaplin expira à la fin de l’année, il demanda un salaire hebdomadaire de 1 000 $ (environ 45 200 $ de 2012n 5), une somme que Sennett refusa car trop élevée83.
Essanay
Capture d’écran montrant Charlot assis à côté d’une femme portant une robe et un nœud dans les cheveux.
Chaplin et Edna Purviance dans Charlot apprenti (1915)

L’Essanay Film Manufacturing Company proposa à Chaplin un salaire hebdomadaire de 1 250 $ (environ 56 500 $ de 2012n 5) avec une prime d’embauche de 10 000 $. Il intégra le studio à la fin du mois de décembre 191484 et rejoignit d’autres acteurs comme Leo White, Bud Jamison, Paddy McGuire et Billy Armstrong. Alors qu’il était à la recherche d’un second rôle féminin pour son deuxième film, Charlot fait la noce, il repéra une secrétaire appelée Edna Purviance dans un café à San Francisco. Il l’embaucha et elle tourna avec lui dans 35 films85; ils eurent également une aventure sentimentale jusqu’en 191786.

Chaplin exerçait un contrôle important sur ses films et il commença consacrer beaucoup de temps et d’énergie dans chacune de ses réalisations87,88,89. Un mois sépara sa seconde production, Charlot fait la noce, et sa troisième, Charlot boxeur90, et il adopta ce rythme pour ses réalisations ultérieures avec Essenay91. Il modifia également son personnage qui avait été critiqué par Keystone en raison de son caractère « malveillant, rustre et grossier » pour lui donner une personnalité plus douce et romantique92. Cette évolution fut illustrée par Le Vagabond en avril 191593,94 et Charlot garçon de banque en août qui comportaient un final plus triste. Robinson note que cela était une innovation pour les films comiques et les critiques sérieuses commencèrent à plus apprécier son travail95. L’historien du cinéma Simon Louvish indiqua qu’avec Essenay, Chaplin « trouva les thèmes qui définirent le monde de Charlot96 ».

Immédiatement après ses débuts cinématographiques, Chaplin devint un phénomène culturel. Les magasins vendaient des produits associés à son personnage de Charlot qui apparut dans des bandes dessinés et dans des chansons97,78,98. En juillet 1915, un journaliste du magazine Motion Picture Magazine écrivit que la « chaplinite » se propageait en Amérique99. Sa popularité s’étendit également à l’étranger et il devint la première star internationale du cinéma100,101. Alors que son contrat avec Essenay expirait en décembre 1915102, Chaplin, pleinement conscient de sa célébrité, demanda une prime d’embauche de 150 000 $ (environ 7 millions de dollars de 2012n 5) de la part de son nouveau studio. Il reçut plusieurs propositions venant entre autres d’Universal, de la Fox et de Vitagraph103.
Mutual
Photographie de Charlie Chaplin debout et en costume tenant une poupée représentant Charlot
Chaplin devint rapidement un phénomène culturel avec des produits sur son personnage de Charlot, 1918.

Il fut finalement embauché par le studio Mutual qui lui accorda un salaire annuel de 670 000 $ faisant de Chaplin, alors âgé de 26 ans, l’une des personnes les mieux payées au monde104. Cette somme élevée choqua le public et fut largement reprise dans la presse105. Le président du studio, John R. Freuler, expliqua que : « Nous pouvons nous permettre de payer ce large salaire annuel à M. Chaplin car le public veut Chaplin et paiera pour le voir106 ».

Mutual accorda à Chaplin son propre studio à Los Angeles qui fut inauguré en mars 1916107. Il recruta deux nouveaux acteurs pour l’accompagner, Albert Austin et Eric Campbell108, et réalisa une série de films plus élaborés et mélodramatiques : Charlot chef de rayon, Charlot pompier, Charlot musicien, Charlot rentre tard, Charlot et le Comte109. Pour Charlot usurier, il embaucha l’acteur Henry Bergman qui travailla avec lui pendant 30 ans110. Charlot fait du ciné et Charlot patine furent ses dernières réalisations pour l’année 1916. Le contrat avec Mutual stipulait qu’il devait réaliser un court-métrage toutes les quatre semaines, ce qu’il avait fait111. Il commença néanmoins à demander plus de temps pour créer ses films et il n’en réalisa que quatre autres pour Mutual dans les dix premiers mois de l’année 1917 : Charlot policeman, Charlot fait une cure, L’Émigrant et Charlot s’évade112. Du fait de leur réalisation méticuleuse et de leur construction soignée, ces films sont considérées comme parmi ses meilleures œuvres de Chaplin par les spécialistes du cinéaste113,114,112,115. Plus tard, Chaplin indiqua que ses années à Mutual furent les plus heureuses de sa carrière116.

Chaplin fut critiqué par la presse britannique pour sa non-participation à la Première Guerre mondiale117. Il répondit qu’il se battrait pour le Royaume-Uni s’il y était appelé et qu’il s’était enregistré pour la conscription américaine ; aucun des deux pays ne lui demanda de servir et l’ambassade britannique aux États-Unis publia une déclaration indiquant que « [Chaplin] est bien plus utile à la Grande-Bretagne en gagnant de l’argent et en achetant des obligations de guerre que dans les tranchées118 ». Malgré ces critiques, Chaplin était l’un des acteurs préférés des soldats119 et sa popularité continua de grandir dans le monde entier. Le magazine américain Harper’s Weekly rapporta que le nom de Charlie Chaplin faisait « partie de la langue véhiculaire de presque tous les pays » et que l’image de Charlot était « universellement familière120 ». En 1917, les imitateurs professionnels de Charlot étaient si répandus qu’il lança des actions en justice121 et il fut rapporté que neuf hommes sur dix qui participaient à des soirées costumées reprenaient son accoutrement122. L’actrice Minnie M. Fiske écrivit qu’un « nombre en constante augmentation de personnes cultivées commencent à considérer le jeune bouffon anglais, Charlie Chaplin comme un artiste extraordinaire et un génie comique120 ».
First National (1918-1922)
Affiche montrant Charlot l’air triste assis sur un muret en briques à côté d’un petit chien blanc.
Une vie de chien (1918) dans lequel Charlot commença à apparaître comme « une sorte de Pierrot » ou « clown triste ».

Mutual ne se formalisa pas de la production réduite de Chaplin et le contrat se termina à l’amiable. Pour son nouveau studio, son principal objectif était d’avoir une plus large indépendance ; son frère Sydney, devenu son agent artistique, déclara à la presse que « Chaplin doit être autorisé à avoir tout le temps et l’agent nécessaire pour produire les films à sa manière… C’est la qualité, non à la quantité, que nous voulons123 ». En juin 1917, Chaplin signa un contrat d’un million de dollars (environ 34 millions de dollars de 2012n 5) pour huit films avec l’association de propriétaires de salles de cinéma First National Pictures124. Il décida de construire son propre studio sur un terrain de 5 acres (20 200 m2) près de Sunset Boulevard avec les meilleures installations et équipements disponibles125,126. Le studio fut inauguré en janvier 1918127 et Chaplin reçut une grande liberté pour la réalisation de ses films128.

Une vie de chien distribué en avril 1918, fut son premier film sous ce nouveau contrat. Il y démontra une attention grandissante pour l’intrigue et son traitement de Charlot comme « une sorte de Pierrot129 ». Le film fut décrit par le critique français Louis Delluc comme « la première œuvre d’art totale du cinéma130 ». Chaplin participa ensuite à l’effort de guerre en réalisant une tournée d’un mois aux États-Unis pour lever des fonds pour les alliés131. Il produisit également un court-métrage de propagande pour le gouvernement appelé The Bond132. Son film suivant, Charlot soldat, mit en scène Charlot dans les tranchées ; ses associés le mirent en garde contre une comédie sur la guerre mais il indiqua par la suite que « dangereuse ou non, l’idée m’excitait133 ». Le tournage dura quatre mois et le film de 45 minutes rencontra un grand succès à sa sortie en octobre 1918134.

Après la sortie de Charlot Soldat, Chaplin demanda plus de fonds à First National qui refusa. Frustré par le manque de considération du studio pour la qualité et inquiet des rumeurs d’une fusion avec Famous Players-Lasky135,136, il se rapprocha de ses collègues Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D. W. Griffith pour fonder une nouvelle société de distribution. La création d’United Artists en janvier 1919137 fut une révolution pour l’industrie cinématographique car les quatre fondateurs pouvaient personnellement financer leurs œuvres et avoir un contrôle total sur elles138. Chaplin était impatient de pouvoir commencer avec sa nouvelle entreprise et offrit de racheter son contrat avec First National. Le studio refusa et insista pour qu’il livre les six derniers films qu’il avait promis139.
Photographie de Charlot l’air énervé tenant la main à un petit garçon en haillons
Le Kid (1921) avec Jackie Coogan associait la comédie et le drame et fut le premier film de Chaplin à dépasser une heure.

Avant la création d’United Artists, Chaplin se maria pour la première fois. L’actrice de 17 ans Mildred Harris avait révélé qu’elle était enceinte et ils se marièrent discrètement à Los Angeles en septembre 1918 pour éviter la controverse140; la grossesse se révéla fausse141. Chaplin n’était pas heureux de cette union qui selon lui affectait sa créativité et la réalisation d’Une idylle aux champs fut difficile142,143. Harris tomba ensuite réellement enceinte et elle accoucha d’un garçon le 7 juillet 1919. Le nouveau-né, Norman Spencer Chaplin, était cependant malformé et mourut trois jours plus tard144. Ils divorcèrent en avril 1920 et Chaplin expliqua dans son autobiographie qu’ils n’étaient « absolument pas faits l’un pour l’autre145,146 ».

Cette tragédie personnelle influença l’œuvre de Chaplin car il envisagea de faire de Charlot le tuteur d’un jeune garçon147,148. Le tournage du Kid commença en août 1919 avec le jeune Jackie Coogan âgé de quatre ans149. Chaplin réalisa que le projet était plus important que prévu et pour apaiser First National, il arrêta sa production et tourna rapidement Une journée de plaisir150. La réalisation du Kid dura neuf mois jusqu’en mai 1920 et sa durée de 68 minutes en faisait le plus long du cinéaste151. Marqué par les thèmes de la pauvreté et de la séparation, on considère que Le Kid fut influencé par la propre enfance de Chaplin128 et il fut l’un des premiers films à associer la comédie et le drame152. Le succès fut immédiat à sa sortie en janvier 1921 et il fut distribué dans plus de 50 pays dans les trois années qui suivirent153.

Chaplin consacra cinq mois à son film suivant Charlot et le Masque de fer de 31 minutes138. Après sa sortie en septembre 1921, il décida de retourner en Grande-Bretagne pour la première fois en près d’une décennie154. Il remplit ensuite son contrat avec First National en réalisant Jour de paye en février 1922 et Le Pèlerin un an plus tard155.
United Artists (1923-1938)
L’Opinion publique et La Ruée vers l’or

Ayant rempli ses obligations avec la First National, Chaplin était à présent libre de réaliser ses films en tant que producteur indépendant. En novembre 1922, il commença le tournage de L’Opinion publique156. Il voulait que ce drame romantique lance la carrière d’Edna Purviance157 et ne réalisa qu’un bref caméo non-crédité dans cette production158. Il voulait que le film soit réaliste et demanda à ses acteurs de jouer de manière retenue car il expliqua que dans la vie réelle, « les hommes et les femmes essayent de dissimuler leurs émotions plutôt que de vouloir les montrer159 ». La première de L’Opinion publique en septembre 1923 fut acclamée par la critique pour son approche subtile qui était alors une innovation160. Le public semblait cependant peu intéressé par un film de Chaplin sans Charlot et il fut un échec161. Le cinéaste fut affecté par ce revers car il avait voulu réaliser un film dramatique et était fier du résultat ; il retira L’Opinion publique des salles aussi vite que possible162.
Charlot mangeant sa chaussure dans La Ruée vers l’or (1925)

Chaplin revint à la comédie pour son prochain projet et il rapporta avoir pensé que : « Ce prochain film doit être une épopée ! la plus grande !163 » Inspiré par une photographie de la ruée vers l’or du Klondike de 1898 et par le récit de l’expédition Donner de 1846-1847, il réalisa ce que le journaliste Geoffrey Macnab qualifia de « comédie épique sur un sujet grave164,165 ». Dans La Ruée vers l’or, Charlot est représenté comme un prospecteur solitaire affrontant l’adversité et à la recherche de l’amour. Avec Georgia Hale comme partenaire, Chaplin commença le tournage dans les montagnes de l’ouest du Nevada en février 1924166. La production fut complexe avec plus de 600 figurants, des décors extravagants et des effets spéciaux167; la dernière scène ne fut réalisée qu’en mai 1925 après 15 mois de tournage168.

Avec un coût de près d’un million de dollars169, Chaplin considérait que La Ruée vers l’or était le meilleur film qu’il ait réalisé jusque là170. Après sa sortie en août 1925, il devint l’un des plus gros succès du cinéma muet avec cinq millions de dollars (environ 132 millions de dollars de 2012n 5) de recettes169,171. La comédie comporte certaines des scènes les plus célèbres de Chaplin comme Charlot mangeant sa chaussure ou la « danse des petits pains172,173,174,175 » et il déclara par la suite qu’il s’agissait du film avec lequel il aimerait que les gens se souviennent de lui164.
Lita Grey et Le Cirque
Photographie d’une jeune femme aux cheveux ondulés ramenés sur le coté et portant un foulard en dentelle
Lita Grey, deux ans après son divorce houleux avec Chaplin

Alors qu’il réalisait La Ruée vers l’Or, Chaplin se maria pour la deuxième fois. Comme pour sa première union, Lita Grey était une jeune actrice qui devait apparaître dans le film et dont la grossesse imprévue obligea Chaplin à l’épouser. Elle avait 16 ans et lui 35, ce qui selon la loi californienne aurait pu être qualifié de viol sur mineure176. Il organisa donc une cérémonie discrète au Mexique le 24 novembre 1924177. Lita accoucha d’un premier fils, Charles Spencer Chaplin, Jr (en), le 5 mai 1925, et d’un second, Sydney Earle Chaplin le 30 mars 1926178.

Cela fut une union malheureuse et Chaplin passait beaucoup de temps en studio pour éviter de voir son épouse179. En novembre 1926, Grey quitta leur foyer avec leurs enfants180. Lors de la difficile procédure de divorce, les documents de Grey accusant Chaplin d’infidélité, de violence et d’entretenir des « désirs sexuels pervers » furent publiés par la presse181,182,n 7. Il fut rapporté que Chaplin était au bord d’une crise de nerfs alors que l’histoire faisait la une des journaux et que des groupes furent créés pour demander l’interdiction de ses films182,184. Impatients de mettre un terme à l’affaire, les avocats de Chaplin acceptèrent en août 1927 de payer 600 000 $ (environ 15,3 millions de dollars de 2012n 5), la plus large somme accordée lors d’un procès aux États-Unis jusqu’alors185. La popularité de Chaplin lui permit de surmonter l’incident qui fut rapidement oublié mais il en resta profondément affecté186,187.

Avant le début de la procédure de divorce, Chaplin avait commencé à travailler sur un nouveau film, Le Cirque188. Le tournage fut suspendu dix mois durant le scandale de son divorce189 et la production fut marquée par les difficultés190. Finalement terminé en octobre 1927, Le Cirque sortit en janvier 1928 et reçut un accueil positif191. Lors de la 1re cérémonie des Oscars, Chaplin reçut un oscar d’honneur « pour sa polyvalence et son génie à jouer, écrire, mettre en scène et produire Le Cirque192 ». Malgré le succès du film, Chaplin l’associa avec le stress de sa production ; il ne le mentionna pas dans son autobiographie et eut du mal à travailler dessus quand il le resonorisa en 1967193,194.
Les Lumières de la ville
J’étais résolu à continuer la réalisation de films muets… J’étais un mime et dans ce registre j’étais unique et, sans fausse modestie, un maître.

Chaplin sur le cinéma parlant195

Au moment de la sortie du Cirque, Hollywood vit l’apparition du cinéma parlant. Chaplin était sceptique concernant cette nouvelle technologie et estimait que les « parlants » manquait du talent artistique des films muets196,197. Il était également réticent à l’idée de changer la formule qui avait fait son succès198,195,199 et craignait que donner une voix à Charlot ne limite son attrait à l’international196,199. Il rejeta donc cette mode hollywoodienne et commença à travailler sur un nouveau film muet ; cette décision le rendit néanmoins anxieux et il le resta tout au long de la production de ce nouveau projet196,199.
Capture d’écran montrant Charlot tendant la main à une jeune femme assise dans la rue à côté de bouquets de fleurs.
Les Lumières de la ville (1931) est considéré comme l’un des plus grands films de Chaplin.

Lorsque le tournage commença à la fin de l’année 1928, Chaplin œuvrait sur l’histoire depuis près d’un an200,201. Les Lumières de la ville mettait en scène l’amour de Charlot pour une fleuriste aveugle, jouée par Virginia Cherrill, et ses efforts pour lever des fonds pour une opération destinée à lui rendre la vue. Chaplin rapporta qu’il « avait travaillé jusqu’au bord de la folie pour obtenir la perfection202 » et le tournage dura 21 mois jusqu’en septembre 1930203.

Chaplin finalisa Les Lumières de la ville en décembre 1930 à un moment où les films muets étaient devenus anachroniques204. Une pré-projection ne fut pas un succès205 mais la presse fut séduite. Un journaliste écrivit : « Personne d’autre que Charlie Chaplin n’aurait pu le faire. Il est le seul à avoir ce quelque chose d’étrange appelé « attrait de l’audience » en quantité suffisante pour défier le penchant populaire pour les films qui parlent206 ». Lors de sa sortie officielle en janvier 1931, Les Lumières de la ville se révéla être un succès populaire et financier qui rapporta plus de trois millions de dollars207,208,209. Le British Film Institute le cite comme la plus grande réussite de Chaplin et le critique James Agee évoque son final comme « le meilleur jeu d’acteur et le plus grand moment de l’histoire du cinéma210,211 ».
Paulette Goddard et Les Temps modernes

Les Lumières de la ville avait été un succès mais Chaplin n’était pas certain de pouvoir réaliser un nouveau film sans dialogues. Il restait convaincu que le son ne marcherait pas dans ses films mais était également « obsédé par la peur déprimante d’être démodé212 ». En raison de ces incertitudes, le comédien choisit au début de l’année 1931 de prendre des vacances et il arrêta de tourner pendant 16 mois213,214. Il visita l’Europe de l’Ouest dont la France et la Suisse et décida spontanément de se rendre au Japon215. Dans son autobiographie, il nota qu’à son retour à Los Angeles en juin 1932, « [il] était perdu et sans but, fatigué et conscient d’une extrême solitude ». Il envisagea brièvement la possibilité de prendre sa retraite et de s’installer en Chine216.
Affiche montrant Charlot avec un bleu de travail rayé. Il tourne le dos à un mur où sont fixés deux gros disjoncteurs manuels qu’il tient dans les mains à la hauteur de sa tête.
Les Temps modernes (1936) que Jérôme Larcher décrivit comme « une triste réflexion sur l’automatisation de l’individu217 ».

La solitude de Chaplin fut apaisée quand il rencontra en juillet l’actrice de 21 ans, Paulette Goddard, et ils formèrent un couple heureux218,219. Hésitant encore sur l’opportunité d’un film, il écrivit un roman-feuilleton sur ses voyages qui fut publié dans le magazine Woman’s Home Companion220. Son séjour à l’étranger avait été très stimulant pour Chaplin qui avait rencontré plusieurs personnages influents et il s’intéressa de plus en plus aux questions internationales221. L’état du monde du travail américain durant la Grande Dépression le troubla et il craignait que le capitalisme et les machines ne provoquent un fort taux de chômage. Ce furent ces inquiétudes qui le motivèrent pour développer son nouveau film222,223.

Les Temps modernes fut présenté par Chaplin comme « une satire de certaines situations de notre vie industrielle224 ». Il envisagea d’en faire un film parlant mais changea d’avis lors des répétitions. Comme ses prédécesseurs, Les Temps modernes utilisait des effets sonores synchronisés mais presque aucune parole225. Dans le film, l’interprétation en « charabia » d’une chanson par Chaplin donna néanmoins pour la première fois une voix à Charlot226. Après l’enregistrement de la musique, le résultat fut présenté en février 1936227. Il s’agissait de son premier film depuis Le Kid à intégrer des références politiques et sociales228 et ce facteur entraîna une forte couverture médiatique même si Chaplin tenta de minimiser le sujet229. Le film connut un succès moindre que ses prédécesseurs et les critiques furent plus mitigées car certaines désapprouvaient sa signification politique230,231. Les Temps modernes est néanmoins devenu un classique du répertoire de Chaplin210,232.

À la suite de cette sortie, Chaplin se rendit en Extrême-Orient avec Goddard233. Le couple refusa tout commentaire sur la nature de leur relation et on ne savait alors pas vraiment s’ils étaient mariés ou non234. Quelque temps plus tard, Chaplin révéla qu’ils s’étaient mariés à Canton en Chine durant ce voyage235. Les deux s’éloignèrent cependant rapidement l’un de l’autre pour se consacrer à leur travail ; Goddard divorça finalement en 1942 en avançant qu’ils étaient séparés depuis plus d’un an236.
Controverses et popularité déclinante (1939-1952)
Le Dictateur
Capture d’écran montrant Chaplin en uniforme militaire avec une casquette à côté d’un large globe terrestre
Chaplin parodiant Adolf Hitler dans Le Dictateur (1940)

Chaplin fut profondément perturbé par les tensions politiques et la montée des nationalismes en Europe dans les années 1930237,238 et estima qu’il ne pouvait en faire abstraction dans ses films239. Les observateurs avaient déjà noté les ressemblances entre Adolf Hitler et lui : les deux étaient nés à quatre jours d’écart, avaient tous deux accédés à la notoriété mondiale malgré leurs origines pauvres et le dictateur allemand portait la même moustache que Charlot. Cette ressemblance physique fut à la base du film suivant de Chaplin, Le Dictateur, qui se moquait directement d’Hitler et du fascisme240,241,242,243,244,245.

Chaplin consacra deux années à la rédaction du scénario246 et commença le tournage en septembre 1939 alors que la Seconde Guerre mondiale venait d’éclater247. Chaplin décida de renoncer au film muet car il estimait que cela état démodé et qu’il serait plus facile de délivrer un message politique avec la parole248. Réaliser une comédie sur Hitler était très délicat mais l’indépendance financière de Chaplin lui permit de prendre le risque249 : « J’étais déterminé à le faire car on doit se moquer d’Hitler250,n 8 ». Dans le film, Chaplin s’éloigna de son personnage de Charlot, tout en conservant son accoutrement, en jouant un « barbier juif » dans une dictature européenne en référence aux discours du parti nazi le présentant comme juifn 9. Il joua également le dictateur « Adenoïd Hynkel » parodiant Hitler252.

Le Dictateur passa une année en postproduction et fut présenté au public en octobre 1940253. Le film fit l’objet d’une importante campagne publicitaire et un critique du New York Times le qualifia de « film attendu avec le plus d’impatience de l’année254 ». Il connut un succès populaire considérable même si le dénouement fut controversé255,256. Dans ce final où son personnage de barbier juif a pris la place du dictateur, Chaplin donne un discours de six minutes face à la caméra dans lequel il expose ses opinions politiques personnelles257,258. Cette prise de liberté à une époque où le cinéma évitait les thèmes politiques controversés a, selon l’historien du cinéma Charles J. Maland, marqué le début du déclin de la popularité de Chaplin : « Dorénavant, aucun admirateur ne pourra séparer la dimension politique de sa star de cinéma259 ». Le Dictateur fut nommé dans cinq catégories lors de la 13e cérémonie des Oscars dont celles du meilleur film, du meilleur acteur et du meilleur scénario même s’il ne remporta aucune statuette260.
Joan Barry et Oona O’Neill

Dans le milieu des années 1940, Chaplin fut impliqué dans une série de procès qui accaparèrent une grande partie de son temps et affectèrent son image publique261. Ces derniers étaient liés à sa relation intermittente avec l’aspirante actrice Joan Barry entre juin 1941 et l’été 1942262. Ils se séparèrent après que cette dernière eut démontré des troubles mentaux et elle fut arrêtée à deux reprises pour harcèlement après cette rupturen 10; elle réapparut l’année suivante en annonçant qu’elle était enceinte de l’acteur ; ce dernier nia et Barry entama une procédure en reconnaissance de paternité263.
Photographie d’une femme souriante en robe de soirée assise à une table
Oona O’Neill fut la quatrième et dernière épouse de Chaplin avec qui elle eut huit enfants.

J. Edgar Hoover, le directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI), qui se méfiait des tendances politiques de Chaplin, exploita l’opportunité pour endommager sa réputation. Dans le cadre de cette campagne de diffamation264, le FBI l’inculpa dans quatre affaires reliées à ce scandale. Chaplin était en particulier accusé d’avoir violé le Mann Act qui interdisait le transport entre États de femmes à des fins sexuelsn 11. L’historien Otto Friedrich a avancé qu’il s’agissait de « poursuites absurdes » en application d’un « ancien texte267 » mais Chaplin risquait jusqu’à 23 ans de prison268. Les preuves pour trois motifs d’accusation se révélèrent insuffisantes pour aller jusqu’à un procès mais l’étude de la violation du Mann Act commença en mars 1944. Chaplin fut acquitté deux semaines plus tard265. L’affaire fit fréquemment la une des journaux et le journal Newsweek la qualifia de « plus grand scandale de relations publiques depuis le procès pour meurtre de Roscoe Arbuckle en 1921269 ».

Barry accoucha d’une fille, Carole Ann, en octobre 1944 et le procès en paternité débuta en février 1945. Après deux procès difficiles au cours desquels Chaplin fut accusé de « turpitude morale » par le procureur270, il fut déclaré être le père. Le juge refusa d’accepter les preuves médicales et en particulier la différence de groupe sanguin qui infirmait cette conclusion et il dut payer une pension à sa fille jusqu’à ses 21 ans271. La couverture médiatique du procès fut influencée par le FBI qui transmettait les informations à l’influente journaliste à scandales Hedda Hopper272,273,274,275.

La controverse entourant Chaplin s’accrut quand le 16 juin 1943, deux semaines après le début de la procédure de reconnaissance de paternité, il fut annoncé qu’il épousait sa nouvelle jeune protégée de 18 ans, Oona O’Neill, la fille du dramaturge américain Eugene O’Neill276. Chaplin, alors âgé de 54 ans, lui avait été présenté par un agent artistique sept mois plus tôt277,278 et dans son autobiographie, il décrivit leur rencontre comme « l’événement le plus heureux de [sa] vie » et indiqua qu’il avait découvert le « parfait amour279 ». Ils restèrent mariés jusqu’à sa mort en 1977 et eurent huit enfants : Geraldine Leigh (1944), Michael John (1946), Josephine Hannah (1949), Victoria (1951), Eugene Anthony (1953), Jane Cecil (1957), Annette Emily (1959) et Christopher James (1962)280.
Monsieur Verdoux et accusations communistes
Affiche de film montrant Chaplin l’air arrogant dans un élégant costume blanc
« Chaplin change ! Le pouvez-vous ? »
Monsieur Verdoux (1947) fut le premier film de Chaplin sans Charlot et fut également son premier échec critique et populaire aux États-Unis.

Chaplin avanca que ces procès avaient « démoli [sa] créativité281 » et en avril 1946, il commença le tournage d’un film sur lequel il travaillait depuis 1942282. Monsieur Verdoux était une comédie noire sur un employé de banque français, M. Verdoux joué par Chaplin, réduit au chômage et qui commence à épouser et à assassiner de riches veuves pour subvenir aux besoins de sa famille. L’idée lui avait été fournie par Orson Welles qui voulait qu’il joue dans un film sur le tueur en série français Henri Désiré Landru. Chaplin estima que ce concept « ferait une superbe comédie283 » et acheta le scénario à Welles pour 5 000 $ (environ 130 000 $ de 2012n 5)284.

Chaplin exprima à nouveau ses idées politiques dans Monsieur Verdoux en critiquant le capitalisme285,286 et le film fut très controversé à sa sortie en avril 1947287,288,289. Il fut hué lors de la première et certains demandèrent son interdiction287,290. Il s’agissait de son premier film où son personnage n’avait aucun rapport avec Charlot et il fut également le premier à être un échec critique et commercial aux États-Unis291. Il fut mieux accueilli à l’étranger et fut nommé pour le meilleur scénario lors de la 20e cérémonie des Oscars292. Chaplin était néanmoins fier de son œuvre et écrivit dans son autobiographie : « Monsieur Verdoux est le plus intelligent et plus brillant des films que j’ai réalisé293 ».

L’accueil négatif de Monsieux Verdoux était largement le résultat de l’évolution de l’image publique de Chaplin294. En plus du scandale de l’affaire Joan Barry, il fut publiquement accusé d’être communiste295,296. Ses actions politiques s’étaient intensifiées durant la Seconde Guerre mondiale et il avait fait campagne pour l’ouverture d’un second front pour soulager les Soviétiques297. Il s’était rapproché de sympathisants communistes connus comme Hanns Eisler et Bertolt Brecht et il participa à des réceptions organisées par des diplomates soviétiques à Los Angeles298. Dans le contexte politique de « Peur rouge » qui prévalait à l’époque aux États-Unis, de telles activités faisaient que Chaplin était, selon Larcher, considéré comme « dangereusement progressiste et amoral299,300,270 ». Le FBI était déterminé à lui faire quitter le pays301 et il lança une enquête officielle à son encontre en 1947302,n 12.

Chaplin nia être un communiste et se présenta comme un pacifiste304,305,306,307 qui estimait que les actions du gouvernement américain pour réprimer une idéologie étaient une violation inacceptable des libertés publiques308. Refusant de se taire sur cette question, il protesta ouvertement contre les procès des membres du parti communiste américain devant le House Un-American Activities Committee (HUAC) et fut convoqué par ce dernier309,310. Alors que ses actions étaient largement relayées dans la presse et que la guerre froide gagnait en intensité, sa non-acquisition de la citoyenneté américaine fut critiquée et certains demandèrent son expulsion311,312,270,313. Le représentant du Mississippi John E. Rankin (en) déclara devant le Congrès en juin 1947 : « Sa vie à Hollywood est nuisible au tissu moral des États-Unis. [S’il est expulsé]… ses films répugnants pourront être gardé à l’écart des yeux de la jeunesse américaine. Nous devons l’expulser et nous en débarrasser une bonne fois pour toutes313 ».
Les Feux de la rampe et expulsion des États-Unis
Capture d’écran montrant Chaplin l’air fatigué en pyjama blanc rayé assis dans son lit. Des photographies d’un personnage ressemblant à Charlot sont accrochées sur le mur derrière lui.
Dans Les Feux de la rampe (1952), Chaplin joue le rôle d’une ancienne star de music-hall devant faire face à sa perte de popularité.

Même si Chaplin resta politiquement actif dans les années qui suivirent l’échec de Monsieur Verdouxn 13, son film suivant sur un comédien de vaudeville oublié et une jeune ballerine dans le Londres de l’époque édouardienne était dépourvu de toute signification politique. Les Feux de la rampe était largement autobiographique et faisait référence à l’enfance de Chaplin, à la vie de ses parents et à sa perte de popularité aux États-Unis315,316,317. Parmi les acteurs figuraient plusieurs membres de sa famille dont ses enfants les plus âgés et son demi-frère, Wheeler Dryden318.

Après trois ans de préparation, le tournage commença en novembre 1951319. Il adopta un ton bien plus sérieux que dans ses précédents films et parlait régulièrement de « mélancolie » en expliquant le scénario à sa partenaire Claire Bloom320. Le film est également notable pour la présence de Buster Keaton et cela fut la seule occasion où les deux comédiens travaillèrent ensemble321.

Chaplin décida d’organiser la première mondiale des Feux de la rampe à Londres car le film s’y déroulait322. Quittant Los Angeles, il indiqua qu’il s’attendait à ne jamais pouvoir revenir323. À New York, il embarqua avec sa famille à bord du paquebot transatlantique RMS Queen Elizabeth le 18 septembre 1952324. Le lendemain, le procureur général des États-Unis James McGranery révoqua le visa de Chaplin et déclara qu’il devrait se soumettre à un entretien sur ses opinions politiques et sa moralité pour pouvoir revenir aux États-Unis324. Même si McGranery indiqua à la presse qu’il avait « un dossier assez solide contre Chaplin », Maland conclut, en s’appuyant sur les documents du FBI rendus publics dans les années 1980, que le gouvernement américain n’avait pas réellement les preuves suffisantes pour empêcher le retour de Chaplin ; il est même probable qu’il aurait obtenu un visa s’il en avait fait la demande325,326. Cependant, quand il reçut un câblogramme l’informant de cette décision, Chaplin décida de rompre tous ses liens avec les États-Unis :

    « Que je revienne ou non dans ce triste pays avait peu d’importance pour moi. J’aurais voulu leur dire que plus tôt je serais débarrassé de cette atmosphère haineuse, mieux je serais, que j’étais fatigué des insultes et de l’arrogance morale de l’Amérique327. »

Comme tous ses biens restaient aux États-Unis, Chaplin ne fit aucun commentaire négatif dans la presse328 mais l’affaire fit sensation329. Si Chaplin et son film furent bien accueillis en Europe324, Les Feux de la rampe fut largement boycotté aux États-Unis malgré des critiques positives330. Maland écrivit que la chute de Chaplin d’un niveau de popularité inégalé « est peut-être la plus dramatique de toute l’histoire de la célébrité aux États-Unis331 ».
Années européennes (1953-1977)
Suisse et Un roi à New York
J’ai fait l’objet de calomnies et d’une propagande orchestrée par de puissants groupes réactionnaires qui, par leur influence et l’aide de la presse jaune américaine, ont créé une atmosphère malsaine dans laquelle les individus aux tendances libérales peuvent être persécutés. Dans ces conditions, j’ai trouvé virtuellement impossible de continuer mon travail de réalisation cinématographique et j’ai par conséquent abandonné mon séjour aux États-Unis332.

Communiqué de presse de Chaplin sur sa décision de ne pas revenir aux États-Unis

Chaplin ne tenta pas de revenir aux États-Unis après la révocation de son visa d’entrée et il renvoya sa femme à Los Angeles pour régler ses affaires333. Le couple décida de s’installer en Suisse et la famille s’installa en janvier 1953 au manoir de Ban, une propriété de 15 hectares surplombant le lac Léman dans la commune de Corsier-sur-Vevey334. Chaplin mit en vente sa résidence et son studio de Beverly Hills en mars et rendit son visa en avril. L’année suivante, sa femme renonça à sa nationalité américaine pour devenir Britannique335. Il abandonna ses derniers liens professionnels avec les États-Unis en 1955 quand il vendit ses parts dans la société United Artists qui était en difficultés financières depuis le début des années 1940336,337,338.

Chaplin resta une figure controversée tout au long des années 1950 en particulier après qu’il eut reçu le prix international de la paix décerné par le conseil mondial de la paix d’obédience communiste et ses rencontres avec le Chinois Zhou Enlai et le Soviétique Nikita Khrouchtchev339,337. Il commença à développer son premier film européen, Un roi à New York, en 1954340. Jouant le rôle d’un roi exilé cherchant asile aux États-Unis, Chaplin exploita ses problèmes récents pour écrire le scénario. Son fils, Michael, est présenté comme un garçon dont les parents sont visés par le FBI tandis que le personnage de Chaplin est accusé d’être un communiste341. Cette satire politique parodiait les actions de l’HUAC ainsi que le consumérisme de la société américaine des années 1950342,343,344,345. Dans sa critique, le dramaturge John Osborne le qualifia de film le « plus acide… et de plus ouvertement personnel » de Chaplin346.
Photographie d’une résidence bourgeoise à deux étages. Une large pelouse tondue se trouve devant et le haut de la photographie est masquée par des fleurs de merisier.
Le manoir de Ban où Chaplin s’installa en 1953

Chaplin fonda une nouvelle société de production appelée Attica et tourna dans les studios de Shepperton dans la banlieue de Londres340. Ce tournage fut difficile car il était habitué à son studio et à ses équipes hollywoodiennes et ne disposait plus d’une durée de production illimitée. Selon Robinson, cela eut un impact sur la qualité du film347,348 qui reçut des critiques mitigées à sa sortie en septembre 1957349,350,351. Chaplin empêcha les journalistes américains d’assister à la première à Paris et décida de ne pas diffuser le film aux États-Unis. Cela handicapa fortement son impact commercial même s’il connut un succès modeste en Europe352; Un roi à New York ne fut présenté aux États-Unis qu’en 1973353.
Dernières années et regain d’intérêt
Photographie de Chaplin âgé et de son épouse au pied d’un avion
Chaplin avec son épouse Oona en 1965

À partir du milieu des années 1950, Chaplin se concentra sur la resonorisation et la réédition de ses anciens films ainsi que sur la protection de ses droits d’auteur354. La première de ces réédition fut The Chaplin Revue (1959) comprenant de nouvelles versions d’Une vie de chien, de Charlot soldat et du Pèlerin355.

Aux États-Unis, l’atmosphère politique commença à évoluer et l’attention du public se tourna à nouveau vers les films de Chaplin et non plus vers ses opinions354. En juillet 1962, le New York Times publia un éditorial indiquant que « nous ne pensons pas que la République serait en danger si l’inoublié petit Charlot d’hier était autorisé à se promener sur la passerelle d’un navire ou d’un avion dans un port américain356 ». Le même mois, Chaplin reçut un doctorat honorifique en Lettres des universités d’Oxford et de Durham357. En novembre 1963, le Plaza Theater de New York commença une rétrospective des films de Chaplin dont Monsieur Verdoux et Les Feux de la rampe pour lesquelles les critiques furent bien plus positives que dix ans plus tôt358,359. Septembre 1964 vit la publication de ses mémoires, Histoire de ma vie, sur lesquelles il travaillait depuis 1957360. Le livre de 500 pages mettant l’accent sur ses premières années et sa vie privée connurent un succès mondial même si les critiques pointèrent le manque d’informations sur sa carrière cinématographique361,362.

Peu après la publication de ses mémoires, Chaplin commença à travailler sur La Comtesse de Hong-Kong (1967), une comédie romantique basée sur un scénario qu’il avait écrit dans les années 1930 pour Paulette Goddard363. Située sur un paquebot, l’action mettait en scène Marlon Brando jouant un ambassadeur américain et Sophia Loren dans le rôle d’une passagère clandestine363. Le film différait des précédentes productions de Chaplin sur plusieurs points : il était premier à employer le technicolor et la résolution écran large tandis que Chaplin se concentra sur la réalisation et n’apparut à l’écran que dans le rôle mineur d’un steward malade364. Il signa également un contrat avec le studio Universal Pictures pour le distribuer365. La Comtesse de Hong-Kong reçut des critiques négatives à sa sortie en janvier 1967 et fut un échec commercial366,367,368. Chaplin fut profondément affecté par ce revers et ce film fut son dernier366.
Photographie de Chaplin au visage bouffi et en costume de soirée derrière un pupitre où se trouve une statuette et deux micros
Chaplin (à droite) reçoit son oscar d’honneur des mains de Jack Lemmon en 1972.

Chaplin fut victime de plusieurs AVC mineurs à la fin des années 1950 et cela marqua le début d’un lent déclin de sa santé369. Malgré ces difficultés, il se mit rapidement écrire le scénario de son nouveau film The Freak (en) sur une jeune fille ailée découverte en Amérique du Sud et qui était destiné à lancer la carrière de sa fille Victoria Chaplin369. Sa santé fragile l’empêcha néanmoins de mener à bien ce projet370 et au début des années 1970, Chaplin se reconcentra sur la réédition de ses anciens films dont Le Kid et Le Cirque371. En 1971, il fut fait commandeur de l’ordre national de la Légion d’honneur lors du festival de Cannes372 et l’année suivante, il reçut un lion d’or pour la carrière durant la mostra de Venise373.

En 1972, l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui décerna un oscar d’honneur ce que Robinson considère comme le premier signe que les États-Unis « voulaient se faire pardonner ». Chaplin hésita à l’accepter puis décida de se rendre à Los Angeles pour la première fois en 20 ans372. La visite généra une large couverture médiatique et il reçut une ovation de 12 minutes, la plus longue de toute l’histoire des oscars, lors de la remise de la récompense374,375. Visiblement ému, Chaplin accepta la statuette rendant hommage « à l’effet incalculable qu’il a eu en faisant des films de cinéma la forme d’art de ce siècle376 ».

Même si Chaplin avait encore des projets de film, sa santé devint très fragile dans le milieu des années 1970377. Plusieurs AVC affectèrent son élocution et il dut utiliser un fauteuil roulant378,379. Parmi ses dernières réalisations figurent la création d’une autobiographie en images, My Life in Pictures (1974) et la resonorisation de L’Opinion publique en 1976380. Il apparut également dans un documentaire sur sa vie, The Gentleman Tramp (1975), réalisé par Richard Patterson381. En 1975, la reine Élisabeth II le fit chevalier380,n 14.
Mort
Photographie d’un caveau en pierre où est inscrit « Charles Chaplin 1889-1977″
La tombe de Chaplin au cimetière de Corsier-sur-Vevey

En octobre 1977, la santé de Chaplin s’était détériorée au point qu’il demandait une attention de tous les instants383. Il mourut d’un AVC dans son sommeil le matin du 25 décembre 1977 à l’âge de 88 ans379. Selon ses dernières volontés, une petite cérémonie funéraire anglicane fut organisée le 27 décembre et il fut inhumé dans le cimetière de Corsier-sur-Vevey383. Parmi les hommages du monde du cinéma, le réalisateur René Clair écrivit qu’« il était un monument du cinéma384 » et l’acteur Bob Hope déclara que « nous avons eu de la chance de vivre à son époque385 ».

Le 1er mars 1978, le cercueil de Chaplin fut exhumé et volé par deux employés réfugiés, Roman Wardas de Pologne et Gantcho Ganev de Bulgarie pour extorquer une rançon à Oona Chaplin. Ils furent arrêtés lors d’une vaste opération de police en mai et le cercueil fut retrouvé enterré près du village voisin de Noville. Il fut réenterré dans le cimetière de Corsier-sur-Vevey et un caveau en béton armé fut ajouté pour empêcher tout nouvel incident386,387.
Œuvres
Influences

Chaplin considérait que sa première inspiration était sa mère qui l’amusait alors qu’il était enfant en s’asseyant à la fenêtre et en imitant les passants : « C’est grâce à elle que j’ai appris non seulement à exprimer des émotions avec mes mains et mon visage mais également à observer et à étudier les gens388 ». Les premières années de Chaplin dans le music-hall lui permirent d’observer le travail des comédiens ; il assista également aux spectacles de mime de Noël au théâtre de Drury Lane où il étudia l’art de la frivolité avec des artistes comme Dan Leno389,390,391. Ses années dans la compagnie de Fred Karno eurent un effet formateur sur sa carrière d’acteur et de réalisateur. Il y apprit à associer le tragique avec la comédie et à utiliser des éléments absurdes qui devinrent récurrents dans ses œuvres392. Dans l’industrie cinématographique, Chaplin s’appuya sur les œuvres du comédien français Max Linder qu’il admirait393,394,395. En développant le costume et le jeu de Charlot, il s’inspira probablement de la scène de vaudeville américaine où les personnages de vagabond étaient courants396.
Méthodes
Photographie d’une rue bordée de bâtiments en brique à deux étages
Carte postale de 1922 sur les studios Charlie Chaplin où tous ses films furent réalisés entre 1918 et 1952

Chaplin parlait assez peu de ses techniques de réalisation et avançait que cela était comme dévoiler ses secrets pour un magicien397. On sait donc peu de chose sur ses manières de travailler398 mais elles ont été explorées par les travaux de Kevin Brownlow et de David Gill présentées dans la série documentaire Unknown Chaplin (1983)399,400.

Jusqu’à ce qu’il se mette à réaliser des films parlants avec Le Dictateur, Chaplin ne commençait jamais le tournage avec un scénario achevé401. Pour ses premiers films, il n’avait qu’une vague idée de départ comme « Charlot se rend dans une station thermale » ou « Charlot travaille comme préteur sur gage402 ». Il faisait ensuite réaliser les décors et travaillait avec les autres acteurs pour improviser des effets comiques tout en affinant le scénario tout au long de la production399,400. Alors que les idées étaient acceptées ou rejetées, une structure narrative émergeait et Chaplin était souvent obligé de retourner des scènes qui pouvaient aller à l’encontre de l’histoire403,404,405. À partir de L’Opinion publique, Chaplin commença à réaliser le tournage à partir d’un scénario pré-établi406 mais Robinson écrivit que tous les films jusqu’aux Temps modernes continuèrent à subir des modifications jusqu’à atteindre leur forme finale407.

En réalisant des films de cette manière, Chaplin avait besoin de plus de temps que tout autre réalisateur de l’époque408. S’il était à cours d’idées, il s’éloignait du studio pendant plusieurs jours tout en maintenant ses équipes prêtes pour quand l’inspiration reviendrait409,410. Le processus de réalisation était également ralenti par son perfectionnisme411,412. Selon son ami et réalisateur britannique Ivor Montagu, « rien d’autre que la perfection n’était suffisant » pour lui413. Comme il finançait personnellement ses films, Chaplin avait toute liberté pour atteindre cet objectif et réaliser autant de prises que nécessaire414,413. Leur nombre était ainsi souvent excessif ; chaque prise terminée pour Le Kid en avait nécessité 53415,416 tandis que pour réaliser les 20 minutes de L’Émigrant, il utilisa plus de 12 000 m de pellicule, une longueur suffisante pour faire un long-métrage417,418.
Aucun autre réalisateur n’a si complètement dominé tout aspect du travail et fait tous les métiers. S’il avait pu, Chaplin aurait joué tous les rôles et (comme son fils Sydney nota avec humour mais avec perspicacité) aurait cousu tous les costumes397.

Biographe de Chaplin David Robinson

Décrivant ses méthodes de production comme de la « pure détermination jusqu’au bord de la folie419 », Chaplin était généralement complètement épuisé par les tournages420,421. Robinson écrivit que même dans ses dernières années, son travail « avait la priorité sur tout et tout le monde422 ». Le mélange d’improvisation et de perfectionnisme qui se traduisait par des jours d’efforts et des milliers de mètres de pellicule gâchés, se révélait éprouvant pour Chaplin qui pouvait se déchaîner contre ses acteurs et ses équipes423,424,124.

Chaplin exerçait un contrôle complet sur ses œuvres397 au point qu’il mimait les autres rôles et voulait que ses acteurs l’imite exactement425,426,427. Il éditait personnellement tous ses films et fouillait dans les grandes quantités de pellicules pour créer le film qu’il voulait428. Chaplin recevait néanmoins l’aide d’autres artistes dont son ami et producteur Roland Totheroh, son frère Sydney Chaplin et divers assistants réalisateurs comme Harry Crocker et Charles Reisner429.
Style et thèmes
Fichier:The Kid scenes.ogv
Scènes du film Le Kid démontrant l’association du slapstick, du pathos et du commentaire social par Chaplin

Si le style comique de Chaplin est généralement qualifié de slapstick430, il est considéré comme retenu et intelligent431 et l’historien de cinéma Philip Kemp décrit son travail comme un mélange de « comédie physique gracieuse et de comique de situation bien réfléchi171 ». Chaplin s’éloigna du slapstick traditionnel en ralentissant le rythme de l’action et en se concentrant sur la relation du spectateur avec les personnages73,432. Robinson avança que les effets comiques dans les films de Chaplin étaient centrés sur l’attitude de Charlot aux choses qui lui arrivaient : l’humour ne venait pas du fait que Charlot rentrait dans un arbre mais qu’il soulève son chapeau pour s’excuser73. Son biographe Dan Kamin écrivit que les « manières excentriques » de Chaplin et son « comportement sérieux au cœur du slapstick » sont d’autres aspects centraux de son style comique433.

