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Violinne – poèmes

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violinne

 Poétesse qui aime aussi la peinture, Violinne s’appelle Leliana Stancu et publie ses oeuvres en roumain et en français : poèmes, théâtre (La Grotte de la Promesse), roman (La Malédiction – en roumain).
Au lieu de biographie, elle choisit un fragment de son roman “La Malédiction” (Blestemul – en roumain):

“Un acrobate du néant vacille sur des cordes tendues entre des mondes parallèles, toujours sorti de moi-même, projeté dans bien d’autres formes révélatrices, comme une collection de destins jetés dans l’apathie par des dieux dépressifs qui gouvernent bizarrement, au delà du temps.
Un moi-même sans futur, condamné à tourner pour toujours dans le temps, à reconstruire mille fois un ancien monde perdu. Un maudit restant perplexe devant les apparences, dans l’impossibilité de se trouver, de savoir qui il est et de connaître la réalité. Un moi-même de présent et sans évolutions, perdu dans un tourbillon de désespoir.
Un monument de tristesse universelle dont les larmes lavent l’humanité en pluies dévastatrices.”

Violinne est la créatrice du cercle littéraire „Poésis Editio in Multis Linguis”, club littéraire, multilingue et multiculturel, avec des membres du monde entier, elle a organisé des concours, anthologies, e-books, livres audio, revues de littérature. En voici un lien :
http://online-litterature.com/nosauteurs/ 


Ici : La Grotte de la Promesse – Théâtre

Ici : Violinne – Peinture

De la mer blue, la lune naquit,
Mon ancien, fidèle, témoin.
Je murmure ton nom dans la nuit,
L’écho le porte, de plus en plus, loin…

Mes pensées te regagnent, avides,
Toi, ma tribu et mon idiome,
Viens, au jardin d’éphémérides,
Pour manger ensemble la pomme…

De ton baiser, je ferai mes cieux,
Au parfum des forêts et du vert,
Me baigner au noir de tes yeux,
Fata Morgana, de mon désert…

L’abîme de tes bras viendra m’enfermer,
Ta voix sera lumière dans la mort,
Ta peau, mon serain océan planétaire,
En cet instant d’arrêt aux pieds du sort.

À l’aube, mon âme pleine de nuit
Partira vers d’autres lointains…
Cette chanson murmura sur les plaines,
Ton nom, mon amour interdit…

 

À tout pas, des amours banals et vicieux,
Crient ennuyant de leur colère,
La Grande Ourse grogne sur les cieux,
Moi seule, j’hésite entre les hémisphères…

Les arbres qui m’abritent se penchent, couverts de neige,
Mon chemin de fume serpente un peu vers l’Ouest,
Puis retourne, comme un bizarre manège,
Dans ce perdu, universel inceste.

Les fleurs sont fades en formes et en couleurs,
Et les esprits rebelles, aventureux, perdus,
Mon corps d’argile a mal de toute erreur,
Ce que j’ai eu et je n’ai jamais eu.

Mon plus fidèle ami est mon ancienne douleur,
Je n’en veux rien de plus, je sais que quelques vers
De mes rêves maladroits, aussi tout comme mon cœur,
Se promènent, éternels, sur les rues d’univers.

Parmi tout, guerre, amour, haine et ce tourbillon
De désespoir et des rêves d’autres temps,
Je me demande parfois, tout comme François Villon,
Où se sont envolées, les neiges d’antan…

 

J’aime, de plus en plus, les soirées,
Parmi les sapins jeunes et purs,
Mes pensées par les neiges d’hiver entourées,
En rêvant qu’il y a encore des futurs…

J’aime, les soirs, sur le bord de la mer,
L’effondrement des étoiles dans les eaux,
Les regards venus d’une époque solitaire,
Loin des noires étincelles du monde et son fléau…

J’aime les sources, les légendes, les aigles en vol,
J’attends, parmi les moulins, Don Quichotte,
J’aime beaucoup les soirées de ski à Tyrol,
Et les ours descendus des constellations, dans les grottes…

J’aime, de plus en plus, les soirées,
Même si, dans mon coeur, rien ne resonne…
Ils sont restés, mes souvenirs fiancés
À la poussière, dans le temps de personne.

C’est moi Sancho Panza, Chevalier de l’illusion,
Resté sur le bord du monde, à payer le coût,
Crucifié sur mes questions, vers l’expiation,
Je veille aux moulins du temps, seul coupable pour tout…

 

Chaque soir, quand le vent s’endort dans le feuillage
Et le noir allonge les crépuscules de feu,
Les amas stellaires, dans leur immense bâchage,
Descendent pour boire la lumière de tes yeux.

Alors je crie ton nom aux quatre vents,
L’écho répond avec la voix des neiges,
Les saints en pierre frissonnent dans leurs couvents,
Le temps arrête son éternel cortège…

Mais l’aube revient défolier toujours
Les purs pétales dans la sublime rosée,
Et trop humain, trahisse nos pauvres veines…

Je sais, et mon âme portera la peine,
Il y aura un temps quand mon étrange amour
Oubliera le jeu d’éternité…

 

C’est étrange, mais vois-tu, mon ami ?
Depuis mon ancienne enfance,
J’ai toujours aimé la nuit.
Je quittais cette vaine existence,

M’exiler dans le monde éternel
Des légendes des siècles passés,
Retrouver, dans les contes, mon réel,
Jusqu’à l’aube, quand j’allais tout quitter.

Cela se passe depuis toute ma vie.
C’est comme ça même que je t’ai connu :
Dans le cœur d’une belle poésie,
Que, dans une nuit de septembre, j’ai lue.

Sais-tu, mon Poète, quand le soir revient,
Et le monde va rejoindre ses rêves,
Je te cherche au-delà du mal et du bien,
Dans l’ombre des jours qu’on achève.

Tu es loin, je le sais, mais quand même,
Tu es là et m’attends. Archipel,
La tristesse de ton âme chante dans chaque poème,
Mélodie des sirènes qui m’appellent.

Vois-tu, cher ami, la tombe du minuit
M’apporte, de l’abîme de tes yeux,
La lumière me guidant dans l’enfer de la vie.
Toi, mon doux purgatoire. Toi, mon feu.

Je sais qu’un beau jour, quand le temps viendra
Que je quitte le hasard de cette vie,
Mon tombeau sera le néant de tes bras,
Dans une éternelle poésie…

 

Ma Terre Bleue 

La légende nous raconte qu’il y avait une fois,
Quelques terres, très sauvages et perdues au-delà
Des océanes et des mers traversées des bateaux,
Sous les cieux envahis des étoiles et flambeaux…

Des terres chaudes sur les bords des terribles histoires,
Où les hommes étaient fiers de leurs âmes et leur noir,
Au milieu des montagnes, des chutes d’eau, et du vert,
Et de leurs vieux tombeaux qui remplissent le désert.

Invincibles espèces d’animaux parcouraient
Chaque colline et vallée, et chaque coin des forêts,
Dans une jungle sauvage, aussi tout comme leurs cœurs,
Des audacieux qui n’ont jamais su la peur.

Mais hélas, le cyclone de la civilisation,
Traversa les océans de sa féroce ambition,
Et sur la croix des armées d’inconnus et curés,
Apporta, sur les mille nuits de contes, le progrès.

Sur leurs terres qui étaient de magiques routes d’espoir,
On a tout cimenté de pathétiques trottoirs,
Et sur leurs jolis rêves traversés des sourires,
On avait apporté la grimace des soupires…

Le monde cache sa pudeur juste comme une maladie,
Et salue un honneur qui vit son agonie,
Les filles ont dix amours en marchant cinq minutes,
Car on donne plus son corps, qu’une pensée qui peu coûte…

Au-delà des océanes et des mers traversées
Des titaniques bateaux et des ailes des fusées,
Il y a quelques places, on les appelle les terres chaudes,
Les forêts de mes rêves, ma Terre Bleue, d’émeraude…

 

Les cieux éclatent en mille bougies,
Que les dieux, blasés, allument ;
Vers nulle part, quelques poésies
Portent leur tristesse, sur quelques plumes…

Seul dans la rue Radionique,
J’écoute le murmure de la Terre,
Dans ses vibrations quantiques,
Qui règnent sur tous les grands mystères.

C’est quoi l’humain, le monde, la pierre ?
Les quatre-vingt-dix-neuf pour cent
D’atome sont vides. La matière
C’est l’énergie ? c’est l’accident ?

Tout n’est qu’énergie, je comprends enfin,
Le monde n’est pas de la matière,
Mais j’entends des voix qui me disent, quand même,
Qu’il y a, pourtant, beaucoup de misère…

“- Comme après tout long jour, je prie :
Dieu, protège-moi l’espoir,
Dans cette boîte devenue abri,
Où je n’ai rien mangé ce soir…”

“- Dans quelques dogmes m’ont rejeté,
Tué par le premier enfant –
Fruit du péché. Comment pourrais-je m’excuser,
Au dernier grand Jugement ?!”

Jour après jour, l’enthousiasme
Apporte le soir et ses chimères,
Le rouge à lèvres sur le sarcasme
Des grandes amours, si éphémères…

“- Elle m’attendra, tout éperdue,
Je ferai croire souffrir sincère :
Au lendemain, ma belle rue
Aura perdu charme et mystère…”

Des hommes sans corps, sur les trottoirs
De quelques sorts infortunés,
Cœurs jeunes et froids, des âmes noires,
En dialogues de leurs pensées…

“- Bienvenue le monde magique
Des virtuels systèmes des drames,
Aux rendez-vous électroniques,
Parmi les pixels de mon âme !

Seul dans la rue du Radion,
J’écoute le murmure qui m’apporte
De passagères émotions.
C’est minuit, je ferme la porte…

… et je te trouve, comme tous les soirs,
Dans mes ténèbres enterré,
Au-delà de tous les vains espoirs,
Amour perdu à tout jamais…

 

*

La nuit tombe des cieux,
le vent se perd par des coins du désir,
les étoiles doubles se promènent deux par deux,
dans de longues chaînes de soupirs.

La pluie danse en cercles concentriques,
l’un, des flammes des bougies en vol de condor,
d’autres, en cercles de Saturne et des oiseaux érotiques,
des hommes se promènent habillés, mais sans corps.

