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Paul Verlaine

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*

Paul Marie Verlaine est un poète français, né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896.

Après la démission de l’armée de son père, la famille Verlaine s’installe à Paris en 1851. Paul Verlaine suit des études secondaires en pension et devient bachelier en 1862, il renonce par la suite à des études de droit et entre comme employé à l’Hôtel de ville de Paris en même temps qu’il fréquente cafés et cercles littéraires comme celui des Vilains Bonshommes. Admirateur de Baudelaire, il s’essaie à la poésie et publie son premier recueil, Poèmes saturniens en 1866 à 22 ans. Frappé par le mariage, puis la mort de sa cousine dont il était amoureux, il bascule dans l’alcool et la violence : il en sort provisoirement par son union avec Mathilde, mais le comportement de Verlaine entrainera vite la séparation du couple.

Sa vie est en effet bouleversée en septembre 1871 quand, après avoir perdu son emploi municipal à cause de son soutien à la Commune de Paris, il rencontre Arthur Rimbaud. Leur vie amoureuse tumultueuse et errante en Angleterre et en Belgique débouche sur la scène violente où, à Bruxelles, Verlaine blesse superficiellement au poignet celui qu’il appelle « l’époux infernal » : jugé et condamné, il restera en prison jusqu’au début de 1875, retrouvant le catholicisme de son enfance et écrivant des poèmes qui prendront place dans ses derniers recueils Sagesse (1880), Jadis et Naguère (1884) et Parallèlement (1889).

Il gagne ensuite sa vie comme professeur à Londres, puis en France à Rethel où il noue une relation équivoque avec un de ses élèves, Lucien Létinois. Cette amitié particulière qui dure de 1877 à la mort de Lucien en 1883 les mène à une vie instable en Angleterre, puis dans les Ardennes où Verlaine a acheté une ferme avec l’argent de sa mère. L’installation rêvée échoue et Verlaine rentre à Paris en 1882 : commence alors une déchéance sociale et morale qui le réduit à l’état de semi-clochard alcoolique. Usé, Verlaine meurt à 51 ans, le 8 janvier 1896, d’une congestion pulmonaire.

Figure de poète maudit, Verlaine est alors reconnu comme un maître par les jeunes poètes du temps. Son influence sera importante et la postérité saluera cet art poétique verlainien, « Sans rien en lui qui pèse ou qui pose », fait de musicalité et de fluidité qui jouent avec les rythmes impairs. La tonalité de nombreux de ses poèmes qui associent souvent mélancolie et clairs-obscurs, révèle, au-delà de la simplicité apparente de la forme, une profonde sensibilité, qui entre en résonance avec les approches de certains peintres impressionnistes et de musiciens comme Reynaldo Hahn ou Claude Debussy, qui mettront d’ailleurs en musique des poèmes de Verlaine.
Après treize ans de mariage, Nicolas-Auguste Verlaine et son épouse Élisa Stéphanie Dehée donnent naissance à un fils le 30 mars 1844, au 2, rue de la Haute-Pierre, à Metz. Ils le prénomment Paul. Et plus précisément Paul Marie pour rendre hommage à la Vierge Marie pour cette naissance tardive : cet enfant était espéré depuis 13 ans, Élisa ayant fait auparavant trois fausses couches et gardant dans des bocaux d’alcool sur la cheminée familiale les fœtus dont il est le sosie2. Catholiques, ils le font baptiser en l’église Notre-Dame de Metz. Paul Verlaine restera le fils unique de cette famille de petite-bourgeoisie assez aisée qui élève aussi depuis 1836 une cousine orpheline, prénommée Élisa.

Son père, militaire de carrière, atteint le grade de capitaine avant de démissionner de l’armée en 1851 : la famille Verlaine quitte alors Metz pour Paris3. Enfant aimé et plutôt appliqué, Paul Verlaine devient un adolescent difficile, il est mis en pension par sa famille et obtient son baccalauréat en 1862.
Entrée dans la vie adulte
Paul Verlaine jeune homme

C’est durant sa jeunesse qu’il s’essaie à la poésie. En effet, en 1860, la pension est pour lui source d’ennui et de dépaysement. Admirateur de Baudelaire, par conséquent de la poésie symboliste, et s’intéressant à la faune africaine, il exprime son mal-être dû à l’éloignement de son foyer, à travers une poésie dénuée de tout message si ce n’est celui de ses sentiments, Les Girafes. „Je crois que les longs cous jamais ne se plairont/ Dans ce lieu si lointain, dans ce si bel endroit/ Qui est mon Alaska, pays où nul ne va / Car ce n’est que chez eux que comblés ils seront”. Ce court poème en quatre alexandrins reste sa première approche sur le domaine poétique, même s’il ne sera publié qu’à titre posthume. Bachelier, il s’inscrit en faculté de Droit, mais abandonne ses études, leur préférant la fréquentation des cafés et de certains cercles littéraires parisiens comme les Vilains Bonshommes. Il s’intéresse plus sérieusement à la poésie et, en août 1863, une revue publie son premier poème connu de son vivant: Monsieur Prudhomme, portrait satirique du bourgeois qu’il reprendra dans son premier recueil. Il collabore au premier Parnasse contemporain et publie à 22 ans en 1866 les Poèmes saturniens qui montrent l’influence de Baudelaire, mais aussi une musique personnelle orientée vers « la Sensation rendue ». En 1869, paraît le petit recueil Fêtes galantes, fantaisies inspirées par les toiles des peintres du XVIIIe siècle que le Louvre vient d’exposer dans de nouvelles salles.

Dans la même période, son père, inquiet de son avenir, le fait entrer en 1864 comme employé dans une compagnie d’assurance, puis, quelques mois plus tard, à la mairie du 9e arrondissement, puis à l’Hôtel de ville de Paris. Il vit toujours chez ses parents et, après le décès du père en décembre 1865, chez sa mère avec laquelle il entretiendra une relation de proximité et de violence toute sa vie. Paul Verlaine est aussi très proche de sa chère cousine Élisa, orpheline recueillie dès 1836 et élevée par les Verlaine avec leur fils : il souhaitait secrètement l’épouser, mais elle se marie en 1861 avec un entrepreneur aisé (il possède une sucrerie dans le Nord) ce qui permettra à Élisa de l’aider à faire paraître son premier recueil (Poèmes saturniens, 1866). La mort en couches en 1867 de celle dont il restait amoureux le fait basculer un peu plus dans l’excès d’alcool qui le rend violent : il tente même plusieurs fois de tuer sa mère. Celle-ci l’encourage à épouser Mathilde Mauté qu’un ami lui a fait rencontrer : il lui adresse des poèmes apaisés et affectueux qu’il reprendra en partie dans la Bonne Chanson, recueil publié en 1872. Le mariage a lieu le 11 août 1870 (Paul a 26 ans et Mathilde, 17) et un enfant, Georges, naîtra le 30 octobre 1871.
Le tumulte Rimbaud (1872-1875)

Cependant la vie de Paul Verlaine se complique durant la période troublée de la Commune de Paris que soutient le jeune poète qui s’est engagé dans la garde nationale sédentaire, où il est de garde une nuit sur deux dans un secteur calme. Il fuit Paris pour échapper à la répression versaillaise et est radié de l’administration. Sa vie sans horizon devient tumultueuse après la rencontre en septembre 1871 d’Arthur Rimbaud avec lequel il va vivre une relation amoureuse conflictuelle jusqu’en 1873. Ruinant son mariage avec Mathilde qu’il frappe et viole après s’être saoulé à l’absinthe2 et qui entame une procédure de séparation qui sera prononcée le 24 avril 1874 (le divorce sera prononcé en 1885 : la loi Naquet qui le rétablit date du 27 juillet 1884), Paul Verlaine vit par intermittence avec Arthur Rimbaud : leur relation affichée fait scandale et la violence de Rimbaud crée aussi le tumulte dans le cercle des poètes zutiques où Verlaine l’a introduit, et finalement « le pauvre Lelian » (anagramme de Paul Verlaine) comme il se nomme lui-même, part pour Londres avec « l’époux infernal » en juillet 1872, sa femme rompant de fait définitivement avec lui6. Durant des mois de vie errante en Angleterre et en Belgique qui nourriront le recueil Romances sans paroles se succèdent séparation et retrouvailles avec Rimbaud d’une part et tentatives de retour à sa famille où sa mère ne l’abandonne pas. L’épisode Rimbaud s’achève au cours d’une dispute le 9 juillet 1873 à Bruxelles, par les coups de revolver de poche Lefaucheux de Paul Verlaine qui, craignant de voir s’éloigner son amant, blesse superficiellement Arthur au poignet gauche : incarcéré le jour même dans un centre de détention provisoire, il est inculpé pour son geste et stigmatisé pour son homosexualité. Il est condamné à deux ans de prison le 8 août 1873 même si Rimbaud a retiré sa plainte, la pédérastie étant un élément aggravant2. La sentence est confirmée en appel le 27 août 1873 et Verlaine est incarcéré à la prison de Bruxelles. À la prison de Mons où il est transféré en octobre 1873, Verlaine retrouve la foi catholique et écrit des poèmes en prose qui prendront place dans ses derniers recueils Sagesse (1880), Jadis et Naguère (1884), Parallèlement (1889) et Invectives (1896), puis dans les Œuvres posthumes. La composition en prison de trente-deux poèmes (poésie naïve et savante teintée de lyrisme romantique, elle évoque sa crise d’identité), insérés dans ces recueils, est issu d’un manuscrit autographe datant de 1873-1875, intitulé Cellulairement, entré dans le Musée des lettres et manuscrits depuis 2004 et classé trésor national depuis le 20 janvier 2005.

Libéré le 16 janvier 1875 avec une remise de peine de presque une année pour bonne conduite, Verlaine tente en vain une réconciliation avec Mathilde qui obtiendra finalement le divorce et la garde de son enfant en mai 18858. Il passe deux jours et demi avec Rimbaud à Stuttgart « reniant son dieu » : c’est leur dernière rencontre et Rimbaud remet à Verlaine le texte des Illuminations que Verlaine fera publier en 1886.
La période Lucien Létinois (1877-1883)

En mars 1875, Verlaine s’installe à Londres comme professeur de grec, latin, français et dessin, et passe ses vacances avec sa mère. Il rencontre Germain Nouveau, un ancien ami de Rimbaud et enseigne ensuite dans différentes villes anglaises avant de revenir en France en juin 1877. À la rentrée d’octobre, il occupe un poste au collège Notre Dame de Rethel, où il entame une liaison équivoque avec un de ses élèves, Lucien Létinois. Chassés du collège en septembre 1879, Paul et Lucien partent pour l’Angleterre, où Verlaine enseigne de nouveau. Ils reviennent en France et s’installent en mars 1880 à Juniville, dans le sud du département des Ardennes, où Paul Verlaine achète avec l’argent de sa mère une ferme pour les parents de Lucien, fermiers au village voisin de Coulommes-et-Marqueny ; c’est un échec et le poète revend la propriété à perte en janvier 1882 (l’auberge, en face de l’endroit où il demeurait, est aujourd’hui un musée Verlaine). Leur aventure devient incertaine : Lucien part avec ses parents qui emménageront finalement à Ivry-sur-Seine et Paul rentre à Paris. La mort de Lucien Létinois à 33 ans, frappé par la fièvre typhoïde, en avril 1883, met un point final à l’épisode : Verlaine, désespéré de la perte de son « fils adoptif », lui consacrera 25 poèmes placés à la fin du recueil Amour (1888).
La déchéance

Rentré à Paris en 1882, Verlaine essaie en vain de réintégrer l’administration, mais il renoue avec les milieux littéraires et publie en 1884 son essai remarqué sur les Poètes maudits et le recueil Jadis et naguère qui reprend des poèmes écrits une décennie plus tôt et que couronne Art poétique, publié en revue en 1874 où Verlaine revendique un art « Sans rien en lui qui pèse ou qui pose ». Il est alors reconnu comme un maître et un précurseur par les poètes partisans du symbolisme ou du décadentisme, et dans son roman À rebours paru en 1884, J.-K. Huysmans lui réserve une place prééminente dans le Panthéon littéraire de Des Esseintes. À partir de 1887, sa célébrité dépasse même les cercles littéraires : le jeune compositeur Reynaldo Hahn chantera dans le salon d’Alphonse Daudet, devant le poète, son premier cycle de mélodies, les Chansons grises, qui regroupe sept poèmes de l’auteur12. En 1894, il est désigné comme « Prince des Poètes, » mais sa figure est celle de la déchéance physique et sociale.

Détruit par l’alcool et les crises de violence (il fera un mois de prison en 1885 pour avoir une nouvelle fois tenté d’étrangler sa mère près de laquelle il vit toujours et qui mourra le 21 janvier 1886), vivant des amours « misérables », il a une fin de vie de quasi-clochard, entre cafés et hôpital, soutenu par quelques subsides publics ou privés et donnant quelques conférences. Il ne produit plus guère que des textes d’occasion comme des poèmes érotiques, voire pornographiques. Souffrant de diabète, d’ulcères et de syphilis, il meurt d’une congestion pulmonaire le 8 janvier 1896 à 51 ans au 39 rue Descartes dans le Ve arrondissement de Paris. Ses obsèques ont lieu le 10 janvier 1896 en l’église Saint-Étienne-du-Mont et il est inhumé dans la 20e division du cimetière des Batignolles à Paris, une zone qui se trouve actuellement en dessous du boulevard périphérique. En 1989, sa tombe a été transférée dans la 11e division, en première ligne du rond-point central.