Les films muets de Chaplin suivaient généralement les efforts de Charlot pour survivre dans un monde hostile434. Même s’il vit dans la pauvreté et est fréquemment maltraité, il reste gentil et optimiste171,435,436; défiant sa position sociale, il s’efforce d’être vu comme un gentleman437. Charlot s’oppose aux figures de l’autorité438 et « donne autant qu’il reçoit439 » ce qui poussa Robinson et Louvish à voir en lui un représentant des défavorisés : « Un Monsieur Tout-le-monde devenant un sauveur héroïque440,441 ». Hansmeyer note que plusieurs des films de Chaplin se terminent avec « Charlot démuni et seul [marchant] avec optimiste… vers le soleil couchant… pour poursuivre son voyage436 ».
Photographie de Chaplin en costume avec un nœud papillon prenant la pose
Chaplin dans les années 1920

L’emploi du pathos est un aspect bien-connu de l’œuvre de Chaplin442,443 et Larcher note sa réputation pour « [provoquer] les rires et les larmes299 ». Chaplin s’appuyait parfois sur des événements tragiques pour ses films comme dans La Ruée vers l’or qui fut inspirée par le destin malheureux de l’expédition Donner444. Différents thèmes étaient représentés dans ses premières comédies comme l’avarice (La Ruée vers l’or), l’abandon (Le Kid)445 et des sujets plus controversés comme l’immigration (L’Émigrant) ou la drogue (Charlot policeman)432.

Les commentaires sociaux étaient également importants dans ses premiers films car il représentait les démunis sous un jour positif et soulignait leurs difficultés446. Par la suite, il développa un grand intérêt pour l’économie et se sentit obligé de faire partager ses opinions dans ses films447,238. Les Temps modernes illustrait les conditions de travail difficiles des ouvriers de l’industrie, Le Dictateur parodiait Hitler et Mussolini et se terminait par un discours contre le nationalisme, Monsieur Verdoux critiquait la guerre et le nationalisme tandis qu’Un roi à New York attaquait le maccarthysme.

Chaplin intégra plusieurs éléments autobiographiques dans ses films et le psychologue Sigmund Freud considérait qu’il « se représentait toujours comme il était dans sa triste enfance449 ». Il est généralement considéré que Le Kid reflète le traumatisme qu’il avait subi quand il avait été envoyé dans un orphelinat449 tandis que le personnage principal des Feux de la rampe fait référence aux vies de ses parents450 et que Un roi à New York renvoie à son expulsion des États-Unis344. Son biographe Stephen M. Weissman nota que sa relation difficile avec sa mère souffrant de troubles mentaux est souvent reflétée dans les personnages féminins de ses films et par le désir de Charlot de les sauver.

En ce qui concerne la structure de ses films, l’historien du cinéma Gerald Mast les voit comme une série de sketchs reliés par une même trame plutôt que comme une suite ordonnée par un scénario précis451. Visuellement, ils sont simples et économiques452,453 avec des scènes jouées comme si elles étaient au théâtre454,432,455. Dans son autobiographie, Chaplin écrivit que « la simplicité est préférable… les effets pompeux ralentissent l’action, sont ennuyeux et désagréables… La caméra ne doit pas faire irruption456 ». Cette approche n’a pas fait l’unanimité et elle a été qualifiée de démodée depuis les années 1940457,452,458 tandis que l’historien du cinéma Donald McCaffrey y voit une indication que Chaplin n’a jamais complètement compris le média cinématographique459. Kamin avança néanmoins que le talent comique de Chaplin n’aurait jamais été suffisant pour qu’il reste drôle à l’écran s’il n’avait pas « la capacité de concevoir et de diriger des scènes spécifiquement pour le cinéma460 ».
Musique
Chaplin jouant du violoncelle en 1915

Chaplin développa dès l’enfance une passion pour la musique et apprit seul à jouer du piano, du violon et du violoncelle461,462. Il considérait que l’accompagnement musical faisait partie intégrante du film191 et à partir de L’Opinion publique, il consacra beaucoup de temps à ce domaine461. Il composa lui-même la bande-son des Lumières de la ville et fit de même pour tous ses films suivants ; à partir de la fin des années 1950 et jusqu’à sa mort, il resonorisa tous ses anciens court-métrages silencieux463.

Comme il n’avait reçu aucune éducation musicale, Chaplin ne savait pas lire ou écrire des partitions et il fit appel à des compositeurs professionnels comme David Raksin, Raymond Rasch et Eric James pour mettre en forme ses idées. Certains critiques ont ainsi avancé que la musique de ses films devait être attribuée aux compositeurs ayant travaillé avec lui ; Raskin, qui participa à la mise en musique des Temps Modernes a néanmoins souligné le rôle créatif et moteur de Chaplin dans le processus de composition464. Au début de ce travail, qui pouvait durer des mois, Chaplin décrivait exactement ce qu’il voulait aux compositeurs et jouait les éléments qu’il avait improvisé au piano464. Ces mélodies étaient ensuite développées en étroite collaboration464. Pour l’historien du cinéma Jeffrey Vance, « même s’il s’appuyait sur ses associés pour mettre en forme des instrumentations complexes, les consignes musicales étaient les siennes, et pas une note n’était placée sans son accord463 ».

Les compositions de Chaplin donnèrent lieu à trois chansons populaires. Smile composé pour Les Temps modernes fut par la suite mis en paroles par John Turner et Geoffrey Parsons puis interprété par Nat King Cole en 1954463. Pour Les Feux de la rampe, Chaplin composa Terry’s Theme qui fut popularisé par Jimmy Young sous le titre Eternally en 1952465. Enfin, la chanson This Is My Song chantée par Petula Clark pour La Comtesse de Hong-Kong connut un grand succès commercial et atteignit la première place du palmarès britannique en 1967466. En dehors de ses deux récompenses d’honneur, le seul oscar que Chaplin remporta fut celui de la meilleure musique de film à l’occasion de la réédition des Feux de la rampe en 1973463,n 15.
Héritage
Photographie en pied de Charlot souriant
Chaplin dans son rôle de Charlot en 1915 est considéré comme « l’icône la plus universelle » du cinéma.

En 1998, le critique Andrew Sarris écrivit que Chaplin est « sans doute le plus grand artiste que le cinéma ait créé, certainement son interprète le plus extraordinaire et probablement encore son icône la plus universelle468 ». Il est décrit par le British Film Institute comme « une figure tutélaire de la culture mondiale469 » et le magazine Time le lista parmi les 100 personnes les plus importantes du XXe siècle pour « les rires [qu’il a apporté] à des millions de personnes » et car il a « plus ou moins inventé la célébrité mondiale et aidé à transformer une industrie en un art470 ».

L’historien du cinéma Christian Hansmeyer a noté que l’image de Charlot fait partie de l’histoire culturelle471; selon Simon Louvish, ce personnage est connu même dans les endroits où ses films n’ont jamais été projetés472. Le critique Richard Schickel suggère que les films de Chaplin avec Charlot présentent « les expressions comiques de l’esprit humain les plus éloquentes et les plus riches » de l’histoire du cinéma473. Les objets associés au personnage continuent de fasciner le public et en 2006, un chapeau melon et une canne en bambou ayant appartenu à Chaplin furent achetés 140 000 $ lors d’une vente aux enchères à Los Angeles474.

En tant que réalisateur, Chaplin est considéré comme un pionnier et l’une des figures les plus influentes du début du XXe siècle475,476,471,468. L’historien du cinéma Mark Cousins a écrit que Chaplin « a changé non seulement l’imagerie du cinéma mais également sa sociologie et sa grammaire » et avance qu’il joua un rôle important dans l’établissement de la comédie en tant que genre parallèlement à ce qu’avait fait D. W. Griffith pour le drame477. Il fut le premier à populariser les long-métrages comiques et à ralentir le rythme de l’action pour y ajouter de la finesse et du pathos478,479. Pour Robinson, les innovations de Chaplin furent « rapidement assimilées et devinrent les pratiques de base de la réalisation cinématographique480 ». Federico Fellini (qui définit Chaplin comme « une sorte d’Adam duquel nous sommes tous issus »385), Jacques Tati (« sans lui, je n’aurais jamais fait un film »385), René Clair (« il a inspiré pratiquement tous les réalisateurs384 »), Michael Powell481, Billy Wilder482 et Richard Attenborough483 figurent parmi les réalisateurs à avoir cité Chaplin comme une de leurs influences.

Chaplin inspira également de futurs comédiens comme Marcel Marceau qui indiqua qu’il se décida à devenir mime après l’avoir vu479 ou Raj Kapoor qui basa son jeu sur celui de Charlot482. Mark Cousins a également identifié le style comique de Chaplin chez les personnages français de Monsieur Hulot et italien de Totò482 tandis qu’il a également influencé des personnages de dessin animé comme Félix le Chat484 ou Mickey Mouse485. En tant que membre fondateur d’United Artists, Chaplin eut un rôle important dans le développement de l’industrie cinématographique. Gerald Mast a noté que même si cette société ne rivalisa jamais avec la MGM ou la Paramount, l’idée que des réalisateurs puissent produire leurs propres films était « très en avance sur son temps486 ».

Plusieurs des films de Chaplin restent encore aujourd’hui considérés comme parmi les plus grands jamais réalisés. Le palmarès 2012 de la revue britannique Sight and Sound, mené auprès de critiques de cinéma sur les meilleurs films de l’histoire, liste respectivement Les Lumières de la ville, Les Temps modernes, Le Dictateur et La Ruée vers l’or aux 50e, 63e, 144e et 154e places487; la même étude réalisée auprès de réalisateurs situe Les Temps modernes à la 22e place, Les Lumières de la ville à la 30e et La Ruée vers l’or à la 91e488. En 2007, l’American Film Institute nomma Les Lumières de la ville le 11e plus grand film américain de tous les temps tandis que La Ruée vers l’or et Les Temps modernes figuraient dans le top 100489.
Hommages
Statue en bronze de Charlot dans un parc devant un cinéma
Statue de Chaplin réalisée en 1981 par John Doubleday et se trouvant à Leicester Square à Londres.

En Suisse, sa dernière demeure, le Manoir de Ban à Corsier-sur-Vevey en Suisse, deviendra un musée consacré à sa vie et son œuvre en 2015490. La ville voisine de Vevey a nommé un parc en son honneur en 1980491 et des fresques composées d’extraits de ses films ont été peintes sur les façades de deux immeubles de 14 étages en 2011492. La ville irlandaise de Waterville où Chaplin passa plusieurs étés en famille dans les années 1960 accueille chaque année depuis 2011 le Charlie Chaplin Comedy Film Festival destiné à honorer l’héritage du comédien et à découvrir de nouveaux talents493. Parmi les autres hommages, un objet mineur, 3623 Chaplin (en), a été nommé en son honneur en 1981 par l’astronome soviétique Lioudmila Karatchkina494 et de très nombreux pays ont émis des timbres portant son effigie495.

L’héritage de Chaplin est géré par l’association Chaplin fondée par plusieurs de ses enfants et qui possède les droits d’auteur sur son image, son nom et sur la plupart des films réalisés après 1918496,497. La cinémathèque de Bologne en Italie abrite les principales archives de l’association dont 86 630 images, 976 manuscrits et 7 756 lettres498. Plus de 10 000 photographies sur sa vie et sa carrière sont également entreposées au musée de l’Élysée à Lausanne en Suisse499. Au Royaume-Uni, le British Film Institute accueille depuis 2010 une exposition permanente intitulée Charlie Chaplin – The Great Londoner500 et il a fondé le Charles Chaplin Research Foundation qui a organisé la première conférence internationale sur le cinéaste à Londres en juillet 2005501.

Chaplin a fait l’objet d’un film biographique réalisé par Richard Attenborough, Chaplin, en 1992 ; il y est joué par Robert Downey Jr. qui fut nommé à l’oscar du meilleur acteur et remporta le BAFTA du meilleur acteur502. Il fut également joué par Eddie Izzard dans le film Un parfum de meurtre de 2001503. Une série télévisée sur l’enfance de Chaplin, Young Charlie Chaplin, fut diffusée par PBS en 1989 et fut nommée pour l’Emmy Award de meilleur programme pour enfants504.
Récompenses et distinctions
Étoile rouge avec un liseré d’or sur un trotoir noir. « Charlie Chaplin » est écrit en lettres dorées au-dessus d’un emblème circulaire en laiton représentant une caméra.
Étoile de Chaplin sur le Walk of Fame d’Hollywood

Chaplin reçut de nombreuses récompenses et distinctions, particulièrement à la fin de sa vie. En 1962, les universités de Durham et d’Oxford lui décernèrent un diplôme honorifique de docteur ès Lettres357. En 1965, il partagea le prix Érasme avec Ingmar Bergman505 et en 1971, il fut fait commandeur de l’ordre de la Légion d’honneur par le gouvernement français506. En 1975, il fut fait chevalier commandeur de l’ordre de l’Empire britannique507.

L’industrie cinématographie le récompensa avec un lion d’or spécial à la mostra de Venise de 1972508 ainsi qu’une étoile sur le Walk of Fame d’Hollywood en 1970 ; cette inscription lui avait auparavant été refusée en raison de ses opinions politiques509.

Chaplin reçut trois oscars : un premier oscar d’honneur en 1929 « pour sa polyvalence et son génie à jouer, écrire, mettre en scène et produire Le Cirque192 », un second en 1972 « pour l’effet incalculable qu’il a eu en faisant des films de cinéma la forme d’art de ce siècle376 » et l’oscar de la meilleure musique originale (conjointement avec Ray Rasch et Larry Russell) en 1973 pour Les Feux de la Rampe463. Il fut également nommé dans les catégories du meilleur acteur, du meilleur film et du meilleur scénario pour Le Dictateur ainsi que dans celle du meilleur scénario pour Monsieur Verdoux510.

Six des films de Chaplin ont été sélectionnés pour être préservé dans le National Film Registry de la bibliothèque du Congrès américaine : L’Émigrant (1917), Le Kid (1921), La Ruée vers l’or (1925), Les Lumières de la ville (1931), Les Temps modernes (1936) et Le Dictateur (1940)511.
Filmographie
Article détaillé : Filmographie de Charlie Chaplin.

À l’occasion de la publication de son autobiographie, Chaplin établit sa filmographie qui se composait alors de 80 films ; La comtesse de Hong Kong réalisé trois ans plus tard s’y est par la suite ajouté. En 2010, une copie de La Course au voleur, réalisé en 1914 et jusqu’alors considéré comme perdu, fut redécouverte chez un antiquaire du Michigan portant ainsi sa filmographie à 82 films512.

Tous les films de Chaplin jusqu’au Cirque inclus sont muets même si certains ont été réédités avec des bandes sons. Les Lumières de la ville et Les Temps modernes sont muets mais intègrent des bandes sons composées de musique, de bruitages et de séquences parlées pour le second. Les cinq derniers films de Chaplin sont parlants. Hormis La Comtesse de Hong-Kong, tous les films de Chaplin furent tournés au format 35 mm en noir et blanc.

Articol scris de online-litterature

A ne pas manquer :

  • Martin ScorseseMartin Scorsese Martin Scorsese est un réalisateur américain, né le 17 novembre 1942 à New York aux États-Unis. De parents d'origine sicilienne, […]
  • Federico FelliniFederico Fellini Federico Fellini est un réalisateur de cinéma et scénariste italien né à Rimini, dans la région d'Émilie-Romagne en […]
  • Play Doh Ice Cream Popsicles Surprise Talking Toys Disney Peppa Pig for KidsPlay Doh Ice Cream Popsicles Surprise Talking Toys Disney Peppa Pig for Kids   https://www.youtube.com/watch?v=UvhmtOlz57M&feature=youtu.be Discover surprise Disney toys in Play-Doh Popsicles with talking Peppa Pig and friends. Have fun learning […]
  • Play Doh Popsicle Learn Colors with Frozen Dolls Modeling Clay Creative for KidsPlay Doh Popsicle Learn Colors with Frozen Dolls Modeling Clay Creative for Kids Play Doh Popsicle Learn Colors with Frozen Dolls Modeling Clay Creative for Kids: https://www.youtube.com/watch?v=2mWmMGdymOQ Have fun with us, opening ice cream Popsicle […]
  • Elvis PresleyElvis Presley Elvis Aaron Presley, né le 8 janvier 1935 à Tupelo, Mississippi et mort le 16 août 1977 à Memphis, Tennessee, est un chanteur et acteur américain. Appelé « The King », il a […]
  • OvideOvide   Les Métamorphoses (Ovide) Les Amours Élégies 1 à 15 (Ovide) Livre audio L’Art d’aimer (Ovide) Livre audio Ovide & La Fontaine - Philémon et Baucis  Livre […]

Lasă un răspuns

Câmpurile obligatorii sunt marcate cu *.


Blue Captcha Image Refresh

*

Follow

Get every new post on this website delivered to your Inbox.

Join other followers: