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La Science du bonhomme Richard (Franklin)

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Benjamin Franklin

Benjamin Franklin

 

Benjamin Franklin

 

P. Renouard, 1825 (pp. 10-36).
Extrait

Ami Lecteur,

J’ai ouï dire que rien ne fait autant de plaisir à un auteur, que de voir ses ouvrages cités avec vénération par d’autres savans écrivains. Il m’est rarement arrivé de jouir de ce plaisir ; car, quoique je puisse dire, sans vanité, que, depuis un quart de siècle, je me suis fait annuellement un nom distingué parmi les auteurs (d’almanachs), il ne m’est guère arrivé, j’ignore pour quel motif, de voir mes confrères les écrivains dans le même genre, m’honorer de quelques éloges, ni aucun auteur faire la moindre mention de moi ; de sorte que, sans le petit profit effectif que j’ai fait sur mes productions, la disette d’applaudissemens m’aurait totalement découragé.

J’ai conclu à la fin que le meilleur juge de mon mérite était le peuple, puisqu’il achetait mon almanach, d’autant plus qu’en me répandant dans le monde, sans être connu, j’ai souvent entendu répéter par celui-ci ou celui-là quelqu’un de mes adages, en ajoutant toujours à la fin : comme dit le bonhomme Richard. Cela m’a fait quelque plaisir, et m’a prouvé que non-seulement on faisait cas de mes leçons, mais qu’on avait encore quelque respect pour mon autorité ; et j’avoue que, pour encourager d’autant plus le monde à se rappeler mes maximes et à les répéter, il m’est arrivé quelquefois de me citer moi-même du ton le plus grave. Jugez d’après cela combien je dus être content d’une aventure que je vais vous rapporter.

Je m’arrêtai l’autre jour à cheval dans un endroit où il y avait beaucoup de monde assemblé pour une vente publique. L’heure n’étant pas encore venue, la compagnie causait sur la dureté des temps ; et quelqu’un s’adressant à un personnage en cheveux blancs, et assez bien mis, lui dit : « Et vous, père Abraham, que pensez-vous de ce temps-ci ? N’êtes-vous pas d’avis que la pesanteur des impositions finira par détruire ce pays-ci de fond en comble ? car, comment faire pour les payer ? quel parti voudriez-vous qu’on prît là-dessus ? » Le père Abraham fut quelque temps à réfléchir, et répliqua : « Si vous voulez savoir ma façon de penser, je vais vous la dire en peu de mots : car pour l’homme bien avisé, il ne faut que peu de paroles. Ce n’est pas la quantité de mots qui remplit le boisseau : comme dit le bonhomme Richard. Tout le monde se réunit pour engager le père Abraham à parler, et l’assemblée s’étant approchée en cercle autour de lui, il tint le discours suivant :

« Mes chers amis et bons voisins, il est certain que les impôts sont très lourds ; cependant, si nous n’avions à payer que ceux que le gouvernement nous demande, nous pourrions espérer d’y faire face plus aisément ; mais nous en avons une quantité d’autres beaucoup plus onéreux. Par exemple, notre paresse nous prend deux fois autant que le gouvernement, notre orgueil trois fois, et notre inconsidération quatre fois autant encore. Ces taxes sont d’une telle nature, qu’il n’est pas possible aux commissaires de diminuer leur poids, ni de nous en délivrer. Cependant il y a quelque chose à espérer pour nous, si nous voulons suivre un bon conseil ; car, comme dit le bonhomme Richard dans son almanach de 1733 : Dieu dit à l’homme : Aide-toi, je t’aiderai.

I. « S’il existait un gouvernement qui obligeât les sujets à donner régulièrement la dixième partie de leur temps pour son service, on trouverait assurément cette condition fort dure ; mais la plupart d’entre nous sont taxés, par leur paresse, d’une manière beaucoup plus tyrannique. Car, si vous comptez le temps que vous passez dans une oisiveté absolue, c’est-à-dire, ou à ne rien faire, ou dans des dissipations qui ne mènent à rien, vous trouverez que je dis vrai. L’oisiveté amène avec elle des incommodités, et raccourcit sensiblement la durée de la vie. L’oisiveté, comme dit le bonhomme Richard, ressemble à la rouille, elle use beaucoup plus que le travail : la clef dont on se sert est toujours claire. Mais, si vous aimez la vie, comme dit encore le bonhomme Richard, ne prodiguez pas le temps, car c’est l’étoffe dont la vie est faite. Combien de temps ne donnons-nous pas au sommeil au-delà du nécessaire ? Nous oublions que le renard qui dort ne prend point de poules, et que nous aurons assez de temps à dormir quand nous serons dans le cercueil. Si le temps est le plus précieux des biens, la perte du temps, comme dit le bonhomme Richard, doit être aussi la plus grande des prodigalités, puisque, comme il le dit ailleurs, le temps perdu ne se retrouve jamais, et que ce que nous appelons assez de temps se trouve toujours trop court. Courage donc, et agissons pendant que nous le pouvons. Moyennant l’activité, nous ferons beaucoup plus avec moins de peine. La paresse rend tout difficile ; le travail rend tout aisé ; celui qui se lève tard s’agite tout le jour, et commence à peine ses affaires qu’il est déjà nuit. La paresse va si lentement que la pauvreté l’atteint bientôt. Poussez vos affaires et que ce ne soit pas elles qui vous poussent. Se coucher de bonne heure et se lever matin, procure santé, fortune et sagesse.

« Que signifient les désirs et les espérances de temps plus heureux ? Nous rendrons le temps meilleur si nous savons agir. Le travail, comme dit le bonhomme Richard, n’a pas besoin de souhaits. Celui qui vit d’espérance court risque de mourir de faim : il n’y a pas de profit sans peine. Il faut me servir de mes mains, car je n’ai point de terre, ou, si j’en ai, elles sont fortement imposées ; et, comme le bonhomme Richard l’observe avec raison, un métier vaut un fonds de terre ; une profession est un emploi qui réunit honneur et profit. Mais il faut travailler à son métier, et suivre sa profession ; autrement, ni le fonds, ni l’emploi ne nous aideront à payer nos impôts. Quiconque est laborieux n’a point à craindre la disette ; car la faim regarde à la porte de l’homme laborieux, mais elle n’ose pas y entrer. Les commissaires ni les huissiers n’y entreront pas non plus : car le travail paie les dettes, et le désespoir les augmente. Il n’est pas nécessaire que vous trouviez des trésors, ni que de riches parens vous fassent leur légataire. L’activité, comme dit le bonhomme Richard, est la mère de la prospérité, et Dieu ne refuse rien au travail. Labourez pendant que le paresseux dort, vous aurez du blé à vendre et à garder. Labourez pendant tous les instans qui s’appellent aujourd’hui ; car vous ne pouvez pas savoir tous les obstacles que vous rencontrerez le lendemain. C’est ce qui fait dire au bonhomme Richard : Un bon aujourd’hui vaut mieux que deux demain. Et encore : ne remettez jamais à demain ce que vous pouvez faire aujourd’hui. Si vous étiez le domestique d’un bon maître, ne seriez-vous pas honteux qu’il vous surprît les bras croisés ? — Mais vous êtes votre propre maître ? — Rougissez donc de vous surprendre vous-même dans l’oisiveté, lorsque vous avez tant à faire pour vous, pour votre famille, pour votre patrie, pour votre prince. Levez-vous donc dès le point du jour ; que le soleil, en regardant la terre, ne puisse pas dire : Voilà un lâche qui sommeille. Point de remise, saisissez vos outils, et souvenez-vous, comme dit le bonhomme Richard, qu’un chat en mitaines ne prend point de souris. — Vous me direz qu’il y a beaucoup à faire, et que vous n’avez pas la force. — Cela peut être ; mais ayez la volonté et la persévérance, et vous verrez des merveilles. Car, comme dit le bonhomme Richard, dans son almanach, je ne me souviens pas bien dans quelle année : L’eau qui tombe constamment goutte à goutte, finit par creuser la pierre. Avec du travail et de la patience, une souris coupe un cable, et de petits coups répétés abattent de grands chênes.

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