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Essenine

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Essenine

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Sergueï Aleksandrovitch Essenine ou Iessenine (en russe : Сергей Александрович Есенин, francisé sous la forme Serge Essenine) est un poète marquant de la Russie du XXe siècle. Né le 21 septembre 1895 (le 3 octobre selon le calendrier grégorien adopté en Russie en février 1918), il mit fin à ses jours le 28 décembre 1925 à Léningrad.
Sergueï Essenine, né en Russie centrale, dans le bourg de Konstantinovo, gouvernement de Riazan, était le troisième enfant du couple Essenine, dont les deux filles aînées étaient mortes en bas âge. Alexandre Essenine, son père, travaillant comme garçon boucher à Moscou, et sa mère, Tatiana Titov, étant occupée à Riazan, il passa la majeure partie de sa petite enfance à Konstantinovo au domicile de ses grands-parents. Admis à l’école primaire en 1904, il la quitte en 1909, pour être placé, en septembre de cette année-là, comme interne à l’école religieuse de Spas-Kliopiki. Ses premiers vers connus remontent à cette période, écrits dès 1909. Il avait alors 14 ans.

Durant l’été 1912, ayant achevé sa scolarité à l’école religieuse, il rejoint son père à Moscou, travaille un mois dans la même boutique que lui avant de se faire embaucher dans une maison d’édition. Il y reste jusqu’au printemps 1913. Prenant conscience de ses dons de poète, il commence également à fréquenter les milieux artistiques moscovites. Au printemps 1913, il entre comme correcteur dans une des plus importantes imprimeries de Moscou et noue ses premiers contacts avec les milieux révolutionnaires sociaux-démocrates ouvriers dont il distribue les journaux, ce qui lui vaut d’être fiché par la police.

En septembre 1913, il s’inscrit à l’université populaire Chaniavski pour y suivre des cours d’histoire et de littérature et en janvier 1914, il se met en ménage avec une de ses collègues de travail, correctrice comme lui, Anna Izriadnova, tandis que ses premiers poèmes commencent à paraître en revues et dans les colonnes de La Voie de la Vérité, ancêtre de la Pravda.

La déclaration de guerre de l’Allemagne en juillet 1914, le surprend en Crimée. Début août, il est rentré à Moscou et reprend un travail à l’imprimerie Tchernychev, qu’il quitte très vite pour se consacrer à l’écriture, abandonnant également sa compagne Izriadnova qui vient de lui donner son premier enfant.

Il passe une grande partie de l’année 1915 à Pétrograd, qu’il considère comme le centre de la vie culturelle russe, où Alexandre Blok, grand poète du moment, l’introduit dans les milieux littéraires. Il s’y lie d’amitié avec Nikolaï Kliouïev, rencontre Anna Akhmatova, Vladimir Maïakovski, Nikolaï Goumiliov, Marina Tsvetaïeva, qui apprécient ses vers. Commence alors pour lui une longue série de lectures et de récitals qui perdureront jusqu’à sa mort.

L’année 1916 voit paraître son premier recueil Radounitsa. C’est aussi l’année de sa rencontre avec le poète symboliste Andreï Biély, leader du groupe des Scythes, proche des socialistes-révolutionnaires, et celle de sa mobilisation dans le train sanitaire no 143, une affectation qu’il obtient grâce à ses protections auprès de la grande-duchesse Féodorovna ou de la tsarine qui ont entendu ses récitals. Plus enclin à la poésie qu’à la guerre, il écope en août de 20 jours d’arrêt pour retard lors d’un retour de permission. Il déserte au printemps de 1917 d’une armée en perdition après le déclenchement de la Révolution et l’abdication du tsar Nicolas II. Et c’est débordant d’enthousiasme qu’il prend parti pour la révolution, participant activement à des meetings, écrivant dans les journaux. En juillet, il épouse Zinaïda Raïkh, secrétaire à La Cause du Peuple, avec laquelle il a deux enfants, un garçon (Konstantin, né en 1920) et une fille avant leur divorce en 1921. Ils passent ensemble la fin de l’année à voyager dans le Nord de la Russie. Lors de la Révolution bolchevique d’Octobre, ils sont à Pétrograd et dans les mois qui suivent, le poète va écrire deux longs poèmes : Transfiguration et Inonia où s’exprime son rêve mystique et révolutionnaire d’une autre Russie.

Au printemps 1918, le poète s’installe à Moscou, où paraît Golouben, son second recueil, et il reprend du service dans une maison d’édition. Fin 1918, il exprime sa conception de la poésie à travers un essai : Les Clés de Marie, fonde le mouvement imaginiste avec les poètes Anatoli Mariengof, Vadim Cherchenevitch et Riourik Ivnev, et ils organisent des événements ponctuels dans des villes (en particulier Moscou), comme par exemple revêtir de poèmes les murs du monastère de la Passion. Il demande à adhérer au parti communiste bolchévique, mais il est refusé pour son manque de discipline et son individualisme.

L’année 1919 est marquée de nombreux récitals, de manifestations et de publications imaginistes, l’ouverture de leur librairie, mais aussi par les rivalités politiques à la tête de l’État, l’apparition de disettes dans une économie de guerre, un spectacle de désolation qui lui inspire son poème Les juments-épaves. C’est la prise de conscience pour Essenine que la Révolution ne peut répondre aux attentes de ses rêves.

