Poesis

Art Classique et Contemporain, Livres Audio, Science, Mystère, Android

La Découverte du nouveau monde par Christophe Colomb (Lope de Vega)

| 0 Comentarii

Read similar posts recommended for you
E-book Ludewic

Ludewic Mac Kwin De Davy - Poèmes, livre audio, e-book

* Ludewic Mac Kwin De Davy * Aphorismes, Pensées, Philosophie   * Lire la plus belle collection de citations,  culture et sagesse classique • ...

En savoir plus...

Beethoven

Beethoven

       « Je ne connais pas d’autres marques de supériorité que la bonté.  » Moonlight Sonata by Beethoven Ludwig van Beethoven ...

En savoir plus...

Concours

Concours

 Projets, concours et événements culturels en cours Concours International "Un Poème pour la Planète" Pendant une année, jusqu’au 22 avril 2016, nous ...

En savoir plus...

Friedrich Nietzsche

Friedrich Nietzsche

Ainsi parlait Zarathoustra - Livre audio Ecce homo Gloire et éternité L'Antéchrist - Livre audio Le Crépuscule Des Idoles - Livre audio Morale d’étoiles NIETZSCHE ...

En savoir plus...

A la recherche du temps perdu (Marcel Proust)

A la recherche du temps perdu (Marcel Proust)

À la recherche du temps perdu, Œuvre Intégrale de Marcel Proust 1. Du côté de chez Swann - Marcel Proust 2. Deuxième ...

En savoir plus...

Fiodor Dostoievski – L’Idiot

Fiodor Dostoievski - L'Idiot

  Fiodor Dostoievski   Lecture : Pomme L'Idiot - Livre 1   L'Idiot - Livre 2   L'Idiot - Livre 3   L'Idiot - Livre 4   Publié par online-litterature  

En savoir plus...

Le Livre d'Or des Enfants de la Terre

  Le Livre d’Or des Enfants de la Terre, édité par le Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix France/Suisse, le ...

En savoir plus...


Lope de Vega

Lope de Vega

 

 

Lope de Vega

 

Théâtre
Extrait
Charpentier, 1892 (pp. 219-282).

��SCÈNE I.

A. LigboDDe. Entrent CHRISTOPHE COLOMB et BARTHELEMY.

COLOMB.

Maintenant, mon frère, tu peux partir pour l’Angleterre, et aller parler au roi Henri.

BARTHÉLÉMY.

J’ai idée que le roi de Portugal va te donner audience. Il ne peut pa5 tarder, puisqu’on lui a communiqué ton projet… et ce serait ce qu’il y aurait de mieux pour loi.

COLOMB.

Je ne oariagc pas ton espoir; la nouveauté de mon projet me le

‘ Dans le lexle espagnol imprimé en 1614, les divisions de celle pièce sont intituUé» actes [actos], cl non pas journées [jornadas). Cela semblerait indiquer qn’à i*ë|>oque oi elle fui composée (ilaus les dernières années du seizième siècle), la déuominaVion d«  fornada n’était pas encore géncralemcnl admise.

Dans l’espagnol, on a placé de même en tète de cliaque acte les noms des penoa

Dagcs qui y tigiireiit. Cela tient sans doute au grand nombre de personnages qj) joaeof an rôle dans la pièce, et aura eu pour bui de soulager la mémoire du lecteur.

‘Le mot araoe alcayde signifie le gouverneur d’un cbJlleau, et devait aussi, 08 ia«  Mmble servir i désigner un certain grade militaire

�� � défend. — r.ht mon frère, quel homme pourra entendre dire que je m’engage à îui donner un monde jusqu’à présent inconnu, qui ne réponde aussitôt que je prétends conquérir les espaces imaginaires ! Moi-même, que de fois je suis revenu en arrière! que de fois j’ai considéré mon audacieux projet comme une trompeuse illusion, une flatteuse erreur! Mais je ne sais quelle divinité m’encourage à mon entreprise, en me disant que c’est bien la vérité; et, soit dans mon sommeil, soit dans la veille, sans cesse elle me poursuit. Qu’est-ce donc que ce qui est entré en moi? Qui donc me meut ainsi? Où vais-je donc? Quelle mystérieuse puissance me pousse et m’entraine?… Comment un homme pauvre, dénué de ressources, et qui vit à grand’peine de l’état de pilote, sest-il mis en léie d’ajouter à ce monde un autre monde si lointain?… Mais c’est cela même qui m’incite à le cherches. Ma fierté naturelle s’indigne dans l’humble position où je languis ; mon cœur brûle d’augmenter la gloire de Gênes, mon illustre et bien-aimée pairie… Kt si je réussis dans mon dessein, la renommée du Grec Euclides s’éclipse devant la mienne, et les exploits d’Alcide ne sont plus rien auprès d’un tel exploit.

BARTHÉLEMY.

Espère dans le ciel, mon frère, — dans le ciel, qui ne ta pas envoyé sans motif cette pensée extraordinaire, et qui te donnera également, n’en doute pas, les moyens de la mettre à exécution.

Entrent LE ROI DE PORTUGAL, LE DUC D’ALENCASTRE, et leur Suite.

LE ROI.

Cet homme a conçu là un bien hardi dessein. — Ne serait-ce pas, par aventure, un Espagnol?

LE DUC.

Le voilà, sire ; il ne tient qu’à vous de l’interroger.

LE ROI.

Lequel est-ce des deux ?

LE DUC, montrant Colomb.

Celui-ci.

LE ROI.

C’est donc toi ce nouveau Thalès, qui prétends sortir de ce monde pour en aller découvrir un autre sur ce globe ?

COLOMB.

Noble roi de Lusitanle, je suis Christophe Colomb. Je suis né à Nervi, petit village de Gènes, fleur de l’Italie, cl j’habite maintenant l’Ile de Madère. C’est là qu’aborda naguère un pilote à qui je donnai l’hospitalilé dans mon humble maison. Il avait été longtemps battu par la tempête; il revenait avec une santé détruite, et ne tarda pas à mourir. Or, cet homme, arrivé au moment suprême, et sur le point de rendre son âme à son créateur : « Colomb, me dit-il d’une voix faible et tremblante, je n’ai qu’un moyen de reconnaître l’hospitalité géïKÎreuse que tu m’as donnée malgré ta modeste fortune : ce sont ces papiers, ces cartes marines qui contiennent mon testament, mes dernières dispositions. Je n’ai point d’autres biens; en te les laissant, je te laisse toutes les richesses du pauvre pilote. Mais tu sauras qu’a mon dernier voyage, comme j’allais sur la mer, vers le ponent, tout à coup s’éleva une affreuse tempête, laquelle m’emporta dans des parages où je vis de mes yeux un ciel tout nouveau et une terre inconnue, —une terre dont l’existence n’est pas même soupçonnée par les hommes, et que cependant j’ai touchée de mes pieds. La même tempête qui m’avait porté là malgré moi, me ramena en quelque sorte en Espagne, après avoir exercé sa fureur non-seulement sur les mûts et les agrès du vaisseau, mais sur ma propre vie, à laquelle elle a porté un coup funeste. Prends mes cartes, et vois si tu te sens suffisant à une telle entreprise, persuadé que si Dieu te vient en aide, tu obtiens un renom immortel. » A peine il achevait ces mots, qu’il rendit le dernier soupir. — Pour moi, qui, malgré l’humilité de ma condition, me sens l’intelligence et le courage qu’exigent les grandes choses (c’est sans vanité qoe je me donae cet éloge), je veux, si vous m’accordez votre protection, être le premier argonaute de ce pays inconnu. Oui, sire, je veux vous donner un nouveau monde qui vous paye en tribut de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, et d’où vous tiriez plus encore d’honneur et de gloire. Confiez-moi un certain nombre de Portugais, quelques vaisseaux, quelques caravelles; je franchirai avec eux des eaux qu’on n’a point franchies jusqu’à ce jour, et je vous ferai reconnaître comme seigneur souverain de ce monde et de ses habitants.

LE ROI.

