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Le voyage de Maëldune (Alfred Tennyson)

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Alfred Tennyson

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Alfred Tennyson

 

I

Moi, j’étais le chef du clan – mon père, lui l’avait tué –
Mais j’ai rassemblé mes hommes ; et j’ai juré d’avoir sa tête.
Chacun d’entre eux avait l’allure d’un roi ; chacun était noble de
sang
Et de rang ; tous s’enorgueillissaient d’être du meilleur lignage.
Chacun d’entre eux était d’une grande bravoure au combat,
Et digne des plus valeureux héros de la légende ;
Chacun d’entre ces hommes eût préféré mourir,
Plutôt que de nuire à l’un de ses compagnons.
Il vivait sur une île au milieu de l’océan – on a embarqué, un
matin –
Lui qui avait tué mon père le jour avant
Ma naissance.
II
Alors on est arrivé en vue de cette île au milieu de l’océan ; et là,
sur la grève,
Il siégeait.
Quand soudain un coup de vent,
Nous a poussés au large, loin de l’île…
III
Alors on est arrivé sur l’Île Silencieuse, où jamais l’on n’avait
mouillé encore,
Et où l’océan, silencieusement, vient se briser sur une rive d’or ;
Où les ruisseaux scintillent à la lueur du jour, sans un bruit ;
Et les cascades gigantesques,

Se fracassent contre les flancs de la montagne –
Sans un écho ;
Et les peupliers, et les cyprès, qu’oncques la tempête n’a
ébranlés,
S’épanouissent jusqu’en haut de l’île, à perte de vue ;
Et les pins, à partir des rochers, s’élancent vers les nues à des
hauteurs fantastiques ;
Et le ciel, au-dessus, est habité par l’alouette –
battant de l’aile sans jamais un chant.
Et le coq n’y crie pas, et le taureau n’y meugle pas, et le chien n’y
aboie pas.
Alors on a fait le tour de cette île, on l’a explorée tout entière,
mais jamais
le moindre murmure, le moindre souffle –
Tout y était beau comme la vie, tout y était calme comme la
mort.
Alors on s’est mis à haïr cette île de beauté, pour ce qu’à chaque
fois qu’on
s’efforçait à parler,
Nos voix, hors de nos lèvres, s’échappaient grêles et fluettes
comme des
cris de chauve-souris ;
Et ces hommes à la gorge puissante, d’où s’élevait un tel cri de
guerre
Qu’un millier d’hommes, rien qu’à l’entendre,
Se jetaient à la mort tête la première –
Oh, ces hommes-là, muets comme des carpes ! – ainsi,
bouillaient-ils de colère ;
Et il s’en fut de peu qu’ils ne s’entre-tuassent ; mais, juste après
ça,
On a pris le large.

IV
Alors on est arrivé sur l’Île des Cris, on a débarqué, une poignée
d’oiseaux sauvages
Glapissaient là-haut sur l’un des sommets, avec des voix
humaines, et des mots d’humains ;
Ils glapissaient d’une heure à l’autre, et dès que leurs voix
éclataient
Le bœuf renversait sa charrue, le grain mourait sur l’épi,
Et mes hommes s’effondraient, morts, au milieu des vaux,
Et le bétail pour moitié se prenait à boiter,
Et le toit des chaumines s’effondrait sur l’âtre, mettant feu au
logis ;
Alors les cris de ces oiseaux sauvages pourrirent le cœur de mes
hommes,
Jusqu’à ce qu’ils se missent à crier plus fort que les cris :
Et de s’étreindre les uns les autres,
Et de s’entre-tuer ;
Mais je les ai séparés ; j’ai vu qu’on ne pouvait rester,
Alors on a laissé les morts à la merci des oiseaux ; et, emportant
nos blessés,
On a pris le large.
V
Alors on est arrivé sur l’Île des Fleurs : leur haleine parfumée
nous rencontra sur la mer,
Quand le Printemps, et son demi-frère l’Été, vinrent à nous sur
le dos des Alizés ;
Et l’écarlate fleur d’amour ; et l’empourprée clématite, aux
rochers,
S’accrochaient,
Où, étoilé d’une myriade de fleurs, flottait le volubilis ;

Où la plus haute cime du mont, là-haut, était blanchie de lys, en
lieu de neige :
Et ces lys, pareils à des glaciers, serpentaient le long de ses
flancs,
Jusqu’en contrebas,
Où ces premiers s’étalaient dans un brasier incandescent de
tulipes, de coquelicots,
Et d’ajoncs efflorescents,
Et de roses vermeilles qui s’épanchaient, sans feuille ni épine,
des buissons alentour ;
Où, s’écoulant comme un torrent de gemmes, tout ce versant
de l’île
Étincelait de mont-à-mer : sans oncques un arbre.
Alors on a vogué sur des lacs de safran, en louant notre sang et
notre rang,
Et puis on s’est prélassé dans des lits de lys, en composant des
chants à la gloire de Finn,
Jusqu’au moment où chaque homme, tel une icône dorée, fût
tout entier recouvert de pollen,
Alors qu’on mourait de soif, dans la chaleur de l’après-midi.
Des fleurs et des fleurs, et toujours des fleurs,
Mais jamais le moindre fruit !
Alors on s’est mis à haïr cette Île Efflorescente, autant qu’on
avait haï l’autre Île,
la Muette,
Et puis on a arraché les fleurs par milliers, on les a balancées par
monts et par vaux,
Et l’Île des Fleurs, ce n’était plus qu’un rocher nu,
Quand on a pris le large !
VI
Alors on est arrivé sur l’Île des Fruits : tout à l’entour,

Sur les collines, et les caps,
Se balançaient, à l’infini, les perles ambrées et pourprées de la
vigne ;
Et les blonds melons dormaient, pareils à de jeunes Soleils,
Sur le sable doré de la rive,
Où le figuier, y prenant racine, s’étendait sur toute l’île ;
Là,
s’élevait le mont : pareil à quelque trône serti de joyaux,
Qui scintillaient dans l’atmosphère parfumée
De l’île ; et qu’illuminaient des cascades de prunes, et des rivières
de poires
mordorées ;
Ainsi que des baies d’un pur vermeil qui s’enflammaient
Sur les tiges de houblon, et de vigne ;
Mais dans chacune de ces baies, et chacun de ces fruits,
Se cachait le plaisir enivrant du vin.
Au sommet
De la montagne, il y avait des pommes à profusion : les plus
grosses
Qu’on n’eût jamais pu voir,
À tel point celles-ci poussaient, et se serraient, les unes contre
les autres,
Sans la moindre foliole qui les séparât ;
Toutes étaient plus pourpres que la santé même – ou que la
honte la plus vive,
Et toutes, à l’heure vespérale, embrasaient de leurs feux le
Couchant ;
Alors on est resté trois jours, on s’est gavé de ces fruits capiteux,
On est tous devenus fous,
Et de sortir nos épées, et d’en menacer son voisin,
Et de se jeter les uns sur les autres et de s’entre-tuer ;
Mais moi, je n’avais mangé qu’avec parcimonie, et j’ai combattu
jusqu’à les séparer,
Alors je leur ai remémoré la mort de mon père, et après ça,
On a pris le large.
Le voyage de Maëldune
[ … ]

 

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