Avec cette vie en complète rupture avec la morale bourgeoise de son temps, Paul Verlaine est devenu une figure emblématique du poète maudit, comme Arthur Rimbaud qu’il a fait connaître et qui est mort le 10 novembre 1891.
L’œuvre de Paul Verlaine

Paul Verlaine est avant tout un poète : son œuvre offre moins d’une dizaine de courts recueils publiés entre 1866 et 1890, mais les poèmes ont été écrits pour l’essentiel avant 1880, c’est-à-dire entre 22 et 35 ans. Les textes ultérieurs sont très inégaux et souvent de caractère alimentaire.

Ses textes en prose sont tardifs et surtout autobiographiques (Les Mémoires d’un veuf, 1886, Mes Hôpitaux, 1891, Mes Prisons 1893). Son essai sur Les Poètes maudits (1884) tient cependant une grande place par les découvertes qu’il contient : Tristan Corbière, Arthur Rimbaud et Stéphane Mallarmé, et dans la seconde édition, parue en 1888, Marceline Desbordes-Valmore, Villiers de l’Isle-Adam et Pauvre Lelian (anagramme de Paul Verlaine).

La carrière poétique de Paul Verlaine s’ouvre avec les Poèmes saturniens de 1866, bref recueil de 25 poèmes qui rencontre peu d’écho mais Verlaine s’annonce comme un poète à la voix particulière, jouant subtilement sur les mètres pairs et impairs, les rythmes rompus et les formes courtes dont le sonnet. Se plaçant sous la sombre égide de Saturne, il cultive une tonalité mélancolique qui fait de certains poèmes des incontournables de la poésie lyrique (« Mon rêve familier », « Soleils couchants », « Promenade sentimentale », « Chanson d’automne »). Fêtes galantes de 1869, composé de 22 poèmes aux mètres rapides et aux strophes peu nombreuses et courtes, se présente au premier abord comme un recueil de fantaisies à la manière de Watteau dans lesquelles Verlaine multiplie les jeux de prosodie, mais le sentiment de l’échec et de la vanité des jeux amoureux des petits marquis et des Colombines colore peu à peu le recueil, jusqu’au poème final, le célèbre « Colloque sentimental » où « Dans le vieux parc solitaire et glacé (…) /L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir. ».

La Bonne chanson paraît en 1872, mais l’édition était prête dès 187020. Il s’agit de 21 poèmes dédiés à sa fiancée Mathilde et écrits pendant l’hiver 1869 et au printemps 1870 qui constituent « une chanson ingénue », plutôt convenue et sans doute un peu mièvre. Citons en exemple une strophe du poème XIX : « Donc, ce sera par un clair jour d’été : /Le grand soleil, complice de ma joie, /Fera, parmi le satin et la soie, /Plus belle encor votre chère beauté ».

Il n’en va pas de même des poèmes écrits dans les années du tumulte qu’apporte Arthur Rimbaud dans la vie de Paul Verlaine : une part de ceux-ci est regroupée dans Romances sans paroles, bref recueil de 21 courts poèmes, qui est publié en 1874 pendant son séjour en prison en Belgique. Une touche nouvelle apparaît, plus dynamique avec des instantanés nourris des souvenirs amoureux et des impressions reçues lors de la vie errante avec « l’homme aux semelles de vent » en Belgique et en Angleterre (« Quoi donc se sent ? /L’avoine siffle. /Un buisson gifle /L’œil au passant. » « Charleroi »). Les sous-titres comme « Ariettes oubliées » ou « Aquarelles » renvoient à des mélodies légères (« Il pleure dans mon cœur /Comme il pleut sur la ville », « Ariettes oubliées », III) et à des «choses vues », Verlaine notant comme un peintre impressionniste la correspondance entre les états d’âme et les paysages : « L’ombre des arbres dans la rivière embrumée /Meurt comme de la fumée, /Tandis qu’en l’air, parmi les ramures réelles, /Se plaignent les tourterelles. / Combien, ô voyageur, ce paysage blême /Te mira blême toi-même, /Et que tristes pleuraient dans les hautes feuillées /Tes espérances noyées ! » Romances sans paroles, « Ariettes oubliées », IX.

Sagesse (1881) comporte un plus grand nombre de poèmes plus amples (47) et montre une autre voie. Verlaine revient sur son parcours douloureux avant de montrer sa transformation mystique quand il retrouve la foi catholique (« Ô mon Dieu vous m’avez blessé d’amour », II, 1) sans faire disparaître son mal de vivre (« Je ne sais pourquoi/Mon esprit amer /D’une aile inquiète et folle vole sur la mer. » Sagesse, III, 7, qui associe des vers impairs de 5, 9 et 13 syllabes et la fonction du refrain) avec une grande force suggestive (« Et l’air a l’air d’être un soupir d’automne, /Tant il fait doux par ce soir monotone /Où se dorlote un paysage lent. » (Le son du cor s’afflige vers les bois… III, 9).

Jadis et naguère de 1884 (42 pièces) est un recueil assez disparate qui reprend pour l’essentiel des poèmes écrits plus de dix ans plus tôt. Il comporte le célèbre « Art poétique » qui proclame dès le premier vers les choix de Verlaine : « De la musique avant toute chose/Et pour cela préfère l’impair/Plus vague et plus soluble dans l’air, /Sans rien en lui qui pèse ou qui pose ». On y trouve aussi le poème « Langueur » (« À la manière de plusieurs », II) et ses fameux premiers vers : « Je suis l’Empire à la fin de la décadence/Qui regarde passer les grands barbares blancs/En composant des acrostiches indolents, /D’un style d’or où la langueur du soleil danse » qui furent reconnus comme fondateurs par les décadentistes.

Verlaine a également publié d’autres recueils mineurs qui cultivent souvent une veine érotique comme Parallèlement (1889) ou plus encore Hombres (1891).

Poète de la confidence, de la musicalité et de la suggestion, Verlaine a pu se voir reprocher24 sa complaisance pour la mélancolie d’homme malheureux (Pauvre Lelian dit-il en parlant de lui, J’ai perdu ma vie conclut-il dans Parallèlement (Révérence parler, I) et sa langueur décadente, et on a pu aussi critiquer sa fadeur. Néanmoins cette voix dont on retient les murmures constitue une des formes importantes du renouveau poétique dans le dernier tiers du XIXe siècle et son influence sera grande, à travers les symbolistes comme Jean Moréas et les décadentistes, et le poète aura de nombreux héritiers comme Guillaume Apollinaire qui « tend une main à Verlaine » (Michel Décaudin) avant de s’ouvrir à d’autres modernités.

Paul Verlaine, poète bisexuel, aborde dans son œuvre les amours hétérosexuels comme homosexuels (y compris l’homosexualité féminine).
Œuvres
Un coin de table par Henri Fantin-Latour (1872)
Verlaine se trouve en bas à gauche et Rimbaud est assis à sa gauche
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Mandoline (info)
Poème Mandoline des Fêtes galantes mis en musique par Claude Debussy en 1882 et interprété par Nellie Melba en 1913.
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Poésie

    Poèmes saturniens (1866)
Les Amies (1867)
Fêtes galantes (1869)
La Bonne Chanson (1872)
Romances sans paroles (1874)
Sagesse (1880)
Jadis et naguère (1884)
Amour (1888)
Parallèlement (1889).
Dédicaces (1890)
Femmes (1890)
Hombres (1891)
Bonheur (1891)
Chansons pour elle (1891)
Liturgies intimes (1892)
Élégies (1893)
Odes en son honneur (1893)
Dans les limbes (1894)
Épigrammes (1894)
Chair (1896)
Invectives (1896)
Biblio-sonnets (1913)
Œuvres oubliées (1926-1929)
Cellulairement

Prose

    Les Poètes maudits (1884)
Louise Leclercq (1886)
Les Mémoires d’un veuf (1886)
Mes Hôpitaux (1891)
Mes Prisons (1893)
Quinze jours en Hollande (1893)
Vingt-sept biographies de poètes et littérateurs (parues dans Les Hommes d’aujourd’hui)
Confessions (1895)

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  1. Je nageais dans le doute
    Je nageais dans le doute
    Et je n’ai pas su voir les opportunités
    Le soleil était bien là
    Je ne l’ai pas laissé m’éclairer
    Quand je pense à tout ça
    Je me vengeais sur mes naufrages
    La solitude à incendié ma rage

    La vie est belle, mais pas une sainte
    Cueille ce qu’elle t’offre, oublie tes plaintes

    Je nageais dans le doute
    Et je n’ai pas vu les étoiles
    L’obscurité était profonde
    Le pessimisme est une voile
    Qui conduit sous les décombres
    Qui maîtrise sa tête maîtrise le reste
    Sur son chemin, il vaincra la peste

    La vie est belle, mais pas une sainte
    Cueille ce qu’elle t’offre, oublie tes plaintes

    Quel mal y a-t-il à évoluer
    Ne nous contentons pas du nécessaire
    On peut se surpasser
    Si l’on puise dans l’univers
    Tout est à nous
    On tourne autour d’une roue

    La vie est belle, mais pas une sainte
    Cueille ce qu’elle t’offre, oublie tes plaintes

    Je nageais dans le doute
    Et je n’ai pas vu venir les coups
    De ses secondes qui s’écoulent
    Qui aspirent l’âge et rendent fou
    Les pensées sont comme une boule
    À nous de les orienter
    Si l’on ne veut pas être écrasé

    La vie est belle, mais pas une sainte
    Cueille ce qu’elle t’offre, oublie tes plaintes

  2. On ne perd pas
    On ne perd pas quand on lutte vraiment
    On ne perd pas quand on persévère
    Quand on a des objectifs dans l’existence
    Quand on sait percer les secrets de la terre

    On ne perd pas quand on ne s’affole pas
    On ne perd pas quand on admet ses forces
    Quand on sait quand changer de pas
    Quand on s’anime avec des rêves féroces

    On ne perd pas quand on décompose les soucis
    On ne perd pas quand on fait le tri
    Quand a l’audace de se relever
    Quand on dit malgré tout il faut continuer

    On ne perd pas quand on respecte tout le monde
    On ne perd pas quand on cultive la politesse
    Quand l’entraide abonde
    Quand on sème l’allégresse

    On ne perd pas quand on voit au-delà des fautes
    On ne perd pas quand on apprécie l’autre
    Quand on dit merci ou pardon
    Quand on cherche toujours ce qui est bon

    On ne perd pas quand on pleure
    On ne perd pas quand on souffre
    Quand on enterre nos peurs dans un gouffre
    Quand on aspire au bonheur

    On ne perd pas quand on est amoureux
    On ne perd pas quand on a des enfants
    Quand on exploite le cadeau de ses ans
    Quand on déguste les jours comme un mets savoureux

    On ne perd pas quand on tire des leçons
    On ne perd pas quand on a tort ou raison
    Quand on a un bras pour nous supporter
    Quand on a un sourire partager

  3. La prostituée
    Ne me voit pas
    Je n’existe pas
    Ma vie c’est le trottoir
    Les baises dans le couloir
    Les hommes qui éjaculent leur colère
    Dans mon corps fatigué
    Pour le résidu d’un salaire
    Pour le plaisir de tester leur virilité

    J’ai des ventres à nourrir
    Des frères à scolariser
    Un père qui se dessaoule que pour dormir
    Une mère handicapée
    Et des factures à payer
    À seize ans le corps est un élixir
    Qui attire
    Martyrise les sens excités

    Vendre son corps pour les gens qu’on aime
    N’est-ce pas un péché à pardonner
    Où est le blasphème
    Qui autorise à me condamner
    Je n’ai pas un sou
    Rien n’est gratuit ici-bas
    Le chagrin finira par rompre mon cou
    Laisse-moi agir pour sauver mon trépas

    À seize ans j’ai encore des rêves
    Être mère, être femme, avoir un foyer
    Admirer le soleil qui se lève
    Sans penser à me faire baiser
    Mais qui voudra de quelqu’un comme moi
    Pour le présenter à ses parents
    Du rescaper des amants
    Pour l’élire reine de son toit

    Ne me regarde pas
    Je suis une chose
    Qui bouge et qui n’avance pas
    La vie exige toujours une clause
    Elle viole ma jeunesse
    Pétrisse ma tristesse
    Bafoue mes larmes
    Pour sucer mon charme

    Je voulais goûter l’affection
    La tendresse
    Le besoin me presse
    Je perds mes passions
    Mon corps n’est pas à moi
    Il ne me reste plus d’émotion
    Je ne ressens aucune vibration
    La sauvagerie m’a converti en bois

    Il n’y a plus de compassion
    Notre époque est sans pitié
    Pour le plaisir, je suis un pion
    Les hommes me déplacent selon leur gré
    Inutile de se plaindre à Dieu
    Il n’a pas de temps pour les prostituées
    Sa bonté n’est pas pour le malheureux
    Mais pour celui qui ne vit que pour le mépriser

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