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Pantagruel – François Rabelais – Livre audio

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Rabelais

Rabelais

 

 

François Rabelais

 

 

Les Horribles et Espoventables Faictz et Prouesses du très renommé Pantagruel, roy des Dipsodes, filz du grand géant Gargantua, composez nouvellement par Maistre Alcofrybas Nasier

C. Nourry, ca 1530 (pp. 11-136).

***

Extrait
Pantagruel

Les horribles et espoventables faictz et prouesses du très renommé Pantagruel, roy des Dipsodes,
filz du grand géant Gargantua , Composez nouvellement par Maistre Alcofrybas Nasier.

On les vend à Lyon en la maison de Claude nourry, dict le Prince pres nostre dame de Confort.

François RABELAIS – Pantagruel – Chapitre 3, Deuil de Gargantua

Prologue de l’Auteur.
Vignette 1
res illustres et tres chevaleureux champions gentilz hommes et aultres, qui voluntiers vous adonnez à toutes gentillesses et honnestetez, vous avez n’a gueres veu, leu, et sceu les grandes et inestimables chronicques de l’enorme geant Gargantua, et comme vrays fideles les avez creues tout ainsi qu’en texte de Bible ou du sainct Evangile, et y avez maintefoys passé vostre temps avecques les honorables dames et damoyselles, leur en faisans beaulx et longs narrez, alors que estiez hors de propos : dont estes bien dignes de grande louange. Et à la mienne volunté que ung chascun laissast sa propre besoigne, ne se souciast de son mestier et mist ses affaires propres en oubly, afin d’y vacquer entierement sans que son esperit feust de ailleurs distraict ny empesché, jusques à ce que l’on les sceust par cueur, affin que si d’adventure l’art de l’imprimerie cessoit, ou en cas que tous livres perissent, au temps advenir dont chascun les puisse bien au net enseigner à ses enfans, car il y a plus de fruict que par adventure ne pensent un tas de gros talvassiers tous croustelevez, qui entendent beaucoup moins en ces petites joyeusetés que ne faict Raclet en l’Institute. J’en ay congneu de haultz et puissans seigneurs en bon nombre, qui, allant à chasse de grosses bestes, ou voller pour faucons : s’il advenoit que la beste ne feust rencontrée par les brisées, ou que le faulcon se mist à planer, voyant la proye gaigner à tire d’esle, ilz estoient bien marrys, comme entendez assez : mais leur refuge de reconfort et affin de ne se morfondre estoit à recoler les inestimables faictz dudict Gargantua. D’aultres sont par le monde (ce ne sont pas fariboles) qui estans grandement affligez du mal des dentz, après avoir tous leurs biens despenduz en medecins, ne ont trouvé remede plus expedient, que de mettre les dictes chronicques entre deux beaulx linges bien chaulx, et les appliquer au lieu de la douleur, les sinapizand avecques un peu de pouldre d’oribus. Mais que diray je des pauvres verolez et goutteux ? O, quantes foys nous les avons veu à l’heure quilz estoyent bien oingtz et engressez à poinct, et le visaige leur reluysoit comme la claveure d’un charnier, et les dentz leur tressailloyent comme font les marchettes d’un clavier d’orgues ou d’espinette quand on joue dessus, et que le gosier leur escumoit comme à un verrat que les vaultres et levriers ont chassé sept heures : que faisoyent-ilz alors ? toute leur consolation n’estoit que de ouyr lire quelque page dudict livre. Et en avons veu qui se donnoyent à cent pipes de diables, en cas que ilz n’eussent senty allegement manifeste à la lecture dudict livre, lorsqu’on les tenoit es Iymbes, ny plus ny moins que les femmes estans en mal d’enfant quand on leurs leist la vie de saincte Marguerite. Est ce rien cela ? Trouvez moy livre en quelque langue, en quelque faculté et science que ce soit, qui ayt telles vertus, propriétés, et prerogatives, et je paieray chopine de trippes. Non messieurs non. Il n’y en a point. Et ceulx qui vouldroient maintenir que si : reputés les abuseurs et seducteurs. Bien vray est il que l’on trouve en d’aulcuns livres dignes de memoire certaines propriétés occultes, au nombre desquelz l’on met Robert le diable, Fierabras, Guillaume sans paour, Huon de Bourdeaulx, Monteville, et Matabrune, mais elles ne sont pas à comparer à celuy dont nous parlons. Et le monde a bien congneu par experience infaillible le grand emolument et utilité qui venoit de ladicte chronicque Gargantuine : car il en a esté plus vendu des imprimeurs en deux moys, qu’il ne sera achepté de Bibles en neuf ans. Voulant doncques moy vostre humble esclave accroistre voz passetemps davantaige, ie vous offre de present ung aultre livre de mesmes billon, sinon qu’il est ung peu plus equitable et digne de foy que n’estoit l’aultre. Car ne croyez pas si ne voulez errer à vostre escient, que ien parle comme les Iuifz de la loy. Ie ne suis pas nay en telle planette, et ne m’advint oncques de mentir ou asseurer chose que ne feust veritable agentes et consentientes, c’est-à-dire qui n’a conscience n’a rien. Ien parle comme sainct Iehan de l’Apocalypse : quod bibimus testamur. C’est des horribles faicts et prouesses de Pantagruel, lequel iay servy à guaiges des que ie fus hors de paige, iusques à present, que par son congé ie m’en suis venu ung iour visiter mon pays de vache et sçavoir s’il y avoit encores en vie nul de mes parens. Pourtant, affin que ie fasse fin à ce prologue, tout ainsi comme ie me donne à cent mille panerées de beaulx diables corps et ame, trippes et boyaulx, en cas que ien mente en toute l’histoire d’ung seul mot, pareillement le feu sainct Antoine vous arde, mau de terre vous vire, le lancy, le mau lubec vous trousse, la caquesangue vous viengne, le mau fin feu de ricque racque, aussi menu que poil de vache, tout renforcé de vif argent, vous puisse entrer au fondement, et comme Sodome et Gomorre puissez tomber en soulfre en feu et abysme, en cas que vous ne croyez fermement tout ce que ie vous racompteray en ceste presente chronicque.
De l’origine et antiquité du grand
Pantagruel. Chapitre 1
Vignette 2
e ne sera point chose inutile ne oysifve de vous remembrer la premiere source et origine dont nous est nay le bon Pantagruel : car ie voy que tous bons historiographes ainsi ont traicté leurs chronicques, non seulement des Grecs, des Arabes, et Ethnicques, mais aussi les auteurs de la saincte escripture, comme monseigneur sainct Luc mesmement, et sainct Matthieu. Il vous convient doncques noter qu’au commencement du monde ung peu apres que Abel fut occis par son frere Cayn, la terre embue du sang du iuste fut une certaine année si tresfertile en tous fruictz qui de ses flans nous sont produictz, et singulierement en mesles, que l’on l’appela de toute memoire l’année des grosses mesles : car les troys en faisoient le boysseau, au moys de Octobre ce me semble ou bien de Septembre, affin que ie ne erre : fut la sepmaine tant renommée par les annales, qu’on nomme la sepmaine des troys Jeudys : car il y en eut troys, à cause des irreguliers bissextes que la Lune varia de son cours plus de cinq toizes, le monde voluntiers mangeoit desdictes mesles : car elles estoient belles à l’œil : et delicieuses au goust. Mais tout ainsi que Noé le sainct homme, à qui nous sommes tant obligez et tenuz, de ce qu’il nous planta la vigne, dont nous vient ceste nectareicque, precieuse, celeste, et deificque liqueur, qu’on nomme le piot, fut trompé en le beuvant : car il ignoroit la grande vertu et puissance d’iceluy. Semblablement les hommes et femmes de ce temps la mangeoient en grand plaisir de ce beau et gros fruict : mais il leurs en advint beaucoup d’accidens. Car à tous survint au corps une enfleure bien estrange : mais non à tous en ung mesme lieu. Car les ungs enfloient par le ventre, et le ventre leur devenoit bossu comme une grosse tonne : desquels il est escript : ventrem omnipotem. Et de ceste rasse nasquit sainct Pansart et Mardygras. Les aultres enfloient par les espaules et tant estoient bossuz qu’on les appeloit montiferes, comme porte montaignes : dont vous en voyez encores par le monde en divers sexes et dignitez. Et de cette rasse yssit Esopet : dont vous avez les beaulx faictz et dictz par escript. Les aultres enfloient en longitude par le membre, qu’on appelle le laboureur de nature : en sorte qu’ils le avoyent merveilleusement long, grand, gras, gros, vert, et acresté, à la mode antique, si bien qu’ils s’en servoient de ceincture le redoublant à cinq ou six foys par le corps : Et s’il advenoit qu’il feut en point et eut vent en pouppe, à les veoir vous eussiez dit que c’estoient gens qui eussent leurs lances en l’arrest pour iouster à la quintaine. Et de ceulx là s’est perdue la rasse, comme disent les femmes. Car elles lamentent continuellement qu’il n’en est plus de ces gros etc. vous sçavez le reste de la chanson. D’aultres croissoyent par les iambes et à les veoir eussiez dit que c’estoient grues, ou bien gens marchans sus des eschasses. Et les petitz grymaulx les appellent en grammaire Iambus. D’aultres par les aureilles, lesquelles ils avoient si grandes que de l’une en faisoient pourpoint, chausses, et sayon : et de l’aultre se couvroient comme d’une cappe à l’espaignole. Et dit l’on qu’en Bourbonnoys encores en a de l’heraige, dont sont dictes aureilles de Bourbonnoys. Les aultres croissoyent en long du corps : et de ceulx là sont venuz les géans, et par eulx Pantagruel. Et le premier fut Chalbroth, qui engendra Sarabroth, qui engendra Faribroth, qui engendra Hurtaly, qui fut beau mangeur de souppes et regna au temps du deluge, qui engendra Nembroth, qui engendra Athlas qui avecques ses espaules guarda le ciel de tumber, qui engendra Goliath, qui engendra Eryx, qui engendra Titius, qui engendra Polyphemus, qui engendra Cacus, qui engendra Enceladus, qui engendra Ceus, qui engendra Typhœus, qui engendra Alœus, qui engendra Othus, qui engendra Aegeon, qui engendra Briareus qui avoit cent mains, qui engendra Porphyrio, qui engendra Adamastor, qui engendra Anteus, qui engendra Agatho, qui engendra Porus contre lequel batailla Alexandre le grand, qui engendra Aranthas, qui engendra Gabbara, qui engendra Goliath de Secundille, qui engendra Offot : lequel eut terriblement beau nez à boire au baril, qui engendra Artachees, qui engendra Oromedon, qui engendra Gemmagog, qui fut inventeur des souliers à poulaine, qui engendra Sisyphus, qui engendra les Titanes : dont nasquit Hercules, qui engendra Enay [qui fut tresexpert en la matier de oster les cyrons des mains], qui engendra Fierabras, lequel fut vaincu par Olivier pair de France compaignon de Roland, qui engendra Morguan, qui engendra Fracassus : duquel a escript Merlinus Coccaius : dont nasquit Ferragus, qui engendra Happemousche qui engendra Bolivorax, qui engendra Longys, , qui engendra Gayoffe, qui engendra Maschefain, qui engendra Brulefer, qui engendra Engoulevent, qui engendra Galehaut, qui engendra Myrelangault, qui engendra Galaffre, qui engendra Falourdin, qui engendra Roboastre, qui engendra Sortibrant de Conimbres, qui engendra Brushant de Mommiere, qui engendra Bruyer, lequel fut vaincu par Ogier le dannoys pair de France, qui engendra Mabrun, qui engendra Foutasnon, qui engendra Hacquelebac, qui engendra Vitdegrain, qui engendra Grantgousier, qui engendra Gargantua, qui engendra Pantagruel mon maistre. Ientends bien que lysant ce passaige, vous faictes en vous mesmes ung doubte bien raisonnable. Et demandez, comment est il possible qu’ainsi soit : veu qu’au temps du deluge tout le monde perit fors Noé et sept personnes avecques luy dedans l’Arche : au nombre desquels n’est point mys ledict Hurtaly ? La demande est bien faicte sans doute et bien apparente : mais la response vous contentera. Et par ce que n’estoys pas de ce temps là pour vous en dire à mon plaisir, ie vous allegueray l’auctorité des Massoreths interpres des sainctes lettres hebraicques : lesquels disent que sans point de faulte ledict Hurtaly n’estoit point dedans l’Arche de Noé, aussi n’y eust il peu entrer : car il estoit trop grand, mais il estoit dessus l’Arche à cheval iambe deça iambe delà, comme les petitz infans sus les chevaulx de boys. Et en ceste façon saulva ladicte Arche de periller : car il luy bailloit le bransle avecques les iambes, et du pied la tournoit ou il vouloit comme on faict du gouvernail d’une navire : Et ceulx du dedans luy envoyoient des vivres par une cheminée à suffisance, comme gens bien recognoissans le bien qu’il leur faisoit. Et quelquefoys parlementoient ensemble, comme faisoit Icaromenippus à Jupiter, selon le raport de Lucian.
De la nativité du tres redoubté Pantagruel.

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