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Maissa Boutiche – Conte légendaire d’Algérie- Guettich et la méchante ogresse

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Maissa BouticheConte légendaire d’Algérie

Par : Maissa BOUTICHE
Guettich et la méchante ogresse

Le père était si heureux de voir réunie sa famille. Ces veillées modestes et romantiques en même temps le rendait si enthousiaste et de bonne humeur. Il évoquait sa jeunesse dans les vastes champs, semant avec ses vieux compagnons la terre fertile et généreuse où le blé dur à l’époque était Roi. La galette à la semoule noire leur donnait la force et la bonne santé, pour combattre la misère et les temps durs de l’époque.
Ces compagnons de fortune dans les champs et les plaines si vastes lui manquaient surement. Belle image de cette ambiance familiale et de ses veillées perdues à jamais par le temps qui court et qui est devenu « argent » par l’ironie du sort. Cet air de convivialité nous rendait si heureux et j’avais droit moi aussi comme tout enfant à une histoire narrée avec adresse et simplicité, ce me faisait voyager dans le temps des ogres et des princesses, parfois dans la vie dure et pleine de souffrance d’une petite fille à qui sa marâtre menait la vie dure.

Hendel Ferier

De la vache des orphelins, une belle et riche histoire nous démontrait dans un langage modeste que le mal et le bien étaient toujours en guerre dans ce bas monde depuis l’ère du temps, que les adultes parfois faisaient subir les plus affreux supplices à des enfants innocents privés de l’amour de la mère et que Dieu n’a pas oublié de sa miséricorde, que le bien finit toujours par triompher et le méchant était toujours puni et parfois banni. Le bien triomphait haut la main. Qui ne se souvient pas de Guettich( ), de nos contes narrés par nos frères et sœurs ainées, où par la maman. Un conte qui s’était ancré dans nos petites têtes d’enfants. « Le petit morveux qui s’appelait Guettich, malgré son jeune âge insistait à accompagner son père migrateur et ses six frères. Malgré le refus de ce père pour épargner la fatigue et les dangers de l’ogresse qui pourrait les croiser durant le long voyage éreintant pour le frêle corps de son petit,  qui n’était pas assez grand, ni si robuste pour un entamer un tel voyage. Mais Guettich insistait tant qu’il finissait toujours par avoir gain de cause. Il va accompagnait son père et ses six frères. La douce mère avait donné à chacun un sac de ravitaillement rempli de dattes, de figues sèches et de galette de blé et aussi une gourde d’eau. Arrivée à Guettich, elle fondit en larmes, l’enlaça avec amour et affection ; elle se disait en elle-même que son petit et tout dernier allait la quitter, peut-être elle ne le verrait plus jamais.
À cette pensée des larmes silencieuses coulèrent sur ses joues brunies par le soleil, le cœur serré, meurtrie par la séparation de ses enfants pour un voyage vers l’inconnu et ses dangers. Elle dessina un sourire triste, essuyant ses larmes d’un revers gauche, et s’abrita derrière un faux air qui semblait heureux, essayant de chasser de sa tête toutes les inquiétudes dit presque dans un sanglot au revoir à ses enfants. Le mari, le regard triste prit congé de sa femme et dit à ses enfants que c’était l’heure de partir car la route serait surement longue et fatigante. Ils embrassèrent tendrement leur maman et pressèrent le pas sans se retourner, évitant de la voir en pleurs. Guettich et ses frères emboitèrent le pas à leur père.

Hendel Ferier - Guettich dans sa maison bâtie en fer

Guettich dans sa maison bâtie en fer

En cours de route, la méchante ogresse avait senti leur odeur. L’un des enfants fatigué du trajet demanda à son père de le laisser se reposer. Le père lui demanda de quoi serait bâtie sa maison ; il lui dit de pierre alors, ils s’entraidèrent et bâtirent une maison de pierres au frère qui s’enferma dedans pour se reposer. Ils continuèrent leur voyage laissant derrière eux l’un des sept frères. L’ogresse qui les épiait en cachette, à la nuit tombante, démolit la maison et mangea le premier des garçons. Il ne restait que six ; le voyage si dur continuait sous la direction du père. En cours de route, un autre déclara à son père qu’il était éreinté et qu’il ne pouvait continuer. Le père demanda de quelle matière sera sa maison ; il lui dit de papier. Alors, il lui bâtit une maison en papier et continua son chemin. Venue la nuit, la méchante ogresse qui raffolait de la chair humaine déchira la maison et mangea le deuxième. Le père continuait sa route accompagné de ses cinq garçons ; l’un deux s’arrêta essoufflé et demanda au père de lui construire une maison en bois parce qu’il avait besoin de me reposer. Le père courageux aidé par ses enfants finit la maison, et toujours avant de partir, leur dis :
– Faites bien attention à l’ogresse.

La nuit venue, l’ogresse attaqua le garçon après avoir démoli la maison de bois et le mangea cru. Et un par un, tous les enfants avaient subi le même sort et avaient été mangés par la cruelle ogresse qui avait une fille moche, laide avec un troisième œil au front. Lorsque fut venu le tour de Guettouch, il somma son père de lui construire une maison en fer avec une porte en fer, un toit en fer et une clef en fer. Le père finit la construction de la maison de son petit et l’appela dès ce jour Guettich, surnom qui lui colla à la peau par la suite.

Hendel Ferier - L’ogresse dans le verger à la recherche de Guettich

L’ogresse dans le verger à la recherche de Guettich

Le père poursuivit sa route et Guettich s’enferma dans sa maison en fer. L’ogresse qui le surveillait de loin, avait faim et voulait manger le petit comme ses frères. Elle frappa à sa porte et lui demanda de lui ouvrir la porte ; il refusa et déjoua avec son intelligence toutes les ruses de cette méchante créature. Une fois, elle lui ramena de l’eau, une autre, de la galette et lui éveillé de nature déjouant avec malice ses tours malveillants ne lui ouvrait jamais la porte. Elle avait tellement envie de manger ce petit et tellement faim.
Un jour, il sortit chercher à manger et elle le découvrit dans un jardin de citrouilles. Voulant s’enfuir pour ne pas tomber dans les mains de cette ignoble créature, il trouva devant une grande citrouille, où il s’engouffra dedans pour se cacher et échapper à une mort certaine.


Une mèche rebelle restait en dehors de la citrouille. Il supplia de toute son âme l’ogresse qui l’a capturé, mais celle-ci au cœur dur comme un roc pierre, ne se souciait guère de ses cris et lamentations. Elle prit sa mèche rebelle entre les doigts et chantait avec sa fille, « gatouch mahou gatouch, nkhalik hram alia nedik dhnoub alia»,« mèche rebelle, si je ne te mange pas, je serai fautive mais je ne peux t’épargner».

Hendel Ferier - Guettich aux prises de l’ogresse est prisonnier dans la citrouille

 Guettich aux prises de l’ogresse est prisonnier dans la citrouille

Elle le ramena à la maison, prisonnier dans la citrouille, demanda à sa fille laide d’avoir un œil vigilant sur lui, de ne pas surtout le laisser s’échapper ; en même temps, elle lui somma de préparer la marmite car le festin allait commencer. La fille bête et idiote, commençait à préparer le feu destiné à Guettich avant l’arrivée de sa mère qui allait surement l’égorger. L’ogresse s’engouffra dans la vaste forêt à la recherche de bois sec pour alimenter le feu ; entre temps, Guettich essayait de berner la fille pour sortir de la citrouille et fuir loin de cette mécréante. Il finit par son intelligence à berner la fille sotte qui l’aida à sortir de la citrouille énorme ; il s’habilla de ses vêtements et mit sur la tête le foulard de la fille, après l’avoir tuée.
Enfin la mère arriva avec son air lugubre, la bouche édentée et les cheveux crasseux, une botte de bois sec entre les bras; elle alimenta le feu alors que sa fille cuisait dans la marmite à la place de Guettich, cet enfant si intelligent et si malin. Une fois le repas prêt, l’ogresse retroussa ses manches et commença à manger avec voracité cette viande si bonne ; elle ignorait que c’était sa fille qu’elle mangeait. Elle demanda de temps à autre à Guettich qui a pris la place de sa fille qui riait sous cape de venir partager ce festin et assouvir sa faim. Il refusa bien sûr et quand elle termina de manger, il grimpa sur une montagne et lui dit en chantant « mangeuse de sa fille ». L’ogresse folle furieuse, pleurant et criant de douleur piqua une colère aveugle, essaya par tous les moyens de l’attraper. Pour ce faire, elle tenta d’escalader la montagne où était perché Guettich comme un petit diable. Elle perdit l’équilibre et tomba sur le sol sans vie. Cette chute lui avait été fatale et elle mourut sur le coup, punie par la bonté Divine.
Voilà comment Guettich, ce petit bonhomme, a déjoué tous les mauvais tours de la méchante ogresse et a sauvé sa vie par la ruse des griffes de l’ogresse.
Guettich, qu’on a surnomé « Hdidwan « suite à sa maison de fer,  mon héros et celui de beaucoup d’enfants de mon âge et de ma génération a vaincu la méchanceté de l’horrible créature qui nous faisait si peur, par son intelligence et sa malice. Belle histoire de notre enfance, n’est-ce pas ?
Je posais avec mon air innocent des questions à ma narratrice ou à mon narrateur et avec patience et d’un langage simple, on m’éclairait en me donnant des réponses justes sans me faire dévier ni me cacher la réalité, ce qui donna toute la satisfaction à mon cerveau d’enfant. Ils avaient une bonne vision de l’avenir et savaient utiliser leur imagination, nos braves ainés.
Ces contes d’antan, ils les avaient appris de leurs ancêtres qui eux aussi, avaient tenu à passer le message de génération en génération. Le langage était simple, sincère et sans tabous. Ecoutant sagement, sous ma couche, un lourd « haik( )», attendant patiemment que ma mère et ma sœur viennent me rejoindre au lit car le marchand de sable venait de passer et mes yeux étaient lourds de sommeil. Je m’endormis à cette pensée et me voilà plongée dans mon monde imaginaire pleins de beaux rêves innocents dans un sommeil paisible, le sourire aux lèvres.
Maissa Boutiche

 

([1]) Guettich : un surnom : Mèche rebelle

([2] ) Haik : Couverture de maison en laine tissée jadis par les mains de nos mamans

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