Je ne sais, Colomb, comment j’ai pu sans rire t’écouter jusqu’à la fin. Tu es, en vérité, l’homme le plus fou que l’on ait jamais vu sous le ciel. Eh quoi ! un pauvre diable que tu as vu mourir dans un accès frénétique a pu t’abuser ainsi en te donnant quelque» chiffons de papier 1 car j’aime à croire que tu n’es pas un rusé intrigant, et que tu n’aurais pas osé te jouer à moi. — Les cosmographes les plus célèbres ont toujours divisé la terre en trois parties que l’on nomme l’Europe, l’Asie et l’Afrique. L’Europe, qui est la plus petite des trois, a pour ville principale Rome, et pour principales contrées l’Espagne, l’Italie, la France, la Grèce, la Germanie* ; l’Afrique, plus importante (je dis en étendue, en grandeur), et qui autrefois s’enorgueillissait de Carthage, contient la Libye, l’Ethiopie, l’Egypte, la Numidie, la Mauritanie; l’Asie, qui jadis obéissait à Troie, renferme la Médie, la Perse, l’Albanie, la Palestine, la Judée.

• Parmi les principales contrées de l’Europe, l’Angleterre n’est pas nommée. Serait-ce à cause qu’elle est détachée du continent ? ou bien serait ce que Lope, en bon Espagnol, lui gardait rancune de l’échec de l’Armada? l’Arabie, les Indes. Hors de ces trois parties, il n’est pas possible, selon moi, que lu en trouves d’autres, à moins que lu ne les subdivises, ou que lu n’en saches plus que le grand Ptolémée. — Va-t’en, mon ami, guérir ton cerveau malade, et au lieu d’imiter le» alchimistes, occupe-toi de la réalité, et ne cherche à découvrir que ce qui est déjà connu. Sur quels frivoles fondements lu as bâti un monde! et comment as-tu pu croire qu’une raie tracée sur un papier était la route du so\e’\\J…—{Au duc d’Alencaslre.) Insensés! qui vont toujours cherchant leur perle et procurant des soucis aux rois!

LE DUC.

Cependant, sire, il doit y avoir auel4ue chose dans un homme si fier et si résolu.

LE ROI.

Laissons cela, duc; il n’est pas convenable que j’en entende da- vantage. {À Colomb.) Va-t’en, Colomb, va-t’en conter tes merveilles en Castille, où l’on est plus crédule. Quant au Portugal, je désire que tu n’y demeures pas plus longtemps.

A ne pas manquer :

  • Lope de VegaLope de Vega     La Découverte du nouveau monde par Christophe Colomb (Lope de Vega) Le Chien du jardinier (Lope de Vega)     Félix Lope de Vega y Carpio est […]
  • Œdipe (Sénèque) – De la vie heureuse -Livre audioŒdipe (Sénèque) – De la vie heureuse -Livre audio       Sénèque   La légende : Laios et Jocaste, roi et reine de Thèbes, attendent la naissance de leur enfant. Un oracle prédit que l'enfant à […]
  • Schumann (Marcel Proust)Schumann (Marcel Proust)   Marcel Proust   Du vieux jardin dont l’amitié t’a bien reçu, Entends garçons et nids qui sifflent dans les haies, Amoureux las de tant d’étapes et de […]
  • Le Chien du jardinier (Lope de Vega)Le Chien du jardinier (Lope de Vega)     Lope de Vega   Théâtre - Extrait (EL PERRO DEL HORTELANO.) NOTICE. Le proverbe dit du chien du jardinier qu’il ne mange ni ne laisse […]
  • Quatre Poèmes (Alexandre Pouchkine)Quatre Poèmes (Alexandre Pouchkine)       Alexandre Pouchkine   Traduction d’Ivan Tourgueniev et Gustave Flaubert, parue dans La République des Lettres, 1876, reprise dans […]
  • Les pauvres gens (Fyodor Dostoïevski) Livre audioLes pauvres gens (Fyodor Dostoïevski) Livre audio       Fyodor Dostoïevski   Les Pauvres Gens (Бедные люди) est le premier roman de l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski, qui commence à l'écrire […]

Lasă un răspuns

Câmpurile obligatorii sunt marcate cu *.


Blue Captcha Image Refresh

*

Follow

Get every new post on this website delivered to your Inbox.

Join other followers: