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Hector Berlioz

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Hector Berlioz

Œuvres principales
Symphonie fantastique (1830)

Harold en Italie (1834)
Grande messe des morts (1837)
Benvenuto Cellini (1838)  Obertura El Carnaval romano   http://www.epdlp.com/clasica.php?id=62
Roméo et Juliette (1839)
Les Nuits d’été (1841)
La Damnation de Faust (1846)
L’Enfance du Christ (1854)
Te Deum (1855)
Les Troyens (1858)

Hector Berlioz (prononcer [bɛʁ.’ljoːz]1 ; [‘bɛr.ʎo] en francoprovençal2) est un compositeur, écrivain, chef d’orchestre et critique musical français, né le 11 décembre 1803 à La Côte-Saint-André (Isère) et mort le 8 mars 1869 à Paris.
Reprenant, immédiatement après Beethoven, la forme symphonique initiée par Haydn, Berlioz la renouvelle en profondeur avec la musique à programme (Symphonie fantastique), la symphonie concertante (Harold en Italie) et la symphonie dramatique (Roméo et Juliette).
L’échec de Benvenuto Cellini, en 1838, lui ferme les portes de l’Opéra. En conséquence, son chef-d’œuvre lyrique, Les Troyens, ne connaît qu’une création partielle et très amputée, en 1863, et l’opéra comique Béatrice et Bénédict est créé à Baden-Baden. Berlioz invente le genre de la « légende dramatique » avec La Damnation de Faust et L’Enfance du Christ, œuvres conçues pour le concert, à mi-chemin entre l’opéra et l’oratorio.
Faisant souvent appel à des effectifs considérables dans sa musique symphonique (symphonie funèbre et triomphale) et religieuse (Requiem, Te Deum), Berlioz organise d’importants concerts publics et crée le concept de festival.

Avec Les Nuits d’été enfin, Berlioz inaugure le genre de la mélodie française pour chant et ensemble instrumental, promis à un bel avenir avec les œuvres, notamment, de Duparc, Fauré, Chausson et Ravel.

Toujours en difficultés financières, les circonstances l’engagent à présenter lui-même sa musique dans de vastes tournées en Allemagne, en Europe centrale et jusqu’en Russie, où sa musique est bien accueillie. Avec Franz Liszt, Berlioz est à l’origine des grands mouvements nationalistes musicaux de la fin du XIXe siècle, russes (du Groupe des Cinq jusqu’à Stravinsky et Prokofiev), tchèques (de Dvorak à Janacek) et hongrois (jusqu’à Bartok et Kodaly).

Reconnu de son vivant comme un maître de l’orchestre, Berlioz publie en 1843 son traité d’instrumentation et d’orchestration modernes, qui inspire de nombreux compositeurs et reste un modèle pour les ouvrages traitant du même sujet au XXe siècle (tels ceux de Rimski-Korsakov et de Charles Koechlin).

Éminent représentant du romantisme européen, Berlioz se considérait comme un compositeur classique3, dans la continuité d’artistes comme Gluck, Weber et Beethoven. Sa musique a fait l’objet de controverses, et plus encore de malentendus. C’est en partie pour les dissiper que Berlioz entreprit la rédaction de ses Mémoires en 1849, et rassembla certains de ses articles de critique musical dans des ouvrages aux titres volontiers humoristiques (Les soirées de l’orchestre, Les grotesques de la musique, À travers chants).

L’importance de son œuvre dans l’histoire de la musique n’a été reconnue que lentement. Les célébrations du centenaire de sa mort, en 1969, ont entraîné l’enregistrement de l’intégralité de ses partitions majeures.

Hector Berlioz est issu d’une vieille famille du Dauphiné. Son père, Louis Berlioz, est médecin, et sa mère, Antoinette-Joséphina Marmion, catholique fervente.

À l’âge de six ans, Berlioz est envoyé au séminaire pour y entreprendre ses études. À la fermeture de l’établissement, en 1811, son père décide de se charger de son éducation, le destinant à une carrière de médecin. Cette éducation paternelle ne l’empêche pas de compléter sa formation avec un maître de musique qui lui enseigne le chant et la flûte. À l’âge de douze ans, il se met à composer4. En 1819, son père lui achète une flûte puis une guitare, et Hector prend des leçons d’un nouveau professeur. Deux ans plus tard, Hector Berlioz est promu bachelier ès lettres à Grenoble, le 22 mars 1821.

Inscrit à l’école de médecine de Paris, il quitte sa famille fin octobre et suit les cours du programme pendant une année, avant d’écrire à son père qu’il préfère l’art à la médecine : « Je sentis ma passion pour la musique s’accroître et l’emporter sur mon désir de satisfaire mon père »5. Il se brouille avec sa famille, fréquente l’Opéra de Paris et suit les enseignements de Jean-François Lesueur, puis d’Antoine Reicha.

Les débuts

À une époque où sa formation musicale est encore rudimentaire, il commence à jouer de la guitare et du flageolet. Il est très tôt attiré par la vie parisienne des années de la Restauration des Bourbons, période marquée par un grand élan culturel et intellectuel.

En 1823, il étudie la composition au Conservatoire de Paris. Il écrit la Messe solennelle en 1824 et découvre Weber, dont il se souviendra pour la Symphonie fantastique. Malgré ses échecs au concours de Rome en 1827, 1828 et 1829 (sa cantate Cléopâtre est jugée injouable par le jury en 1829), il poursuit ses études au Conservatoire, dirigé alors par le grand maître de l’époque, Luigi Cherubini, avec Antoine Reicha pour la fugue et le contrepoint, et Jean-François Lesueur pour la composition.

Il découvre Goethe et son Faust dans la traduction de Gérard de Nerval, et compose en 1829 Huit scènes de Faust qui, remaniées, deviendront la légende dramatique La Damnation de Faust en 1846.

L’exécution en 1828 des symphonies de Beethoven par François-Antoine Habeneck, sera une révélation, pour Berlioz. « Je venais d’apercevoir en deux apparitions Shakespeare et Weber ; aussitôt, à un autre point de l’horizon, je vis se lever l’immense Beethoven. La secousse que j’en reçus fut presque comparable à celle que m’avait donnée Shakespeare. Il m’ouvrait un monde nouveau en musique, comme le poëte m’avait dévoilé un nouvel univers en poésie. » – (Mémoires, chapitre XX)

Fiancé à Marie Moke qui le quitte pour épouser Camille Pleyel en 1831, Berlioz tombe amoureux au cours d’une représentation d’Hamlet de Shakespeare d’une actrice irlandaise qui joue dans la pièce, Harriet Smithson. Il l’épouse en 1833 et un fils, Louis, naît le 14 août 1834.

La Symphonie fantastique

Dès 1830, six ans seulement après la Symphonie n° 9 de Beethoven, ses études, ses influences et son génie lui permettent d’écrire la Symphonie fantastique, op. 14, qui enthousiasme Franz Liszt, mais provoque un grand scandale chez un public qui ne se rend pas compte de la portée de l’œuvre : elle va relancer la « musique à programme », ou « musique descriptive », et va s’insinuer partout dans la musique allemande (Franz Liszt et Richard Strauss), puis dans la musique française (Saint-Saëns, Dukas, Franck et d’Indy). Dès 1834, il se fait connaître comme critique dans la Gazette musicale, puis dans le Journal des débats, où il soutient son système musical, qui subordonne l’harmonie à la recherche de l’expression.

Voyages et premiers écrits

Il remporte le prestigieux Prix de Rome en 1830 avec sa cantate Sardanapale, ce qui l’amène à vivre à l’académie de France à Rome (Villa Médicis). Il y rencontre Mendelssohn, mais l’Italie l’inspire et le déçoit tout à la fois.

En 1831 et 1832, son séjour le pousse à composer Lélio ou le Retour à la vie, Le Roi Lear ainsi que Harold en Italie (1834) pour alto et orchestre, à la demande de Paganini sur un poème de Lord Byron intitulé Childe Harold’s Pilgrimage. Cette œuvre constitue une « seconde Symphonie fantastique ».

Il est engagé en 1835 comme critique musical dans le Journal des débats, où ses articles font date et lui valent de nombreuses inimitiés. Il y collabore jusqu’en 1864.

Alors qu’il était considéré dans toute l’Europe comme un héros romantique, il restait un ennemi à Paris, où la musique était avant tout affaire de politique, de pouvoir, d’alliances et de trahisons.

Ainsi, lorsqu’il obtint un contrat du ministère des Beaux-arts pour une messe des morts, les partisans du directeur du Conservatoire, Cherubini, tentèrent en vain de faire résilier le contrat. Après qu’il eut terminé l’œuvre (en moins de trois mois) et que les arrangements eurent été pris pour la création d’un concert, le Ministère annula celui-ci, sans explication.

Le Requiem eut cependant sa chance, grâce au concours d’amis bien placés. En décembre 1837, il fut joué dans la chapelle des Invalides, décorée de milliers de chandelles pour la circonstance, en présence de la famille royale, du corps diplomatique et de toute la haute société parisienne ; Berlioz avait obtenu cent quatre-vingt-dix instrumentistes, deux cent dix choristes, quatre ensembles de cuivres placés dans les coins de la chapelle, ainsi que seize timbales.

Il raconte dans ses mémoires :

« Au moment de [l’entrée des quatre orchestres de cuivres], au début du Tuba mirum qui s’enchaîne sans interruption avec le Dies irae, le mouvement s’élargit du double ; tous les instruments de cuivre éclatent d’abord ensemble dans le nouveau mouvement, puis s’interpellent et se répondent à distance, par des entrées successives, à la tierce supérieure les unes des autres. Il est donc de la plus haute importance de clairement indiquer les quatre temps de la grande mesure à l’instant où elle intervient. Sans quoi ce terrible cataclysme musical, préparé de si longue main, où des moyens exceptionnels et formidables sont employés dans des proportions et des combinaisons que nul n’avait tentées alors et n’a essayées depuis, ce tableau musical du Jugement Dernier, qui restera, je l’espère, comme quelque chose de grand dans notre art, peut ne produire qu’une immense et effroyable cacophonie.

Par suite de ma méfiance habituelle, j’étais resté derrière Habeneck et, lui tournant le dos, je surveillais le groupe des timbaliers, qu’il ne pouvait pas voir, le moment approchant où ils allaient prendre part à la mêlée générale. Il y a peut-être mille mesures dans mon Requiem. Précisément sur celle dont je viens de parler, celle où le mouvement s’élargit, celle où les instruments de cuivre lancent leur terrible fanfare, sur la mesure unique enfin dans laquelle l’action du chef d’orchestre est absolument indispensable, Habeneck baisse son bâton, tire tranquillement sa tabatière et se met à prendre une prise de tabac. J’avais toujours l’œil de son côté ; À l’instant je pivote rapidement sur un talon, et m’élançant devant lui, j’étends mon bras et je marque les quatre grands temps du nouveau mouvement. Les orchestres me suivent, tout part en ordre, je conduis le morceau jusqu’à la fin, et l’effet que j’avais rêvé est produit. Quand, aux derniers mots du chœur, Habeneck vit le Tuba mirum sauvé : « Quelle sueur froide j’ai eue, me dit-il, sans vous nous étions perdus! — Oui, je le sais bien, répondis-je en le regardant fixement. » Je n’ajoutai pas un mot … L’a-t-il fait exprès ? Serait-il possible que cet homme, d’accord avec M. XX., qui me détestait, et les amis de Cherubini ait osé méditer et tenter de commettre une aussi basse scélératesse ? Je n’y veux pas songer… Mais je n’en doute pas. Dieu me pardonne si je lui fais injure. »
— Hector Berlioz, Mémoires, chap. XLVI.
Le Requiem valut à Berlioz un succès critique et public.

