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Fritz Haber, ou „Science sans Conscience”

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Fritz Harber - Auschwitz

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Pour une meilleure compréhension de l’histoire : Fritz Haber est le chimiste allemand d’origine juive qui a reçu le prix Nobel de chimie de 1918 pour la synthèse de l’ammoniac, également considéré comme le « père de l’arme chimique », du dichlore, du Zyklon B utilisé par  les nazis pendant la la seconde guerre mondiale dans les chambres à gaz des camps d’extermination, et aussi de l’ecstasy ou MDMA – probable administré à des troupes allemandes pour ses vertus anorexigènes et stimulantes.
Les premiers essais homicides ont été effectués dans le bloc 11 d’Auschwitz I sur des prisonniers de guerre soviétiques, mais la plupart des victimes du Zyklon B ont été les Juifs et Tsiganes d’Europe assassinés durant la seconde guerre mondiale.
Pour mieux comprendre, on retourne toujours au Procès de Nuremberg qui a jugé les crimes contre l’humanité et le génocide juif.
Dans sa déposition, Höß a expliqué la construction de Birkenau, les méthodes de gazage par le zyklon B, et a estimé à 2 500 000 personnes mises à mort dans les chambres à gaz du complexe, mais les ciffres enregistrés montaient jusqu’à 6.000.000 même plus ; c’est le moment  où Göring affirme que Höß n’est pas Prussien, car „un Prussien n’aurait jamais commis ces actes”. Frank confie à Gilbert que c’est « le moment honteux de tout le procès. C’est là quelque chose dont on parlera dans mille ans ».
Pendant sa déposition, Göring séduisit l’auditoire avec l’intelligence cartésienne et son charme, et en ce qui concerne les crimes contre la paix, des points nébuleux avaient été laissés à l’écart : l’attitude conciliante des démocraties envers les violations des traités par Hitler, la guerre d’agression à laquelle a participé un des Alliés : l’invasion de la Pologne par l’URSS.
On a cité même Churchill :
« Nous ne pouvons dire si Hitler sera l’homme qui déchaînera une nouvelle guerre mondiale, dans laquelle la civilisation sombrera irrémédiablement, ou s’il passera dans l’Histoire comme l’homme qui a rétabli l’honneur et le sens de la paix dans la grande nation allemande. »

Pour retourner à Harber, l’inventeur du funeste Zyklon B naît en 1868 à Breslau, d’origine juive. En 1893, il abandonne le judaïsme pour se convertir au protestantisme, confondant christianisme et germanisme.
“J’ai été allemand à un tel point que je ne m’en rends vraiment compte qu’aujourd’hui” confie Harber plus tard.
Dès les premières batailles de la guerre, le chef d’état major, Erich von Falkenhayn, demande une recherche sur les gaz irritants et lacrymogènes pour obliger les soldats alliés à quitter leurs positions. Fritz Haber s’offre pour cela, même si c’était une question délicate, car deux traités signés à la Haye proscrivaient l’usage des gaz de combat : du gaz asphyxiant ou des poisons et des armes toxiques dans la guerre. Pour lui faciliter le travail, le kaiser intervient pour l’élever au grade de capitaine, une récompense sans précédent pour un savant né juif.
Une première bataille se termine le 27 avril, et grace au gaz du Harber, les Alliés ont déjà des pertes : 15.000 blessés et 5.000 morts.
C’est le crime de guerre qui va souiller à jamais le nom de Fritz Haber, et sa femme se suicide sous les yeux de son fils de quatorze ans.
En 1917 il se marie de nouveau et met au point des engins pour utiliser des gaz encore plus mortifères que le chlore.
En novembre 1918 le régime impérial s’écroule et Harber est recherché comme criminel de guerre. Il s’enfuit en Suisse, et on lui octroie le Nobel, uniquement pour l’invention de la synthèse de l’ammoniac, grâce à laquelle on combat la faim dans le monde, car le procédé Haber-Bosch permet de nourrir aujourd’hui au moins deux milliards d’individus.
Pour s’en excuser aux gazés et les survivants avec des souffrances psychologiques et physiques, il reprend l’argument cynique de l’ambassadeur américain qui avait refusé de signer la Convention de la Haye de 1899 : une arme chimique qui étouffe 400 hommes n’est pas plus inhumaine qu’une torpille qui coule un bateau, chargeant l’eau d’étouffer 400 passagers.
En 1923 son équipe fabrique en secret des armes chimiques et Harber met au point le Zyklon B, sans penser que ce composé funeste sera utilisé dans les camps d’extermination de la seconde guerre mondiale et que plusieurs de ses familiers et amis en seront victimes.
Lorsque Hitler arrive au pouvoir en janvier 1933, alors qu’Einstein attaque aussitôt le nouveau régime, Haber rejoint tranquillement son poste, prenant le chemin inverse de nombreux intellectuels, quand plus de 100 savants avec de nombreux prix Nobel quittent le pays, et aussi les milieux littéraires et artistiques, comme le dramaturge Bertolt Brecht.
Hitler déclenche une féroce répression sur les communistes, les socialistes, les homosexuels et les groupes ethniques ou religieux comme les tziganes et les juifs.
Même si Hitler sait que Fritz Haber est un savant de premier plan, il refuse de le laisser continuer à occuper le poste de directeur du Kaiser-Wilhelm Institut de physico-chimie à Berlin et réplique : « Si la science ne peut se passer des Juifs, nous nous passerons de la science l’espace de quelques années ».
Harber se dirige vers Cambridge, puis il part vers Bâle, où il décède en janvier 1934.
Entre l’admiration pour le savant et la condamnation de l’homme sans scrupules, Harber symbolise le paradoxe de la recherche scientifique qui  peut être à la fois source de progrès ou de malheur.

***

Photo : l’entrée d’Auschwitz I avec l’inscription „Arbeit macht frei” (« le travail rend libre »).

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