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Choeur (Alfred Lord Tennyson)

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Alfred Tennyson

Alfred Lord Tennyson

 

Alfred Lord Tennyson

 

I
Il est ici une musique suave, qui tombe plus doucement
Que les pétales de roses épanouies sur l’herbe,
Ou les rosées nocturnes sur des eaux silencieuses, entre
des murs
De granit sombre, dans une gorge où luit la lumière;
Une musique qui se pose plus doucement sur l’âme
Que les paupières lasses sur des yeux las,
Une musique qui fait descendre le doux sommeil du fond
des cieux heureux.
Il est ici de fraîches et profondes mousses
Et à travers la mousse, le lierre rampe,
Et dans la rivière, la fleur aux longues feuilles pleure,
Et , du rebord escarpé, le pavot se penche endormi.

II
Pourquoi sommes-nous accablés de tristesse
Et tout consumés de maux cruels
Tandis que toutes les créatures connaissent le repos quand
elles sont lasses ?
Toutes les créatures connaissent le repos, pourquoi peinerions-nous seuls,
Nous seuls peinons, qui sommes supérieurs au reste de
la création,
Et gémissons sans trêve,
Toujours rejetés d’une douleur à l’autre;
Et nous ne replions jamais nos ailes,
Pour interrompre nos courses errantes,
Ni ne baignons nos fronts au baume sacré du sommeil;
Ni n’écoutons ce que chante l’esprit qui est en nous:«
Il n’est d’autre joie que le calme!»
Pourquoi serions-nous seuls à peiner, nous, le faîte et la gloire de la création ?

III
Voyez ! au milieu du bois
La feuille repliée est doucement dégagée du bourgeon
Par les vents qui la courtisent sur la branche, et là
Elle devient verte et large sans en prendre souci,
Baignée de soleil à midi, et, sous la lune,
Nourrie de rosée chaque nuit; jaunissante
Elle tombe, et descend en planant dans le ciel.
Voyez ! Parfumée par le soleil d’été,
La pomme pleine de jus, devenant trop mûre,
Tombe par une silencieuse nuit d’automne.
Durant les jours qui lui sont accordés,
La fleur s’ouvre en son lieu,
S’ouvre, se fane, s’effeuille, et ne connaît nul labeur,
Ses racines enfoncées dans le sol fertile.

IV
Haïssable est le ciel sombre et bleu
Qui s’arrondit en voûte au – dessus de la mer sombre et bleue.
La mort est la fin de la vie; ah, pourquoi
La vie ne serait-elle que labeur ?
Laissez-nous en repos. Le temps hâte sa course,
Et avant longtemps nos lèvres seront muettes.
Laissez-nous en repos. Qu’est-il au monde qui dure ?
Il n’est rien qui ne nous soit arraché,
Et ne devienne partie de l’affreux Passé.
Laissez – nous en repos. Quel plaisir peut-il y avoir

A combattre le mal? Peut-on trouver la paix
En gravissant toujours la vague qui monte?
Toutes les créatures restent en repos, et mûrissent pour la tombe
En silence ; mûrissent, tombent et cessent d’être :
A nous le long repos ou la mort, la sombre mort ou le loisir plein de rêves.

v
Comme il serait doux, écoutant le ruisseau qui coule,
Les yeux mi – clos, de toujours croire
S’assoupir en un demi – rêve ?
De rêver, rêver encore, comme cette lumière ambrée là- bas
Qui ne se résout pas à quitter ce buisson sur la hauteur !
Pour chacun d’écouter ce que murmurent les autres ;
Mangeant le lotus jour après jour,
De regarder les vaguelettes qui rident l’eau sur la grève,
Et les courbes douces que décrit l’écume crémeuse,
D’abandonner son cœur et son âme
A l’influence d’une mélancolie douce et pensive ;
De songer, et méditer, et revivre par le souvenir
Avec ces êtres chers dont les visages entouraient jadis notre enfance,
Et qui aujourd’hui sous un tertre herbeux
Sont deux poignées de poussière blanche en une urne de bronze.

VI
Chère nous est la mémoire de la vie conjugale
Et chère la dernière étreinte de nos épouses
Et leurs larmes chaudes : mais tout s’est transformé ;
Car l’âtre de nos demeures est maintenant sûrement froid :
Nos fils sont entrés dans notre héritage ; nos visages y paraîtraient étrangers,
Et nous reviendrions tels des fantômes troubler la joie de tous.
Ou bien les princes qui règnent sur les îles, trop audacieux,
Ont dévoré nos biens , et le harpiste chante pour eux
Les dix années de guerre à Troie
Et nos prouesses comme choses à demi oubliées.
Y a – t – il du désordre sur cette petite îl e ?
Que ce qui fut détruit le reste ;
Il n’est pas aisé de se concilier les dieux ;
Ni de rétablir la règle abolie.
Certes, le désordre est pire que la mort,
Peines et douleurs accumulées,
De longs labeurs pour la vieillesse,
De dures tâches aux cœurs épui sés par mainte guerre
Et pour les yeux qui se sont obscurcis en déchiffrant le message des étoiles.

VII
Mais, reposant sur des lits d’amarante et de moly,
Qu’il est doux (tandis que les brises tièdes nous bercent d’un souffle léger)
Les yeux mi – clos encore,
Sous un ciel sombre et recueilli,
De regarder luire la longue rivière qu’emplissent sans hâte
Les eaux des montagnes pourpres –
D’entendre les échos liquides se répondre
De grotte en grotte parmi les lianes étroitement emmêlées –
De regarder l’eau couleur d’émeraude retomber
A travers les feuilles d’acanthe entrelacées – guirlande divine !
Ou seulement de voir et d’entendre l’écume étinceler au loin,
L’entendre seulement serait doux, lorsqu’on repose sous les pins.

VIII
Le lotus fleurit au pied du pic stérile ;
Le lotus s’épanouit près de chaque anse sinueuse ;
Tout le jour, le vent souffle tout bas, d’une voix plus suave ;
Jusqu’au fond des cavernes profondes et le long des pas – sages déserts,
Autour des dunes qui fleurent les épices, la poussière du lotus est portée par le vent.
Nous avons assez connu l’action et le mouvement, nous,
Roulant à tribord, roulant à bâbord, quand la houle bouil – lonnait, impétueuse,
Quand le monstre, labourant les flots, crachait ses jets d’écume dans la mer.
Faisons un serment, et tenons – le d’un même cœur :
Dans la contrée profonde où fleurit le lotus, jurons de rester étendus
Sur les collines comme des Dieux assemblés, insouciants
de l’humanité.
Car ils reposent auprès de leur nectar , et les traits de la foudre tombent
Bien loin au – dessous d’eux dans les vallées , et les nuages en spirales légères
Flottent autour de leurs demeures dorées, qu’environne un pâle univers ;
Là, ils sourient en secret, laissant tomber leurs regards sur les pays dévastés,
Cataclysmes et famines, pestes et tremblements de terre, océan mugissant et sables ardents,
Tumulte des combats, villes en flammes, vaisseaux qui sombrent et mains suppliantes.
Mais eux sourient, ils perçoivent une harmonie dans le chant lugubre
Qui monte vers eux, dans une lamentation et un ancien récit de crime,
Comme si c’était là un conte sans grand sens, quoique dit en mots sonores,
Déclamé là – bas par une race d’hommes déshérités, qui fendent le sol,
Ensemencent et moissonnent en leur patient labeur,
Recueillant chaque année un maigre profit de blé, de vin et d’huile ;
Jusqu’à ce qu’ils meurent et souffrent – quelques uns, on le dit tout bas – au fond de l’enfer
Une angoisse éternelle, tandis que d’autres résident aux vallées élyséennes,
Reposant enfin leurs membres las sur un lit d’asphodèles.
Sûrement, sûrement, le sommeil est plus doux que le
Labeur ; le rivage,
Que la lutte au large sur l’océan profond, contre le vent, la vague et l’aviron;
Oh ! goûtez le repos, matelots mes frères, nous n’errerons plus sur les mers.

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