L’opéra

En 1838, pour son entrée à l’Opéra de Paris avec Benvenuto Cellini, l’atmosphère de cabale organisée par ses adversaires conduit à l’échec des représentations. Toutefois, l’engagement de Berlioz à la bibliothèque du Conservatoire et l’estime que lui porte Paganini lui permettent d’écrire Roméo et Juliette (1839), qui enthousiasme Richard Wagner.

La période 1840-1841 voit la composition de la Symphonie funèbre et triomphale, le cycle de Les Nuits d’été (sur six poèmes de Théophile Gautier: Villanelle, Le Spectre de la rose, Absence, Sur les lagunes, Au cimetière, L’Île inconnue) pour voix et piano qu’il orchestre par la suite.

Pendant cette période, il est reconnu davantage en sa qualité de chef d’orchestre que de compositeur, et il est plus apprécié à l’étranger qu’en France ; il dirige ses propres œuvres, mais aussi des œuvres de ses confrères en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en Hongrie ou en Russie, et se fait accompagner par la cantatrice Marie Recio (nom de scène de Marie Martin6), sa nouvelle compagne. Son œuvre L’Enfance du Christ est accueillie en triomphe (1864). La période anglaise de 1847-1848 est particulièrement fertile en aventures. Berlioz dirige l’orchestre de Drury Lane à Londres, dont le chef d’orchestre est le compositeur Louis-Antoine Jullien, le roi des concerts promenades et des concerts monstres. Jullien avait sollicité la participation de Berlioz, et celui-ci le maudira après l’avoir encensé. Louis-Antoine Jullien est un fou à plus d’un titre7.

En 1847, sur les conseils de son ami Balzac, à un moment où il était à court d’argent, comme c’était souvent le cas8, il se rend en tournée en Russie, où il remporte un triomphe à Saint-Pétersbourg et à Moscou. Il est logé chez la grande-duchesse Hélène, qui l’accueille avec faste. Aux concerts qu’il dirige dans la salle de l’Assemblée de la noblesse, il est bissé jusqu’à douze fois ! Pendant son premier bis, il s’écrie :« Je suis sauvé ! », au deuxième « Je suis riche ! »9 Il dirige alors Roméo et Juliette, Le Carnaval romain et la Symphonie funèbre et triomphale. Il reviendra en 1867 dans ce qu’il appelle « la fière capitale du Nord ».

En 1856, il entame la composition de son « opus magnum » Les Troyens et écrit le livret inspiré par le poème épique L’Énéide, œuvre de Virgile. La genèse de son ouvrage remonte à sa plus tendre enfance, et l’influence de Virgile et de Shakespeare est récurrente dans son œuvre. Les Troyens est achevé deux ans plus tard, mais Berlioz ne peut le faire jouer dans son intégralité, car les administrateurs sont rebutés par la durée et les moyens exigés par l’œuvre.

Berlioz compose ensuite l’opéra-comique Béatrice et Bénédict, inspiré de Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, mais tombe malade après la mort de Marie, puis de son fils Louis, en 1866. Après une tournée triomphale en Russie, au cours de laquelle il va influencer les jeunes Moussorgski, Rimsky-Korsakoff et Borodine, il fait un voyage à Nice en mars 1868, où il se blesse en faisant une chute. En août 1868, il effectue son dernier voyage à Grenoble, la ville de résidence de sa sœur et de sa famille. Invité par le maire Jean Vendre à l’occasion de trois journées de festivité organisées pour l’inauguration d’une statue équestre de Napoléon Ier, il préside un festival de musique. Il décède le 8 mars 1869 à Paris, 4 rue de Calais, dans le quartier de la « Nouvelle-Athènes » (IXe). Il est enterré au cimetière de Montmartre (avenue Berlioz, 20e division, 1re ligne), près de ses deux épouses Harriet Smithson et Marie Recio10.

Analyse de l’œuvre

Les thèmes beethovéniens et shakespeariens, qui s’entrecroisent dans toute la production de Berlioz, ont fortement marqué son œuvre. À cela il faut ajouter l’attachement qu’il portait à la réforme de l’opéra français, qui s’était développée à l’initiative de Gluck, sous les règnes du Louis XV et Louis XVI, à l’orée de l’ère classique (au début du troisième tiers du XVIIIe siècle). Il ne faudrait surtout pas oublier le goût de Berlioz pour la musique de la période révolutionnaire et de l’Empire (à noter que cela ne l’empêchait nullement d’être monarchiste : le romantisme se développa en France à l’époque du roi Louis-Philippe 1er, monarque orléaniste).

C’est ainsi que Berlioz est l’auteur d’une orchestration de La Marseillaise, encore souvent entendue actuellement. Mais il est aussi (et surtout) une grande figure romantique à l’humour ravageur, mais très rigoureux dans l’écriture et très exalté dans l’exécution. Son œuvre va peu à peu se dégager de la forme musicale académique de son temps pour s’orienter vers des orchestrations d’une grande richesse de timbres et de couleurs, une écriture contrapuntique toute personnelle et un penchant pour les très grandes formations orchestrales. Ses velléités de liberté le conduiront à s’affranchir des textes qu’il met en musique, au point de les écrire lui-même, comme le fit aussi Richard Wagner.

Sans tomber dans l’exagération qui prévalait à l’époque, Berlioz s’intéressa énormément à la nature des timbres. Il fut également l’ami d’Adolphe Sax, dont il encourageait fortement les travaux, notamment ceux concernant la famille des saxophones.

Irréductible à toute école, la musique de Berlioz est d’une grande originalité. Cependant, en dépit des succès considérables remportés à l’étranger, son œuvre est restée longtemps méconnue dans son propre pays, voire mésestimée, mis à part certains extraits de la Damnation de Faust et, bien sûr, la Symphonie fantastique, qui fit l’objet d’un superbe et indémodable enregistrement de Charles Münch à la tête de l’Orchestre de Paris.

L’œuvre de Berlioz a cependant été reçue avec chaleur en Allemagne, et ce depuis les premières représentations des Troyens par Félix Mottl, à la fin du XIXe siècle, jusqu’à Rafael Kubelík, qui fut l’artisan de sa résurrection dans les années 1960. Depuis, les Allemands n’ont pas hésité à organiser des congrès Berlioz dans leur pays, par exemple à Essen-Werden, en juin 2003, sous l’initiative d’Hermann Hofer et de Matthias Brzoska. Ces toutes dernières années, Les Troyens et Benvenuto Cellini sont passés dans le répertoire habituel de Dresde, Leipzig, Mannheim, Hambourg, Dortmund, Düsseldorf et Gelsenkirchen.

En France, sous la direction de Serge Baudo, Lyon a accueilli pendant quelque dix ans le festival international Hector-Berlioz. Ce festival a maintenant lieu à La Côte-Saint-André (Isère), la ville natale de Berlioz. En outre, c’est l’ouvrage lyrique Les Troyens qui a été présenté lors de l’inauguration de l’Opéra-Bastille à Paris, en mars 1990.

