Poesis

Art Classique et Contemporain, Livres Audio, Science, Mystère, Android

Le malheur (Alfred de Vigny)

| 0 Comentarii

Read similar posts recommended for you

Le Livre d'Or des Enfants de la Terre

  Le Livre d’Or des Enfants de la Terre, édité par le Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix France/Suisse, le ...

En savoir plus...

A la recherche du temps perdu (Marcel Proust)

A la recherche du temps perdu (Marcel Proust)

À la recherche du temps perdu, Œuvre Intégrale de Marcel Proust 1. Du côté de chez Swann - Marcel Proust 2. Deuxième ...

En savoir plus...

Friedrich Nietzsche

Friedrich Nietzsche

Ainsi parlait Zarathoustra - Livre audio Ecce homo Gloire et éternité L'Antéchrist - Livre audio Le Crépuscule Des Idoles - Livre audio Morale d’étoiles NIETZSCHE ...

En savoir plus...

Beethoven

Beethoven

       « Je ne connais pas d’autres marques de supériorité que la bonté.  » Moonlight Sonata by Beethoven Ludwig van Beethoven ...

En savoir plus...

E-book Ludewic

Ludewic Mac Kwin De Davy - Poèmes, livre audio, e-book

* Ludewic Mac Kwin De Davy * Aphorismes, Pensées, Philosophie   * Lire la plus belle collection de citations,  culture et sagesse classique • ...

En savoir plus...

Concours

Concours

 Projets, concours et événements culturels en cours Concours International "Un Poème pour la Planète" Pendant une année, jusqu’au 22 avril 2016, nous ...

En savoir plus...

Fiodor Dostoievski – L’Idiot

Fiodor Dostoievski - L'Idiot

  Fiodor Dostoievski   Lecture : Pomme L'Idiot - Livre 1   L'Idiot - Livre 2   L'Idiot - Livre 3   L'Idiot - Livre 4   Publié par online-litterature  

En savoir plus...


Alfred de Vigny

Alfred de Vigny

 

 

Alfred de Vigny

 

Suivi du Suicide impie,

A travers les pâles cités,
Le Malheur rôde, il nous épie,
Prés de nos seuils épouvantés.
Alors il demande sa proie ;
La jeunesse, au sein de la joie,
L’entend, soupire et se flétrit ;
Comme au temps où la feuille tombe,
Le vieillard descend dans la tombe,
Privé du feu qui le nourrit.

Où fuir ? Sur le seuil de ma porte
Le Malheur, un jour, s’est assis ;
Et depuis ce jour je l’emporte
A travers mes jours obscurcis.
Au soleil et dans les ténèbres,
En tous lieux ses ailes funèbres
Me couvrent comme un noir manteau ;
De mes douleurs ses bras avides
M’enlacent ; et ses mains livides
Sur mon coeur tiennent le couteau.

J’ai jeté ma vie aux délices,
Je souris à la volupté ;
Et les insensés, mes complices
Admirent ma félicité.
Moi-même, crédule à ma joie,
J’enivre mon coeur, je me noie
Aux torrents d’un riant orgueil ;
Mais le Malheur devant ma face
A passé : le rire s’efface,
Et mon front a repris son deuil.

En vain je redemande aux fêtes
Leurs premiers éblouissements,
De mon coeur les molles défaites
Et les vagues enchantements :
Le spectre se mêle à la danse ;
Retombant avec la cadence,
Il tache le sol de ses pleurs,
Et de mes yeux trompant l’attente,
Passe sa tête dégoûtante
Parmi des fronts ornés de fleurs.

Il me parle dans le silence,
Et mes nuits entendent sa voix ;
Dans les arbres il se balance
Quand je cherche la paix des bois.
Près de mon oreille il soupire;
On dirait qu’un mortel expire :
Mon coeur se serre épouvanté.
Vers les astres mon oeil se lève,
Mais il y voit pendre le glaive
De l’antique fatalité.

Sur mes mains ma tête penchée
Croit trouver l’innocent sommeil.
Mais, hélas ! elle m’est cachée,
Sa fleur au calice vermeil.
Pour toujours elle m’est ravie,
La douce absence de la vie ;
Ce bain qui rafraîchit les jours ;
Cette mort de l’âme affligée,
Chaque nuit à tous partagée,
Le sommeil m’a fui pour toujours

Ah ! puisqu’une éternelle veille
Brûle mes yeux toujours ouverts,
Viens, ô Gloire ! ai-je dit ; réveille
Ma sombre vie au bruit des vers.
Fais qu’au moins mon pied périssable
Laisse une empreinte sur le sable.
La Gloire a dit : “Fils de douleur,
“Où veux-tu que je te conduise ?
“Tremble ; si je t’immortalise,
“J’immortalise le Malheur.”

Malheur ! oh ! quel jour favorable
De ta rage sera vainqueur ?
Quelle main forte et secourable
Pourra t’arracher de mon coeur,
Et dans cette fournaise ardente,
Pour moi noblement imprudente,
N’hésitant pas à se plonger,
Osera chercher dans la flamme,
Avec force y saisir mon âme,
Et l’emporter loin du danger ?

A ne pas manquer :

  • Les Ténèbres (Lord Byron)Les Ténèbres (Lord Byron)       Lord Byron   1816 Traduit par Paulin Paris J’eus un rêve qui n’était pas tout-à-fait un rêve. L’astre brillant du jour était éteint […]
  • Désirs (Guy De Maupassant)Désirs (Guy De Maupassant)   Guy De Maupassant   Le rêve pour les uns serait d’avoir des ailes, De monter dans l’espace en poussant de grands cris, De prendre entre leurs doigts les […]
  • Prière (Paul Verlaine)Prière (Paul Verlaine)   Paul Verlaine   Me voici devant Vous, contrit comme il le faut. Je sais tout le malheur d'avoir perdu la voie Et je n'ai plus d'espoir, et je n'ai plus […]
  • Le voyage de Maëldune (Alfred Tennyson)Le voyage de Maëldune (Alfred Tennyson)   Alfred Tennyson   I Moi, j’étais le chef du clan – mon père, lui l’avait tué – Mais j’ai rassemblé mes hommes ; et j’ai juré d’avoir sa tête. Chacun […]
  • À Julie (Alfred de Musset) poème audioÀ Julie (Alfred de Musset) poème audio  Alfred de Musset On me demande, par les rues, Pourquoi je vais bayant aux grues, Fumant mon cigare au soleil, À quoi se passe ma jeunesse, Et depuis trois ans de […]
  • La Prison (Alfred de Vigny)La Prison (Alfred de Vigny)     Alfred de Vigny   « Oh ! ne vous jouez plus d’un vieillard et d’un prêtre ! « Étranger dans ces lieux, comment les reconnaître ? « Depuis une […]

Lasă un răspuns

Câmpurile obligatorii sunt marcate cu *.


Blue Captcha Image Refresh

*

Follow

Get every new post on this website delivered to your Inbox.

Join other followers: