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Maissa une enfant de guerre

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Feriel HENDEL

Maissa BouticheConte

 Maissa, une enfant de guerre

 Elle est venue au monde au milieu des grandes plaines céréalières des hauts plateaux à Saint Arnaud en Algérie, que ses habitants revendiquent ses cultures, ses traditions et l’amour de la terre
La vie n’a jamais était rose comme la voudrait chacun des humains ; elle ressemble à un fleuve qui parfois paisible, parfois se met en colère et déborde.
Née un 5 décembre, par une journée froide et enneigée, précisément dans la commune de Saint Arnaud, un petit village des hauts plateaux de l’Est Algérien et qu’on appelle maintenant El-Eulma. Elle était la toute dernière de la famille.
Prise de douleurs, la mère, qui n’en était pas à sa première grossesse, comprit que l’accouchement était proche. Supportant avec courage cette souffrance qui lui déchirait le ventre et l’épuisait, elle appela ses filles, leur demanda de se couvrir chaudement, de mettre de vieux habits et d’aller chercher rapidement la sage-femme qui avait l’habitude de l’aider dans ses accouchements. L’heure était proche, elle savait que tout retard mettrait sa vie et celle du bébé en péril. Elle se tordait de douleur, mais tenait bon, cela ne l’empêchait pas de leur rappeler d’être vigilantes aux patrouilles, d’être discrètement pour ne pas attirer l’attention des patrouilles des soldats français, qui étaient partout dans notre village.

Les sœurs étaient des jeunes filles et comme toute mère algérienne, elle avait peur qu’elles ne tombent dans leurs mains des soldats; Dieu seul savait ce que subiraient celles-ci si elles tombaient dans leur guet-apens.
Le village était sous haute surveillance et en état d’alerte. Le pays sous la colonisation des français qui n’étaient pas là pour tourner un film ou une pièce théâtrale ; la cruauté était dans leur langage et dans leur comportement inhumain envers les vrais habitants qu’ils appelaient (indigènes). Sans humanité, ils ne connaissaient ni la pitié, ni l’honneur; ils étaient là pour dominer, faire peur, torturer, tuer de sang-froid. La nuit tombée, tous les habitants se barricadaient chez eux, personne n’osait mettre le nez dehors.
Les filles s’habillèrent donc à la hâte ; se couvrant la tête de vieux foulards, elles mirent de vieux châles, se barbouillèrent le visage avec de la terre. Se tenant fortement par la main pour se donner du courage, elles s’enfoncèrent dans la nuit glaciale d’hiver. La neige couvrait les toits et les rues d’un manteau blanc cristallisé qui les rendait si glissantes. Gare aux faux pas !
Les rafales d’un vent en colère faisaient retrousser leurs longs binoirs jusqu’aux genoux, ce qui faisait frissonner leurs corps de froid ; elles rabattaient alors gauchement les pans mouillés par la pluie pour cacher leurs jambes. Elles qui, à pareille heure, dormaient d’un sommeil paisible bien au chaud, sursautaient au moindre bruit, au miaulement d’un chat, d’un aboiement d’un chien errant. Mais pour l’amour de leur maman et sa survie, elles étaient prêtes à tout, pourvu qu’elle soit délivrée à temps et sauvée.
La main dans la main, elles pressèrent le pas, dressant fièrement la tête, prêtes à défier n’importe qui, même les soldats français ; rien ne les arrêteraient, personne n’entraveraient leur chemin. Elles étaient prêtes à défier tout danger qui se présenterait devant elles ; leur maman doit accoucher et la sage-femme doit être à ses côtés coûte que coûte.
Elles se disaient entre elles : – « Pourvu qu’elle soit à la maison ! Il faut faire vite. ».
Pour les sœurs, c’était une question de vie et de mort.
Le père à la maison; les attendait d’un pied ferme, il faisait les cent pas, nerveux. L’angoisse se lisait dans son regard si bleu, se frottait les mains pour les réchauffer. Il avait peur pour sa bonne femme.
Le gourbi de la vieille n’était pas si loin.
La nuit leur faisait peur ; les patrouilles de l’ennemi sillonnaient les rues sans arrêt, le fusil à la main. Le bruit de leurs pas arpentant la route résonnait dans la nuit sombre et silencieuse et gare à celui qui se trouverait sur leur chemin.
Elles n’avaient pas le choix, le sort de leur mère était entre leurs mains. Prenant tout leur courage, la peur au ventre, évitant de glisser ou de tomber ou de faire le moindre bruit, elles s’enfonçaient dans la nuit noire sans étoiles.
Arrivant enfin devant le gourbi de la sage-femme, d’une main tremblante, elles frappèrent discrètement à la porte, une vieille femme l’entrebâilla, mes sœurs lui parlèrent à voix basse. Quelques minutes plus tard, ce n’étaient plus deux, mais trois ombres furtives qui rasaient les murs.
Le parcours parut interminable aux filles qui arrivèrent enfin à la maison saines et sauves, le nez rougi par le froid, tremblantes de tous leurs corps par la peur.
Elles firent rapidement rentrer l’accoucheuse dans la chambre où la douce maman était allongée sur son lit qui se tordait de douleurs.
Souffrante, la mère leur demanda de faire chauffer l’eau, de suivre à la lettre ses recommandations. Elles s’exécutèrent, tout en surveillant la porte de la chambre, si inquiètes. De temps à autre, elles levaient leurs yeux au ciel, le suppliant que la délivrance fût proche et qu’aucune difficulté ne survînt.
Le temps leur paraissait interminable, l’angoisse se lisait dans leurs regards. Le visage pâle, leurs yeux étaient virés vers la porte de la chambre où elles entendaient les cris de douleurs qui résonnaient dans le noir. Crispées, immobiles, impuissantes, les larmes coulaient de leurs yeux. Elles pleuraient en silence. Pauvres petites ! Assises à même le sol sans bouger, elles attendaient patiemment, priant en silence.
Enfin, un cri d’enfant résonna qui brisa le silence ; la sage-femme sortit de la chambre, leur annonça avec son sourire édenté:
– « C’est une fille, vous avez une petite sœur ». Un joli bébé par sa venue au monde venait de rompre le silence de la rude nuit d’hiver. C’était une fête, ça se lisait dans les yeux et les sourires qui éclairaient enfin le visage des sœurs.

Feriel HENDEL

L’angoisse était remplacée par la joie de l’événement. La petite sœur sera sûrement choyée et gâtée par ses grandes sœurs qui l’avaient attendue avec tant d’impatience.
La petite fille emmaillotée fut allongée à côté de sa maman. Les sœurs se mouchèrent gauchement et s’approchèrent le cœur battant la chamade. L’émotion leur avait noué la gorge mais leur joie était plus grande après la délivrance de leur maman.
Sans faire de bruit, afin de ne pas réveiller ce petit être tout rose, elles allongeaient la main à tour de rôle caressait la tête. Elles disaient en elles-mêmes :
– « Bienvenue parmi nous petite sœur. Tu seras la princesse de la maison et notre fille à toutes ».
La dame était tout sourire, heureuse, son air exprimait la satisfaction d’avoir accompli un bon travail, dû à sa compétence et à sa longue expérience.
Elle demanda à se laver les mains, fit préparer des œufs chauds pour la maman qui était exténuée par l’accouchement.
La maman pris la fillette dans ses bras, l’embrassa affectueusement, lui murmura à l’oreille en souriant de son sourire fatigué :- « Bienvenue chez toi princesse ».
A l’aurore, la sage-femme quitta la maison comme elle était venue, se faufilant tel un fantôme, emportant sous son bras le baluchon de présents que la mère avait préparé à l’avance, spécialement pour elle.

Feriel HENDEL

Après son départ, les filles se précipitent pour voir une deuxième fois le bébé de plus près ; elle était si belle la petite, si mignonne, elle les regardait comme si elle les connaissait. Ses yeux étaient clairs comme ceux de son papa. Elles voulaient la prendre dans leurs bras, mais la maman leur demanda d’aller se coucher, elles avaient l’air si fatiguées.
Après s’être rassasiée des œufs chauds, la mère sombra dans un profond sommeil. Sans faire de bruit, elles rangèrent la chambre de leur mère, regagnèrent leurs couches, l’air heureux et le cœur en paix.
Maissa grandira malgré le joug de la guerre dans son pays, au milieu de sa famille qui l’aimait et la gâtait comme une princesse. Elle grandit et survécu en temps de guerre comme tant d’enfant d son pays sous la tyrannie de la guerre, jusqu’au jour où son pays sera libérer. Le colonialisme en Algérie a duré 130 longues années où tant d’enfants ont souffert de la faim, de la maladie, de la torture, de la peur et de beaucoup d’autres privations et surtout de leur enfance qui leur a été volée.

Auteur : Maissa Boutiche
 

 

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