Œuvres
Musique symphonique
1830 : Symphonie fantastique, épisode de la vie d’un artiste, op. 14
1831 : Le Roi Lear, pour orchestre
1834 : Harold en Italie, symphonie à programme avec alto principal
1839 : Roméo et Juliette, symphonie pour mezzo-soprano, ténor, basse, chœur et orchestre
1840 : Grande symphonie funèbre et triomphale
1841 : Rêverie et Caprice, pour violon et orchestre
1843–1844 : Le Carnaval romain, ouverture pour orchestre
Musique lyrique
826–1833 : Les Francs-juges, partition incomplète
1834–1837 : Benvenuto Cellini
1841–1847 : La Nonne sanglante, œuvre inachevée (à ne pas confondre avec l’opéra-homonyme de Charles Gounod créé en 1854)
1846 : La Damnation de Faust, légende dramatique, destinée au concert
1856–1858 : Les Troyens
1860–1862 : Béatrice et Bénédict
1823 : Estelle et Némorin, partitions perdues
Musique chorale et vocale
1824 : Messe solennelle, retrouvée en 1992 alors que Berlioz prétendait l’avoir détruite
1827 : La Mort d’Orphée, cantate
1828 : Herminie, cantate
1829 : Le Ballet des ombres
1829 : Cléopâtre, cantate
1830 : Sardanapale, cantate
1831–1835 : Le 5 mai
1832 : Le Retour à la vie, deuxième partie de l’Épisode de la vie d’un artiste, plus tard (en 1855) intitulée Lélio ou le Retour à la vie, op. 14b
1837 : Grande messe des morts ou Requiem
1840–1841 : Les Nuits d’été
1849–1851 : Tristia
1850–1854 : L’Enfance du Christ, trilogie sacrée
1849–1855 : Te Deum
Discographie sélective

Dans les années 1960 et 1970, à une époque où Berlioz était surtout connu pour la Symphonie fantastique, Colin Davis va œuvrer, après son compatriote, sir Thomas Beecham, pour la réhabilitation de Berlioz en enregistrant une grande partie de ses compositions. John Eliot Gardiner a marché sur ses traces.

En France, divers chefs d’orchestre se sont également consacrés à Berlioz. Mentionnons Georges Prêtre, Pierre Boulez, Michel Plasson, Jean-Claude Casadesus, Jean-Paul Penin ou encore Marc Minkowski, qui ont pris le relais de leurs prestigieux aînés Pierre Monteux, Charles Munch, Jean Fournet et André Cluytens.

Cantates

Cantates du Prix de Rome : Herminie, Cléopâtre, Sardanapale, La Mort d’Orphée, Orchestre national de Lille, Jean-Claude Casadesus (dir.).

Œuvres symphoniques
Ouvertures : Carnaval romain, Le Corsaire, Les Francs-juges, Le Roi Lear, Waverley, orchestre symphonique de Londres, Colin Davis (dir.) ;
Ouvertures : Carnaval Romain, Benvenuto Cellini, Waverley, Beatrice et Benedict, Le Roi Lear, Les Francs-juges, Les Troyens à Carthage, Le Corsaire, orchestre symphonique de Montréal, Charles Dutoit (dir.) ;
Symphonie fantastique, orchestre symphonique de Paris, orchestre symphonique de San Francisco et orchestre philharmonique de Vienne, Pierre Monteux (dir.) ;
Symphonie fantastique, orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, Colin Davis (dir.) ;
Symphonie fantastique, orchestre symphonique de Boston, Charles Münch (dir.) ;
Symphonie fantastique, orchestre philharmonique de New York, Dimitri Mitropoulos (dir.) ;
Symphonie fantastique, orchestre symphonique de Detroit, Paul Paray (dir.) ;
Symphonie fantastique, orchestre symphonique de San Francisco, Michael Tilson Thomas (dir.) ;
Harold en Italie, William Primrose (alto), Orchestre philharmonique royal, sir Thomas Beecham (dir.) ;
Harold en Italie, Wolfram Christ (alto), orchestre philharmonique de Berlin, Lorin Maazel (dir.) ;
Roméo et Juliette, chœur du conservatoire de Nouvelle-Angleterre et orchestre symphonique de Boston, Seiji Ozawa (dir.).
Mélodies
Les Nuits d’été, Régine Crespin, orchestre de la Suisse romande, Ernest Ansermet (dir.).
La Captive op.12, Véronique Gens & l’orchestre de l’opéra national de Lyon, dir. Louis Langrée.
Opéras
Benvenuto Cellini, chœur de Covent Garden, orchestre symphonique de la BBC, Colin Davis (dir.) ;
Benvenuto Cellini, chœur de Radio France, Orchestre national de France, John Nelson (dir.) – Premier enregistrement de la version originale dite « Paris I » ;
Les Troyens, chœur et orchestre de Covent Garden, Colin Davis (dir.) – Premier enregistrement mondial de l’œuvre ;
Les Troyens version intégrale, chœur et orchestre symphonique de Montréal, Charles Dutoit (dir.) ;
Les Troyens, Monteverdi choir, Orchestre révolutionnaire et romantique, John Eliot Gardiner (dir.) ;
La Damnation de Faust, chœur et orchestre symphonique de Londres, Colin Davis (dir.) ;
La Damnation de Faust, chœur et orchestre symphonique de Chicago, sir Georg Solti (dir.) ;
L’Enfance du Christ, chœur John Alldis, orchestre symphonique de Londres, Colin Davis (dir.).
Musique religieuse
Messe solennelle, chœur et orchestre de la Philharmonie nationale de Cracovie, Jean-Paul Penin (dir.).
Création française et premier enregistrement mondial (Accord-Universal, Radio-France et France-Télévision, Basilique de Vézelay, 7 octobre 1993) ;
Messe solennelle, Monteverdi Choir, Orchestre révolutionnaire et romantique, John Eliot Gardiner (dir.) ;
Requiem – Grande messe des morts, orchestre symphonique de Boston, Charles Münch (dir.) ;
Requiem – Grande messe des morts, orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise, Charles Münch (dir.) ;
Requiem – Grande messe des morts, chœurs et orchestre symphonique d’Atlanta, Robert Spano (dir.) ;
Requiem – Grande messe des morts, chœurs du Festival Tanglewood et orchestre symphonique de Boston, Seiji Ozawa (dir.) ;
Requiem – Grande symphonie funèbre et triomphale, orchestre symphonique de Londres, Colin Davis (dir.) ;
Te Deum, orchestre symphonique de Londres, Claudio Abbado (dir.).
Hommages
Maison natale d’Hector Berlioz à La Côte-Saint-André.
Musée Hector Berlioz, maison natale du compositeur à La Côte-Saint-André, dans le Dauphiné.
Une médaille à l’effigie de Berlioz a été réalisée en 1897 par le peintre et graveur polonais Wincenty Trojanowski. Un exemplaire de cette médaille est conservé au musée Carnavalet (ND 0156).
Un billet de 10 francs Berlioz a été émis de 1974 à 1978.
La Poste française émet un timbre à son effigie en 1936 11
Le film La Symphonie fantastique (1942) de Christian-Jaque, avec Jean-Louis Barrault dans le rôle de Berlioz, est considéré par de nombreux critiques comme un pied de nez à l’occupant nazi pour son exaltation de la grandeur passée de la France, sous couvert d’une biographie romancée.
La comédie de Gérard Oury, La Grande Vadrouille (1966) montre l’orchestre de l’Opéra de Paris répétant un extrait de La Damnation de Faust (la célèbre marche hongroise, ou Marche de Rakoczy) sous la direction de Louis de Funès, caricature de chef d’orchestre perfectionniste, irascible et passionné. Après avoir pris à parti les musiciens dans la fosse, il chasse les chanteurs présents dans la salle pendant l’exécution de cette marche hongroise, dans un véritable « cri du cœur » emphatique, digne de Charles Münch : « Je ne veux que Berlioz et moi ! »

Le chaton musicien du long-métrage d’animation des studios Disney, Les Aristochats (1970), se prénomme Berlioz en hommage au compositeur (le second, peintre, a été appelé Toulouse en l’honneur de Henri de Toulouse-Lautrec).

Sous l’impulsion du politicien Georges Frêche, la programmation de l’Opéra national de Montpellier est répartie à partir de 1990 entre l’Opéra Comédie et la grande salle du palais des congrès Le Corum, renommée Opéra Berlioz.

 

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