Sur les ombres des montagnes s’en vont
des ombres de blancs et orageux chevaux,
le vent dissout les papillons sur mon front
et roule le miroir des grandes eaux.

Ma maison est tissée des pétales jaunes de rose,
la lune étrange rêve sur ma fenêtre altaïque,
quelques armes pleurnichent sur un lointain qui explose,
près de quelques feux des volcans concentriques.

L’herbe du silence pousse sur mes ruines,
le vert cheval de ma folie se tait…
Amour aux beaux yeux noirs qui m’enracinent,
pourquoi m’as tu tué ?

 

 

Mon enfant, mon ange,
C’est un rêve étrange,
Chaque soir quand je veille
Ton profond sommeil,
Quand le crépuscule
Emporte tous les jours
Vers d’autres soleils
Attendant l’éveil,
Signe que les Dieux
Avec leurs aveux
Embrassent d’autres mondes,
Et l’amour inonde
Tour à tour, les terres,
Même si celles d’hier,
Vivant en caresse,
Demain, ils les blessent…

*
Mon enfant, mon rêve,
Chaque jour qui s’achève,
Je murmure un doux
Chant, sur tes chères joues,
Comme une belle corolle
De merveille étole,
Tu m’entends, je sais,
Dans ton monde de fées,
Sans avoir l’orgueil
De donner conseils,
Que même dans ma vie
Je n’ai pas suivis,
Juste quelques légendes,
Ensuite je défends
Tes éternels rêves,
Mon enfant, ma sève…

*
Mon enfant déesse,
Reçois ma tendresse,
Un jour viendra
Quand on partira
Sur des terres de conte,
Sur des anodontes,
Dans des lointains,
Au-delà des humains,
Quand les beaux voyages
Finiront d’ancrage,
Mais je te promets
Ma bienfaisante fée,
Que tu ne perdras
A jamais mes bras,
Tu vivras toujours
L’infini amour…

 

Les gouttes de pluie tombent vite, profondément et lourdes,
Il pleut stupidement, sur les pavages du sort,
Les gouttes mordent de la chair, dans la coquille palourde,
Le monde s’enfuit indifférent, par la pluie, vers la mort.

Les gouttes des vieux regrets tombent sur les grises allées,
Dans leurs statues perdues, les hommes se trouvent refuge.
Le brouillard réunit au carrefour toutes les alizées,
C’est comme un vaste, commun, et inutile déluge.

Les torrents déchirent tout, comme des éparses de saules,
Les soupirs, les souvenirs, et les illusions…
Toute cette pluie tombe juste sur mes courbées épaules,
Dans une terrible, triste et ancestrale punition…

 

Dans ma vie de cellulose,
la révolution des bourgeons vient de commencer.

Dieu sourit à travers les fleurs des arbres,

le vent souffle la partition musicale
sur le portable des branches,

Marié avec l’infini,
Saturne s’est mis la bague.

Mon univers spirituel
est une orgie cosmique
des pétales dispersés.

Le vent déplace le cœur des fleurs,
la Terre est le berceau des couleurs,
l’arbre recueille la mémoire collective des feuilles.

Les cinq sens sortent sans défense
de la logique des choses simples.

Mon pays est cette pensée,
mon abîme est un asile pour des papillons.

Je me cache parmi les pensées comme le soleil dans les ombres,
Comme dans la rosée, des étoiles filantes.

Échappant d’un cercle effondré,
Le printemps devient une manière de vivre.

Une jonquille blanche tire toutes les ficelles de l’Univers
dans ce paysage où
l’amour est la forme prédominante de soulagement,

et les tempêtes solaires ne font pas peur
à ceux qui vivent dans le soleil.

Défiant la loi de l’attraction universelle
sur le fond gris des mémoires
la constance de la pierre brise les chaînes,

la gloire du matin est pendue à un crochet de la lune
flottante parmi les lilys
éclairant de l’intérieur,

L’infinie sort du lit de la pensée,
Des ombres se fondent dans les roues du temps,

Des fleurs blanches, confuses, se réveillent sur les branches
comme un caprice de la nature,

Leur parfum explore des pays lointains,

L’espace cosmique trompe la pureté de la tige fragile
où les mots éthérés augmentent

avec des divines scintillations,

La voûte lourde des pensées repose sur des branches
comme sur les touches d’un ancien piano,

et un violon se croit cerisiers en fleurs,
dans ma vie de cellulose.

 

Les feuilles des peupliers jaunissent et tombent,
La terre frémit d’automne sur son navire,
Et sur le carnaval tacheté du monde,
Tombe le brouillard, en effaçant les rires.

J’attends une douce saison pour me purifier,
Une sainte saison avec de bons conseils,
Mais qui pourra vraiment m’enseigner,
Tombée en moi-même, comme dans un cercueil?

Ces anges, alléchants, séduisants,
Ils sont partis. C’est tard. Pour eux, la cloche douanière
Sur les chemins d’été toujours errants,
Frappe, d’un beau temps, aux profondeurs de terre.

Comment trouver les vieux chemins d’automne,
Quand je connais juste les errances d’été?
Je n’ai jamais eu la peur qui cantonne,
Et ma jeunesse était mon unique fée.

Mon ombre s’agrandit vers minuit.
Aux portes d’hiver je pense au dernier mot,
Que j’avais à te dire, mais le froid s’épanouît,
Et c’est trop loin mon âme, solitaire pavot.

Je prie d’avoir une dernière audace,
Me regarder, moi, vrai bastard du sort,
L’éternité sera ma dernière glace,
Tous les chemins vont toujours vers la mort.

Seules, mes pensées, vont regagner la grace,
Toujours jeunes, libres, sans jamais oublier,
Et mon baiser, qui embrassera la trace
De ton pied, sur les chemins d’été…

 

  

Comme tous les gens qui rêvent pendant le jour,
Les yeux ouverts à leur désespoir,
Cette nuit, j’ai eu un moment de réveil dans une sacrée aventure
Des effets mystiques du flux d’histoire.

J’ai vu mon double avec un fusil dans la main,
Dévastant tout dans sa congruence,
Et je me suis demandé : pauvre humain,
Comment peut-t-il, un étranger, te voler la conscience?

J’ai remémoré ma vie,
Une version abrégée,
Et bien sûr, longuement améliorée.

Ensuite, les yeux ouverts à cette réalité illusoire,
J’ai pris le marteau de l’autre et j’ai commencé,
Pour une Quo Vadis survie,
Passer Samsara, au-delà du miroir…

 

  

Mon temps, tu cours, jamais fatigué,
Me suivant comme un loup affamé.
Mes pas sont lourds, hésitents, de plus en plus petits,
Tu me poursuis, mon temps, encore grandi.

Je trébuche, je m’empêche, fatiguée et je tombe,
Comme un loup, tu viens dans la chasse d’une colombe.
Je me traîne encore plus lentement, sans un guide,
Derrière, ton ombre m’accompagne avide,

Avec tes yeux chercheurs impitoyables,
Avec ta faim de bête gourmande coupable,
Sous un ciel qui ressemble avoir été réel,
Peint par un petit enfant, en aquarelle.

Je traîne, les ailes brisées, pourtant,
Je me lève lourdement, en attendant
Ton souffle comme le vent de miaule,
Et ton stylet qui frappe à mes épaules.

Ô, Loup, arrête la chasse! Un jour viendra
Quand je m’assierai sous un sapin,
Me reposer de tous ces fous chemins,
Et pauvre loup, ni toi n’auras plus existé, sans moi…

 

  

je t’aime comme le vent aime les feuilles qu’il caresse,
et la reine de la nuit aime les coeurs en détresse,
comme le vieux roi Soleil, qui éclate en poème,
je pleure, et je ris, et je rêve, et je t’aime…

comme l’aube qui réveille les montagnes et les mers,
et la vie, qui n’est qu’aventure et chimère,
comme la terre aime la pluie, dans sa belle danse suprême,
avec la folie des ténèbres, je t’aime…

avec tous mes cris de pudeur et de peur,
avec toute la joie, avec toute la douleur,
je t’aime comme personne n’a jamais su aimer,
je t’aime, bel amour interdit à jamais…

 

Parfois, je la sens comme une vague présence,
Une ombre qui me suit comme une flamme,
Mais hier je l’ai vue, dans le crépuscule, immense,
Et j’ai compris : c’était l’ombre de mon âme.

Elle feuilletait mes livres, elle rêvait mes amours,
Elle était bleue, sereine, souriante,
Quelques torches allumaient ses chemins d’alentour,
Sur lesquels, ses contours coulaient, frémissantes.

J’étais fatiguée, l’espoir était mort,
Le mal de tout le monde m’accablait,
Et tandis que le noir installait son ressort,
Seule, en désert, mon ombre cheminait.

Je l’ai demandé que faire dans ce monde infâme,
Quel est mon chemin, à quoi bon
Vivre comme l’ombre de l’ombre de mon âme,
Oubliée, pour attendre sur un vieux perron,

Je ne sais pas quoi, dans les trains qui viennent
Et qui partent, vers des gares inconnues,
Avec quelques touristes qui regardent, sans rien
Voir et comprendre, de cet affreux continu?

Que faire dans ce monde où le bien va s’abstraire
Comme une vague notion périmée,
La paix est une terre de l’âge glaciaire,
Amor est vieux et blessé…

Les cœurs sont couverts de neige grise et lourde,
Les vieilles innocences tombent en désespoir,
Et seulement l’argent, la bêtise et la bourde
Sentent encore l’envie de vouloir.

Je lui apportais des épreuves… Gémissante,
J’expliquais… je priais… je criais…
De son bleu, l’ombre de mon âme me répond, souriante :
La vie est une cage… on n’a pas de clé…

*

Il sera encore un temps pour aimer
Les bois et les fraises sauvages, roses et pures,
Les blanches neiges dans le crépuscule des soirées
Caressées par les gouttes des larmes en velours.

Il sera encore un temps pour aimer
La rosée du matin quand l’aube se réveille,
Éloigner les frissons de la nuit solitaire,
Dans de vieux temples blancs, où des saints en pierre veillent.

Il sera encore un temps pour aimer
Les légendes, les aigles en vol et l’orage,
L’effondrement des étoiles dans les mers,
Quand l’éternité tourne ses dernières pages.

Il sera encore un temps qui resonne
Des espoirs et des rêves quittés dans un coin
De ce magique voyage dans le monde de personne,
Il sera encore temps, mais de plus en plus moins…

 

Il n’y a pas de vainqueurs. De toutes les batailles,
Ceux qui restent sont seulement les vaincus.
Les héros n’existent qu’aux livres. Leurs ailes
Volent sur de vagues terres perdues.

Il n’y a pas de bonheur, pas de tristesse ou d’ardu,
Pas de merveilles, d’amour, pas de cagot,
Il y a sur la terre juste une lutte perdue
Pour nous tous, trop, vraiment trop, trop tôt…

Je m’avais fait une fois une scripture de chez moi:
Pas voler, pas mentir, pas tuer,
Pas blesser, le faible ou grand, à la fois,
Et même dans ma scripture je me vois exilée.

Le regard vers le mur, qui est ma prison nue,
Où je creuse, pour vous tous, des mots en pierre,
Moi, qui sais même sourire après avoir perdu,
Moi, dont la scripture est une incroyable prière.

Voyageur exilé, il y a trop longtemps,
Sur les voies carrefour, les pieds nus,
Je me perds sur des chemins sans retour, assoiffée,
Vers des temps que je n’attendrai plus…

 

Parfois, on se rêve comme Icare fasciné
Des hauteurs de tous vastes cieux éteints,
Sans être qu’un petit papillon, ailes brûlées,
Qui n’a jamais quitté le labyrinthe…

On passe une moitié de la vie juste en haut
Et en bas des escaliers pour nulle part,
On se cache dans des bois effrayants de ce qu’il faut,
Et l’amour est juste une idée de l’écart.

On veut oublier Rachmaninov qui inscrit
Des spirales nostalgiques dans nos vols,
Et sous le rideau descendu de la nuit,
Endormir, dans leurs nids lacés, les paroles.

Parfois, entourés par les neiges de l’oubli,
On rêve qu’il y a, encore, d’avenirs,
Drôle Panza, Chevalier de l’illusion anobli,
En veillant aux moulins des temps des martyrs.

La vie nous frappe comme des applaudissements, en son
Des spectacle des rôles étranges et blasés,
Tandis que les ours descendent des constellations,
Pour s’enfermer dans les grottes, ennuyés…

Souvent, mes souvenirs se fiancent à la poussière,
Parfois, les étoiles s’effondrent dans l’argon,
Et je reste dans le temps de personne, prisonnière
Crucifiée sur mes éternelles questions…

 

Je savais que tu n’existes pas,
car je t’avais créé de mes rêves,
de mes cris de solitude,
Je te composais peu à peu,
comme une Colonne sans fin,
et tu étais beau, mon chef d’oeuvre,
mon Oiseau dans l’espace de Brancusi, à moi…
Je te parlais chaque soir,
et mes paroles caressaient doucement ta peau d’ivoire,
je te donnais le souffle de mon existence,
un pauvre rêveur Pygmalion,
sans esperance.
Et pourtant, je n’ai pas été très surprise quand je t’ai vu,
assit dans un fauteuil,
même si les rêves ne deviennent jamais réalité.
Tu étais là et tu feuilletais, absent, mon âme…
Puis j’ai vu que la porte était restée ouverte
et d’autres passants piétinaient mon âme, à travers.
Je souriais…
Je ne pouvais pas t’éloigner, car tu étais mon Baiser de Roden
et mon Sphinx de Gizeh,
Mais la porte était restée ouverte,
et je me suis retrouvée de nouveau sur le même chemin pèlerin,
mon maudit vol Hollandais,
en errant solitaire
sur les cordes tendues entre des univers parallèles.

Trouverai-je, jamais, une âme pour y entrer,
m’assoir en genoux, les souliers à la porte, comme aux Japonais,
et me sentir comme chez moi ?

 

J’avoue: je suis le Maître absolu
Du Monde, des Etoiles, des Soleils,
De ce pur Univers, quand même corrompu,
J’invente jours et nuits, assise dans mon fauteuil.

J’avoue: je dessine fleurs et vent et nuages,
Et tout ça m’amuse, c’est un jeu,
Parfois je m’ennuie, je dessine un orage,
Parfois je brûle tout, comme un feu.

J’avoue: je dessine de sublimes Voies Lactées,
Du bout de mes doigts, sur ta peau,
Car je suis le Maître des rêves et je fais
Trembler l’Univers, assise à mon bureau.

J’avoue: je suis un Maître inventé
Par moi-même, mais tout ça m’est égale,
Je fais tout cela en voulant m’echapper
De ce monde misère et banale.

J’avoue: il viendra temps que je partirai,
Je ne sais pas où, comment et pourquoi.
Alors, les larmes du ciel, petites étoiles vont tomber,
Dans chaque vers que j’ai écrit pour toi…

 

J’écoute le silence dans lequel se sont effondrées
les saisons dispersées comme un blanc éventail
de pluies d’étoiles tombées,
têtes baissées après bataille.

Devant moi, une ombre, un jeu.
C’est moi, je me dépêche de m’en aller,
car l’ombre me tuerait pour devenir Dieu
(ainsi Dostoïevski parlait).

Guarda e passa, cryptique…
on n’est libre que lorsqu’on s’en fiche,
un faux mauvais, qui prétend être maléfique,
juste parce qu’il est malheureux, pauvre qui triche…

Puis vient l’effondrement de l’aube et des illusions
(après Aristote, il n’y a rien)
et le silence prend la forme d’un labyrinthe où errent des pigeons
avec des cœurs ravagés par des nuits sans fin.

Le vent s’effondre par des peupliers jaunes d’allumage,
comme le soleil brisé par les nuages.

Après, sur la vieille terre sèche,
c’est moi qui m’effondre en vacarme,
la plus profonde fontaine de prêche,
et dans l’eau claire comme une larme,

en chantant le rêve d’une nuit plus blanche que la neige, j’aperçois
un visage qui me regarde embarrassé
et je me dis: c’est bien moi,
voici l’homme que je suivais…

 

Le doux vent de septembre passe ses doigts par mes cheveux,
Les gens, dans la rue, se penchent comme les arbres,
Quelques châtaigniers murmurent des feuilles de feu,
C’est l’automne et j’attends ma naissance d’un rude marbre.

C’est comme ça chaque année: j’attends l’aube du futur,
Sur cette vieille terre par les mots traversée,
Il y a d’indifférents dieux en pierre qui m’entourent,
Et j’attends à me naître de quelques idées.

C’est comme ça chaque septembre, une prière oubliée
Sur le bord où les vagues dansent avec les nuages,
Parmi les épaves de cette petite Voie Lactée,

Deux par deux, les étoiles se jettent dans la mer,
Et comme une perle serrée dans son coquillage,
J’attends la naissance et la mort du mystère….

 

Il y aurait encore à dire un mot,
Lumière, ombre, espoir,
Automne, pluie, ou pavot,
Comme un souvenir caché dans un tiroir…

Paroles abandonnées sur des chemins,
Aux monastères perdues dans des déserts,
Comme quelques rêves, en bas d’un parchemin,
Quand on dit : pas la peine, à quoi ça sert…

Il y aurait encore à dire un mot,
Partir, vouloir, rejoindre ou aimer,
Mais dans le vaste crépuscule noir, aussitôt,
Les vieilles paroles nous en restent étrangères.

On ôte les mots comme les vêtements,
Qui porteront l’odeur de notre âme,
Quittés dans quelques coins du temps volent,
Comme de vieilles amphores, en bleu cérame.

On quitte les mots, on perd leurs sens, on tue
Son amertume, dans leur murmure fané,
Laissant une dernière trace de vertu
Sur le sauvage du coeur agenouillé.

Il y aurait encore à dire un mot,
Comme tous les cœurs liés aiment bavarder,
Amour, espoir, vie, rêve, ou mort,
Il y aurait…

 

Je rêve encore que nous, comme deux dauphins, nageons,
dans un immense océan d’amas qu’on conquiert,
après avoir tombé nos murs de Jéricho,
aux chansons de nos coeurs, dans leur marche en désert.

Je rêve encore, à lampe de la Lune, que je tisse
des tapis de nuit en velours des étoiles,
attendant mon errant éternel, mon Ulysse,
pour couvrir ses noirs cieux, comme un voile.

Je rêve encore des prophètes dans des temples vidés,
long cortège, commençant le rituel des torches,
dans une cérémonie en moi-même agenouillée,
Ô cœur, tu seul peux rêver encore, les vieilles neiges…

 

Je voudrais m’envisager
dans les rêves d’explorateurs
pour pouvoir eu t’apporter
l’âme d’une fleur
comme personne n’a vu jamais,
comme Dieu n’a pas créé,
et de mes petites pétales
au parfum de conte de fée,
t’embrasser,
dans un tourbillon d’amas d’étoiles…

Je voudrais que je sois chant
des sirènes,
qui t’amènent dans mon arène
de vampirique affolant,
Je voudrais sans une parole
apporter sur ton épaule
une caresse qui puisse faire
Saints trembler en monastère,
Je voudrais, dès bouts des doigts,
dessiner l’éternité,
mille fois,
sur ton âme bien aimée,
Je voudrais, surtout, t’offrir
dans l’océan des galaxies
une jolie et petite île
de l’espoir d’une nouvelle vie,
le mystère d’un monde nouveau…

Mais je ne suis qu’une ombre
d’un écho
dans une pénombre
et mon âme toute entière
est pareille
à une petite étoile qui veut offrir de la lumière
même au soleil…

 

 

Donne-moi un signe que tu existes encore,
Le vrai, entre les mots et l’ombre !
Je vais tirer la Voie Lactée d’ichor,
Et je vais faire trembler les vieilles terres sombres…

Ma main, comme une caresse, réussira
Te ramener de ce hier très fort,
Et de ma crypte de rêves, se lèvera
Le mot qui peut dissoudre même la mort.

Alors, je vais sourire encore une fois,
Au malaxeur des temps et des trésors,
Du monde et son immense tourbillon d’effroi.
Donne-moi un signe, que tu existes encore…

Maintenant, quand le contour de ton visage
Se perd parmi les ombres du désir,
J’allumerai tes dunes d’amarrage,
Donne-moi un signe, que tu veux revenir.

Je vais illuminer tes voies cirées,
De cette profonde et éternelle éclipse,
Et nous irons ensemble, cheminer,
Dans une immense, suave, apocalypse…

 

 

Tu te demandes pourquoi je suis si pâle
Et mes yeux ont de très longs cernes sombres,
Pourquoi mon vert regard troublé s’affale,
Quand le vent de la nuit tourbillonne les pénombres.

Pourquoi je tue mon chant de baladeur,
Et tous les rêves que je ne sais plus suivre,
Pourquoi mon front couvert de lourde sueur
Se penche, chaque soir, sur une grosse pile de livres.

Pourquoi j’écris ces lignes, comme un envol
Des ailes du triste Icare dans le carrefour…

C’est pour toi, mon étrange rossignol,
Pour les lire chaque soir, à la lampe de l’amour…

 

 

Le feu
Je voudrais te parler comme autrefois,
Après le travail, les vieux, à la campagne,
Assis aux petits feux de bois,
Parlaient avec les pierres et les montagnes.

J’aurais voulu te dire de simples mots
Qui poussaient dans mon cœur en amalgame,
Des mots banals, d’amour, de vie, de sort,
Et des silences qui frappent jadis les âmes.

Mais c’est fini. Mes vieilles paroles dissonent,
Elles se sont envolées, mouettes magiques,
Comme des oiseaux de papier, en automne,
Vers les terres chaudes, aux pays des tropiques.

Sur mes blessures, les cieux carbonisés
Tombent, quand le chant s’arrête sur les branches mortes,
Les feuilles d’automne s’en vont comme mes pensées,
Au-delà des frontières qui neiges emportent.

Je rampe, le vent en face, contre ce monde
Et son vacarme d’alcool, de guerre, de foi,
Puis le lourd silence tombe… J’écoute ondes,
Pierres et montagnes, aux feux, parlant de toi…

Et quand les feux s’éteignent, clochardes brûlages,
Le monde tire le rideau des noirs chlamides…
Je n’ai plus de paroles, j’efface maquillage,
Vieil acteur, resté sur une scène vide.

 

Le chemin du poète
Comme une chanson sur les douleurs du monde,
Comme une odeur de chagrin sur l’autel,
Enlevé d’anciennes sorcières moribondes,
Il passe, comme un poème immortel.

Il porte fièrement ses lourdes chaînes,
Il frappe aux portes, il crie, il supplie,
Pour l’éternité qui s’égraine,
Dans un petit instant de folie.

Il passe comme une offre, un don,
Et derrière lui, les cieux vont fleurir,
Les yeux du poète illuminent le Sidon,
Les montagnes et les plaines lui sourient.

Le chemin du poète c’est l’oasis qu’on rêva,
C’est la branche flétrie d’olivier.
Avec tant de blessures il s’en va,
Que son chemin est tout une vraie plaie.

 

Quand les châtaigniers
Mes genoux connaissent la prière
De ces crépuscules marqués d’aura,
Quand ils ressentaient l’amour en chimère,
Quand ils ressentaient l’amour qui s’en va.

C’était quand les châtaigniers en fleur
Crépitaient en chanson des tambours,
Mes joues changeaient mille papillons de couleurs,
Et je me demandais que c’est l’amour.

C’était un temps de frémissement de la lumière,
Quand les légendes fleurissaient les cieux,
Et les dieux veillaient dans leurs ombres bénis,

Au but des rayons, le soleil brillait d’aveux,
Je me demandais que c’est la vie,
Tandis que mes genoux apprenaient la prière…

 

Le pourquoi
Assise au miroir, je me demande pourquoi
tout semble aller bien, pourtant ça ne va pas…
Je trouve que je suis assez jolie même belle
mais sans me comparer avec des anciennes „elles”,
Je pense que je suis assez intelligente
bien que mon esprit est plein de trous génants
qui ne seront vraiment jamais de tout remplis,
Je semble avoir un bon comportement très libérale
en matière de sexe et de ces choses intimes –
qui en effet toujours m’ont fait visage rougi
meme les banales,
secrètement, terrifiant mes rimes…
Je pense que je me présente assez civilisée –
quand à l’interieur je me sens vif hurler,
Je pense tenir à l’écart noble –
quand en effet je veux même mordre,
Je pense que je suis correcte –
bien admettre qu’indirecte,
car je ne sais pas ce qui est juste
pour moi-même, pour les autres aussi,
Je semble douce quand je suis fruste,
Je pense que-assez charmante je souris
quand tu aimes toute une autre fille,
Et que j’ai maîtrisé si bien la douleur
sous mon joli sourire de l’exterieur.

Parfois, je pense pourtant que quelque chose ne va pas,
ma vie est un combat en vain.
Puis je comprends et j’ai honte du pourquoi,
dans le néant plonge entière toute ma philosophie
et je ressents une nouvelle terrifiante douleur sans fin,
La jalousie…

 

Je marche
Je marche comme l’unique bédouin
Dans le désert cherchant la voie d’éveil,
Comme dans un temple vide, un pèlerin,
Comme l’assoiffé cherche une nouvelle merveille.

J’ai oublié la peur, la faute, la haine,
Mes carrefours sont les blancs chemins pareils
A une chanson des sables inhumaine,
Ma caravane c’est moi et le soleil.

Je ne sens plus les tempêtes qui m’inondent,
J’ai perdu mes pensées, rien n’est plus sûr,
Mon âme est un souvenir des autres mondes,
Comme un stilet dans une éterne blessure.

Parfois un oasis je crois avoir vu,
Mais je ne peux plus courir vers chaque pré,
Je marche dans le désert des rêves perdus,
Cherchant le but de tout immaculé.

Vous, qui me regardez, devrez savoir
Que même si je ressemble errer par toutes les voies,
Même si je chante, je crie, je ressemble vouloir,
Oh non, celle qui ”je marche”, ce n’est pas moi…

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 Chanson tard 

Tu es venu des lointains,
Une danse aux étoiles bleues et sauvages,
En creusant sur les froides étendues de mon ermitage,
Une troublante vague, océanienne.

J’ai siroté ton âme en effleurant
Des sauvages lotus sur le vert gravier,
Surprise de l’infini de ton esprit fier,
Ignorant la perte, en te perdant.

Ça c’est passé. Il m’est resté, après t’avoir perdu,
Un charme que tu m’as tout le temps caché,
Me sont restés bords nus et, assoiffée,
Ma peine de ne t’avoir jamais connu…

 

La vie – des pensées au milieu de la nature –

La rivière ne sait pas combien de larmes porte
dans son chemin vers la mer,
même si elles sont à vous …

Ne regrettez-vous pas la neige
parce que vous vous ennuyez du soleil,
mais que l’harmonie
est plus que l’ennui du bien.

Comment peut-il y avoir un point de montagne, sans l’écart autour de lui?
Aussi, sont le comble du bonheur,
et l’abîme de la douleur.

Ils passent aussi
un grand amour, une grande douleur, un rêve …
mais sans eux, combien nous sommes petits?
Et ce n’est rien:
les petits choses sont aussi temporaires…

L’intelligence, l’éducation, la culture nous enseignent ce qui est bon, juste, beau;
le coeur nous montre à quoi bon.
Va à l’absolu,
regarde à travers le prisme de grands nombres,

Rêve la pure lumière,
même si tout est relatif …

Le ruisseau a son cours;
aussi – l’amour, le destin, la vie …

Pensez-vous que la pierre reste la même, après le passage de l’eau?
Nous aussi,
nous ne serons pas les mêmes …

Nous sommes des structures de l’avenir,
pas des instantanés du temps,
nous avons des besoins qui diffèrent d’un âge à l’autre;
ce qui nous a suffi hier,
aujourd’hui il nous est étrange,
parce que nous nous transformons à chaque instant,
et différemment,
pas „les deux” de la même manière,
même si nous avons commencé de la même façon, un jour …

Chacun de nous trouve sa propre vie
à chaque instant,
dans lequel des rêves disparaissent
et de nouveaux rêves se produisent.

La beauté de l’amitié est comme un parfum des fleurs;
même si la fleur est disparue, gardes son parfum dans ton âme,
où rien ne s’estompe pas,
les cendres sont seulement de la poussière d’étoiles …

Quand il vous semble que la tempête a changé votre vie,
rappelez-vous qu’elle ne pourrait jamais,
même si le cours de la vie était ou non prédéterminé.
Et puis, ce sera juste une tempête.

Comme le soleil
supprime les traces de la tempête,
un sourire guérit les blessures;
apprenez à pardonner
à vous-même.

Il semble que ruisseau avec ruisseau peuvent bien s’entendre,
quand ils réunissent leurs eaux dans un seul cours;
que feuille avec feuille peuvent bien s’entendre,
quand elles se réunissent dans un seul soupir;
Oh, combien de fois j’ai pensé que je comprends mieux
la voix d’un ruisseau
ou d’une feuille,
que d’un homme …

 

Les éternels commencements 

Le sens unique c’est ennuyeux,
même s’il s’agit d’une route qui monte

Nous quittons des passions, des gens, des idées,
pour de nouveaux commencements

sur des routes cachées
– comme des sauvegarde destinées –
jeu d’enfants peint dans le sable

et souvent chemins fermés,
mais qui aurait arrivé à la fin, pour s’en soucier?

Quel est le but final d’une passion,
d’un amour,
d’un rêve?

Le but final est la fin.

On quitte des routes qui grimpent
à sens unique et ennuyeux
vers la mort

en trompant le destin
sur les chemins étourdis
des éternels commencements

des passions
des amours
des errants…

Avec une inutile timidité,
Quand la vie se tait et tu n’oses pas l’inquiéter

En passant sur le bord des chemins du détour
on sème du temps,
pour y augmenter des éternités,
que nous laissons derrière
quand l’éternité devient routine

même si nous n’aimons pas les chemins
qui montent sans nous

Et parfois nous sommes seulement le décor
du sens unique.

 

Il neige

Il neige parfois, avec nostalgie,
Quand les nuits et les jours s’enfuient lentement, à peine,
Il neige avec des mots, dans la poésie,
Il neige avec des étoiles qui brillent sur mes gènes.

Sous mes lourds pieds, la neige pleure à voix basse,
Et le bonhomme de neige pense
À l’ancienne odeur de pommes au four,
Que le vent porte, parmi les avant-toits, à son tour.

Des fenêtres fermées m’entourent à tout lieu,
Où les tristes couchers de soleil battent,
Des mots provisoirement remis en jeu,
Et la lune parmi les glaçons qui pendent.

Je ferme la pelle à main comme les gourmets,
Quelques larmes parmi les mains, s’en sortent,
Un flocon de neige traverse des sonnets,
Dans lesquelles, le vent fatigué, s’endort.

Pendant que je lutte avec un dernier effort,
Les lourdes neiges me rapellent, après la gloire,
Que le temps est lui-même en retard, qu’il est tort,
Et je vais trouver seulement votre ombre, dans ma mémoire.

Il semble, cependant, une poutre en arc d’été,
Parmi l’éclatement des nuages qui sonnent le clairon;
Sur les pierres de la douleur, dissipé,
L’hiver drain comme un fleuve de larmes, en leur son.

Sur ma poitrine, comme une plaie embrassée,
Je rassemble un morceau de ciel et un coin de la lune,
Et dans mon rêve, pour la première fois, eclairée,
Main dans la main, je pars avec vous.

 

Je passe 

Je passe, voyageur solitaire, parmi les étoiles et je vais
Chercher l’inconnu…
Mes éphémères dieux sont seuls en moi, tu le savais,
C’est mon voyage, coeur nu.
Le soleil brille dans tes regards magiques,
Rêve sans visage,
Sur l’infinité de neiges des montagnes mystiques,
Pendant que ces versets sont mon seul équipage.
Belle pensée,dans mon oeil pluvieux,
Qui m’apporte, le plaisir qui tue, toujours froide,
D’une mantie de ce ciel poussiéreux
Je t’ai fait une ballade,
Perdue dans la pensée des nobles attitudes,
Pour d’autres mondes, sans temps et fierté,
Quand je serais seulement le mémoire de mes solitudes,
En attendant, pour nous, une prochaine volupté.

Je suis l’océan qui coule sans ma vie d’une seconde,
Qui s’envole, parmi des continents comme un nuage ronde.

Ton pays est dans mes rêves,
Fragile comme une soiree d’été,
Et avec le vent qui brise tu t’enlèves,
Un etranger perdu vers l’étérnité;
Peut-être nous sommes le même rêve sublime,
Tu vis dans ma mémoire, pour y toujours durer,
Mais ce qui nous sépare c’est l’ abîme
De l’écart des chemins qu’on passe sans retourner.

 

Chaque soir 

À la place de mes armes,
Au-delà de nos absences,
J’ai mis les larmes
De nos silences;
Au lieu de la douleur qui s’efface
Je turne le grand rideau noir
Sans plus qu’une trace
D’espoir;
Je m’enfuis comme un voleur,
Dis, comment j’aurais pu faire face?
Ça me fait peur,
Entre le feu et la glace…

Je suis l’ombre
Qui frôle la détresse,
Chaque nuit blanche, chaque jour sombre,
Vient ma tristesse;
De mon état sauvage,
J’ai souvent passé mon tour
Vers l’orage
À donner tant d’amour,
Et l’enfer est l’ espoir
De mon coeur,
Je meurs chaque soir,
Illusion de douceur.

 

Triste fleur 

Comme aux âmes bien nées, la valeur
N’attend pas le nombre des années,
C’est aussi que le mal vient; triste fleur,
Sur un désert d’idées,
Déluge de mots répandu,
Coeur perdu,
Tout passé,
Tout cassé…
Parmi des larmes
Je pars vagabonde,
Infinité de charmes,
Jusqu’au bout du monde.

 

 

Le jeu
L’aube brille timidement dans tes yeux,
Derrière l’histoire de la vieille Arcadie.
Toi, mon oasis au désert et mon rude cheval bleu,
Je te propose un jeu de destin et de vie.

C’est le jeu du mystère absolu, pour nous deux,
Un jaune matin d’automne, à jamais oublié,
De tous les amours et de tous les adieux
Qui dans nos coeurs sauvages n’ont jamais su crier.

Tu es loin et seras de plus en plus loin,
Tout comme les étoiles et les anges du haut.
C’est pour cela que sans tout cortège et témoins,
Je t’invite à une rencontre unique, dans un mot.

Ce sera mot d’amour, de peine ou de guerre,
Jeu d’une course magique de la vie et la mort,
Ce sera mot des neiges et de tous ces hivers,
Qui même pour nous deux, sont de plus en plus forts.

Ce sera mot d’amour et hasard, dans un jeu
Où il n’existe plus en soi, le réel,
Étonnante découverte du voyage mystérieux
Où le rêve est l’étrange magicien atemporel.

Ce sera une seconde plus que l’éternité
Que le temps moud à ses moulins à vent,
Ce sera la maison où toi seul es entré,
Sur les quais désertés d’un soleil amarrant.

C’est un jeu. Tu m’accueilles exilé sur le bord
D’un seul mot qui unit, et divise;
Moi, cachée dans les métaphores en recherchant mon nord,
Dans ce mot m’agenouille, comme dans une sainte église.

C’est un jeu, simple jeu et je ne demande rien.
Prisonnière de tous les cris que j’amasse,
En errance sur le chemin de fumé qui est tien,
Crucifiée sur les épines de ma prière, je t’embrasse…

 

Mythologique
Aller aux lointains, chercher la Blanche Forêt,
Pour retrouver les rêves mythologiques,
Dans l’âme des oiseaux qui survolent en ballet,
Ce monde d’un vaste tombeau électronique

Trouver la lune brisée par les cris des grillons,
L’Olympe du vieux Homère et les Titans,
Chercher au bout du monde et de son tourbillon,
Où s’est-il envolé, l’amour d’antan

Aller porter sur les cieux fanés,
Dans tous les temples vides des faux dieux,
De blanches statues pour recréer les fées,
Et allumer, comme Prométhée, le feu

Chercher les âmes perdues, réinventer le monde,
Et recréer l’histoire dans les vers des chanteurs,
Et ensuite, offrir l’éternité dans une chaîne ronde,
Pour exprimer ce pauvre, sauvage amour, du cœur…

 

 

Passer…
passer, portant la peine de cette étoile,
agonisant par les froideurs d’automne,
la poitrine nue, déchirée comme un voile,
y arracher une ancienne icône

chercher toujours quelques nouveaux Golgothes,
dont les hauteurs personne n’a su monter,
au milieu de toutes les sombres grottes,
chercheur d’un petit rayon qui brillerait

ne partager ni d’amour, ni de haine,
jusqu’à ce jour, quand de la neige couverts,
dans l’éternel qui veille nos souterraines,
nous nous rêvons forêts, dans les déserts…

 

Le château des fantômes
Il faudra baisser les ponts du château.
Pendant des siècles, nous sommes enfermés,
Ils sont presque rouillés, nos ailes de corbeaux,
Nos épées rêvent de la paix, abîmées.

Les temps des légendes perdues nous amassent,
Le vent porte aux pics nos voix gémissantes,
Nos seuls ennemis sont les années qui passent
Et personne n’a plus peur d’un fantôme triomphante.

Il faudra baisser les ponts du château,
Aller d’alentour, chercher d’autre sort,
Quitter l’éternel dans son caniveau,
Nous avons le droit de repos et de mort…

Laissez les trompettes sonner pour la vie,
Dans de petites maisons, des amours nous attendent,
On ne veut pas de trophées, on sera ravi
De quitter ce château des amours de légende.

Nos mains restent tremblantes, hilares, sur l’épée,
Et nos genoux craquent, devant l’ahurit,
La belle nous regarde, toujours assoiffée,
La main sur sa faux, avide, elle sourit.

Nous ne voulons plus de murs et de grottes,
De cette offensive massive en pierre,
Voici, c’est le temps que même Don Quichotte,
Vieux, attristé, renonce à sa guerre…

Adieu tour, tranchées, et toute cette pierre forte,
Si tout cela s’enfuit, aux cieux, comme une blague,
Passeur, ferme d’un magique verrou notre conte,
Et puis jette la clé, dans les vagues.

Passeur, baisse les ponts sur les murs qu’on fracasse,
L’histoire de nos rêves est vraiment délirante,
Nos seuls ennemis sont les années qui passent,
Et personne n’a plus peur d’un fantôme triomphante…

 

À travers la forêt
J’allais à travers la forêt
l’âme vide et lourde paraitre
et dans chaque feuille sur ma vois retrouvée
je reliais tes lettres

ces belles paroles beaucoup aimées
qui ont fait vibrer mon coeur à surprendre…
Je mordais mon âme pour ne pas pleurer
mais je parais mordre la cendre.

Mon âme était un crumble des statues
tombées, petit à petit, par un démon
en démolissant en moi l’éternité vêtue
en bougies allumées, au temple de personne.

Comme j’avais commencé ce conte
les yeux rêveurs de vagabonde
et les pensées portées loin par le vent
vers tous les coins du monde!

J’étais heureuse, chaque mot, chaque fois
chacune de tes pensées
où je me trouvais chez moi
et confiante j’étais…

Alors,
d’où il est apparu
ce froid de la mort
et tout ce désert, assez cru?

C’est comme si toute la forêt s’est tue,
les oiseaux dans tous les arbres
sont restés comme des statues,
et les fleurs fondent dans les marbres

et dans toute lointaine qui m’entame
je ne trouve plus une seule vérité
l’une seule, à l’inculquer à mon âme
l’une, au lieu de toutes les vérités d’hier…

Je me suis assise sur l’herbe, épuisée,
mon corps était lourd comme un cimetière
j’avais envie de pleurer
chaque feuille me rappelait une lettre d’hier

lettres que je voulais effacer
avec mes larmes, car elles étaient
mes chers souvenirs trop douloureux
quand mes pensées dansaient souvent
d’un coeur bienheureux,
emportés par le vent
aux quatre coins du monde,
et j’aimais chaque pourquoi
et chacune de tes pensées fécondes
auxquelles je me sentais chez moi…

Alors, au lieu de pleurer,
Parmi les fleurs
j’ai sourié,
Mais mon sourire me blesse, tout comme un pleur…

 

L’homme des Neiges
Tu apparaissais de plus en plus rarement,
De tes pays des contes, des princes et fées,
Comme une fin oubliée par le commencement,
En défiant la malédiction, d’encore rester…

Les bergers te regardaient chaque fois,
Questionner les immenses neiges païennes,
Avec les grands ermites en argile, dans les bois,
De ta vieille foi, océanienne.

Ensuite, tu t’es perdu parmi les neiges
De ta dignité, assez lointaines…

Je regarde souvent après le cortège,
En attendant, toujours, la fois prochaine…

 

Mes mot
Mes mots, comme l’herbe et le vent,
Se sont endormis sur les chemins,
Dans les cendres d’orées du présent,
Comme dans son nid lacé, le jasmin.

La nuit baisse ses stores dans une danse
Des rêves qui rappellent d’autre âge,
L’amour quitte les mers vers une anse,
Demi oublié amarrage.

Les mots viennent sur l’herbe se blottir.
Passe silencieux sur leur sourit,
Ne remue pas leurs vieux souvenirs,
Vers d’autres mondes, qui flottent dans l’oubli.

Et comme la rosée à cueillir,
L’aurore, leur sommeil, incendie,
Comme un envol des corbeaux en avenir,
Dans nostalgiques spirales alourdies.

Demain, si nous errions sur ces plaines
Au parfum des bouleaux en mille fleurs,
Comme dans une légende Tibétaine,
Leur magie cachera le bonheur.

Mes mots dorment profonds, tranquillement.
Passe silencieux, ne pas les réveiller,
Car ils peuvent habiller, de nouveau, l’herbe et le vent,
Dans une robe blanche, pour la noce neigée…

 

Mes nuits
Je parle souvent avec mes nuits.
Elles me demandent pourquoi mes jours s’enfuient
Comme des navires dans l’horizon lointain,
Vers des orages perdus sur les marins?

Pourquoi ils reviennent très tard, quand le soleil
Va s’endormir sur des abîmes pareils
A des immenses éternités de rêve,
Pour y attendre l’aube qui se lève?

Pourquoi mon être de larme reste caché
Derrière mille serrures, enfermé sans une clé?

O, mes nuits, vous ne pouvez pas comprendre
La solitude d’écart, qui doit s’épandre…

 

Fondement
Ne doute jamais de ton argile
Qui te possède, discrète et anonyme!
Ton âme reste éternel, même si fragile,
Dans notre dernière nuit d’abîme…

Ne doute jamais de l’argile de tes rêves,
De tant d’amour qui coule dans tes torrents!
Un règne des bâtisseurs monte dans nos sèves,
Vers un toujours nouvel accomplissement.

Mets ton jeune corps comme une brique de mie,
Ton cœur, comme un insatiable feu!
Celui qui construit, c’est lui qu’il a bâti,
Dans une onirique Atlantide des Dieux…

 

Errance
prisonnière de l’automne, m’habillant par la pluie,
abritant les silences monotones,
je cherche sur les vastes bords du monde un appui,
dans ce tourbillon de feuilles et d’icônes,

qui errent tous mes rêves et fouettent mon sang vif,
comme une interrogation au miroir,
sans réponse, dans ce petit univers affectif
d’amour, de guerre et d’espoir.

prisonnière des sources des grands nombres, du monde,
de la lumière et du feu,
en vain recherchant mon âme vagabonde,

sur l’infini désert des nuits et des jours,
je prie tous les noms des dieux,
pour une petite oasis de paix et d’amour…

 

Plaie d’argile
La vie n’est que rêve et l’amour n’est que jeu,
les deux inventés par le bon vieux temps,
qui passe, éternel dans son marbre de feu,
vers d’autres histoires parallèles, souriant…

l’amour est un petit flocon de neige blanche
qui fond dans ma main maladroite, étonnée,
la vie est un vol de pigeons, avalanche
qui passe, traversant, traversant mes années…

fragile et assoiffé des révélations,
on se perd dans des coins de désirs,
le cœur couvert de cicatrices et décorations,
dans un jeu rituel, initiatique, à bénir.

on n’a pas de corps, on vit en statues,
on donne aux silences nos noms,
et quand l’herbe et la terre nous rappellent, on restitue
aux vents déchirants, la bleue toile d’illusions.

les mots des poèmes s’en vont vers nulle part,
les chaines de larmes seules créent des metaphores,
on ne vit que sous la chapelle de l’art
et le jeu des idées casse dans de vieilles amphores.

pourquoi Dieu a créé tant de nuit,
que mille et mille années de lumière ne peuvent pas
éclairer les ténèbres des sens interdits,
pourquoi rêve, amour, haine… pourquoi pas…?

des constellations, comme d’indifférentes gares,
m’entourent et s’éloignent austères,
mes bleus chevaux passent d’horizons et s’égarent,
la plaie de l’argile de mon âme cherche la terre.

la vie est scène vide; trop tard, tout arrivage,
et tout ce qu’on aime partent trop tot,
seule dans ma cabine, j’efface le maquillage,
les vieux moulins à vent broient ce dernier mot…

 

Elle était juste une plume de scribe
elle était juste une plume de scribe,
ses mots volaient dans une folle danse,
correcte parfaite, ce qu’on inhibe,
vivant une ironique romance.

une plume de scribe qui n’aimait pas les mots,
qui s’enfermait en rêve terrifiée,
car vers le minuit, de ses sanglots,
sortaient, pures, vraies et solides, les idées.

destin fermé dans la banalité,
après avoir brulé ses ailes songe-creux,
elle a vu, une nuit, le secret des secrets:
l’absolue vérité, la vérité pour deux.

tout comme une médiocre nostalgique,
elle accrochait, d’une vive volition,
la chaîne d’idées qui menait, synergique,
son chemin en milieu de son émotion,

et s’avança dans ce vif sentiment,
comme dans un ténébreux et lourd coffin,
car ce chemin menait, vraiment,
se rapprochant, en même temps, de la fin…

Peu importe la beauté d’une chanson, elle serait
tout après, couverte de silence, on témoigne,
alors, les pétales de toute fleur vont tomber
en son des pas dépêchés, qui s’éloignent,

mais le silence, plus lourd que la musique,
nous dit que tout ce qu’on ne vit pas au temps
sera perdu à jamais, et volcaniques,
dans la souffrance mourront tous les printemps…

c’est comme ça quand le moulin à vent est trop grand,
ou quand on n’a pas l’audace de lutter,
ses mers resteront de petites piscines, quand
il faut s’en aller, sa solitude scruter,

la vie est un jeu, tout espiègle,
on trouve même au soleil beaucoup de taches,
ce jeu, il faut avoir pourtant une règle,
même si l’on sait, la vérité c’est ce qu’on cache…

on ne peut pas lutter pour la tendresse,
quand entre eux, l’air est de plus en plus, trop rare,
et parmi les étoiles en belle richesse,
la nuit coule, infiniment, et les sépare…

on vit dans l’attente, comme un vieux soudard,
on lance tout le temps les dés sans le savoir,
on marche vers nulle part, on arrive toujours tard,
on attend un train qui passe toujours sur un autre trottoir…

elle était une plume de scribe qui avait perdu le nord,
entre la vie et la mort, fatiguée,
indifférente si va trouver jamais le bord,
quand l’herbe du silence va pousser…

 

 

Osmose
Sur la Terre des Grands Neiges,
Un espace loin, de rêve,
Aux forêts en cortège,
Frémissant dans mes sèves,

Tu m’attends, entouré
Des arbustes insolites,
Que le vent fait geler
Comme de froides stalagmites,

Au milieu des poèmes
D’Essénine tu m’attends,
Pour voler sur les steppes
Russes, comme deux feuilles au vent,

Dans un chant de l’osmose
Des sauvages idiomes,
Comme une forte symbiose
Entre le ciel et l’homme.

Sur cette terre de l’autel
Des rayons en solfège,
Tu m’attends éternel,
Toi, ma Terre des Grandes Neiges…

 

Pastel
Les flûtes d’ombre chantent une somnambule romance,
Le vent furieux morde avide de la mer,
Au crépuscule déchiré, les étoiles dansent,
Avec les poissons dans un étang de verre.

Les épines des roses blessent l’aire de la masse,
La nuit bat ses ailes en vol des goélands,
Dix magnolias fleurissent près d’une bécasse,
Comme Dix Commandements, que Moïse répand.

Les nuages sont restés de pierre sur le bec
De la crête des montagnes, berceuse des angelots,
Soixante et quatre soleils jouent aux échecs
Sur la plaine dessinée au sang des coquelicots.

Le chant des grillons tisse des bleus souvenirs,
Les arbres poussent loin, sur la lune,
Les chiens aboient, la brise abasourdir,
Moitié chaude, moitié brune.

Des jeunes aux corps de cannes, fatigués de baiser,
Des filles aux cheveux longs de blé mûr en bourgeon,
Avec des flammes aux yeux, se noient dans la rosée,
Et brillent comme des chevaux blancs, en chassant l’horizon.

Voici des garçons qui ont des yeux très verts,
Comme les courageux taureaux des corridas,
Chacun a un tricorne aux quatre coins désert,
Dans la procession des nymphes d’Aeneas.

Une rivière de feuilles entaille l’aube brillante,
Les yeux de Neptune croisent quelques étranges matins,
La nuit agenouille sur le rivage des vagues dansantes,
La mer baisse sa tête sur l’épaule célestine.

Hypérion pleure par le saule ébouriffé,
Les anges sonnent les cloches des étoiles,
Les rêves dorment sur des lits de lys d’Orphée,
Des dinosaures descendent à plumes de voile.

La rivière chiale au pied de la montagne,
Sous la noire voûte de la nuit, brisée,
Traversée par des cerfs solitaires. Sur la fagne,
Le silence s’effondre dans mes intimes pensées.

La lune casse en larmes qui inondent les gens
Du « Pays-Jamais », qui passent accidentel,
De mes côtes, l’une est restée à Éden,
Où papillons frémissent dans mon âme pastel…

 

La nuit
La nuit, cette vieille dame fatiguée,
Ouvre les boutons de ses vêtements,
Laisse tomber sa robe et déshabillée,
S’assied sur son fauteuil de vagues serments.

En commençant le rituel des torches,
En long cortège, des milliers d’étoiles
S’allument dans la cérémonie qu’écorche
Le cri d’un seul hibou, qui dissout le noir voile.

Dans le silence qui pèse le lointain,
Sur des vastes plages des carrefours en balourd,
Quand toute l’immensité s’endort, en vain,
Les pas de mes pensées tombent, plus en plus, lourds.

Parmi les ombres qui m’envahissent, tristes vestales,
Dans cette maison des forts cris de secoure,
Je mesure le vaste noir qui s’installe
Entre moi et toute chose qui m’entoure…

 

Croquis
Regarder chaque matin par les fenêtres de l’absence,
En attendant l’aube de l’éternité,
Redessiner mille fois les types du bonheur qui est innocence,
Dans une fiction par soi imaginée,

Loin de l’obsession vulgaire d’horreur
D’une sexualité profane du monde,
Perdu dans la maladresse d’un coeur
Devenu un intellectuel organe d’aronde,

Quand l’excès d’intelligence rend parfois
Nerveux, instable ou trop ambitieux,
Se trouver dans des impossibles situations, mais à la fois,
Impermeable aux tempêtes des faux cieux,

Impuissant comme Christ qui s’est laissé tué,
Errer dans un transfert au-delà des murs,
Sur des espaces très vastes et désertés,
Chercher, à tout instant, le plaisir pur…

 

La pluie
La pluie est tombée pendant toute la nuit,
Dans cette maison où tu seul es entré,
Les gouttes de ciel en monotone bruit
M’envahissaient par mes cheveux mouillés,

Par ma blanche robe coulée sur les pieds nus,
Et mes pétales tremblants, timidement,
Un être entre femme et fleur, je ne sais plus,
Et par mes rêves brillants aux yeux d’antan.

Les nettoyeurs venus vers le matin
Auraient trouvé sur le sable sali,
Au lieu de moi, juste quelques traces, dans le jardin,
De coquillages, d’étoiles et de minuit…

 

 

Tu
Je te cherche dans les bois des sapins, je te cherche,
Dans les herbes et les fleurs, je te cherche dans mes neiges,
Dans mes cieux boulversés, dans le froid de l’hiver,
Je te cherche dans un monde magique de mystère,
Je te cherche dans mes rêves au parfum de l’espoir,
Dans un monde irréel devenu triste miroir,
Je te cherche dans chaque pierre, chaque rayon de soleil,
Chaque endroit d’Univers, sans toi, n’est plus pareil,

Je te cherche… tu es là, dans la douleur du monde,
Tu es là, dans le cri de la rue qui inonde
Mes pensées, qui s’égarent dans un monde inconnu,
Eclairé d’un seul, magique, soleil… Tu!

 

Mon beau rêve
J’ai un rêve, un beau rêve, que je retrouve chaque soir,
suspendu d’un rayon de la Lune, pour s’assoir
quelque temps, sur mon sang orageux, qui m’inonde.
Le matin, ils vont vers l’autre partie du monde…

C’est la Lune que j’attends chaque jour, mon amie,
qui apporte mon beau rêve et l’espoir, chaque nuit,
j’aime la nuit, les étoiles, mais je ne sais pas pourquoi,
chaque matin, lune et rêve, ils s’enlèvent, chaque fois.

Parfois même, en plein jour, je ressens sur ma joue,
les douces traces de ses cils et leur dernier bisou,
tout le monde disparaît, je me perds juste comme ça,
et je fais un clin d’oeil, au soleil, qu’il s’en va.

J’attends presqu’endormie, qu’il vienne, doucement,
je prétends, mais je saute, je l’embrasse fortement,
je caresse chaque trace du son long chemin vers moi,
et j’ai peur, chaque matin, qu’il ne reviendra pas…

Si un jour cela aura se passer, je ne sais plus
qu’est-ce que je pourrai faire, mon cœur vide, mon âme nue,
mais j’ai, près de la porte, sac à dos, préparé,
pour partir, le chercher, sur toute Voie Lactée!

 

 

J’ai peur…

J’ai peur de te dire ce que je sens,
c’est pour cela que j’écris, peu sensé,
ces mots que je mets, en passant,
jour et nuit, sur ma petite voie lactée.

De là, ils tombent sur la terre
et poussent dans les fleurs que tu vois,
qui rient, dans la lumière,
chaque fois quand tu penses à moi.

J’ai peur de chaque nuit qui s’achève…
As-tu regardé les étoiles?
Elles sont juste mes larmes qui s’élèvent
Pour couvrir tes nuits, comme un voile.

Dès vagues de l’ocean, en chantant,
au coeur du volcan qui m’avère,
je prie qu’il t’apporte, le bon vent,
chaque fois qu’il te touche, un baiser.

J’ai peur et chaque jour je m’invente,
dans chaque doux soleil qui t’embrasse,
j’ai fait de mon âme flûte qui chante
ton nom, dans une éternelle danse…

 

 

Ma noce
Je savais qu’une chose d’étrange se passait ce soir
Le vent s’était assis avec nous à de longues tables royales
Les étoiles s’étaient dispersées dans les arbres noirs
Ma mélancolie tremblait de sa vieille peur diluviale.

Le silence tombait dans de grosses gouttes
Et les mots pointus déchiraient l’âme
C’était un jeu des espoirs à genoux, sur la voûte
Des sauvages espoirs, à genoux de l’infâme.

Sur un rivage où le soleil se jette dans ses rayons
Et nous nous sommes assis à de grandes tables de gloire
C’était notre noce nos fanions
Mais tu étais sorti de l’histoire

Et tu m’appelais en frisson
Dans la pluie torrentielle des têtes des poèmes tristes et fanés
Et puis j’ai entendu ta Chanson
Et notre noce s’est terminé.

J’attends ma punition
Assise à des tables vides
D’où tous les mots s’étaient enfui de cette malédiction
Effrayés par tes silences si doux, chaudes et chrysalides

Les vautours descendent dans mon âme déchirée en notules
Par des souvenirs harassées
Et puis je commence à m’infiltrer dans le crépuscule
En rampant vers le passé

En couvrant ton ombre avec ma peau brûlée par le baiser inassouvi
Sur la corde danse étrange ma mélancolie
Quelle belle noce nous avons eu mon amour

Dieu est resté seul à la table royale
Il est triste comme un vieux vautour
Et il ne sait pas quoi faire de ses larmes nuptiales.

 

 

 

Aux limites de mes rêves
Aux limites de mes rêves,
Le frémissement des forêts
Me rappelle, sans réserve,
Mes amours, temps inquiets,

Les montagnes des Golgothes,
Où j’étais herbe et vent,
Des apôtres, les grottes
Perdues dans le temps,

L’infini qui fleurit
Par les timides bourgeons
Du mon coeur, qu’il récrit,
Pendant que nous soyons

Les pétales dispersés
Par des tempêtes solaires
De l’abîme des pensées,
Papillons angulaires,

Dans une orgie cosmique
Qui est juste mon abîme,
Un enfer volcanique
Des orages qui supriment

Le berceau des couleurs,
D’une mémoire collective,
Par les cinq sens des fleurs,
Sur mes branches tardives,

Aux limites des étoiles,
Qui brillent dans mes yeux,
Violon qui dévoile
Les caprices des Dieux,

J’ai, parfois, à l’extrème,
Comme l’étoile qui s’élève,
L’impression d’être moi-même
Une forêt, aux limites de mes rêves.

 

Les mots d’amour
Tant que le silence grandit, trépas,
Dans une histoire à moitié quittée,
Mon âme est un tapis de feuilles devant tes pas,
Les mots d’amour dorment oubliés;

C’est moi, seulement, une éternelle fantôme,
Qui les recherche à pas perdus,
Errant comme dans un parc de Vendôme,
Toute seule, comme une magnifique statue.

Je suis tombée à genoux en moi-même
Comme dans un temple nu, au réveillon,
Pendant que les paroles des poèmes
S’envolaient sur les ailes des papillons.

Et même si tu me souris de chaque vers,
Je sais qu’il est trop tard, j’ai froid, j’ai mal,
Et je m’en vais, portant, par l’Univers,
Ma nostalgie d’une ancienne spirale…

 

La lune
La lune nous regarde tranquille,
Ses yeux nous caressent avec joie,
S’endort, peu à peu, toute la ville,
Nous sommes restés seuls, toi et moi.

Le monde est parti dans l’histoire,
La nuit tire son très noir rideau,
Pour vivre ses pages de gloire,
Le temps s’écoule dans son ruisseau.

Je coule des années qui me trompent,
Mettant l’avenir en balance,
De l’éternel que je corromps,
Car moi, je suis même l’enfance.

La lune nous regarde d’une tendresse
Que nous recevons avec émoi
Et dans une mirifique caresse,
Nous sommes restés seuls, toi et moi.

 

L’automne
L’automne a gagné. La saison de retour
En nous-même, par les pluies monotones,
Quand mon ame se défeuille en tapis de l’amour
Attendant tes pieds le toucher, lourde icône.

La blessure d’un printemps oublié reste encore
Sur une branche estompée au brouillard,
En rêvant aux beaux yeux qui regardent et adorent
Autre coeur qui batte dans son égard.

On entend quelque fois, sur les branches défoliées,
Portatif musical de l’automne,
Que le vent fait vibrer, une chanson retardée,
Ton souvenir sur mes glaces violons.

Parfois même je ressens dans mes mains les douces traces
De ton coeur qui frappait sur mon sang,
Et de son blanc fauteuil, de la Lune pleine de grace,
Tombe une larme qui se perd sur l’étang.

Le tapis des étoiles que j’ai tissé, un vieux monde,
Pour couvrir tes nuits comme un voile,
Tombe à terre et éclate dans la boue quelques secondes,
Et le monde s’effrite tout comme une toile…

 

Poème triste
Pas de rêves ce soir, pas de larmes, pas d’amour.
La Lune seule s’en va sur un pic de montagne,
Dans la forêt, le silence, on regagne,
Et demain ce sera une nouvelle terne jour.

Le matin, même l’aurore semblera ridicule,
Tout sera désolant comme le temps qui s’en va,
Joustement comme il faut, à sa place, tout sera,
Le soleil apportant une nouvelle canicule.

C’est comme ça que l’été passera lentement,
Et puis, parmi tant de nuages, l’automne
Coulera sur les rues dans une pluie monotone,
Dans nos coeurs s’installera l’hiver permanent.

 

Il fait trop froid
Au calendrier, la feuille comme une tôle,
Est blanche, prise d’un étrange hiver
Qui monte, m’arrivant jusqu’aux épaules,
M’envahit et me fait prisonnière.

Je ne savais pas, à ton accueil,
Qu’il serait court notre chemin;
Moi, j’étais feuille, tu étais feuil
Et nous étions dans un Eden.

Maintenant tombent les pluies amères
En mouillant d’automnité
Des croix dans de vieux cimetières
Qui rêvent d’une proche éternité.

Au tour de nos âmes errantes,
On sème des désastres dont on crève,
Et comme une lumière perdante,
Je suis la neige qui te rêve.

Il fait trop froid dans mes poèmes,
Je suis seule et triste, et j’ai tort
De voir tout le monde tel un dilemme;
Personne ne reste plus dehors.

Il fait très froid dans mes pensées,
Mon âme sourit d’une triste misère,
C’est comme si une maléfique armée
M’avait refroidie, je suis une pierre.

Je sens même mon sang se glacer,
Et je me sens toute éperdue,
Je ne sais plus à qui parler,
L’hiver m’emporte vers l’inconnu…

 

Il m’a dit
Un jour, il m’a dit: tu es belle.
Je l’ai regardé attentive,
J’étais son aimée très rebelle,
Toujours en départ préventive.

Une nuit, il m’a dit: reste, mon ange.
Je n’ai rien dit, j’étais prête
Déjà pour un autre rechange
Du rôle que la vie interprète.

Le temps est passé en silence,
Montant sur Golgotha ma croix,
Mais moi, depuis son absence,
Je n’entends que seulement sa voix.

 

Le poète
Quand ma vie devient
Un abîme d’Orient,
Et la nuit vient, elle-même,
Monotone et boème,

Quand les cieux tombent à terre
Dans une basse poussière,
Les étoiles et la lune
Cachent au-delà de la dune,

Sur un éclat du vent,
Dont je suis congruent,
Je me perds dans un mot,
Dans une rime, plutôt…

 

Gloire des neiges
Quand les portes ferment aux yeux des lointains perdus au large des côtes,
Toutes les nuits me retrouvent enfermée dans un millier de serrures,
Je parle jusqu’à l’aube, avec l’autre moi, que j’accote,
Et je cache mes profondeurs solitaires des regards indiscrets des jours.

Je retourne dans la maison que seuls, les souvenirs habitent,
En entendent le rire sinistre du silence, entre sarcasme et pitié,
Je me perds dans les salles des mémoires que les vieux tempêtes abritent,
En m’empêchant, aux coins, de quelques crânes, châtiés.

Je retrouve tous ces poèmes où je t’ai aimé dans toutes les couleurs,
Il y a trop de jaune, de rouge, de bleu, trop de beige,
Et il y a un éclat de lumière qui me crie, accusateur:
Arrête, ferme cet arc en ciel, tu es née pour la gloire des neiges!

Alors, mon rêve se remplit des neiges qui tombent sur ton visage
Que je réécris des souvenirs perdus dans d’autres horizons,
Les couleurs migrent dans l’éternel automne, vers la rouille qui l’ancrage,
Les charnières grinçantes du temps s’enfuient, dans le silence et l’abandon.

Quelqu’un, qui mesure mes mots et mes silences, ferme après moi toutes les portes,
Une côté de moi qui était vouée à être toi, brûle, affolante,
En mutilant le sable, mon corps redevient une pierre accorte,
Et derrière, toute l’immensité reste inerte, impuissante…

 

Il faut chercher 

Quand les yeux sont aveugles, il faut chercher avec le coeur,
Car on sait: c’est de chercher, le bonheur!
La chance est un hasard, le bonheur une vocation ronde;
Se réveiller, c’est se mettre à la recherche du monde.

 

Parmi Hugo et Musset 

Là où finit la terre, tu voles, aigle hautain,
et je chante, comme un rossignol, à mon tour,
mais de tes yeux, je comprends, lointain:
on ne badine pas avec l’amour…

 

L’oubli
Parmi les ruines des cendres du dernier port
Qui élèvent des temples noirs et gris,
J’appelle en séance la vie et la mort,
À signer cette sentence enterrée dans la nuit.

Je jette la blanche ancre de Gahmuret, déchirant les cieux morts,
Qui ferment, avec leurs mille serrures de feu, les jours,
Je peins le crépuscule avec le sang du sort,
D’un ancien stylet perdu dans la blessure.

Les ombres s’agrandissent vers minuit,
Tout au tour, on sent les murs de froideur,
Les clochers du temps sonnent en lourd bruit,
La mort n’est qu’une glace, à regarder les peurs.

Sur la table ronde de la pierre pérenne de l’art,
Les doigts de Graal sont des chemins d’épines sur les envies,
Le monde est un désert au carrefour de nulle part,
Et le labyrinthe de la vie a une seule sortie…

J’embrasse, dernière fois, la trace de ton pas,
Avec la chaleur d’un dernier sourit,
Pour aimer à toujours ce saint moment qui va
Apporter la sentence éternelle de l’oubli…

 

Essai
Dans une grande équation cosmique,
L’esprit de l’océan galactique, dans sa suprême foi,
A fait naitre deux êtres uniques,
Dauphins dans ses vagues au-delà du temps, toi et moi…

Deux mondes qui se cherchent en venant
L’un vers l’autre, deux destinées atemporelles,
Comme deux acrobates du néant, en flottant
Sur de longues cordes tendues vers des mondes parallèles…

Deux maudits condamnés à retourner dans le temps,
À reconstruire mille fois un ancien monde perdu,
Dans l’impossibilité de se trouver, âmes d’antan,
Perplexes dans le tourbillon des pluies dévastatrices des cieux fous…

Deux êtres bizarres, sans présent, aériens,
Comme deux cieux d’orage en prélude,
Deux âmes, toi et moi, dans un vain
Essai sur l’humaine universelle solitude…

 

 

La fable des cadeaux indésirables

Je vous raconte une belle histoire
D’un papillon en pleine gloire:
Il s’envolait, sur milles fleurs…
Elles rougissaient, toutes en couleurs…
Et parce qu’il était tellement beau,
Elles lui offraient baisers-cadeaux,
Envisagées dans leurs pétales,
Rouges, bleues, jaunes, vif-sentimentales!
Une seule fleur blanche restait timide,
Déesse cachée, sous une chlamyde…
Car elle n’avait aucune couleur
Sur ses pétales, seulement son coeur,
Qu’elle prit et qu’elle a emballé
Dans une pétale decolorée…

Qu’a-t-il fait, notre papillon?
Bien sûr qu’il l’a rejeté
Dans une chambre d’accretion,
Pour les cadeaux non désirés !

Puis, le vent d’automne commence,
Et les baisers se perdent en dance…

Le papillon, se voyant seul,
S’envole vers la petite blanche fleur
Et lui dit: – Ma belle, tu es
Mon seul amour qui m’est resté!

Celle-ci répond à voix perdue:
– Je ne t’aime plus… je ne t’aime plus…
– Pourquoi?! dit-t-il avec stupeur.
– Mais… parce que je n’ai plus de coeur !…

La morale ? Même si tu es beau,
Jamais, jeter aucun cadeau !

 

Épigrammes

Chien méchant

Ton caniche est plutôt doux, tiens!
Quand tu écris «chien méchant» sur la porte,
Je crois que c’est une blague d’autre sorte,
Car tu ne parles pas… des chiens!

Portrait

Quelle beauté, quel sourire mystérieux!
Je n’ai jamais vu pareil regard songe-creux,
Et je l’aime tant et tant et avec tendresse …
(c’est ma photo, celle de ma jeunesse)

Réserve

Toi qui rêvais de me remplacer,
Pauvre acteur, dans une grande verve …
Viens, si tu veux bien te déplacer,
à l’hôpital, dans une «réserve».

Sans travail

Jours et nuits passent en victoire,
La vie brûle, lampe virtuelle,
Tout au monde est transitoire,
Seules, tes vacances sont éternelles.

Fidélité

Avec vous je n’ai jamais triché!
Je ris aux éclats, prenez patience…
Des mains propres, elle a ma conscience
Car… je ne l’ai pas utilisé!

Avec ma jatte

Moi et ma jatte, seules, face à face,
Tous les deux pleines comme dans la vie:
Elle, pleine de vitamines, sans glace,
Et moi, oh, de moi-même, remplie…

Prière

J’ai jouets, Cher Bon Dieu,
J’ai frère, sœur (peu éperdue),
Mais je les dis, tous, adieu,
Car … moi-même, je me suis perdue.

 

H a i k u

Amour

Premier perce-neige –
Je voyage assez heureuse
Sur la Voie Lactée

Février

Blanc tapis de neige –
Les perce-neiges vont fleurir
Rayon de soleil

Seule

Un bonhomme de neige –
Une histoire d’hiver se cache,
Désert sur les chemins

Hiver

Tout est congelé –
Le vent dort dans la forêt,
Des glaçons de larmes

Le soir

Nénuphars sur lac –
Flottent parmi les blanches étoiles
Des larmes sur la joue

Nostalgie

Pour Saint Valentin –
Pétales de rose parfumés
Un flocon de neige

Printemps
Senryu

Le soleil se pose –
Les perce-neiges fleurissent dans l’herbe,
Et les grèves commencent

 

Poèmes de Leliana Stancu

Publié par

 

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