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Je dois la voir, demain peut-être. (Georges De Porto-Riche)

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Georges de Porto-Riche

Georges de Porto-Riche

Je dois la voir, demain peut-être.
Est-ce bien moi l’homme ingénu
Qui rêvait tant de la connaître?
Nous causerons, c’est convenu.
Je ne sais pas si je recule
Devant l’amour qui m’est offert
Toujours est-il que je calcule
Le temps perdu, le mal souffert.
 Je sens partir l’immense joie
D’obéir et de demander.
Et sur elle je m’apitoie
En songeant qu’elle peut céder.
Je retrouve la fourberie
Du Lovelace que je fus.
Et je pleure ma gaucherie,
Morte avec son dernier refus.
Je n’ose pas franchir sa porte.
Si dans ce cœur j’allais puiser
Cette clairvoyance qu’apporte
Le dégoût du premier baiser?
Est-elle égale à ma chimère?
Et demain vais-je entre ses bras
Ressentir la tristesse amère
Qui nous apprend qu’on n’aime pas?
Nos victoires sont leurs défaites.
Sa chute proche l’amoindrit.
Je pense aux choses imparfaites
De son corps et de son esprit.
Das épreuves qui furent nôtres
Je ris, depuis qu’elle veut bien.
Sera-ce comme avec les autres?
Mon cœur est-il mon cœur ancien ?
Je ne suis plus de connivence
Avec sa chair qui frémira.
Hélas! je les connais d’avance
Tous les mots qu’elle me dira
J’entends déjà l’aveu funeste
Qui de sa bouche va sortir;
Et par moments, je la déteste
D’être obligé de lui mentir.
Importuné par ma maîtresse,
Aux rendez-vous que j’implorais,
J’irai sans trouble et sans tendresse,
Sceptique,avant, cynique après.
Elle exigera que je l’aime
Plus que je ne voudrai l’aimer.
Je serai pris dans ce dilemme
Il faudra rompre ou l’opprimer.
Sur ses trop purs enthousiasmes
Je marcherai, je le pressens;
Ma bouche aura tous les sarcasmes
Qui soulagent les impuissants.
Quand je l’aurai martyrisée,
L’envie atroce me prendra
De respirer la fleur brisée;
Sa souffrance me séduira.
Vais-je déchoir de crime en crime?
J’aperçois, dans nos désaccords,
Les yeux jaloux de ma victime
Braqués sur mon âme et mon corps.
Elle épiera mes attitudes,
Elle guettera ma vigueur,
Suspectera mes lassitudes,
En créancière de mon cœur.
Nous agirons en adversaires;
Et pour avoir ma liberté,
Sous des baisers parfois sincères,
J’endormirai sa dignité.
J’aurai l’air de ne pas comprendre
Ses fous désirs, ses chers tracas.
De crainte qu’elle soit plus tendre,
Je ne l’interrogerai pas.
Si le chagrin frappe à sa porte,
Je serai bon, mais à moitié,
De peur que son amour trop forte
Change en caresses ma pitié.
Je trahirai, c’est chose due;
Et, le plaisir une fois mort,
J’aurai la joie inattendue
De n’éprouver aucun remord.
Elle connaîtra le supplice
De s’attacher éperdument;
Mais restera, non sans délice,
Supérieure à son amant.
J’envierai cet amour sans bornes,
Et plus saignant de jour en jour,
Hélas Les pleurs de mes yeux mornes
Ne seront pas des pleurs d’amour.

Aussi faut-il qu’elle résiste;
Car si demain le sort nous joint,
Je ne serais qu’un homme triste
Qui tourmente, et ne ressent point.

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