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Le moulin du diable (Hans Christian Andersen)

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Andersen

Andersen

 

 

Andersen

 

Près du village de Blanckenbourg, dans le duché de Brunswick, se dresse le mont Ramberg, un des points les plus élevés de l’Allemagne. Tout autour, s’étend à perte de vue, dans une circonférence de plus de cent lieues, un panorama magnifique. Des villes, des campagnes, des plaines, des vallées et des montagnes se succèdent à l’horizon. Mais, du haut du Ramberg, les œuvres des hommes n’apparaissent que comme des jouets d’enfants.

Au sommet du mont, on trouve plusieurs blocs de granit entassés les uns sur les autres. Le peuple appelle ces pierres le Moulin du Diable, dénomination tirée d’une ancienne légende à laquelle nous allons consacrer quelques lignes.

Au pied du Ramberg, dans la vallée, demeurait autrefois un meunier, qui possédait pour toute richesse un vieux moulin et une nombreuse famille.

Le moulin était encaissé dans la montagne de telle façon que le vent n’en faisait que rarement tourner les ailes.

Les moulins, aux environs, se démenaient jour et nuit, et, tandis que leurs maîtres s’enrichissaient, le pauvre père de famille devenait de plus en plus misérable.

— Je ne comprends pas, disait-il sans cesse en soupirant, que mes parents aient eu l’idée de construire un moulin dans cet endroit. Pourquoi ne l’ont-ils pas placé plutôt sur le haut de la montagne ?

Mais le moulin restait toujours dans son coin, les bras immobiles ; et les enfants demandaient du pain.

Un soir que notre homme, triste et découragé, errait au hasard dans la campagne, il se trouva tout à coup, sans s’en douter, au sommet du Ramberg. Le vent faisait tourbillonner les feuilles jaunes dans l’air, les nuages fuyaient rapidement, laissant à peine le temps à la lune de se montrer dans leurs déchirures. C’était précisément un temps comme il en fallait pour faire tourner un moulin : aussi le meunier se disait-il comme d’habitude :

— Quel malheur ! Pourquoi le mien n’a-t-il pas été construit ici ?

— C’est vrai, répondit une voix derrière lui ; c’eût été une fameuse idée.

— Que voulez-vous dire ? demanda le meunier en se tournant vers un individu qu’il vit assis sur une pierre, à peu de distance de lui.

— Simplement, que si l’on avait été assez avisé pour placer ton moulin ici plutôt que dans la vallée, il aurait marché admirablement ; et tes enfants ne mourraient pas de faim.

Le meunier tressaillit.

— Vous me connaissez donc ? dit-il à l’étranger.

— Sans doute, et de plus je suis constructeur de moulins.

— Constructeur de moulins ?

— Comme tu dis, et je me ferais fort de te construire un moulin bien supérieur à tous ceux qu’il y a par ici.

— Je n’ai pas d’argent, soupira le meunier.

— La difficulté n’est pas là, répliqua l’étranger en souriant d’un air goguenard : donne-moi seulement ton âme en gage, et, pendant douze ans, tout ce que tu entreprendras te réussira ; tu deviendras plus riche que tous tes voisins.

Le malheureux frissonna de la tête aux pieds. Il avait compris à qui il avait affaire. Cependant la perspective de douze années de prospérité ne pouvait manquer de produire sur lui une vive et puissante impression. Il voyait déjà sa femme et ses enfants riches et heureux.

— Quelle garantie aurais-je de mon côté de la vérité de vos paroles ? dit-il timidement.

L’étranger faisait de si étranges éclats de rire que toute la forêt en retentissait.

— La, la ! dit-il, écris seulement ton nom sur ce papier, et, avant que le coq ait chanté, tu verras à cette place un moulin comme tu n’en as jamais vu, un moulin qui marchera aussi bien par le calme que par le vent ; bref, une machine merveilleuse et qui t’appartiendra en toute propriété.

— Hélas ! qu’en ferais-je ? Je n’ai pas d’argent pour acheter du blé. Et puis, comment vous y prendrez-vous pour l’achever dans une seule nuit ?

— Cela me regarde ; si l’ouvrage n’est pas terminé avant le chant du coq, tu seras dégagé de ta promesse. Quant à de l’argent, en voici.

Et il jeta aux pieds du meunier une bourse remplie d’or.

Le meunier tremblait comme une feuille ; mais l’or avait rendu un son si séduisant, qu’il ne put s’empêcher de ramasser la bourse.

— Signe ! lui dit le tentateur d’une voix impérieuse.

Le meunier hésita encore un instant, puis il écrivit son nom lisiblement, quoique les caractères ne fussent pas très-corrects.

Aussitôt un sifflement aigu traversa les airs ; la montagne craqua, et la nuit, animée d’une lueur sinistre, se peupla d’une multitude d’êtres fantastiques. Toute cette foule se mit à l’œuvre, détachant du rocher des blocs de granit, et les entassant les uns sur les autres ; rompant les troncs d’arbres comme si c’eût été des branches sèches, et les transformant en charpentes dans un clin d’œil. C’était un pêle-mêle, un va-et-vient dont personne ne saurait se faire d’idée.

Le meunier ne pouvait en croire ses yeux. La construction avançait rapidement, et l’anxiété à laquelle il était en proie augmentait à proportion. Voilà le toit posé, voilà les ailes attachées ! Il ne reste plus que la meule à mettre en place, et elle est déjà toute prête sur le bord du plateau.

Le meunier sentit le cœur lui manquer ; mais soudain une faible lueur apparut à l’horizon, du côté du levant, et la vue de l’aurore ranima son courage. Il se précipita sur la meule, arracha, avec la force du désespoir, la cale qui la retenait, et le bloc pesant roula avec fracas sur le versant de la montagne.

Le constructeur et ses aides poussèrent un cri terrible, et ils s’élancèrent après la pierre. Le meunier, pendant ce temps, se sauvait à toutes jambes dans une direction opposée.

Satan avait déjà ressaisi la meule, et il allait remonter pour l’ajuster au moulin, lorsque le chant du coq se fit entendre. Furieux de ne pouvoir accomplir sa promesse et de voir ainsi lui échapper sa proie, il lança la meule contre le moulin, qui fut broyé en mille morceaux. Les débris s’en répandirent de tous côtés au loin. Il n’y eut que les gros murs qui restèrent debout, et c’est cette masse de granit noire et aride que l’on appelle le Moulin du Diable.

Le meunier, après s’être ainsi tiré des griffes de Satan, retourna auprès de sa famille. À partir de ce jour, il supporta avec patience sa pauvreté. Du reste, il remarqua avec joie que son moulin marchait à présent beaucoup mieux qu’autrefois. Peu à peu il arriva à jouir d’une petite aisance qui, pour lui et sa famille, était bien préférable à toutes les richesses de l’enfer.

Par exemple, il ne se hasarda plus jamais à remonter au sommet du mont Ramberg. De nos jours encore, personne dans le pays, une fois la nuit venue, n’aime à ne trouver auprès de ce lieu maudit.

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