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Gaza – Patrice Merelle

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Patrice Merelle

Patrice Merelle

 

Patrice Merelle

 

 

GAZA

 

Quand j’étais jeune, nous jouions à ce jeu. Cela semblait si vain, faire semblant de tomber sous les pluies ennemies. Même faire semblant, de se perdre dans les ruelles, à se cacher de l’ennemi. Nous avions chacun un camp, un jour le bienveillant camp, un autre le malintentionné. Nous étions jeunes et impatients. Nous étions jeunes et si innocents.

Vivre ici était un réel bonheur, cette terre nous la partagions sans honte. Vivre ici sans aucun sentiment de honte. Nous étions jeunes, impatients et si innocents.

Tu te rappelais, dis-moi, mon frère, il y avait Sasha, Johann ; la douce Sarah qui comptait les points du vainqueur et celui du perdant. Nous avions tellement d’amis, de frères et de sœurs. Marwa nous préparait le goûter avec toujours dans son regard, ce sourire affligé. Nous étions jeunes, impatients et si innocents.

Nous avions des maisons pour nous cacher de nos jeux, nous avions des terrains pour jouer à l’arrière des maisons. Nous étions si rieurs, amusés d’un rien, et même pour un rien. Des jeux d’enfants, des jeux de jeunes, impatients et tellement innocents.

Nous n’avions pas besoin réellement de terre, mais nous avions cette terre qui nous appartenait. Puis, ils sont arrivés avec leurs idées préconçues. Ils ont créé de nouveaux états sur nos propres terres, nous qui vivions déjà en frères et en sœurs. Sasha, Sarah, Johann, Marwa, moi et mon frère. Puis tous nos amis aussi, vous auriez dû nous voir quand nous étions jeunes, impatients et si innocents.

Pour nous rêver a toujours été un rêve, même quand nous étions à l’école, nous apprenions à rêver de la vie sans prendre conscience de ce monde qui nous entourait. Nous connaissions la réalité par les livres d’histoires. Mais cette réalité ne nous intéressait pas. Même si nous souhaitions tellement quand nous étions jeunes, impatients et tellement innocents.

Fini le temps de la jeunesse, fini l’impatience et l’innocence. Ils ont fait de nous des meurtriers. Ils nous ont montés les uns contre les autres, dès lors que nous avions perdu notre innocence et notre jeunesse. Enrôler dans des armées d’infortune, maintenant que je suis plus âgé, j’ai perdu de vue Sasha, Sarah et Johann. Marwa est décédé présentement, cela fait quelques années déjà. Nous avons quitté le temps de notre jeunesse, de l’impatience et de l’innocence.

Nous avons perdu nos maisons, dès lors que nous avons perdu la terre nourricière. Et les balles irréelles sont devenues des pluies torrentielles absurdes des adultes en armes. Les ténèbres se sont accaparées de nos âmes dès à présent. Sous les obus et les mortiers, nos maisons se sont écroulées. Et juchés sur les gravats, nous avons perdus notre jeunesse, l’impatience et l’innocence.

Les nuits me rappellent les sirènes des ambulances, même devenu adulte, je repense aux survivants des carnages. Qu’est devenu Sasha ? Ma douce Sarah ? Johann t’ai-je tué de l’autre côté de la barrière ? Avons-nous lutté l’un contre l’autre depuis tout ce temps ? J’ai peur et je souffre. Je souffre et j’ai peur d’avoir perdu ma jeunesse, mon impatience et mon innocence.

Dans l’enfer de nos ténèbres, sous l’enfer des pluies de feux de nos anciens amis, je rêve encore d’un autre pays, d’une autre ingérence ; celui de l’ingérence de la paix. Mais, nous avons renoncé à attendre. Tant que pour nous, rêver est encore un moyen de s’évader. Et espérer conserver encore notre jeunesse, notre impatience et notre innocence.

Je marche aujourd’hui sur les décombres. Lorsque je me suis réveillé de trop de fatigues. Tout autour de moi, à perte de vue, l’holocauste, j’ai enfin su ce que voulait dire ce mot. La définition même de l’horreur j’ai appris à me l’approprier aujourd’hui. Et ces pierres brisées, ces murs délabrés sont ma maison. Ces ruines gardent en secret ma jeunesse, mon impatience et mon innocence.

Alors, si je devais témoigner pour l’humanité, par devoir de mémoire, je le ferais. Car, aujourd’hui rien n’a changé. Plus personne ne s’intéresse à notre pauvre étoile ! Auparavant, l’étoile était jaune et nous pleurions pour les porteurs. Aujourd’hui l’étoile n’a plus de couleur et a changé de propriétaire, le joug a changé de camp dans sa terrible réalité. Et plus personne ne semble pleurer tellement l’absurdité de l’humanité a perdu sa jeunesse, son impatience et son innocence.

J’aimerai tellement frapper un ballon. J’aimerai me glisser derrière une corde pour nos jeux d’enfants et tirer chacun d’un côté. Voir qui est encore le plus fort. J’aimerai croire encore en moi. J’aimerai croire encore en vous. Les hommes ont perdu le goût des jeux puérils à l’instant que les ténèbres se sont abattues sur eux. Les hommes auraient-ils perdus leur jeunesse, leur impatience et leur innocence ?

Je prie un quelconque Dieu sans importance avant de mourir. Je prie l’homme dans sa grande bonté avec l’espoir nourri de voir ressurgir les champs de blés, les rivières couler au travers les bandes de terres de Gaza. Pour qu’un jour nos enfants qu’ils soient juifs, chrétiens ou arabes retrouvent le temps même d’un instant leur jeunesse, leur impatience et leur innocence.

Un jour. Les ténèbres fuiront. Un jour, il est certain. Nous ouvrirons nos yeux d’enfants et nous contemplerons Gaïa attristé et nous danserons autour d’elle avec notre jeunesse, notre impatience et notre innocence.
© Patrice Merelle 04-09-2014

 

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