Essenine et Anatoli Mariengof voyagent ensemble à travers la Russie une bonne partie de l’année 1920, donnant des récitals en Ukraine, à Moscou et dans plusieurs villes du Caucase. Leur passage est aussi marqué très souvent de scandales et de rixes liés aux beuveries d’Essenine qui se trouve exclu de l’Union panrusse des poètes en mai à la suite d’une rixe avec le poète Ivan Sokolov, et incarcéré une semaine à Moscou à la mi-septembre. Trois recueils paraissent cette année-là : Treridnitsa, Triptyque, Transfiguration, un quatrième Confession d’un voyou en janvier 1921, et son grand poème dramatique Pougatchev en décembre.
Avec Isadora Duncan en 1923

Au printemps 1921, Essenine voyage au Turkestan. Il passe l’été à Moscou toujours aussi agité par les rivalités politiques : Maxime Gorki quitte la Russie ; le poète Nikolaï Goumiliov est fusillé. Début octobre, il rencontre Isadora Duncan, de dix-huit ans son aînée, invitée par le gouvernement soviétique. Il l’épouse le 2 mai 1922, avant de partir avec elle pour l’Europe et pour l’Amérique où l’impresario d’Isadora Duncan lui a aménagé une tournée.

Il publie deux nouveaux recueils et surtout la Confession d’un voyou en 1921. Bien qu’il ait une vie sociale très intense, il ressent une certaine solitude et écrit que, d’une façon générale, un poète lyrique ne devrait pas vivre très longtemps. Duncan et Essenine voyagent tous les deux en Europe et c’est durant cette période que Essenine connaît une grave dépression nerveuse. Sa santé physique et mentale décline et il commence à parler de suicide. Lors de son séjour à Paris, il est sujet à une grave crise due à l’alcool. Il est admis dans un hôpital psychiatrique. En 1923, il retourne à Moscou et quitte Isadora. Écœuré de tout et très déprimé, souffrant d’hallucinations et miné par l’alcoolisme, il ne peut trouver aucun secours dans la religion, en revanche, quand il écrit, il est sobre. Malheureusement il ressent de plus en plus une incapacité à écrire comme un vrai poète : « Je n’écris plus de poésie, je ne fais que des vers ». En 1923, il publie Poèmes d’un faiseur de scandales. Il entre en clinique en 1925, la quitte un mois plus tard et recommence à boire puis repart pour Léningrad. C’est dans cette ville qu’il se pendit à un tuyau dans la chambre nº 5 de l’hôtel d’Angleterre le 28 décembre 1925.

Il laissa un poème écrit avec son propre sang :

    До свиданья, друг мой, до свиданья.
Милый мой, ты у меня в груди.
Предназначенное расставанье
Обещает встречу впереди.

    До свиданья, друг мой, без руки, без слова,
Не грусти и не печаль бровей,-
В этой жизни умирать не ново,
Но и жить, конечно, не новей.

    Au revoir, mon ami, au revoir,
Mon tendre ami que je garde en mon cœur.
Cette séparation prédestinée
Est promesse d’un revoir prochain.

    Au revoir, mon ami, sans geste, sans mot,
Ne sois ni triste, ni en chagrin.
Mourir en cette vie n’est pas nouveau,
Mais vivre, bien sûr n’y est pas plus nouveau.

Sur son lit de mort en 1925

Cette version — officielle — de la mort d’Essenine a cependant été mise à mal par plusieurs de ses proches et ne peut être prise comme l’expression de la pure vérité. La publication, le lendemain de sa mort, des deux strophes écrites par Essenine avec son sang se marie parfaitement avec l’image que l’on veut alors donner de la folie et du suicide prémédité du poète, mais il faut savoir que cette pratique curieuse d’utiliser son sang pour écrire n’était pas une nouveauté chez lui et qu’il trouvait commode de procéder ainsi quand il n’avait plus d’encre. L’hypothèse de l’assassinat a été avancée par ses amis et des chercheurs produisant un certain nombre d’indices pour le moins troublants : une enquête et une expertise médicale bâclées concluant trop rapidement au suicide, une heure de décès non établie, l’une fixée le 27 en fin de soirée, une autre contradictoire, au petit matin du 28, des traces de coups sur le visage du poète, la présence d’agents du gouvernement cette nuit-là à l’Hôtel d’Angleterre, la disparition des témoins ayant attesté son suicide, l’assassinat d’une de ses épouses, Zinaïda Raïkh, en 1939 alors qu’elle prétendait tout dire à Staline sur la mort d’Essenine et d’autres encore comme le fait que les fameux vers écrits du sang de la victime ne se trouvaient pas dans la chambre du suicidé mais avaient été remis à son ami poète Wolf Erlich dans la matinée du 27. Le mystère de la mort du poète reste entier. Dans ces temps troublés où les artistes qui n’étaient plus en accord avec le régime se suicidaient un peu trop facilement, quand ils n’étaient pas fusillés ou envoyés en camps de concentration, Essenine s’est-il réellement donné la mort ou bien l’a-t-on assassiné, nous ne le saurons vraisemblablement jamais. Ce qui par contre est bien démontré, c’est la vague de suicides que l’annonce de sa mort suscita chez ses admirateurs qui étaient déjà nombreux à l’époque.

Dans les livres des années 1990 consacrés à cette mort mystérieuse, d’autres faits viennent troubler l’hypothèse du suicide : tout d’abord, le tuyau sur lequel s’est pendu Essenine était vertical, ce qui n’était pas du tout pratique pour commettre le suicide et puis, l’élément le plus troublant issu de son dossier : les mains du poète portaient les marques apparentes, comme s’il était ligoté…[réf. nécessaire]
Œuvres principales
Tombe d’Essenine au cimetière Vagankovo de Moscou

    Radounitsa (1916)
Golouben (1918)
Inonia (1918)
Les Clés de Marie (1919)
Les Juments-épaves (1919)
Treriadnitsa (1920)
Triptyque (1920)
Tranfiguration (1920)
Confession d’un voyou (1921)
Pougatchev (1921)
Moscou des cabarets (1924)
L’Homme noir (1925)
La Ravine

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