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Quatre Poèmes (Alexandre Pouchkine)

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Alexandre Pouchkine

 

Traduction d’Ivan Tourgueniev et Gustave Flaubert, parue dans La République des Lettres, 1876, reprise dans Isaac Pavlovsky, Souvenirs sur Tourguéneff, Paris, Savine, 1887.

AU POÈTE

(Sonnet)

Poète, ne fais pas cas de l’amour populaire ! Le bruit momentané des louanges enthousiastes passera ; tu entendras le jugement du sot et le rire de la froide multitude ; mais toi, reste ferme, tranquille, farouche.

Tu es un roi : vis seul. Par un libre chemin, va où t’entraîne ton libre esprit, perfectionnant sans cesse les fruits de tes pensées favorites, ne demandant pas de récompense pour ton noble exploit.

Elles sont en toi-même : tu es toi-même ton plus haut tribunal ; plus sévèrement que tout autre tu peux apprécier ton travail. En es-tu content, toi, artiste exigeant ?

Tu es content ? Alors laisse la foule le vilipender, laisse-la cracher sur l’autel où ton feu brûle, et avec une pétulance enfantine secouer ton trépied.

 

LE PROPHÈTE

Tourmenté par la soif des choses spirituelles, je me traînais dans un désert sombre, quand un séraphin à six ailes m’apparut à l’entre-croisement d’un sentier. De ses doigts, légers comme un rêve, il me toucha les prunelles : et, sagaces, mes prunelles s’ouvrirent toutes grandes comme celles d’un aigle épouvanté. Il toucha mes oreilles : et elles furent remplies de tintements et de sonorités et j’entendis la palpitation du firmament et le haut vol des anges, et la marche des polypes dans les bas-fonds de la mer, et le développement des vallées. Et il se colla à mes lèvres, et arracha ma langue pécheresse, pleine d’artifice et de mensonges ; et de ses mains ensanglantées il darda entre mes lèvres l’aiguillon du sage serpent. Et il me fendit la poitrine avec son glaive et en ôta mon cœur pantelant et dans ma poitrine ouverte il enfonça un charbon tout en flammes. Comme un cadavre, j’étais couché dans le désert ; et la voix de Dieu retentit jusqu’à moi :

— Lève-toi, prophète, regarde et écoute ; que ma volonté te remplisse et parcourant les terres et les océans, brûle de ta parole les cœurs des hommes !

 

L’ANTCHAR

(L’arbre de la mort)

Au milieu d’un désert avare et maigre, sur un sol calciné par l’ardente chaleur, Antchar, comme une sentinelle terrible, se dresse, unique dans tout l’univers.

La nature, mère de ces steppes éternellement altérées, le procréant, en un jour de colère, l’a imprégné d’un venin fatal dans la verdure morte de ses branches et jusqu’à ses racines.

Fondu par l’ardeur du midi, le venin suinte à travers l’écorce, et, le soir, y reste figé en hideuses larmes à demi transparentes.

Aucun oiseau ne vole alentour ; aucun animal ne s’en approche ; seul le noir tourbillon l’aborde et s’en va pestiféré.

Si une nuée errante vient arroser son feuillage éternellement endormi, la pluie, aussitôt empoisonnée, découle de ses rameaux dans le sable brûlant.

Mais un homme, par un simple regard de commandement, envoya vers l’arbre de la mort un autre homme, et celui-ci, avec docilité, se mit en route et le jour suivant revint apportant le poison.

Il apporta la gomme mortelle et une branche aux feuilles flétries. La sueur coulait en filets glacés sur son front pâlissant.

Il l’apporta, fléchit et se coucha sur les nattes de la tente ; et le pauvre esclave mourut aux pieds du seigneur invincible.

Et le prince fit tremper dans le poison l’extrémité de ses flèches rapides et, avec elles, envoya la mort à tous ses voisins paisibles.

 

L’OPRITCHNIK

(Titre des compagnons, des « mameloucks » d’Ivan le Terrible.)

Quelle nuit ! Une gelée craquante : pas un nuage ! La voûte bleue du ciel, comme une couverture brodée, est pailletée d’étoiles. Partout le silence dans les maisons ; des verrous avec de lourds cadenas barrant les portes, le peuple repose. Les tumultes du trafic se sont calmés et les chiens de garde, dans les cours, aboient en faisant sonner leur chaîne retentissante.

Moscou, d’un bout à l’autre, dort avec tranquillité, oublieux des angoisses de la terreur ; et la place publique est là, qui, dans le vague des ténèbres, regorge des supplices d’hier. Partout on voit les restes des tourments : ici, un cadavre fendu en deux d’un seul coup ; là, un poteau, là des fourches, là des chaudrons à moitié pleins de poix figée ; ailleurs, un billot renversé, plus loin des crocs de fer se dressent, des tas de cendres fument encore, mêlées d’ossements ; des hommes, que traversent des pals, noircissent tout rigides et ratatinés.

Qui est là ? À qui ce cheval traversant d’un galop furieux la place terrible ? Qui siffle, qui parle haut dans la nuit sombre ? Quel est cet homme ? Un vaillant opritchnik. Il se hâte, il se précipite à un rendez-vous d’amour. Le désir fait bouillonner ses veines ; il dit : « Mon brave, mon fidèle cheval, vole comme une flèche, vite, plus vite encore ! » Mais l’ardent animal, en faisant bondir sa crinière tressée, tout à coup s’arrête : devant lui, entre deux poteaux, sur une traverse de chêne, se balance un cadavre. Le cavalier veut passer dessous  … Mais le cheval se cabre sous le fouet, s’ébroue, renâcle et se rejette en arrière. « Où vas-tu, mon vaillant cheval ? que crains-tu ? qu’as-tu donc ? N’ai-je pas hier ici galopé avec toi, n’avons-nous pas foulé aux pieds, pleins tous les deux d’un zèle vengeur, les méchants traîtres au Czar ? N’est-ce pas leur sang qui a lavé tes sabots de fer ? Tu ne les reconnais donc plus à présent ? Mon bon cheval, mon brave cheval, allons ! pars ! en avant ! » — Et le cheval, frémissant, passe comme un tourbillon sous les pieds du cadavre.

 

Texte établi par la Bibliothèque russe et slave ; déposé sur le site de la Bibliothèque le 15 juin 2011.

Publié par online-litterature

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