Poesis

Art Classique et Contemporain, Livres Audio, Science, Mystère, Android

Les Consolations (Sainte-Beuve)

| 1 Comentariu

Read similar posts recommended for you
Concours

Concours

 Projets, concours et événements culturels en cours Concours International "Un Poème pour la Planète" Pendant une année, jusqu’au 22 avril 2016, nous ...

En savoir plus...

Le Livre d'Or des Enfants de la Terre

  Le Livre d’Or des Enfants de la Terre, édité par le Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix France/Suisse, le ...

En savoir plus...

Fiodor Dostoievski – L’Idiot

Fiodor Dostoievski - L'Idiot

  Fiodor Dostoievski   Lecture : Pomme L'Idiot - Livre 1   L'Idiot - Livre 2   L'Idiot - Livre 3   L'Idiot - Livre 4   Publié par online-litterature  

En savoir plus...

Beethoven

Beethoven

       « Je ne connais pas d’autres marques de supériorité que la bonté.  » Moonlight Sonata by Beethoven Ludwig van Beethoven ...

En savoir plus...

E-book Ludewic

Ludewic Mac Kwin De Davy - Poèmes, livre audio, e-book

* Ludewic Mac Kwin De Davy * Aphorismes, Pensées, Philosophie   * Lire la plus belle collection de citations,  culture et sagesse classique • ...

En savoir plus...

Friedrich Nietzsche

Friedrich Nietzsche

EN: Frédéric NIETZSCHE, Beyond Good and Evil (EN) Friedrich Nietzsche, Thus Spake Zarathustra: A Book for All and None (EN) Friedrich Nietzsche, Ecce ...

En savoir plus...

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu

Marcel Proust À la recherche du temps perdu - Litterature audio.com    L'Œuvre Intégrale / Durée : 145 heures Du Côté De Chez ...

En savoir plus...


Sainte-Beuve

Sainte-Beuve

Sainte-Beuve

VII
SONNET

L’autre nuit, je veillais dans mon lit sans lumière,
Et la verve en mon sein à flots silencieux
S’amassait, quand soudain, frappant du pied les cieux,
L’éclair, comme un coursier à la pâle crinière,

Passa ; la foudre en char retentissait derrière,
Et la terre tremblait sous les divins essieux :
Et tous les animaux, d’effroi religieux
Saisis, restaient chacun tapis dans leur tanière.

Mais moi, mon âme en feu s’allumait à l’éclair ;
Tout mon sein bouillonnait, et chaque coup dans l’air
À mon front trop chargé déchirait un nuage.

J’étais dans ce concert un sublime instrument ;
Homme, je me sentais plus grand qu’un élément,
Et Dieu parlait en moi plus haut que dans l’orage.

XI
SONNET

Fallentic semita vitæ.
Horace.

Un grand chemin ouvert, une banale route
A travers vos moissons ; tout le jour, au soleil
Poudreuse ; dont le bruit vous ôte le sommeil ;
Où la rosée en pleurs n’a jamais une goutte ;

— Gloire, à travers la vie, ainsi je te redoute.
Oh ! que j’aime bien mieux quelque sentier pareil
À ceux dont parle Horace, où je puis au réveil
Marcher au frais, et d’où, sans être vu, j’écoute !

Oh ! que j’aime bien mieux dans mon pré le ruisseau
Qui murmure voilé sous les fleurs du berceau,
Qu’un fleuve résonnant dans un grand paysage !

Car le fleuve avec lui porte, le long des bords,
Promeneurs, mariniers ; et les tonneaux des ports
Nous dérobent souvent le gazon du rivage.

XXVII. La Harpe éolienne
À mon ami Victor Pavie ; traduit de Coleridge

Ô pensive Sara, quand ton beau front qui penche,
Léger comme l’oiseau qui s’attache à la branche,
Repose sur mon bras, et que je tiens ta main,
Il m’est doux, sur le banc tapissé de jasmin,
À travers les rosiers, derrière la chaumière,
De suivre dans le ciel les reflets de lumière,
Et tandis que pâlit la pourpre du couchant,
Que les nuages d’or s’écroulent en marchant,
Et que de ce côté tout devient morne et sombre,
De voir à l’Orient les étoiles sans nombre
Naître l’une après l’autre et blanchir dans l’azur,
Comme les saints désirs, le soir, dans un cœur pur.
À terre, autour de nous, tout caresse nos rêves ;
Nous sentons la senteur de ce doux champ de fèves ;
Aucun bruit ne nous vient, hors la plainte des bois,
Hors l’Océan paisible et sa lointaine voix
Au fond d’un grand silence ;

— et le son de la Harpe,
De la Harpe en plein air, que suspend une écharpe
Aux longs rameaux d’un saule, et qui répond souvent
Par ses soupirs à l’aile amoureuse du vent.
Comme une vierge émue et qui résiste à peine,
Elle est si langoureuse à repousser l’haleine
De son amant vainqueur, qu’il recommence encor,
Et, plus harmonieux, redouble son essor.
Sur l’ivoire il se penche, et d’une aile enhardie
Soulève et lance au loin des flots de mélodie ;
Et l’oreille, séduite à ce bruit enchanté,
Croit entendre passer, de grand matin, l’été,
Les sylphes voyageurs, qui, du pays des fées,
Avec des ris moqueurs, des plaintes étouffées,
Arrivent, épiant le vieux monde au reveil.
Ô magique pays, montre-moi ton soleil,
Tes palais, tes jardins ! où sont tes Harmonies,
Elles, qui, dès l’aurore, en essaims réunies,
Boivent le miel des fleurs, et chantent, purs esprits,
Et font en voltigeant envie aux colibris ?
Ô subtile atmosphère, ô vie universelle
Dont, en nous, hors de nous, le flot passe et ruisselle ;
Âme de toute chose et de tout mouvement ;
Vaste éther qui remplis les champs du firmament :
Nuance dans le son, et ton dans la lumière ;
Rhythme dans la pensée ; — impalpable matière ;
Oh ! s’il m’était donné, dès cet exil mortel,
De nager au torrent de ton fleuve éternel,
Je ne serais qu’amour, effusion immense ;
Car j’entendrais sans fin tes bruits ou ton silence !

Ainsi de rêve en rêve et sans suite je vais ;
Ainsi, ma bien-aimée, hier encor je rêvais,
À midi, sur le bord du rivage, à mi-côte,
Couché, les yeux mi-clos, et la mer pleine et haute
À mes pieds, tout voyant trembler les flots dormants
Et les rayons brisés jaillir en diamants ;
Ainsi mille rayons traversent ma pensée ;
Ainsi mon âme ouverte et des vents caressée
Chante, pleure, s’exhale en vaporeux concerts,
Comme ce luth pendant qui flotte au gré des airs.

Et qui sait si nous-même, épars dans la nature,
Ne sommes pas des luths de diverse structure
Qui vibrent en pensers, quand les touche en passant
L’esprit mystérieux, souffle du Tout-Puissant ?

Mais je lis dans tes yeux un long reproche tendre,
Ô femme bien-aimée ; et tu me fais entendre
Qu’il est temps d’apaiser ce délire menteur.
Blanche et douce brebis chère au divin Pasteur,
Tu me dis de marcher humblement dans la voie ;
C’est bien, et je t’y suis ; et loin, loin, je renvoie
Ces vieux songes usés, ces systèmes nouveaux,
Vaine ébullition de malades cerveaux,
Fantômes nuageux, nés d’un orgueil risible ;
Car qui peut le louer, Lui, l’Incompréhensible,
Autrement qu’à genoux, abîmé dans la foi,
Noyé dans la prière ? — Et moi, — moi, — surtout moi,
Pécheur qu’il a tiré d’en bas, âme charnelle
Qu’il a blanchie ; à qui sa bonté paternelle
Permet de posséder en un loisir obscur
La paix, cette chaumière, et toi, femme au cœur pur !

Octobre 1829.

A ne pas manquer :

  • Lazreg OuadahLazreg Ouadah  Etoiles (Lazreg Ouadah) Au soir, Quand bêtes et hommes regagnent leurs gîtes Les vêpres par leurs murmures envahissent l'horizon de leurs voiles À travers mon embrasure je me […]
  • À ceux qui dorment (Victor Hugo)À ceux qui dorment (Victor Hugo)   Victor Hugo   Réveillez-vous, assez de honte ! Bravez boulets et biscayens. Il est temps qu'enfin le flot monte. Assez de honte, citoyens ! Troussez […]
  • Maximes et Réflexions (Rochefoucauld)Maximes et Réflexions (Rochefoucauld)     Rochefoucauld   1664 Réflexions morales Nos vertus ne sont, le plus souvent, que des vices déguisés. 1 Ce que nous prenons pour des vertus […]
  • Déception (Sully Prudhomme)Déception (Sully Prudhomme)   Sully Prudhomme   Une eau croupie est un miroir Plus fidèle encor qu'une eau pure, Et l'image la transfigure, Prêtant ses couleurs au fond […]
  • Guy De Maupassant, Clair de lune (FR)Guy De Maupassant, Clair de lune (FR)       Guy De Maupassant Clair de lune Sorry, your browser does not support HTML5 audio. Clair de Lune Etext Alia Makki Il portait bien […]
  • Les Vous et les Tu (Voltaire)Les Vous et les Tu (Voltaire)   Voltaire   Philis, qu’est devenu ce temps Où, dans un fiacre promenée, Sans laquais, sans ajustements, De tes grâces seules ornée, Contente d’un […]

Un comentariu

  1. I always used to read piece of writing in news papers
    but now as I am a user of internet thus from now I am
    using net for articles, thanks to web.

Lasă un răspuns

Câmpurile obligatorii sunt marcate cu *.


Blue Captcha Image Refresh

*

Follow

Get every new post on this website delivered to your Inbox.

Join other followers: