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William Shakespeare

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William Shakespeare, né probablement le 23 avril 1564 à Stratford-upon-Avon et mort le 23 avril  dans la même ville, est considéré comme l’un des plus grands poètes, dramaturges et écrivains de la culture anglaise. Il est réputé pour sa maîtrise des formes poétiques et littéraires, ainsi que sa capacité à représenter les aspects de la nature humaine.

Figure éminente de la culture occidentale, Shakespeare continue d’influencer les artistes d’aujourd’hui. Il est traduit dans un grand nombre de langues et, selon l’Index Translationum, avec un total de 4 159 traductions, il vient au troisième rang des auteurs les plus traduits en langue étrangère après Agatha Christie et Jules Verne2. Ses pièces sont régulièrement jouées partout dans le monde. Shakespeare est l’un des rares dramaturges à avoir pratiqué aussi bien la comédie que la tragédie.

Shakespeare écrivit trente-sept œuvres dramatiques, entre les années 1580 et 1613. Mais la chronologie exacte de ses pièces est encore discutée. Cependant, le volume de ses créations n’apparaît pas comme exceptionnel en regard de critères de l’époque.

On mesure l’influence de Shakespeare sur la culture anglo-saxonne en observant les nombreuses références qui lui sont faites, que ce soit à travers des citations, des titres d’œuvres ou les innombrables adaptations de ses œuvres. L’anglais est d’ailleurs souvent surnommé la langue de Shakespeare tant cet auteur a marqué la langue de son pays en inventant de nombreux termes et expressions. Certaines citations d’ailleurs sont passées telles quelles dans le langage courant.
La plupart des spécialistes s’accordent à dire qu’il existe désormais suffisamment de traces historiques pour définir globalement la vie de Shakespeare. Ces « traces » sont constituées surtout de documents officiels et donnent un aperçu très limité de la vie du dramaturge. En effet, la réputation de Shakespeare a nourri encore plus de légendes et de mythes que l’historien n’a de faits authentiques sur lesquels se fonder8. Même si certains chercheurs9 ont tenté de distinguer dans ses œuvres des reflets de sa vie intime, il est généralement admis que l’on ne connaît du personnage que des détails insignifiants10. Cela n’est d’ailleurs pas particulier à Shakespeare, mais se retrouve chez beaucoup de ses contemporains, y compris de très célèbres comme Thomas Kyd ou John Webster.

Certains ont même affirmé qu’il n’existait pas ou que ce n’était pas son véritable nom2. C’est le cas par exemple de la théorie « baconienne » selon laquelle les textes du célèbre dramaturge auraient été écrits par Lord Bacon of Verulam12. Mais il est vrai aussi que Shakespeare n’inventait pas le thème de ses pièces, qu’il empruntait à des ouvrages existant déjà dans le fonds traditionnel comme c’était la coutume à l’époque où l’on ne parlait pas de plagiat mais de tradition. On retrouve la trace de son inspiration dans des légendes ou des textes anciens13. (voir section détaillée : la question de l’identité de Shakespeare)
Premières années
Maison natale de Shakespeare à Stratford-upon-Avon
Devise (9) des Shakespeare (étymologie « secoue-lance »14) et leur blason d’or (1) à la bande de sable (2) chargée d’une lance de tournoi (3), heaume (4) avec lambrequins (8) surmonté d’un cimier (6) avec un tortil (5) portant un faucon tenant de sa patte dextre une lance de tournoi (7) en pal.

William Shakespeare naît à Stratford-upon-Avon dans le Warwickshire, dans le centre de l’Angleterre. Son acte de baptême est daté du 26 avril 1564 : on baptisait les nourrissons dans les jours qui suivaient leur naissance, et l’on s’accorde à citer le 23 avril comme la date de naissance du dramaturge. Il est le troisième enfant de la famille et l’aîné des garçons.

Son père, John Shakespeare, fils de paysan, est un gantier et marchand d’articles de maroquinerie, négociant de peaux et de laine prospère, tirant également profit de la spéculation foncière, propriétaire de la maison aujourd’hui dénommée the Birthplace8. C’est un notable de la ville de Stratford : en 1568, il y est élu conseiller municipal, puis grand bailli (ou maire) en 1568. En 1557, il épouse Mary Arden (en), fille de l’aristocrate Robert Arden of Wilmcote, et le nouveau couple emménage dans une maison située sur Henley Street. La réussite de John Shakespeare le pousse à solliciter des armoiries, que William lui fait obtenir en 1596, avec la devise Non sanz droict (Pas sans droit). On suppose que le père du dramaturge est resté dans la foi catholique.

Le milieu confortable dans lequel naît Shakespeare le conduit vraisemblablement à fréquenter, après le niveau élémentaire, l’école secondaire « King Edward VI » au centre de Stratford, où l’enseignement comprend un apprentissage intensif de la langue et la littérature latine, ainsi que de l’histoire, de la logique et de la rhétorique. Selon son contemporain Ben Jonson, « Il apprend un peu de latin et encore moins de grec ». En 1577, le jeune garçon est retiré de l’école, vraisemblablement pour gagner sa vie ou pour aider son père qui est dans une mauvaise passe12.
Le théâtre de la Royal Shakespeare Company à Stratford-upon-Avon

Le 28 novembre 1582, à Temple Grafton près de Stratford, Shakespeare qui a alors 18 ans8 épouse Anne Hathaway, fille d’un fermier de Shottery. Deux voisins de la mariée, Fulk Sandalls et John Richardson, publient les bans de mariage, pour signifier que l’union ne rencontre pas d’opposition. Il est possible toutefois que la cérémonie ait été organisée en hâte : Anne était probablement déjà enceinte.

Après son mariage, Shakespeare ne laisse que de rares traces dans les registres historiques, avant de réapparaître sur la scène artistique londonienne.

La suite des années 1580 est connue comme l’époque des « années perdues » de la vie du dramaturge : nous n’avons aucune trace de l’écrivain pendant ce laps de temps et nous ne pouvons expliquer pourquoi il quitte Stratford pour Londres. Une légende, aujourd’hui tombée en discrédit, raconte qu’il avait été pris en train de braconner dans le parc de Sir Thomas Lucy, un juge de paix local, et qu’il s’était enfui pour échapper aux poursuites. Une autre théorie suggère qu’il aurait rejoint la troupe du Lord Chambellan alors que les comédiens faisaient de Stratford une étape de leur tournée. Le biographe du XVIIe siècle John Aubrey rapporte le témoignage d’un comédien de la troupe de Shakespeare, racontant qu’il aurait passé quelques années en tant qu’instituteur dans le comté du Lancashire, recruté par Alexander Hoghton, propriétaire terrien catholique, reprenant une thèse selon laquelle Shakespeare aurait été de confession catholique.

On sait en revanche que le 2 février 1583, Susanna, premier enfant de Shakespeare, est baptisée à Stratford. Des jumeaux, Hamnet et Judith, sont baptisés quelque temps plus tard, le 26 mai 1585. Hamnet, son unique fils, meurt quelques années plus tard à 11 ans : on l’inhume le 11 août 1596. Beaucoup suggèrent que ce décès inspira au dramaturge sa tragédie Hamlet vers 1601.
Londres et le théâtre
La reconstitution du théâtre du Globe à Londres

On perd la trace de Shakespeare en 1585 : il quitte Stratford, il quitte sa femme, pour une « traversée du désert ». En 1587, il réapparaît à Londres où la légende veut qu’il ait été valet d’écurie, gardant les chevaux devant un théâtre. En 1592, la seule preuve indiscutable de sa présence à Londres, dans un théâtre, est une violente attaque de la part de Robert Greene (alors dramaturge à la mode)12. Dans un pamphlet intitulé A Groatsworth of wit bought with a million repentance Greene désigne Shakespeare comme un « corbeau arrogant, embelli par nos plumes, dont le cœur de tigre est caché par le masque de l’acteur, et qui présume qu’il est capable de déglutir un vers aussi bien que les meilleurs d’entre vous : en plus d’être un misérable scribouillard, il se met en scène dans sa dramatique vanité. » — Greene, dans son pamphlet, fait ici allusion à Henry VI, 3e partie, en reprenant le vers : « Oh, cœur de tigre caché dans le sein d’une femme ». Greene était jaloux de l’intense activité théâtrale de Shakespeare qu’il considérait comme un illettré12. Shakespeare ne produira pourtant sa première œuvre véritable, Henry VI, qu’en 1591. Il n’a fait jusque-là qu’adapter des pièces du répertoire existant, et exercer le métier d’acteur, dont il n’était pas très fier ainsi qu’il l’écrit : « That did not better for my life provide than public means that public manner breed. »

Shakespeare devient acteur, écrivain. Il exerce d’abord au Globe, dont il est, avec les Burbage et d’autres comédiens, fondateur, sociétaire et fournisseur, membre de la troupe de Lord Strange33, puis de celle de Lord Hunsdon, The Lord Chamberlain’s Men, pour laquelle il écrit exclusivement depuis 1594. La troupe tire son nom, comme le voulait l’époque, du mécène qui la soutient (en l’occurrence le Lord Chambellan, ministre responsable des divertissements royaux ; ce titre a longtemps désigné la fonction de principal censeur de la scène artistique britannique). Non seulement il joue lui-même dans ses propres œuvres – on sait par exemple qu’il interprète le spectre du père dans Hamlet et Adam dans Comme il vous plaira –, mais il apparaît également en tête d’affiche de pièces de Ben Jonson : en 1598 dans Chaque homme dans son caractère (Every Man In His Humour) et en 1603 dans Sejanus. La compagnie devient très populaire : après la mort d’Élisabeth Ire et le couronnement du roi Jacques Ier (1603), le nouveau monarque adopte la troupe qui porte désormais le nom de « Hommes du Roi » (King’s Men), et qui finit par devenir résidente du théâtre du Globe. La troupe de Shakespeare officie dans le plus beau théâtre et est réputée être la meilleure compagnie de Londres, qui fourmille d’entreprises de théâtre à cette époque. Elle rivalise brillamment avec la troupe de l’Amiral, dont Edward Alleyn est la grande vedette, et ouvre en 1608 un second théâtre, le Blackfriars. La vie de Shakespeare épouse alors étroitement la courbe de ses activités dramatiques8.
La statue de Shakespeare à Leicester Square

En 1604, Shakespeare joue un rôle d’entremetteur pour le mariage de la fille de son propriétaire[réf. nécessaire]. Des documents judiciaires de 1612, date où l’affaire est portée au tribunal, montrent qu’en 1604, Shakespeare est locataire chez un artisan huguenot qui fabrique des diadèmes dans le nord-ouest de Londres, Christopher Mountjoy (Montjoie). L’apprenti de Montjoie, Stephen Belott désirait épouser la fille de son patron ; Shakespeare devient donc l’entremetteur attitré, pour aider à négocier les détails de la dot. Sur ses propres promesses, le mariage a lieu. Mais huit ans plus tard, Belott poursuit son beau-père pour n’avoir versé qu’une partie de la dot. Shakespeare est appelé à témoigner, mais ne se souvient que très vaguement de l’affaire.

Plus tard, divers documents provenant des tribunaux ou des registres commerciaux montrent que Shakespeare est devenu suffisamment riche pour acheter une propriété dans le quartier londonien de Blackfriars (rive nord de la Tamise). Alors qu’il vit à Londres, il ne perd jamais le contact avec Stratford. En 1597, il y achète une belle maison, New Place. Là il installe sa famille, constitue des réserves de grain. Il achète aussi d’autres biens dans sa ville natale.
Retraite et fin de vie

Vers 1611, Shakespeare décide de prendre sa retraite. Celle-ci s’avéra pour le moins agitée : il fut impliqué dans des démêlés judiciaires à propos de terrains qu’il possédait. À l’époque, les terrains clôturés35 permettaient le pâturage des moutons, mais privaient du même coup les pauvres de précieuses ressources. Pour beaucoup, la position très floue que Shakespeare adopta au cours de l’affaire est décevante, parce qu’elle visait à protéger ses propres intérêts au mépris des nécessiteux.

Pendant les dernières semaines de sa vie, le gendre pressenti de sa fille Judith – Thomas Quiney, un aubergiste – fut convoqué par le tribunal paroissial pour « fornication ». Une femme du nom de Margaret Wheeler qui venait d’accoucher prétendait que l’enfant était de l’aubergiste ; mais la mère et l’enfant moururent peu après ce sombre épisode. Quiney fut déshonoré, et Shakespeare corrigea son testament afin de préserver les intérêts de Judith.

Shakespeare mourut le 23 avril 1616, jour de son anniversaire à l’âge de 52 ans (Cervantès est mort a la même date civile, mais pas le même jour, l’Angleterre n’ayant pas alors contrairement à l’Espagne adopté le calendrier grégorien). Le 23 avril 1616, est aussi la date de l’enterrement de Cervantes, mais en réalité il y a 8 jours de décalage car l’Espagne était déjà passée au calendrier grégorien. Shakespeare était resté marié à Anne jusqu’à sa mort et ses deux filles lui survécurent. Susanna épousa le docteur John Hall, et même si les deux filles de Shakespeare eurent elles-mêmes des enfants, aucun d’eux n’eut de descendants. Il n’y a donc pas de descendant direct du poète.

Shakespeare est enterré dans l’église de la Sainte-Trinité à Stratford-upon-Avon. Il reçut le droit d’être enterré dans le chœur de l’église, non en raison de sa réputation de dramaturge, mais parce qu’il était devenu sociétaire de l’église en payant la dîme de la paroisse (440 £, une somme importante). Un buste commandé par sa famille le représente, écrivant, sur le mur adjacent à sa tombe. Chaque année, à la date présumée de son anniversaire, on place une nouvelle plume d’oie dans la main droite du poète.

À l’époque, il était courant de libérer de la place dans les tombeaux paroissiaux en les déplaçant dans un autre cimetière. Par crainte que sa dépouille ne soit enlevée du tombeau, on pense qu’il a composé cette épitaphe pour sa pierre tombale :

    « Mon ami, pour l’amour du Sauveur, abstiens-toi
De creuser la poussière déposée sur moi.
Béni soit l’homme qui épargnera ces pierres
Mais maudit soit celui violant mon ossuaire »

— Épitaphe de W. Shakespeare.

La légende populaire37 veut que des œuvres inédites reposent dans la tombe de Shakespeare, mais personne n’a jamais vérifié, par peur sans doute de la malédiction évoquée dans l’épitaphe.
Iconographie
Portrait « Cobbe » présenté par le président du Shakespeare Birthplace Trust comme étant Shakespeare

Le seul portrait reconnu de Shakespeare est une gravure publiée en frontispice d’un recueil d’œuvres. L’ouvrage a été imprimé en 1622, soit six ans après la mort de l’écrivain. Il existe également un buste funéraire dans l’église de la Sainte-Trinité de Stratford-upon-Avon.

En mars 2009, le professeur Stanley Wells, président du Shakespeare Birthplace Trust, dévoile un portrait qu’il présente comme étant le seul portrait connu de Shakespeare réalisé de son vivant. Ce tableau est connu sous le nom de « portrait Cobbe » du nom de la famille qui en était originellement propriétaire. Son identification à Shakespeare est loin de faire l’unanimité.
Œuvres
Le canon shakespearien

Le canon shakespearien est l’ensemble des œuvres dont l’authentification est indiscutable. Les pièces sont traditionnellement classées en plusieurs catégories : les tragédies, les comédies et les pièces historiques, en suivant l’ordre logique de publication ; toutefois, depuis la fin du XIXe siècle, les critiques suivent Frederick Samuel Boas (1862-1957) et parlent de « pièce à problème » à propos de certaines œuvres du canon. Par exemple pour sa pièce Mesure pour mesure : l’expression était jusqu’alors réservée aux pièces qui semblaient défendre une thèse philosophique ou sociale ; elle désigne dorénavant les œuvres qui échappent à une catégorisation simple, qui vont manifestement à l’encontre des conventions classiques. En outre, les dernières comédies de Shakespeare sont communément appelées les « romances ».

Légende : La liste suivante donne les pièces dans leur ordre de classement d’après le premier Folio de 1623 (la première édition complète des pièces dans un même volume). Un astérisque indique une pièce classée aujourd’hui en tant que « romance » ; deux astérisques indiquent celles considérées comme des « pièces à problème » – même si certaines comédies sont encore au centre du débat critique.
Articles détaillés : Chronologie des pièces de Shakespeare et Premier Folio.
Tragédies

    Antoine et Cléopâtre (Antony and Cleopatra)
Coriolan (Coriolanus)
Hamlet, prince de Danemark (Hamlet, Prince of Denmark)
Jules César (Julius Caesar)
Macbeth41
Othello ou le Maure de Venise (Othello, the Moor of Venice)
Le Roi Lear (King Lear)
Roméo et Juliette (Romeo and Juliet)
Timon d’Athènes (Timon of Athens)
Titus Andronicus41
Troïlus et Cressida (Troilus and Cressida)

Comédies

    Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing)
La Comédie des erreurs (The Comedy of Errors)
Comme il vous plaira (As You Like It)
Les Deux Gentilshommes de Vérone (The Two Gentlemen of Verona)
Les Joyeuses Commères de Windsor (The Merry Wives of Windsor)
Le Marchand de Venise (The Merchant of Venice) **
La Mégère apprivoisée (The Taming of the Shrew) (autre traduction : La Sauvage apprivoisée)
Mesure pour mesure (Measure for Measure) **
La Nuit des rois (Twelfth Night)
Peines d’amour perdues (Love’s Labour’s Lost)
Le Songe d’une nuit d’été (A Midsummer Night’s Dream)
Tout est bien qui finit bien (All’s Well that Ends Well)

Pièces historiques

    Édouard III (Edward III)
Richard II
Richard III
Henri IV, 1re partie, 2e partie (Henry IV, Part 1, Part 2)
Henri V (Henry V)
Henri VI, 1re partie41, 2e partie, 3e partie (Henry VI, Part 1, Part 2, Part 3)
Henri VIII (Henry VIII)
Le Roi Jean (King John)
Sir Thomas More42

Romances tardives

    Le Conte d’hiver (The Winter’s Tale) *
Cymbeline *
Les Deux Nobles Cousins (The Two Noble Kinsmen) *
Périclès, prince de Tyr (Pericles, Prince of Tyre) *
La Tempête (The Tempest) *

Poèmes
1re édition des Sonnets (1609)

Les œuvres poétiques de Shakespeare comprennent :

    La Complainte d’un amoureux
Longs poèmes
Moi et toi jusqu’aux mortels
Le Phénix et la Colombe
Pilgrim le passionné
Les Sonnets
Vénus et Adonis (1593)
Le Viol de Lucrèce (1594)

Pièces perdues

    Peines d’amour gagnées (Love’s Labour’s Won) : un écrivain de la seconde moitié du XVIe siècle, Francis Meres, ainsi qu’une petite fiche de libraire attestent d’un titre similaire dans les œuvres récentes de Shakespeare, mais aucune pièce portant ce titre ne nous est parvenue. Elle pourrait avoir été perdue, ou le titre pourrait désigner une autre appellation d’une pièce existante, comme Beaucoup de bruit pour rien ou Tout est bien qui finit bien. L’épisode 180 de Doctor Who, célèbre série britannique, porte le titre de la pièce en français (The Shakespeare Code en VO) et est consacré entièrement à cette pièce perdue.
Cardenio, une composition tardive par Shakespeare et Fletcher, n’a pas survécu mais reste attestée dans plusieurs documents. La pièce s’inspirait d’une aventure de Don Quichotte. En 1727, Lewis Theobald publia une pièce intitulée Double Falshood (sic), dont il prétendait qu’elle était basée sur trois manuscrits d’une pièce perdue de Shakespeare qu’il ne nommait pas. Double Falshood reprend en fait le sujet de Cardenio, et les critiques pensent que la pièce de Theobald est la seule trace qui reste de la pièce perdue.
Comme la plupart des écrivains de son époque, Shakespeare n’écrivait pas toujours en solitaire : un certain nombre de ses œuvres résultent de collaborations, même si leur nombre exact est encore incertain. Pour certaines des attributions qui suivent (comme Les Deux Nobles Cousins) on possède une recherche scientifique très documentée ; d’autres pièces (comme Titus Andronicus) restent sujettes à controverse et dépendent des prochaines analyses linguistiques. Il est probable également que certaines pièces aient été en partie rédigées au cours des répétitions et contiennent la transcription d’apports personnels des acteurs.

    Henri VI : probablement le fruit d’une équipe d’écrivains, dont on ne peut que suggérer les identités .
Titus Andronicus pourrait être issu d’une collaboration avec George Peele, comme co-auteur ou relecteur. La paternité de cette œuvre a elle-même été mise en cause : si les premiers éditeurs de l’œuvre de Shakespeare la lui attribuèrent, dès 1687 l’adapteur Edward Ravenscroft déclarait que Shakespeare n’en était pas l’auteur. En 1905, J. M. Robertson tenta d’établir que cette pièce était l’œuvre de Peele, avec la collaboration probable de Christopher Marlowe. Il est néanmoins admis, de nos jours, que cette pièce a été effectivement écrite par Shakespeare, mais qu’elle a été hâtivement composée ou révisée.
Périclès, prince de Tyr : inclut un travail de George Wilkins, comme collaborateur ou relecteur.
Timon d’Athènes : la tragédie pourrait être le résultat d’une collaboration entre Shakespeare et Thomas Middleton ; cela pourrait expliquer les incohérences dans la narration et le ton général aux résonances étrangement cyniques.
Henry VIII : considérée comme une collaboration avec John Fletcher.
Les Deux Nobles Cousins : la pièce fut publiée en édition quarto en 1654 ; John Fletcher et William Shakespeare en sont les co-auteurs, et collaborèrent pour la moitié du texte chacun.
Macbeth : Thomas Middleton a composé une révision de la tragédie en 1615, incorporant des séquences musicales additionnelles.
Mesure pour mesure : la comédie a probablement subi une légère révision par Thomas Middleton, à un certain stade de sa composition originale.

Style

L’influence de Shakespeare sur le théâtre moderne est considérable. Non seulement Shakespeare a créé certaines des pièces les plus admirées de la littérature occidentale, mais il a aussi grandement contribué à la transformation de la dramaturgie anglaise, ouvrant le champ des possibilités de création sur les personnages, la psychologie, l’action, le langage et le genre. Son art poétique a contribué à l’émergence d’un théâtre populaire, lui donnant d’être admiré autant par des intellectuels que par des amoureux du pur divertissement.

Le théâtre est en pleine évolution lorsque Shakespeare arrive à Londres vers la fin des années 1580 ou le début des années 1590. Précédemment, les formes habituelles du théâtre anglais populaire étaient les Moralités de l’époque Tudor. Ces pièces, qui mélangent piété, farce et burlesque, sont des allégories dans lesquelles les personnages incarnent des vertus morales prônant une vie pieuse, en incitant le protagoniste à choisir une telle vie plutôt que d’aller vers le mal. Les personnages et les situations sont symboliques plutôt que réalistes. Enfant, Shakespeare a probablement assisté à ce type de pièces (avec des Mystères et Miracles). À la même époque, étaient représentées dans les universités des pièces basées sur la dramaturgie romaine. Ces pièces, souvent jouées en latin, utilisaient un modèle poétique plus académique que les Moralités, mais étaient également plus statiques, privilégiant les longs discours plutôt que l’action dramatique.

À la fin du XVIe siècle la popularité des Moralités et des pièces « académiques » s’affaiblit, alors que l’essor de la Renaissance anglaise et des dramaturges comme Thomas Kyd et Christopher Marlowe commence à révolutionner le théâtre. Leurs pièces mêlent moralité et théâtre académique pour former une nouvelle tradition. Ces nouveaux drames ont la splendeur poétique et la profondeur philosophique de la dramaturgie académique et le populisme (politique) paillard des moralités, avec cependant plus d’ambigüité et de complexité, et moins d’allégories morales simplistes. Inspiré par ce nouveau modèle, Shakespeare a hissé ce nouveau genre théâtral à un niveau élevé de qualité, créant des pièces qui non seulement résonnent émotionnellement pour le public mais qui, de plus, posent des interrogations fondamentales sur la nature humaine.
Postérité et influence littéraire

Les thèmes de Shakespeare ont trouvé de nombreux échos dans la littérature des siècles suivants. Son influence s’est étendue non seulement au théâtre, mais aussi au roman. L’exemple le plus souvent cité étant le rapport entre Balzac et Shakespeare.

De nombreux universitaires anglais et américains ont fait ce rapprochement, soulignant l’influence du dramaturge anglais sur l’auteur de La Comédie humaine47,48,49.Certains allant même jusqu’à parler de plagiat s’agissant du Père Goriot et du Roi Lear, le personnage de Jean-Joachim Goriot ayant de multiples points communs avec Lear50.

George Saintsbury considère que les filles de Jean-Joachim Goriot assassinent leur père tout comme les filles du roi Lear ont assassiné le leur51. Il voit aussi dans La Cousine Bette, une version féminine du Iago d’Othello.
Visions modernes de l’œuvre
Illustration de la scène des comédiens dans Hamlet, par Daniel Maclise

Jusqu’au XIXe siècle, les pièces de Shakespeare sont interprétées dans des costumes contemporains. À l’époque victorienne, les représentations théâtrales sont en revanche marquées par une recherche de reconstitution d’époque, les artistes ayant une fascination pour le réalisme historique.

La conception de Gordon Craig pour Hamlet en 1911 inaugure son influence cubiste. Craig abandonne son approche de scénographie constructiviste au profit d’un décor épuré constitué de simples niveaux, des teintes monochromes étendues sur des praticables de bois combinés pour se soutenir entre eux. Bien que cette utilisation de l’espace scénique ne soit pas nouvelle, c’est la première fois qu’un metteur en scène l’utilise pour Shakespeare. Les praticables pouvant être agencés dans de nombreuses configurations, cela permet de créer un volume architectural abstrait, adaptable à n’importe quel théâtre en Europe ou aux États-Unis. Cette conception iconoclaste de Craig ouvre la voie aux diverses visions de Shakespeare du XXe siècle.

En 1936, Orson Welles monte un Macbeth novateur à Harlem, transposant non seulement l’époque de la pièce mais aussi n’employant que des acteurs afro-américains. Ce spectacle très controversé, surnommé Macbeth Vaudou, replaçait l’action en Haïti montrant un roi aux prises avec la magie noire africaine. Ce qui provoqua également le scandale est que, lorsque l’acteur principal est tombé malade, c’est Orson Welles lui-même qui décide de le remplacer, se grimant le visage en noir. La communauté noire soutint cette production, l’emmenant jusqu’à Broadway puis dans une tournée nationale. De nombreux spectacles depuis ont suivi cette tendance consistant à transposer l’action de pièces de Shakespeare dans un monde très contemporain et politique.
Shakespeare : le problème de l’édition

À la différence de son contemporain Ben Jonson, Shakespeare ne participait pas à l’édition et la publication de ses pièces. Les textes existants sont donc pour la plupart retranscrits de mémoire après la représentation sur scène, ou tirés du manuscrit autographe de l’écrivain. Il existait également une copie pour le régisseur (« prompt-book ») sur laquelle pouvait se baser l’éditeur.
Édition de Roméo et Juliette de 1599

Les premières impressions sont destinées à un public populaire, et les exemplaires sont réalisés sans grand soin. Le format utilisé est appelé le in-quarto, dont les cahiers sont obtenus en pliant les feuilles imprimées en quatre. Il arrive que les pages se retrouvent reliées dans le désordre.

La deuxième vague de publication est destinée à un public plus riche, et on attache plus d’importance à la présentation. On imprime donc sur des feuillets simples, et l’exemplaire prend donc le nom de folio. Le premier folio des œuvres de Shakespeare fut imprimé en 1623 : il est conservé à la bibliothèque de l’université Harvard.

Déterminer quel est le texte originel de Shakespeare est devenu le souci majeur des éditeurs modernes. Fautes d’impression, coquilles, mauvaises interprétations du copiste, oublis d’un vers : ces maladresses sont le lot habituel des in-quartos et du premier folio. En outre, à une époque où l’orthographe n’était pas encore fixée, le dramaturge employait souvent plusieurs graphies pour le même mot, ajoutant à la confusion du copiste. Les éditeurs modernes ont donc la lourde tâche de reconstruire les vers originaux et d’en éliminer les erreurs.

Dans certains cas, l’édition du texte ne pose pas tant de problèmes. Pour Macbeth par exemple, les critiques pensent qu’un dramaturge comme Thomas Middleton a adapté et raccourci le texte originel pour obtenir le texte existant dans le Premier folio, qui reste donc le texte officiel. Pour d’autres pièces (Périclès, ou Timon d’Athènes), le texte a pu être corrompu jusqu’à un certain point, mais nous n’avons pas d’autres versions à leur confronter. De nos jours, l’éditeur ne peut donc que régulariser et corriger les fautes de lecture qui ont survécu dans les versions imprimées.

Le problème peut parfois se compliquer. Les critiques modernes pensent que Shakespeare lui-même a révisé ses propres compositions à travers les ans, permettant donc à deux versions différentes de coexister. Pour arriver à un texte acceptable, les éditeurs doivent donc choisir entre la première version et sa révision, qui reste généralement la plus « théâtrale ».

Autrefois, les éditeurs réglaient la question en fusionnant les textes pour obtenir ce qu’ils croyaient être un texte-source, mais les critiques admettent maintenant que ce procédé est contraire aux intentions de Shakespeare. Dans Le Roi Lear par exemple, deux versions indépendantes, avec chacune leurs propres caractéristiques, coexistent dans l’édition in-quarto et le Premier folio. Les modifications de Shakespeare y ont dépassé les simples corrections pour toucher à la structure globale de la pièce. À partir de là, l’édition des œuvres de Shakespeare par l’université d’Oxford fournit deux versions différentes de la même pièce, avec le même statut d’authenticité. Ce problème existe avec au moins quatre autres œuvres de Shakespeare : Henry IV 1re partie, Hamlet, Troilus et Cressida et Othello.
Les polémiques

Le statut exceptionnel de Shakespeare sur la scène littéraire anglo-saxonne a naturellement entraîné un culte autour de sa personne, matérialisé par une recherche critique toujours plus pointue. La rareté des informations concernant sa biographie entraîna de nombreuses polémiques et remises en question, principalement autour de l’identité même du dramaturge. Nous ne rendons pas ici un résumé exhaustif de la question, mais nous dressons une liste des éléments les plus importants dans le débat général.
Réputation et recherche critique

La renommée de William Shakespeare a continué de grandir après l’époque élisabéthaine, comme le montre le nombre d’œuvres critiques qui lui furent dédiées dès le XVIIe siècle et par la suite. Pourtant, même s’il avait une excellente réputation de son vivant, Shakespeare n’était pas considéré comme le meilleur poète de l’époque. On l’intégrait dans la liste des artistes les plus en vue, mais il n’atteignait pas le niveau d’Edmund Spenser ou de Philip Sidney surtout parce que « outre les critiques malveillants d’un entourage qui prétendait que les drames de Shakespeare n’avaient pas été écrits par lui, on s’opiniâtrait dans l’idée que l’homme n’était qu’un ignorant62. » Il est difficile d’évaluer sa réputation en tant qu’écrivain pour la scène : les pièces de théâtre étaient alors considérées comme des œuvres éphémères, d’indignes divertissements sans véritables valeurs littéraires. Toutefois, le Folio de 1623 et sa réédition neuf ans plus tard prouvent qu’il était tout de même passablement respecté en tant que dramaturge : les coûts d’impression opéraient une sorte de sélection préalable pour les auteurs « publiables » ; avant lui, Ben Jonson avait été un pionnier dans ce domaine, avec la publication de ses œuvres en 1616.

Après l’interrègne (1642-1660), pendant lequel le théâtre fut interdit, les troupes théâtrales de la Restauration eurent l’occasion de puiser dans un beau vivier de dramaturges de la génération précédente : Beaumont et Fletcher étaient extrêmement populaires, mais également Ben Jonson et William Shakespeare. Leurs œuvres étaient souvent adaptées pour la dramaturgie de la Restauration, alors qu’il nous semble aujourd’hui blasphématoire d’avoir pu mutiler les œuvres de Shakespeare. Un exemple célèbre concerne le Roi Lear de 1681, aseptisé par Nahum Tate pour se terminer en happy-end, version qui demeura pourtant jouée jusqu’en 1838. Dès le XVIIIe siècle, la scène anglaise jusque-là dominée par Beaumont et Fletcher fit place à William Shakespeare, qui la tient jusqu’à nos jours.

Si son entourage immédiat et son époque manifestèrent une certaine méfiance à son égard, les intellectuels, critiques littéraires et écrivains des siècles suivants lui rendirent très vite un hommage appuyé63. Les règles rigides du théâtre classique (unité de temps, de lieu et d’action) n’avaient jamais été suivies par les dramaturges anglais, et les critiques s’accordaient pour donner à Ben Jonson une poussive seconde place. Mais la médaille d’or fut immédiatement accordée à « l’incomparable Shakespeare » (John Dryden, 1668), le naturel intuitif, le génie autodidacte, le grand peintre du genre humain. Le mythe qui voulait que les romantiques furent les premiers à apprécier Shakespeare à sa juste valeur ne résiste pas aux témoignages enthousiastes des écrivains de la Restauration et du XVIIIe siècle, comme John Dryden, Joseph Addison, Alexander Pope et Samuel Johnson. On doit aussi aux spécialistes de cette période l’établissement du texte des œuvres de Shakespeare : Nicholas Rowe composa la première édition académique du texte en 1709, et la Variorum Edition d’Edmond Malone (publiée à titre posthume en 1821) sert encore aujourd’hui de base aux éditions modernes. Au commencement du XIXe siècle, des critiques romantiques comme Samuel Taylor Coleridge vouèrent une admiration extrême pour Shakespeare (la « bardolâtrie »), une adulation tout à fait dans la ligne romantique, vouant une révérence au personnage du poète, à la fois génie et prophète.
La question de l’identité

Les documents officiels prouvent qu’un certain William Shakespeare a bel et bien vécu à Stratford-upon-Avon et à Londres. La majorité des critiques s’accordent désormais pour identifier ce William Shakespeare comme l’auteur des pièces. Pourtant, il y eut autrefois une polémique passionnée sur l’identité du dramaturge, à laquelle ont même participé des écrivains comme Walt Whitman64, Mark Twain (« Is Shakespeare Dead? »), Henry James ou Sigmund Freud : tous doutaient que le citoyen de Stratford nommé William Shaksper ou Shakspere ait réellement composé les œuvres qui lui étaient attribuées.
Une signature de Shakespeare

Leurs arguments sont multiples : absence de mention d’œuvres littéraires dans son testament, inexistence de manuscrits littéraires d’époque, circonstances très floues des années de formation du jeune artiste, variation de l’orthographe de son patronyme, manque d’homogénéité du style et de la poétique des œuvres. Les spécialistes sont actuellement en mesure de réfuter ce genre d’argumentaire et pensent avoir éclairci le prétendu mystère de l’identité du poète, polémique qui, comme ils le font remarquer, commence au XIXe siècle avec des observations sur le supposé manque d’éducation de l’auteur, seuls des aristocrates ayant eu l’étoffe d’écrire de telles pièces mais ne pouvant les assumer, auraient utilisé Shakespeare comme prête-nom. Auparavant, les critiques n’étudiaient pas la question69.

Les critiques s’appuient aussi sur l’extrême rareté des documents historiques et les mystérieuses contradictions dans sa biographie : même une vénérable institution telle que la National Portrait Gallery de Londres refusa d’authentifier le célèbre Flower Portrait de Stratford-upon-Avon, qui tomba en discrédit après qu’il se fut avéré qu’il s’agissait d’une contrefaçon du XIXe siècle. Certains francs-tireurs ont donc suggéré que des écrivains comme Francis Bacon, Christopher Marlowe, John Florio, la reine Élisabeth Ire ou le roi Jacques Ier d’Angleterre se cachaient derrière le pseudonyme de Shakespeare en tant qu’auteurs principaux ou co-auteurs de tout ou partie des œuvres. Leurs origines aristocratiques expliquant la surprenante maîtrise stylistique du jeune homme de Stratford.

La thèse Bacon repose essentiellement sur un cryptogramme qui aurait été découvert dans l’édition originale des œuvres de Francis Bacon, notamment le De rerum organum : cette édition recelerait, cryptée et codée, une autobiographie de F. Bacon, lequel n’hésiterait pas à proclamer qu’il a « réalisé des œuvres diverses, comédies, tragédies, qui ont connu une grande renommée sous le nom de Shakespeare ». Ce texte contient cependant, par ailleurs, un nombre d’invraisemblances tel qu’on ne peut sérieusement lui accorder crédit.

D’autres « anti-stratfordiens » comme Abel Lefranc ou J. T. Looney pensèrent que les pièces devaient être l’œuvre d’un homme de cour. Le nom du comte de Derby est avancé par Abel Lefranc en 1918 dans Sous le masque de William Shakespeare : William Stanley, VIe comte de Derby, celui d’Édouard de Vere, le 17e comte d’Oxford, un noble familier de la reine Élisabeth, par J. T. Looney. Le comte de Rutland et l’un ou l’autre des comtes d’Essex sont aussi évoqués.

Ainsi, dans les années 192073, les partisans du comte d’Oxford ébauchèrent des théories s’appuyant sur des correspondances entre la vie de ce gentilhomme et les événements décrits dans les sonnets shakespeariens (théorie oxfordienne de la paternité de Shakespeare (en)). En outre, Edward de Vere était considéré de son vivant comme un poète et écrivain talentueux qui possédait la culture et l’expérience que les partisans de cette thèse pensaient qu’on était en droit d’attendre d’un dramaturge de la stature de Shakespeare. Mais le comte était né quatorze ans avant Shakespeare et décédé douze ans avant lui.

En 1907, le critique allemand Karl Bleibtreu (en) affirme dans Der Wahre Shakespeare que l’auteur des grandes pièces signées Shakespeare est Roger Manners, Lord Rutland, thèse reprise en 1912 par Célestin Demblon dans son ouvrage Lord Rutland est Shakespeare.

En 2007, c’est le tour de Sir Henry Neville, diplomate, membre du Parlement, qui, selon Brenda James et William Rubinstein, aurait demandé à Shakespeare de lui servir de prête-nom. Stimulé par cette théorie, John Casson se met au travail et affirme bientôt avoir découvert six nouveaux titres qui seraient des œuvres de Shakespeare-Neville, dont Arden of Faversham et Mucidorus.

L’œuvre de Shakespeare est aussi parfois attribuée à d’autres dramaturges : Chettle, Dekker, Robert Greene qui accuse Shakespeare de plagiat dans Greene’s Groats-Worth of Wit (en), Middleton, Peele, Webster : tous ont eu des partisans plus ou moins convaincants.

Dès 1882, une bibliographie de la controverse est publiée. On arrive finalement à une liste de cinquante candidats en 2007 puis 77 en 2012, lesquels auraient travaillé séparément, ou collaboré, pour fabriquer cette œuvre composite qu’est le théâtre de Shakespeare.

La question corollaire à l’identité est celle de l’intégrité des textes : les critiques rencontrent des difficultés avec certaines pièces (voir notamment Henry VI (première partie)) pour déterminer exactement quelle part du texte il faut attribuer à Shakespeare. À l’époque élisabéthaine, les collaborations entre dramaturges étaient fréquentes, et les spécialistes continuent d’étudier les textes de l’époque pour dessiner un contour plus précis de l’apport réel du poète.
La religion de Shakespeare

Quelques chercheurs contemporains ont écrit que Shakespeare était aux marges de l’anglicanisme et avait de fortes inclinations vers la religion catholique79.

Enfin, divers auteurs maçonniques ont affirmé que Shakespeare était membre des loges. Quelques-uns vont jusqu’à dire qu’il fut le créateur de la franc-maçonnerie81.

La question est irrésolue : Shakespeare n’aurait pas pu être un bon catholique s’il était membre des loges, car la franc-maçonnerie a été fréquemment condamnée par les papes. De plus, l’anglicanisme était très proche du catholicisme sur de nombreux aspects et oscillait continuellement entre une branche catholique et une branche protestante.

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3 Comentarii

  1. Quand l’amour bourgeonne
    Quand l’amour bourgeonne
    On voit le monde autrement
    On n’a plus peur des tourments
    On saisit la valeur du temps
    Quand l’amour bourgeonne
    On est heureux pour chaque instant
    On vit à tout moment
    On élabore de nouveau plan
    Quand l’amour bourgeonne
    Les nuages n’ont plus de raison d’être gris
    La mer cri
    Les baisers tombent sous la pluie
    Quand l’amour bourgeonne
    L’esprit trouve un lit
    Pour s’évader de l’ennui
    Même si la nuit n’est pas de son avis
    Quand l’amour bourgeonne
    La vieillesse n’est qu’une illusion
    Sous les bourrasques de la passion
    Les sentiments commencent leur ascension
    Quand l’amour bourgeonne
    On voyage sans avion
    Dans le parc d’attraction
    Des sensations qui transcendent avec la fiction

  2. Ô sourire tentateur
    Ô sourire tentateur
    Toi dont la lanterne drague mon cœur
    Dans ton bateau j’embarquerais
    S’il n’existait cette négresse près du marais
    Qui brille de mille lueurs

    Ô sourire tentateur
    Elle a ensorcelé mes yeux avec son corps
    Tes tentatives sont vaines
    Pour moi, il n’y a plus d’autre aurore
    Elle a déjà infiltré mes veines

    Ô sourire tentateur
    Ma vue s’arrête qu’en ses courbes
    Continue ton chemin
    Mes oreilles sont sourdes
    Il y a des amours qui n’ont pas de fin

    Ô sourire tentateur
    Mon cœur ne bat que pour cette négresse
    Va jeter tes charmes ailleurs
    Tu attraperas sans doute ton bonheur
    Avant la fin de la messe

  3. Tout ce que je cherchais
    Tout ce que je cherchais je l’ai trouvé dans tes yeux
    Je ne veux pas qu’ils meurent pour que je vive encore
    Quand j’ai froid, je m’approche de ce feu
    Qui brûle mes sens et consume mon corps
    Je renais de nouveau quand ton regard me caresse
    Je peux compter sur ces gouttes de tendresse

    Plonger dans tes yeux pour baigner
    M’aide à tout supporter quand mon monde bascule
    Nager sans vouloir me réveiller
    C’est le plaisir qui s’envole comme des bulles

    Tout ce que je cherchais, je l’ai trouvé dans tes yeux
    Je ne veux pas perdre les éclats qui les animent
    Je veux commencer mes matinées en un seul lieu
    C’est mon bassin de gaieté, mon paradis intime
    Je veux le préserver des horreurs des médias
    Et de tout ce qui peut provoquer des dégâts

    Plonger dans tes yeux pour baigner
    M’aide à tout supporter quand mon monde bascule
    Nager sans vouloir me réveiller
    C’est le plaisir qui s’envole comme des bulles

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